Hymenoptera

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Les hyménoptères (Hymenoptera) sont un ordre d'insectes, sous-classe des ptérygotes, section des néoptères, super-ordre des mécoptéroïdés. Cet ordre comporte des espèces bénéfiques à l'homme pour leur rôle de pollinisateur ou d'auxiliaires de cultures et d'autres qui sont des déprédateurs de végétaux ou de milieux forestiers. Des représentants communs de cet ordre sont les abeilles, les guêpes et les fourmis, présentes sur tous les continents sauf l'Antarctique. Les fourmis sont les animaux les plus nombreux sur terre. Les hyménoptères constituent, après les coléoptères, l'ordre d'insectes le plus diversifié et on estime actuellement qu'il y a plus de 120 000 espèces décrites.

Les hyménoptères sont des insectes holométaboles d'une taille comprise entre 0,1 mm et 10 cm, pourvus de quatre ailes membraneuses couplées en vol et de pièces buccales du type broyeur-lécheur. La tête est séparée du thorax par un cou très mince et très mobile. Leur métathorax est très court, soudé au premier segment abdominal pour former le segment médiaire. Ces insectes sont aisément identifiables dans l'ordre des hyménoptères.

L'ordre des hyménoptères comprend des phytophages[1], des pollinisateurs et une large part d'entomophages jouant un rôle central dans le maintien des équilibres naturels.

Les entomophages comportent en majorité des parasitoïdes (43 % des espèces d'Hyménoptères décrites) mais également des prédateurs.

On estime au niveau mondial le nombre réel d'hyménoptères entre 1 et 5 millions d'espèces réparties en une centaine de familles. Beaucoup d'espèces restent à décrire ou même à découvrir.


Étymologie[modifier | modifier le code]

Leur nom provient des ailes membraneuses que la plupart des insectes hyménoptères portent par paires. Le mot vient du grec hymên, « membrane », et ptéron, « aile ». Cela vient du fait qu'il existe des crochets sur la nervure antérieure des ailes postérieures, permettant à celles-ci d'être couplées avec les ailes antérieures.

Évolution[modifier | modifier le code]

Les plus anciens fossiles retrouvés d'hyménoptères datent du Trias, appartenant à la famille des Xyelidae. L'apparition d'hyménoptères sociaux vivant en colonies est datée du Crétacé.

Morphologie générale[modifier | modifier le code]

Les hyménoptères sont caractérisés par :

  • deux paires d'ailes membraneuses reliées l'une à l'autre par un système de couplage,
  • les ailes antérieures sont plus larges que les postérieures,
  • l'appareil buccal varie du type broyeur au type lécheur avec des formes intermédiaires.
  • les mandibules bien développées servent à la capture des proies et au façonnage du nid,
  • les maxilles et le labium sont unis par une membrane et forment une sorte de trompe qui permet l'aspiration des liquides,
  • les larves sont pour la plupart dépourvues de pattes mais elles ont une capsule céphalique bien visible,
  • à la fin de leur développement, les larves tissent souvent un cocon d'où l'adulte émerge après la nymphose,
  • les mâles sont haploïdes car leurs cellules ne renferment qu'un seul exemplaire des chromosomes de l'espèce tandis que les femelles sont diploïdes, leurs cellules possédant une paire de chacun de ces chromosomes.

Classification[modifier | modifier le code]

L'ordre des Hyménoptères est divisé en 2 grands ensembles (sous-Ordre) :

  • les Symphytes chez lesquels l'abdomen fait directement suite au thorax (pas d'étranglement) et
  • les Apocrites, chez lesquels l'abdomen est bien distinct du thorax du fait d'un étranglement, le premier segment abdominal ou propodéum est de plus entièrement fusionné au thorax.

Les Apocrites sont subdivisés entre Térébrants (parasitica) et Aculéates (porte-aiguillons). Les Térébrants possèdent un abdomen terminé par un oviscapte (tarière) tandis que chez les Aculéates, l'oviscapte a perdu sa fonction de ponte et est devenu un aiguillon.

