Courtilière

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Taupe (homonymie) et Courtille (homonymie).

Près d'un siècle avant la rédaction de l'Histoire des Plantes de Théophraste, le poète comique grec Strattis[1] parle déjà des courtilières, de prasocourides, à propos des laitues et des dégâts commis dans les jardins potagers. Connue des Grecs depuis l'Antiquité, même si personne n'a jusqu'à ce jour pu définir ce que Théophraste puis Aristote appellent Prasocourides Πραξoκουρίδης[2]. Le botaniste Jacques Daléchamps les a sans aucun doute reconnues dans ce mot[3]. La courtilière, taupe-grillon ou encore serpillière[4], est un gros insecte fouisseur, de l'ordre des orthoptères, qui cause des dégâts sur les jeunes plantes dont il sectionne la racine. L'insecte ne contourne pas les obstacles végétaux, il préfère les découper. Le nom français courtilière dérive de courtil, petit jardin en ancien français.

Sommaire

Distribution [modifier]

Elle se rencontre en Europe, Afrique du Nord, aux Caraïbes et en Asie occidentale.

Description [modifier]

Détail de la patte fouisseuse gauche

L'insecte adulte mesure en moyenne 5 cm et peut atteindre plus de 10 cm de long[réf. souhaitée]. Le corps massif, robuste, est duveteux, brun dessus, plus clair, roussâtre, dessous. La tête porte des pièces buccales broyeuses puissantes, deux antennes longues et deux yeux noirs.
Le prothorax, globuleux est épais et résistant. Les pattes antérieures, fortes, sont adaptées au fouissage. Les ailes développées, transparentes, dépassent l'abdomen au repos. Elles permettent à l'insecte de voler, malgré sa conformation particulière. L'abdomen, formé de dix segments, porte deux appendices, ou cerques, effilés. Les élytres assez courts n'ont qu'un rôle protecteur.

Biologie [modifier]

La courtilière vit dans les sols meubles, légers et frais : jardins, pépinières, prairies. Elle a un régime alimentaire omnivore, s'attaquant aux racines et tubercules, mais dévorant aussi vers de terre et larves diverses du sol.

Son mode de vie nocturne la rend très discrète.

Le cycle de reproduction dure deux ans. La femelle pond 200 à 300 œufs dans une galerie profonde (20 à 40 cm). Les jeunes, qui ont le même aspect que les adultes, mais n'ont pas d'ailes, subissent deux mues avant l'hibernation. Vers le mois d'avril, l'année suivantes, les larves reprennent leur activité et deviennent adultes après trois mues encore. Les adultes se reproduisent au printemps suivant.

Régime alimentaire [modifier]

Les courtilières sont omnivores, se nourrissant de larves, de vers, de racines et d'herbes.

Etat des populations [modifier]

La courtilière semble s'être raréfiée dans les jardins de nombreuses régions[réf. nécessaire].

Prédateurs naturels [modifier]

Les prédateurs communs des courtilières se comptent parmi les oiseaux, rats, renards, ainsi que Larra anathema (Hyménoptère Crabronidae). En Asie, elles sont parfois utilisées frites comme nourriture (voir entomophagie), et sont plutôt considérées comme délicieuses.

Notes [modifier]

  1. cité par Athénée, II, 69 a
  2. On soupçonne l'insecte d'être une courtilière
  3. Car on trouve dans ses Annotat Ionàs la version d'Athénée (Lyon, 1612)
  4. TLFI, Serpe, remarque 2.

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