Collioure
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| Collioure | |
|---|---|
| Administration | |
| Pays | France |
| Région | Languedoc-Roussillon |
| Département | Pyrénées-Orientales |
| Arrondissement | Céret |
| Canton | Côte Vermeille |
| Code Insee abr. | 66053 |
| Code postal | 66190 |
| Maire Mandat en cours |
Michel Moly 2008-2014 |
| Intercommunalité | Communauté de communes de la Côte Vermeille |
| Démographie | |
| Population | 2 944 hab. (2007) |
| Densité | 226 hab./km² |
| Géographie | |
| Coordonnées géographiques |
|
| Altitudes | mini. 0 m — maxi. 655 m |
| Superficie | 13,02 km² |
Collioure (en catalan, Cotlliure) est une commune française, située au bord de la Méditerranée sur la Côte Vermeille, dans le département des Pyrénées-Orientales, lui-même dans la région Languedoc-Roussillon. Ses habitants sont appelés les Colliourencs.
Sommaire |
[modifier] Géographie
Ville touristique du Roussillon située sur la Côte Vermeille, Collioure (en catalan Cotlliure) a pour communes limitrophes : Argelès-sur-Mer, Banyuls-sur-Mer et Port-Vendres. Ancien village de pêcheurs, renommé pour ses anchois, Collioure est également prisée des artistes peintres qui se plaisent à immortaliser son château royal, ses ruelles et son église pittoresque accolée à un clocher bâti sur une ancienne tour de guet médiévale.
[modifier] Histoire
[modifier] Origine du nom
Collioure est déjà présent dans Pline l'ancien sous le nom de "Cauco Illiberis", il l'est resté jusqu'au siège de la ville par les Wisigoths en 673 et est alors dénommé castrum Caucoliberi[réf. souhaitée]. Un texte plus tardif (IXe siècle), mais reprenant une mention du Ve siècle, donne à peu près la même forme (Caucholiberi).
Par la suite, se développent des graphies du type Cochliure, Cocliure, parfois transformées en Cobliure ou Copliure (également Coblliure, Coplliure). La graphie catalane actuelle Cotlliure avec un "t" n'a jamais été la plus fréquente. La forme française s'est développée au XIXe siècle [réf. souhaitée].
[modifier] Interprétation de l'étymologie ibérique
D'après certains auteurs[réf. souhaitée], le nom est d'origine ibère (ibéro-basque pour les uns, ibéro-ligure pour d'autres). Il serait composé de la racine kauk (= creux, baie) et de illiberi , ce dernier terme ayant aussi servi à désigner la ville d'Elne jusqu'au IVe siècle.
[modifier] Evolution de l'étymologie latine (?)
M. Sauvant propose une autre interprétation dans une étude[1]. Son interprétation rend compte du "t" du nom catalan, et explique l'évolution de "-liberi" vers "-lliure", comme le mot latin "liber" a évolué vers le catalan "lliure". Cette nouvelle interprétation s'appuie sur un regroupement de noms de villages au 4ème siècle, regroupés par trois (la trinité?!) pour mémoriser des phrases probablement importantes pour les chrétiens locaux.
Ainsi, il a été imaginé, par souci de prosélytisme religieux, vers 340-350 que Collioure était "cautione liber erit " = "par la garantie qu'il sera libre"; compacté dès l'origine en "cautio liberit". La phrase compète aurait contenu le nom latin "Adligatus" du village qui a précédé Latour-Bas-Elne , attesté par la mention médiévale "Azilago", et le nom latin "Tecto" du village de Taxo, dont une mention médiévale était "Tacito". La phrase latine mnémotechnique pouvait être "Adligatus est in tecto cautione liber erit" . Elle évoquait une règle adoptée par les chrétiens à cette époque pour bannir tout emprisonnement qui ne préciserait pas une durée de la peine (ce qu'il est possible de traduire par "Tout prisonnier est rassuré par la garantie qu'il sera (un jour) libre".
