Vincent Ferrier

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Vincent Ferrier
Image illustrative de l'article Vincent Ferrier
Saint Vincent Ferrier
Détail d'un tableau de Giovanni Bellini
Naissance 23 janvier 1350
Valence
Décès 5 avril 1419  (à 69 ans)
Vannes
Nationalité Aragonais
Vénéré à Cathédrale Saint-Pierre de Vannes, Valence, etc.
Canonisation 1455 Rome
par Calixte III
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 5 Avril
Saint patron patron des constructeurs, couvreurs, plombiers

Vincent Ferrier (en valencien Sant Vicent Ferrer) est un prêtre de l'Ordre dominicain, né le 23 janvier 1350 près de Valence (Couronne d'Aragon) et mort le 5 avril 1419 à Vannes (Bretagne) qui est resté célèbre pour ses prédications publiques. Ses reliques y sont vénérées à la Cathédrale Saint-Pierre de Vannes. Il est le saint patron du Pays valencien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Statue de Saint Vincent Ferrier, Musée d'histoire et d'archéologie de Vannes
Maison de Saint Vincent Ferrier, (Valence)

Son charisme et son influence populaire sont tels qu'il devient un personnage-clé dans les troubles politico-religieux liés au Grand Schisme d'Occident. Proche de Pedro de Luna, alors cardinal et futur Benoît XIII, Vincent Ferrier se rallie tout d'abord à la papauté d'Avignon, rejetant la légitimité d'Urbain VI dans son traité De moderno ecclesiae schismate. Il devient par la suite confesseur de Benoît XIII, désormais antipape et figure emblématique de la résistance à Rome. Mais, dans un souci d'union de l'Église, il finit par se résigner à abandonner la cause de Benoît pour reconnaître le pape romain. Son acte de renonciation officiel intervient en 1416, à l'époque où le Concile de Constance s'emploie à mettre fin au Schisme.

Infatigable prêcheur et évangélisateur de l'Europe pendant vingt ans, de 1399 à sa mort, il parcourt l'Espagne, l'Italie, la Suisse, et va même jusqu'en Écosse. Il est souvent accompagné d'une quantité impressionnante de disciples, au point qu'il doit essentiellement prêcher dans de grands espaces extérieurs pour pouvoir être entendu de la foule. On lui prête le don des langues, au vu de sa capacité à communiquer avec tant de peuples différents.

En dehors des questions papales, son rôle politique est particulièrement important en Espagne, où il aide Ferdinand de Castille à accéder à la couronne d'Aragon dans un contexte de succession difficile (cf. Compromis de Caspe).

Il aborde la question juive en Espagne où il prêche la conversion des Juifs. Pour l'historien Salomon Mitrani-Samarian, « tout en s'efforçant de modérer la sauvagerie des massacreurs, il faisait entrer dans le giron de l'Église les malheureux Juifs qui pour échapper à la mort se réfugiaient dans les églises  » et aurait selon ses apologistes converti 25 000 à 30 000 Juifs[1]. Au début du XVe siècle, il écrit : « Les apôtres qui ont conquis le monde ne portaient ni lances ni couteaux. les chrétiens ne doivent pas tuer les juifs avec le couteau, mais avec la parole et pour cela les émeutes qu'ils font contre les juifs, ils les font contre Dieu même, car les juifs doivent venir d'eux-mêmes au baptême »[1]. Les sources divergent sur la nature des événements (invasion pendant un sermon obligatoire ou bien massacres pendant le culte synagogal), la date (1391 ou 1411) et la part que prît Ferrier à l'appropriation d'une synagogue de Tolède puis sa transformation en l'église Santa Maria la Blanca[2],[3]. Il prêche aussi la séparation complète des Juifs et des chrétiens et serait donc un des instigateurs de la création des « juderias » en Espagne[1].

La France n'est pas oubliée dans ses missions, il en parcourt tout le Sud avant d'être appelé en Bretagne en 1418 par Jean V, duc de Bretagne. Il sillonne pratiquement toute la Bretagne de ville en ville pendant près de deux ans et revient à Vannes, épuisé, où il meurt en 1419. La localité de Puy-Saint-Vincent en Vallouise (Hautes-Alpes), qui s'appelait auparavant Puy-Saint-Romain, a pris son nom après son passage dans les Alpes du Sud.

Canonisé en 1455 (ou le 5 juin 1456) par Calixte III, il est fêté le 5 avril.

Protection[modifier | modifier le code]

Il est le patron des travailleurs de la construction en général, et plus particulièrement des :

  • Constructeurs
  • Fabricants de briques et de tuiles; couvreurs
  • Plombiers
  • Poseurs de revêtements de sol.

Dévotions particulières[modifier | modifier le code]

  • Invoqué contre l'épilepsie et le mal de tête

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Il est l'auteur d'un Traité des suppositions dialectiques et de Question solennelle sur l'unité de l'universel qui définit et fixe sa conception de l'univers intelligible qui servira de support à son enseignement sacré.

  • « Un homme d'action : Saint Vincent Ferrier », dans Le Correspondant, no 1499, 10 mars 1925, p. 641–674.
  • Paul Meyer, Du manuscrit Douce 162 et de la prédication de Vincent Ferrier en France, 1881.
  • P. Fages, Histoire de saint Vincent Ferrier, 1901, 2 tomes.
  • P. Fages, Notes et documents de l'histoire de saint Vincent Ferrier, 1905
  • P. Fages, Œuvres de saint Vincent Ferrier, 2 volumes, 1909.
  • Mathieu-Maxime Gorce, Saint Vincent Ferrier, 1924.
  • Mathieu-Maxime Gorce, Bases de l'étude historique de saint Vincent Ferrier, 1924.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Salomon Mitrani-Samarian, « Revue des études juives - n°108, p.241-245, Un sermon valencien de saint Vincent Ferrer »,‎ 1907
  2. Michel Despland, « La religion en Occident: Grandes ou petites vérités? », dans Critère, no 32, automne 1981, reproduit sur L'Encyclopédie de L'Agora. Consulté le 24 août 2007.
  3. (en) Anna Foa, « The Jews of Europe after the Black Death », sur Google Books, University of California Press,‎ 2000 p. 88