Abbaye Saint-Martin du Canigou

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Abbaye de Saint-Martin du Canigou
Image illustrative de l'article Abbaye Saint-Martin du Canigou
Présentation
Nom local Abadia de Sant Martí del Canigó
Culte catholique
Type Abbaye
Rattachement (anciennement; Ordre bénédictin) Depuis 1987:Communauté des Béatitudes
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XIIe siècle
Style dominant Roman
Protection Logo monument historique Classé MH (1889)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Pyrénées-Orientales
Commune Casteil
Coordonnées 42° 31′ 41″ N 2° 24′ 03″ E / 42.528055, 2.400833 ()42° 31′ 41″ Nord 2° 24′ 03″ Est / 42.528055, 2.400833 ()  

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Abbaye de Saint-Martin du Canigou

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Abbaye de Saint-Martin du Canigou

L’abbaye Saint-Martin du Canigou (en catalan : Sant Martí del Canigó), est un monastère de moines bénédictins fondé au Xe siècle par Guifred II comte de Cerdagne. Sise sur les hauteurs du petit village de Casteil, dans le département des Pyrénées-Orientales (66) en région Languedoc-Roussillon (France), elle fut supprimée - et ses moines chassés - lors de la Terreur 1791), mais reprit vie au début du XXe siècle. La communauté des Béatitudes y assure depuis 1987 le service de l'office divin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Tour-porche et chevet de l'abbatiale

C'est à l'instigation du comte de Cerdagne Guifred II, arrière-petit-fils de Guifred le Velu que le monastère fut établi. Les premières mentions datent de 997, date à laquelle le chantier a probablement commencé. De nombreuses donations au cours des années suivantes montrent bien que le chantier fut mené de manière très régulière. Le 12 juin 1005, Guifred II donne avec sa femme Guisla un alleu situé sur les pentes du Canigou, sur le territoire de la commune de Vernet à l'église de Saint-Martin. Ils effectuent un nouveau don le 14 juillet 1007[1].

L'église est consacrée le 10 novembre 1009 par Oliba, évêque d'Elne (son frère était abbé de Saint-Michel de Cuxa). Elle sera dédiée à Marie et aux saints Martin et Michel. Quelques années plus tard, l'église se dote des reliques de saint Gaudérique. L'abbatiale est alors agrandie et re-consacrée (l'année exacte n'est pas connue avec exactitude : soit 1014, soit 1026). Le comte Guifred II se retira à l'abbaye vers la fin de sa vie : il y mourut en 1049.

L'abbaye commença alors rapidement à décliner : dès le XIIe siècle, elle est rattachée à l’abbaye de Lagrasse, dans l'Aude. Cela fut cause d'un conflit qui se régla finalement par arbitrage du pape. Mais l'abbaye sombrait irrémédiablement dans la décadence.

Le terrible tremblement de terre de 1428, qui fit tant de dégâts en Catalogne, ébranla sérieusement le monastère : de nombreux bâtiments furent détruits, le clocher fut écrêté, mais l'église résista tant bien que mal. Les travaux de reconstruction furent très longs en raison de l'insuffisance de moyens, malgré la mobilisation de l'épiscopat d'Elne.

En 1506, l'abbaye est placée sous commende et finit par être sécularisée en 1782 par Louis XVI.

Lors de la Terreur, l'abbaye fut fermée après expulsion des derniers religieux, et tous ses biens furent éparpillés. Les bâtiments se transformèrent alors en carrière de pierres pour les habitants des environs, les chapiteaux du cloître furent pillés, de même que les sculptures et le mobilier.

Il faudra attendre le début du XXe siècle pour que l'abbaye reprenne vie. L'évêque de Perpignan alors en fonction, monseigneur de Carsalade du Pont, entreprit à partir de 1902 la reconstruction du monastère[2], dont il ne restait plus grand-chose, si ce n'est le clocher, l'église (dont une partie de la voûte s'était effondrée), et trois galeries du cloître inférieur.

De 1952 à 1983, dom Bernard de Chabannes achève la restauration de l’abbaye et y rétablit la vie spirituelle.

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Les bâtiments[modifier | modifier le code]

Vue intérieure de l'église supérieure
Galeries nord et est du cloître

L'église abbatiale[modifier | modifier le code]

Elle est constituée de deux églises superposées : l'église inférieure, dédiée à sainte Marie, et l'église supérieure, dédiée à saint Martin.