[modifier] Collioure et Illiberis
À quelques années près, Collioure a reçu son nom en même temps que Illiberis est devenue le "Castrum Helenae" qui évoluera en Elne. Donc, on peut maintenant dire que le nom d'Illiberis a disparu quand celui de Collioure est apparu.
Le nom antérieur de Collioure, avant l'arrivée du sénat romain pour rencontrer Hannibal qui campait devant Elne en 217 avant JC, pourrait être celui de Pyrène, cité antique supposée qu'on ne sait pas localiser. Selon les interprétations classiques[réf. souhaitée], Pyrène serait citée par Hérodote et Rufus Festus Avienus. Mais il se peut qu'il n'y ait jamais eu de cité nommée Pyrène, car il se peut que les deux auteurs faisaient mention du "pays des Pyrénées" ; en effet, les mots "polis" (grec) et "civitas" (latin) signifient "cité" ou "pays".
Qu'il ait été ou non le lieu de la cité de Pyrène, le site de Collioure est le plus indiqué pour avoir été, grâce à l'exportation du fer, une "cité à la riche destinée" (traduction classique d'une expression du poète Rufus Festus Avienus dans son "Ora Maritima"), où venaient les navires de Massilia vers le 5ème siècle avant J.C. Il est très probable que le fer du Canigou s'exportait par son port sous les Grecs et les Romains ; en effet :
- L'anse profonde de Port Vendres n'existait pas à l'époque (?!!)
- Des fouilles menées dans le glacis du château ont montré que la ville existait déjà au VIe siècle av. J.-C.
- Le site de Collioure était le plus proche port possible pour des lourds chariots descendant du Vallespir, et même du Conflent par des voies qui ne traversent pas des zones basses inondables.
Il n'est pas possible d'assurer que le port antique dans le site Collioure ait été toujours le port d'Illiberis (de l'ancien nom de Collioure : Caucolibéris, le port d'Illibéris). En effet, même s'il n'a jamais été trouvé de trace de port antique près d'Elne, il ne faut pas exclure complètement qu'il y en ait eu un, car l'épaisseur des limons qui sont venus s'étaler à l'Est d'Elne entre Alenya et Taxo d'Aval est de plusieurs mètres. Selon M. Sauvant, le village le plus proche de la côte vers Elne au IVe siècle était sur le site de La Tour-Bas-Elne. Près de cet endroit, aujourd'hui à 5 mètres d'altitude, situé entre les collines où sont maintenant Elne et Saint-Cyprien, une anse marine aurait pu être bonne pour un port.
[modifier] Autres informations historiques
Le site de Collioure était déjà occupé par les hommes préhistoriques, si l'on en croit les divers dolmens recensés : près du hameau du Rimbau (assez bien conservé) au col del Molló (ruiné) et sans doute au lieu-dit l'Arqueta.
Son château est déjà cité en 673, preuve du rôle stratégique et commercial tenu par la cité à l'époque wisigothique.
Le château et la ville appartiendront ensuite aux comtes de Roussillon, puis aux divers rois qui se succéderont en Roussillon : rois d'Aragon de 1172 à 1276, puis rois de Majorque jusqu'en 1343, avant de revenir aux rois d'Aragon. Sous le règne des rois de Majorque, le château, entièrement renconstruit entre 1242 et 1280 au détriment d'une maison templière qui lui était accolée, devint résidence royale, la ville étant pour sa part le premier port du Roussillon. Le commerce, surtout au temps des rois d'Aragon, y était intense : on exportait notamment des draps, de l'huile et du vin, et l'on importait des épices, des tissus orientaux et d'autres produits exotiques.
La province fut occupée de 1475 à 1481 par le roi de France Louis XI, qui fit bâtir des fortifications à Collioure, rebaptisée Saint-Michel, fortifications aujourd'hui dissimulées par les constructions postérieures. Son successeur, Charles VIII, rendit le Roussillon à Ferdinand le Catholique, dont le successeur Charles Quint renforça les fortifications de la ville.
