Coleoptera

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Les coléoptères (Coleoptera) forment l'ordre d'insectes dont a été dénombré le plus d'espèces d'insectes dont les élytres protègent les ailes. Le mot « coléoptère » vient du grec κολεός « fourreau »[1] et πτερόν « aile »[2]. Beaucoup d'espèces ou des groupes d'espèces ont des noms vernaculaires bien implantés, les scarabées, coccinelles, lucanes, chrysomèles, hannetons, charançons, carabes par exemple, sont des coléoptères. Ils vivent pratiquement dans tous les biotopes, excepté les milieux polaires et océaniques. Ils possèdent en général deux paires d'ailes. La première paire d'ailes, quelquefois très colorée, les élytres, forme la carapace de ces insectes et la deuxième paire, les ailes membraneuses, servent au vol.

La discipline de l'entomologie s'occupant plus particulièrement des coléoptères est nommée coléoptérologie.

Caractéristiques communes[modifier | modifier le code]

Les coléoptères sont caractérisés par :

  • des ailes antérieures, les élytres, épaisses et cornées, couvrant le plus souvent la totalité de l'abdomen ;
  • des ailes postérieures[3], membraneuses et repliées au repos sous les élytres ;
  • des pièces buccales broyeuses.

35 % des espèces connues sont phytophages[4].

Dénomination et histoire évolutive[modifier | modifier le code]

Position au sein des insectes[modifier | modifier le code]

Classification[modifier | modifier le code]

Le terme coléoptère a été formé à partir du grec ancien κολεόπτερος : « dont les ailes sont recouvertes d'une sorte de fourreau, coléoptère », composé de κολεός, koleos « fourreau, étui » et de πτερόν, pteron, « aile »[5]. Il aurait été inventé par Aristote[6] et a été repris par Carl von Linné pour regrouper les espèces parfois appelées « vrais coléoptères », contrairement à d'autres auteurs comme Giovanni Antonio Scopoli qui y incluait les blattes ou les orthoptères. Charles de Geer, dans son ouvrage de 1774, est le premier à n'appliquer le nom de Coleoptera qu'à des espèces considérées aujourd'hui comme des coléoptères.

Ce groupe est aujourd'hui réparti en quatre sous-ordres :

Parmi les coléoptères on trouve de nombreuses familles dont :

Histoire naturaliste[modifier | modifier le code]

L'ordre des coléoptères est l'ordre des animaux qui rassemble le plus grand nombre d'espèces (plus de 300 000). C'est pour cela, qu'à la question : Qu'est-ce que vos études de la nature vous ont révélé de la nature de Dieu ?, le chercheur britannique John Burdon Sanderson Haldane (1892-1964) répondit : le Créateur, s'il existe, a une passion démesurée pour les coléoptères ![réf. nécessaire]

Coléoptères et effet-lisière[modifier | modifier le code]

La perméabilité écologique des lisières pour les coléoptères a de multiples implications, tant pour la recherche en matière de biodiversité que pour la gestion agricole, sylvicole ou du territoire.
Une étude publiée en 2007[7] a porté (dans l'Ohio) sur ses déplacements à partir des lisières forestières vers l'intérieur des champs de maïs périphériques aux forêts, afin de voir dans quelle mesure la taille des fragments forestiers, la distance à la lisière et la matrice agricole affectaient ou non la dynamique des communautés de coléoptères. L'étude a porté sur l'abondance en coléoptères et leur diversité en espèce (diversité spécifique). Elle a montré que :

  • l'abondance et la diversité en coléoptères, dans ce contexte, étaient toutes deux significativement plus élevées près de l'écotone Forêt-champs, en toutes saisons ;
  • dans les fragments forestiers les plus vastes, les coléoptères circulaient plutôt de la lisière vers l'intérieur de la forêt, alors que dans les petits fragments, ils migrent plus volontiers de la lisière vers les champs. D'un certain point de vue, la lisière d'une vaste forêt serait donc (pour les coléoptères) en quelque sorte moins transparente ou plus « dure » (expression employée par les auteurs) au regard de la circulation des coléoptères[7].
  • Une représentation graphique des relations entre les points de captures/recaptures (Non-metric Multidimensional Scaling) a montré que les zones de bucheronnage et de forêt dense étaient les deux variables expliquant le mieux les variations dans la composition en espèce[7].

