Colorant alimentaire

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Colorant alimentaire dans la confiserie.

Les colorants alimentaires sont utilisés pour ajouter de la couleur à une denrée alimentaire, ou pour en rétablir la couleur originale[1].

Famille de colorants[modifier | modifier le code]

Les caroténoïdes, sont des colorants naturels extraits de nombreuses plantes, dont les carottes jaunes ou orange.

Il existe trois types de colorants alimentaires autorisés en alimentation : les colorants naturels (ex : le vert de la chlorophylle), les colorants de synthèse fabriqués par l'industrie chimique qui comprend les colorants « identique nature » (qui existent dans la nature, mais produits industriellement) et les colorants artificiels (qui n'ont pas d'équivalent dans la nature).

Exemples de colorants naturels
Exemples de colorants artificiels

Réglementations[modifier | modifier le code]

Les colorants alimentaires sont testés par différents organismes à travers le monde qui donnent parfois des avis différents sur leur innocuité. Aux États-Unis, l'acronyme « FD&C » (indique que l'additif est approuvé comme colorant alimentaire, pour les médicaments et cosmétiques) le nombre considéré est donné pour les composés artificiels, tandis que l'Union européenne utilise le préfixe E[3] suivi du numéro international (INS adopté par la commission du Codex alimentarius[1]). Le chiffre 1 pour les centaines (E1xx) indique que l'additif est un colorant. Les dizaines et unités indiquent la teinte.

En 2007, la commission européenne a interdit l'utilisation du colorant rouge alimentaire Rouge 2G (E128) car son innocuité pour la santé n'était plus prouvée[4].

Liste des colorants interdits en France [réf. insuffisante]:

  • Jaune:
    • jaune chrysoïne S (E103)
    • jaune jaune solide (E105)
    • jaune orange GGN (E111)
  • Rouge:
    • rouge orseille orcéine (E121)
    • rouge amarante (E123)[5]
    • rouge écarlate GN (E125)
    • rouge ponceau 6R (E126)
  • bleu bleu salauthréne (E130)
  • brun noir 7984 (E152)
  • tannins (E181)
  • capsanthine

Santé[modifier | modifier le code]

Bien que des études de 1999 et 2002 n'aient montré aucun lien entre le trouble déficitaire de l'attention / hyperactivité et les colorants alimentaires[6],[7], une étude de 2008 suggère que six colorants (E102 Tartrazine, E104 Jaune de quinoléine, E110 Jaune orangé, E122 Azorubine, E124 Rouge cochenille A et E129 Rouge allura[8]) pourraient, lorsqu'ils sont associés à des conservateurs du type benzoates (E210 acide benzoïque, E211 benzoate de sodium,...), modifier les paramètres d'attention des enfants diagnostiqués TDAH. Les personnes souffrant de TDAH seraient touchées au même titre que le reste de la population[9].

En 2008, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ne tient cependant pas compte de ces études, invoquant un manque de rigueur dans la recherche[10].

Selon une étude de 2004, les observations des parents sont des indicateurs plus pertinents que les tests cliniques[11].

Quelques études majeures en 1986 ont démontré une amélioration des résultats scolaires et une diminution des problèmes disciplinaires dans des populations non touchées par le TDAH, après suppression des ingrédients artificiels des cantines scolaires[12],[13].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le cinabre, une espèce minérale composée de sulfure de mercure, a une couleur qui varie de cannelle au rouge écarlate en passant par le rouge brique, ce qui explique que le cinabre ait historiquement été utilisé comme pigment, principalement dans la peinture et les encres d'imprimerie[14], mais également comme colorant alimentaire traditionnel. Le cinabre est connu et utilisé depuis la plus haute antiquité en médecine (Pline, HN, XXXIII; 41. qui d'ailleurs déconseillait et considérait cette substance comme un poison).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Noms de catégorie et système international de numérotation des additifs alimentaires », CAC/GL 361989, sur codexalimentarius.net, Codex Alimentarius,‎ 1989 (consulté le 14/09/2008), p. 1-35
  2. Codex alimentarius, « Noms de catégorie et système international de numérotation des additifs alimentaires », sur http://www.codexalimentarius.net,‎ 2009 (consulté le 19 mai 2010)
  3. Parlement européen et Conseil de l'europe, « Directive 94/36/CE du Parlement européen et du Conseil, du 30 juin 1994, concernant les colorants destinés à être employés dans les denrées alimentaires », Journal officiel de l’Union européenne, no L 237,‎ 1994, p. 13–29 (résumé, lire en ligne)
  4. Règlement (CE) No 884\2007 de la Commission du 26 juillet 2007 relatif à des mesures d'urgence suspendant l'utilisation du colorant alimentaire Rouge 2G (E128) Journal officiel de l’Union européenne, L 195, p8-9.
  5. sauf pour le caviar et les succédanés
  6. Wilens TE, Biederman J, Spencer TJ. Attention deficit/hyperactivity disorder across the lifespan. Annual Review of Medicine, 2002:53:113-131
  7. The MTA Cooperative Group. A 14-month randomized clinical trial of treatment strategies for attention-deficit hyperactivity disorder (ADHD). Archives of General Psychiatry, 1999;56:1073-1086
  8. [PDF] Bureau européen des unions de consommateurs Le BEUC et 41 autres organisations demandent au Commissaire Vassiliou d’interdire six colorants alimentaires. Communiqué de presse 10/04/2008.
  9. (en) D. McCann, A. Barrett, A. Cooper, D. Crumpler, L. Dalen, K. Grimshaw, E. Kitchin, K. Lok, L. Porteous, E. Prince, « Food additives and hyperactive behaviour in 3-year-old and 8/9-year-old children in the community: a randomised, double-blinded, placebo-controlled trial. », The Lancet, vol. 370, no 9598,‎ 2007, p. 1560-1567 (lien DOI?)
  10. (en)European agency rejects links between hyperactivity and food additives Sur le site bmj.com
  11. "Food Additives May Affect Kids' Hyperactivity", WebMD Medical News, May 24, 2004
  12. A different kind of school lunch", PURE FACTS October 2002
  13. The Impact of a Low Food Additive and Sucrose Diet on Academic Performance in 803 New York City Public Schools, Schoenthaler SJ, Doraz WE, Wakefield JA, Int J Biosocial Res., 1986, 8(2); 185-195
  14. La couleur des premiers timbres de France : le Un franc vermillon, puis les timbres de couleur orange sont issus de telles encres.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]