Capitalisation boursière

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La capitalisation boursière est la valeur de marché de l'ensemble des actions en circulation d'une société par actions. Elle est distincte des capitaux propres et peut même évoluer dans le sens opposé lorsque l'entreprise a pour priorité immédiate la rentabilité.

Généralités[modifier | modifier le code]

La capitalisation boursière est donc le prix qu'il faudrait payer s'il était possible de racheter toutes les actions d'une société à leur cours de marché actuel. Lorsqu'un investisseur désire acquérir 100 % des actions d'une société, il doit généralement payer plus que le cours du marché pour inciter les actionnaires actuels à lui vendre leurs actions.

La théorie économique permet de relier capitalisation boursière et profits futurs de la société. Si l'on suppose que les actionnaires recherchent uniquement leur profit financier et que les marchés fonctionnent de manière efficiente, la capitalisation boursière dépend de deux choses uniquement : des profits futurs attendus pour les actionnaires, et du risque financier qui lui est associé. La capitalisation boursière sera d'autant plus élevée que les profits attendus sont élevés. À espérance de profit égale, plus les prévisions sont incertaines, moins la capitalisation boursière sera élevée[N 1].

Il ne faut pas confondre la capitalisation boursière avec la valeur de l'entreprise, qui mesure la valeur de marché de l'ensemble des capitaux investis dans l'entreprise. Celle-ci comprend non seulement la capitalisation boursière, mais aussi la dette financière. La dette est en effet considérée comme l'argent investi par les prêteurs, de la même manière que la capitalisation est l'argent investi par les actionnaires. Ainsi, lorsqu'une entreprise est endettée, sa valeur totale est supérieure à sa capitalisation boursière.

En janvier 2012, les deux sociétés ayant la plus forte capitalisation boursière au monde étaient Apple et ExxonMobil, respectivement 471 et 410 milliards de dollars[1].

Avec une capitalisation boursière de 623,52 milliards de dollars à la clôture des marchés le 20 août 2012, Apple devient l'entreprise à la plus grande capitalisation boursière de l'histoire en dollars courants. Apple dépasse ainsi le précédent record de 620,58 milliards de dollars détenu par Microsoft au plus fort de la bulle Internet en 1999. Cela dit, en dollars ajustés de l'inflation, Microsoft demeure devant.

Mode de calcul[modifier | modifier le code]

En théorie, la capitalisation boursière d'une société par actions se définit simplement. C'est le produit du nombre de ses actions en circulation par la valeur de marché de chaque action.

Capitalisation boursière = nombre d'actions en circulation x cours de l'action

Ainsi s'il y a 1 000 actions en circulation et que le cours de bourse de l'action est 500 €, la capitalisation est de 500 000 €. Si la valeur de l'action augmente de 5 %, à nombre constant d'actions, la capitalisation boursière augmente de 5 %. Si, à cours de bourse constant, le nombre d'actions augmente de 10 %, alors, la capitalisation boursière augmente de 10 %. En revanche, si le nombre d'actions est doublé mais que le cours de bourse est divisé par deux, alors la capitalisation boursière reste inchangée.

La capitalisation boursière et les fusions-acquisitions[modifier | modifier le code]

La capitalisation boursière représente le montant qu'il faudrait débourser pour acquérir toutes les actions disponibles en bourse d'une société à leur cours actuel (le flottant). Cependant, en règle générale, lorsqu'une entreprise veut en acheter une autre, elle accepte de payer plus cher que le prix du marché, c'est ce qu'on appelle une prime de contrôle. Par là, elle incite les actionnaires actuels à lui vendre leurs actions, même lorsqu'ils ne seraient pas prêts à le faire au cours actuel du marché. Aussi il n'est pas nécessaire d'avoir 100 % des parts d'une entreprise pour la contrôler: il suffit d'en acquérir la moitié + 1 pour en prendre le contrôle.

Terminologie boursière[modifier | modifier le code]

Dans le monde de la bourse, y compris par ses autorités régulatrices, les entreprises étaient traditionnellement classées en trois grandes catégories : grande capitalisations (large-cap), moyenne capitalisation (mid-cap), et à petite capitalisation (small-cap)[2].

Puis pour répondre à de nouveaux besoins, les termes de méga-capitalisation[3] et micro-capitalisation[4] sont entrés dans l'usage commun, suivi de celui de nanocapitalisation. Des numéros correspondant à différents indices sont parfois utilisés [5].

Ces catégories restent relatives au contexte de l'époque, et il n'existe pas de définition officielle ni de document faisant consensus sur les valeurs limites précises.

Les seuils peuvent être définis en percentiles plutôt qu'en dollars ou euros nominaux. Les définitions exprimées en dollars ou euros nominaux (ou dans une autre monnaie) devront être ajustés dans le temps selon le taux d'inflation, selon l'évolution démographique et la valorisation globale du marché (par exemple 1 milliard de dollars correspondait à une grande capitalisation boursière en 1950, mais ne l'est plus de nos jours). Ces seuils pourraient même être différents pour différents pays ou par domaine.

Une catégorisation de base (pour les années 2010) pourrait être :

  • Mega-cap : Plus de 100 milliards de dollars [6]
  • Large-cap : Plus de 10 milliards de dollars
  • Mid-cap : de 2 à 10 milliards de dollars
  • Small-cap : de 250 million de dollars à 2 milliards de dollars
  • Micro-cap : moins de 250 million de dollars[7]
  • Nano-cap : moins de 50 million de dollars [7]

Risques de fraude dans le domaine des micro et nano-cap[modifier | modifier le code]

La SEC a alerté les investisseurs sur les risques posés par la diffusion d'informations mensongères ou manipulatrices par les spams, des junk e-mail et sur l'Internet. Ces pseudo-informations sont souvent présentées comme venant soi-disant de "l'intérieur" ou annonçant l'imminence d'une évolution favorable ou défavorable dans une entreprises). Le fraudeur peut utiliser de fausses identités, de faux bulletin d'information, un démarchage partial ou mensonger par téléphone (voire de faux messages donnant de faux bons tuyaux, laissés sur répondeur en faisant croire qu'il était adressé à quelqu'un d'autre et déposé là par erreur, comme si l'interlocuteur avait fait un faux numéro). Il peut utiliser des bulletins prétendument impartiaux, mais en réalité écrits par des gens payés par des entreprises peu scrupuleuses. Les fraudeurs cherchent généralement à tromper des investisseurs potentiels crédules en leur faisant croire qu'ils bénéficient de conseils de première main. Des communiqués faux ou trompeurs peuvent aussi être repris par de vrais portails internet spécialisés. La SEC a aussi identifié des fraudes plus sophistiquées qu'elle décrit dans son guide aux investisseurs[7] .

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Pour plus de précisions, voir risque financier et coefficient bêta.
Références
  1. http://www.bfmbusiness.com/toute-linfo-eco/bourse/apple-devient-la-premi%C3%A8re-capitalisation-boursi%C3%A8re-mondiale-69791
  2. "Market Capitalization Definition", Investopedia ; consulté 2 avril 2013.
  3. "Mega Cap Definition" , consulté 2 avril 2013.
  4. "Micro Cap Definition" , consulté 2 avril 2013.
  5. Definition of Market Capitalization
  6. Murray-West, Rosie. Why 'mega cap' shares could take off. In: The Telegraph March 13, 2013 consulté le 26 juillet 2014
  7. a, b et c SEC (2014) SEC Microcap Stock: A Guide for Investors

Annexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]