  • Caractéristiques des Térébrants (Parasitica) :
    • Antenne avec moins de 16 articles
    • Nervation alaire très simplifiée
    • Ovipositeur visible au repos.
  • Caractéristiques des Aculéates :
    • Antenne de 12-13 articles
    • Lobe jugal visible sur l'aile postérieure
    • Aiguillon jamais visible au repos.

Les Symphytes regroupent la très large majorité des phytophages, certaines espèces étant des ravageurs de milieux forestiers ou agricoles. Un autre groupe important de phytophages, les Cynipides, se rencontre chez les Apocrites Térébrants.

La plupart des parasitoïdes appartiennent au groupe des Térébrants, en particulier aux superfamilles des Chalcidoidea, Scelionoidea, Serphoidea et Ichneumonoidea.

Les prédateurs se rencontrent pour l'essentiel chez les Aculéates dans les superfamilles des Sphecoidea et Vespoidea (Pompiles, guêpes et fourmis).

La majorité des pollinisateurs de plantes cultivées se rencontre également chez les Aculéates parmi les Apoidea, les représentants de cette superfamille se nourrissant exclusivement de pollen et de nectar.

Socialité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : eusocialité.

Dans la nature, l'eusocialité (véritable société) ne se retrouve que chez les insectes sociaux, elle est caractérisée par :

  • la superposition, dans une même société, de plusieurs générations d'adultes,
  • une forte cohésion des membres (échange d'information et de matière entre les individus),
  • une division des rôles avec spécialisation des membres, certains pouvant être dédiés à la reproduction,
  • un élevage coopératif de la progéniture.

Sur les 30 ordres d'insectes, seulement deux possèdent des espèces eusociales, les isoptères et les hyménoptères. De plus, les hyménoptères ont réinventé, de façon indépendante (évolution analogue), l'eusocialité à 12 reprises au cours de l'évolution[2].

Le modèle de la sélection de parentèle d'Hamilton, fondé essentiellement sur l'haploïdie des individus mâles, explique cette propension à la socialisation chez les hyménoptères.

Allergies aux hyménoptères[modifier | modifier le code]

Les réactions allergiques aux piqûres d'hyménoptères peuvent être graves, parfois mortelles[3], chez les personnes sensibles. Les substances allergisantes sont essentiellement des enzymes contenus dans le venin : phospholipases, hyaluronidases et phosphatases acides[3]. la multiplication des piqûres (attaque d'un essaim) augmente le risque d'une évolution grave.

Typiquement, la réaction est immédiate. Elle peut toutefois être différée. elle peut aller d'une simple rougeur au point d'injection jusqu'au choc anaphylactique potentiellement mortel.

Le traitement recourt à l'administration rapide d'une petite dose d'adrénaline en injection[4] dès que les signes ne sont plus que locaux (réaction d'anaphylaxie). Une hospitalisation peut être nécessaire en cas de réponse incomplète.

Le traitement préventif consiste à éviter, autant qu'il soit possible, les hyménoptères, le port d'une seringue d'adrénaline chez les patients ayant fait un premier épisode d'allergie grave aux hyménoptères. Une désensibilisation peut être proposée[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. 11 % des espèces connues, cf. Jose Luis Viejo Montesinos (1998). Evolución de la fitofagia en los insectos, Boletín de la Real Sociedad Española de Historia Natural (Actas), 95 : 23-30. (ISSN 0583-7499)
  2. E.O. Wilson, The Insect Societies (1971), Harvard University Press, Cambridge
  3. a et b Casale TB, Burks AW, Hymenoptera-sting hypersensitivity, N Engl J Med, 2014;370:1432-1439
  4. Simons FE, Ardusso LR, Bilo MB et al. World Allergy Organization guidelines for the assessment and management of anaphylaxis, World Allergy Organ J, 2011;4:13-37
  5. Boyle R, Elremeli M, Hockenhull J et al. Venom immunotherapy for preventing allergic reactions to insect stings, Cochrane Database Syst Rev, 2012;10.CD008838

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]