Pressions et menaces[modifier | modifier le code]

Les coléoptères, comme de nombreux autres invertébrés sont soumis à la pression croissante des pesticides (insecticides). Certaines espèces sont également menacées ou rares et recherchées par les collectionneurs.
On a récemment montré que des espèces montrant de bonnes aptitudes à voler se refusent néanmoins à traverser des espaces très artificialisés (tels que les routes)[8]. Ainsi, indépendamment du risque d'écrasement, les infrastructures routières exposent ces espèces à un phénomène de fragmentation écologique de leur habitat (même quand les routes sont fermées ou peu fréquentées). Enfin le manque de bois-mort et sénescent dans les forêts cultivées est aussi une cause de régression ou disparition d'espèces qui peut être en partie limitée par une gestion durable des forêts exploitées améliorant artificiellement[9], via la réintroduction de chronoxyles, bois sénescents, brûlés (feux contrôlés), etc. ou naturellement (par arrêt localement des coupes ou de l'exportation) l'offre en bois mort et en arbres sénescents.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Woodhouse, « The University of Chicago Library Woodhouse's English-Greek Dictionary », sur http://www.lib.uchicago.edu/efts/Woodhouse/ (consulté le 11 avril 2014) : « Sheath, subs. P. and V. κολεός, ὁ (Xen.) », p. 763.
  2. (en) Woodhouse, « The University of Chicago Library Woodhouse's English-Greek Dictionary », sur http://www.lib.uchicago.edu/efts/Woodhouse/ (consulté le 11 avril 2014) : « Wing, subs. P. and V. πτέρυξ, ἠ, πτέρρόν, τό », p. 981.
  3. si elles existent : quelques coléoptères tels que les représentants du genre Timarcha sont en effet aptères (sans ailes).
  4. Jose Luis Viejo Montesinos (1998). Evolución de la fitofagia en los insectos, Boletín de la Real Sociedad Española de Historia Natural (Actas), 95 : 23-30. (ISSN 0583-7499)
  5. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Coléoptère » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  6. James K. Liebherr et Joseph V. McHugh in Resh, V. H. & R. T. Cardé (Editors) 2003. Encyclopedia of Insects. Academic Press.
  7. a, b et c Dudziak, Sarah Kathleen ; 2007 ; Boundary dynamics and matrix effects on beetle community composition and movement between forests and agriculture ; OhioLINK Electronic Theses And Dissertations Center. Résumé sir Scientific commons
  8. Burel, F. (1989) Landscape structure effects on carabid beetles spatial patterns in western France. Landscape Ecology, 2, 215-226
  9. Tero Toivanen and Janne S. Kotiaho, Mimicking natural disturbances of boreal forests: the effects of controlled burning and creating dead wood on beetle diversity... characterized by large volumes of dead wood and sun-exposed conditions. Today... Biodiversity and Conservation, 2007, Volume 16, Number 11, Pages 3193-3211 (Résumé)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Orientation bibliographique[modifier | modifier le code]

  • Clé illustrée des familles des coléoptères de France de Pierre Ferret-Bouin (1995), éditée par L'Entomologiste, 45 rue Buffon, 75005 Paris. Il s'agit d'une clé permettant, comme son nom l'indique, de trouver la famille correspondante. Elle comprend une clé dichotomique et de nombreux dessins. Relativement simple d'utilisation, c'est un ouvrage nécessaire pour découvrir de façon précise ce groupe très riche.
  • Guide des coléoptères d'Europe de Gaëtan du Chatenet (1986), édité par Delachaux et Niestlé. Ouvrage richement illustré, il permet la reconnaissance de près de 800 espèces.
  • "A la rencontre des coléoptères", cahier technique édité par la fédération des clubs CPN (Connaître et Protéger la Nature). ISBN 978-2-918038-12-2

Références externes[modifier | modifier le code]

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