En 1643, la ville fut prise par les armées de Louis XIV, avant d'être annexée officiellement à la France en 1659 par le traité des Pyrénées. Son rôle stratégique fut redéfini par Vauban, qui voulant en faire une ville de garnison, rasa la vieille ville pour accroître le château, et construisit de nouveaux forts — Saint-Elme et le Mirador. La population, menacée de déportation à Port-Vendres, obtint de reconstruire la ville à son emplacement actuel. L'église, dotée d'un clocher aménagé dans une ancienne tour de guet de l'époque majorquine, fut consacrée au début du XVIIIe siècle.
En 1793, la ville fut occupée par les troupes espagnoles, et reprise par le général Dugommier en mai 1794.
Au XIXe siècle, on note un important essor économique lié à l'expansion de la pêche — succès des anchois de Collioure — et à la production viticole. Ce progrès s'essouffle cependant au début du XXe siècle : après un maximum de 3 846 habitants en 1857, on tombe à 2 830 habitants en 1901, soit une perte de 1 000 habitants en une cinquantaine d'années. Le développement de Port-Vendres y est sans doute pour beaucoup.
[modifier] Culture
Mais, à cette époque, Collioure connaît un tournant essentiel, qui contribuera grandement à son développement touristique. C'est en effet en 1905 qu' Henri Matisse vient peindre à Collioure, où, en compagnie de André Derain, il crée le fauvisme. D'autres peintres suivront, notamment Albert Marquet, Juan Gris, Georges Braque, Picasso, Raoul Dufy, Foujita et bien d'autres.
Henri Matisse arrive à Collioure en mai 1905, quelques mois avant que le terme de « fauves » soit lancé par un critique d'art au salon d'automne. L'artiste a quitté Saint-Tropez et Paul Signac, bien décidé à en finir avec le pointillisme. Il invite le jeune André Derain à le rejoindre ; ce fut le départ d'une amitié et d'une collaboration féconde. Pour les deux peintres, l'été 1905 est un moment d'intense ouvrage et ils produisent énormément, en utilisant « les couleurs qui sortent du tube ». Tout dans le village les inspire : le port, le clocher, les toits et les coins des ruelles. Ils ont aussi produit six portraits et autoportraits.
[modifier] Administration
| Liste des maires successifs | ||||
| Période | Identité | Parti | Qualité | |
|---|---|---|---|---|
| mars 2008 | Michel Moly | PS | ||
| Toutes les données ne sont pas encore connues. | ||||
[modifier] Démographie
La population s'est aujourd'hui stabilisée entre 2 500 et 2 900 habitants permanents. L'été s'y ajoute le flot des dizaines de milliers de touristes qui visitent chaque année cette petite cité méditerranéenne.
| 1962 | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 | 2007 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2 398 | 2 525 | 2 516 | 2 527 | 2 726 | 2 763 | 2 944 |
| Nombre retenu à partir de 1962 : Population sans doubles comptes | ||||||
[modifier] Lieux et monuments
- L'église Notre-Dame-des-Anges, construite entre 1684 et 1691 dans un style gothique méridional, elle est avec son célèbre clocher pratiquement entourée par la mer sur ses trois côtés.
Au départ, le clocher est un ancien phare médiéval, annonçant la position du port de Collioure par des fumées le jour et par des feux la nuit. À la fin du XVIIe siècle, l'église médiévale sur les hauteurs de Collioure fut rasée sur l'ordre de Vauban. Les consuls de Collioure obtinrent tout de même de Vauban l'autorisation de construire une nouvelle église sur les récifs qui ferment la passe. Cette église s’appuie alors contre le phare. Entre-temps, Vauban ne veut plus de port à Collioure, il préfère la baie en eau profonde de Port-Vendres. Du fait, Collioure n'a plus besoin d'un phare. Il devient dès lors le clocher de l'église. Mais, ce n'est que 100 ans plus tard, vers 1809, qu'une décision municipale est prise pour le couvrir d'une coupole en s'inspirant d'un modèle originaire de Toscane.