  • L'église inférieure est majoritairement souterraine, et sa hauteur sous voûte n'excède guère 3 mètres. La partie orientale (absides et travée attenante) remonte vraisemblablement à la consécration de 1009, tandis que le reste de l'édifice date des années 1010-1020, en concomitance avec les travaux menés après l'acquisition des reliques de saint Gaudérique et la nouvelle consécration de l'église.
  • L'église supérieure est, elle, le résultat d'une seule campagne de construction, à savoir celle menée dans les années 1010-1020 (en même temps que l'agrandissement de l'église inférieure). Sa construction a nécessité le renforcement des colonnes de l'église inférieure, qui furent englobées dans des piles carrées. Comme l'église inférieure, l'église Saint-Martin est composée de trois nefs, séparées par des colonnes monolithes et voûtées en berceau en plein cintre (sauf entre la troisième et la quatrième travée, où la paire de supports est de forme cruciforme et soutient un arc doubleau). Plus tardivement, on a adjoint à cette église une petite chapelle afin d'y placer les reliques de saint Gaudérique : cela a résulté dans la création d'une quatrième abside au chevet de l'église.
  • La tour-porche ne fait plus que 19 mètres, après sa destruction partielle en 1428. Elle ne fut en effet jamais rétablie totalement. Le crénelage date de la reconstruction.

Le reste des bâtiments conventuels date du début du XXe siècle : il ne restait pratiquement plus rien des anciens locaux.

Le cloître[modifier | modifier le code]

Tour-porche et église supérieure, vus du cloître

Le cloître a conservé trois de ses anciennes galeries ; la galerie sud a été refaite avec les matériaux provenant d'un étage supérieur ajouté au XIIe siècle.

Les restaurations des années 1900-1920 furent assez libres dans le cloître, dont il est difficile d'imaginer l'aspect original. Il a la forme d'un quadrilatère irrégulier (14 mètres de longueur pour les galeries nord, sud et est, 10 mètres pour la galerie occidentale).

Il comportait deux niveaux, construits pour le premier au tout début du XIe siècle et pour le deuxième à la fin du XIIe siècle. Le niveau inférieur, qui présentait des galeries voûtées et des arcades en plein cintre dénudées de tout décor, n’a conservé que trois galeries qui ont été fortement restaurées, leur faisant perdre leur caractère d'origine. Le niveau supérieur, couvert en appentis, possédait des chapiteaux de marbre, qui furent éparpillés après la fermeture du monastère à la Révolution. La restauration a permis d'en récupérer certains, qui furent intégrés dans la nouvelle galerie méridionale. Cette galerie est en effet pure fantaisie, car l'aile méridionale des bâtiments conventuels avait totalement disparu et sa reconstruction était invraisemblable : d'où l'établissement de cette galerie sud, ouvrant sur le précipice, et réutilisant des chapiteaux tant de l'ancien étage supérieur (en marbre blanc, vers 1170) que d'autres leur étant postérieurs (marbre rose, courant XIIIe siècle).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire du Roussillon
  2. Carsalade Du Pont, Jules de, Lettre pastorale de monseigneur l'évêque de Perpignan au clergé et aux fidèles de son diocèse leur annonçant le rachat de l'église abbatiale de Saint-Martin du Canigou et sollicitant des aumones pour sa restauration, Perpignan, Charles Latrobe,‎ 1902, 26 p. (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ces deux ouvrages sont incontournables pour en savoir plus … et ont été d'une aide précieuse pour la rédaction de cet article. À voir notamment la remarquable description de la statuaire du cloître et les illustrations.

  • DURLIAT, Marcel, Roussillon roman, Zodiaque, 1986. (ISBN 2-7369-0027-8).
  • MALLET, Géraldine, Églises romanes oubliées du Roussillon, Les Presses du Languedoc, 2003. (ISBN 2-85998-244-2).

À voir aussi :

  • Puiggarí, José, Notices sur l'ancienne abbaye de Saint-Martin-de-Canigo, tirées de documents authentiques, et particulièrement d'un inventaire des titres de cette abbaye, dressé en 1586, par le visiteur apostolique Don Jean d'Agullana, Perpignan, Inpr. J-B Alzine,‎ [18..], 58 p. (lire en ligne)

Le roman fantastique L'Historienne et Drakula d'Elizabeth Kostova s'inspire de l'abbaye existante pour décrire l'abbaye fictive de Saint-Mathieu des Pyrénées-Orientales.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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