L'interieur possède une collection de neuf retables sculptés sur bois et dorés. Le retable du maître-autel a été réalisé par Joseph Sunyer en 1698. Il prend la forme d'un grand triptyque de trois étages occupant tout l'arrière-chœur. Au centre figurent la Vierge de l'Assomption et au sommet le Père Éternel entre la Justice et la Charité. À gauche du chœur, un autre retable de Joseph Sunyer évoque le Saint-Sacrement.
Faisant l'objet de plusieurs restaurations exterieures et interieure, l'église a vu son ancienne sacristie réhabilitée, pour acceuillir le trésor. Ainsi sont visibles un meuble-vestiaire d'époque Louis XIII, des peintures du XVème siècle, un reliquaire du XVIème siècle, une Vierge du XVIIème siècle.
- Jusqu'à la fin du royaume de Majorque, en 1344, le Château Royal de Collioure servit de fastueuse résidence d'été aux rois de Majorque et à leur cour.
- Fort Saint-Elme.
- Tour de Madeloc.
- L'ancien couvent des dominicains se compose d'un couvent du XIIIème siècle auquel vient s'ajouter un cloître du XIVème siècle. Le couvent, propriété des vignerons depuis 1926, abrite aujourd'hui la cave coopérative. Le cloître a été reconstitué par la ville et déplacé en 1995 dans les jardins du musée d'art moderne de Collioure.
- Chapelle Saint-Vincent. Construite en 1701 l'arrivée des nouvelles reliques de Saint-Vincent, la chappelle était située à l'origine sur un ilot rocheux, avant que celui-ci ne soit relié à la terre ferme par une digue en 1876.
- Jardin Gaston Pams.
- Musée d'art moderne de Collioure dit "Musée Peské".
[modifier] Fêtes
Chaque année, les fêtes de la Saint Vincent se déroulent dans les rues de Collioure, du 14 au 18 août.
Historiquement, la procession sur mer du 16 août constituait l'événement majeur des fêtes. La première eut lieu le 16 août 1701, afin de célébrer l'arrivée dans la ville des reliques de Saint Vincent. Cette célébration eut alors lieu chaque année jusqu'à l'instauration de la loi de séparation de l'Église et de l'État en 1905. Depuis 2001 (à l'occasion du tricentenaire des fêtes), la procession sur mer a lieu à nouveau.
[modifier] Personnalités liées à la commune
- Antonio Machado, qui y mourut et dont la mémoire est toujours entretenue et célébrée [3].
- Les peintres Henri Matisse, André Derain et leurs amis y créèrent le fauvisme durant l'été 1905; un parcours dans la ville permet de retrouver les lieux où leurs oeuvres ont été réalisées [4].
- Pablo Picasso, qui séjourna ponctuellement à Collioure de 1950 à 1952 à la Miranda.
- Autres peintres reconnus ayant résidé et travaillé à Collioure durant le XXème siècle : Albert Marquet, Juan Gris, Raoul Dufy, Georges Braque, Willy Mucha, Henri Martin, .... (à compléter)
- De 1953 à 1957, Salvador Dali participe régulièrement aux fêtes de la ville.
- Dans les années 1950, l’écrivain Patrick O'Brian (auteur du roman De l'autre côté du monde dont est inspiré le film Master and Commander) habite à Collioure avec sa femme Mary, où il cultive la vigne. Décédé en 2000, sa tombe est au cimetière du village.
- François Beaudire, baron Berge (né à Collioure le 11 mars 1779, mort à Paris le 11 mai 1832), fut un général de Napoléon 1er.
- René Llense, né en 1913 à Collioure, ancien gardien de but de l'équipe de France de football.
- Jep Desclaux, joueur français de rugby à XV et de rugby à XIII, né le 1er février 1912 à Collioure.
[modifier] Jumelage
[modifier] Voir aussi
[modifier] Images
[modifier] Notes et références
[modifier] Liens externes
- Office de Tourisme de Collioure
- Ville de Collioure
- Collioure sur le site de l'Institut géographique national

