Emporion

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

En grec ancien, le mot emporion (ἐμπόριον) désigne un port de commerce, par opposition à l’astu (ἄστυ), la cité à proprement parler, située à l'intérieur des terres.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme dérive du mot emporos, qui désigne un négociant au long cours. Il a donné naissance au nom de la ville d'Empúries en Catalogne, comptoir fondé par les Phocéens de Massalia (Marseille) et Alalia (Aléria, Corse).

Rôle et fonction[modifier | modifier le code]

Un emporion dépend souvent d'une cité, comme c'est le cas du Pirée par rapport à Athènes. Le terme désigne également un comptoir maritime fondé dans une colonie ou en territoire étranger. Le terme est également employé pour désigner toute place de commerce d'une population non-grecque, comme par exemple Gênes, emporion des Ligures selon Strabon.

Les emporions de Massalia[modifier | modifier le code]

Petit cratère à vin originaire de l'oppidum Saint-Marcel du Pègue
(Céramique pseudo-ionienne)

La venue des Phocéens, en -598, et la fondation de Massalia, n'est pas du tout étrangère à l'idée de contrôler le débouché de la route de l'étain. Même si au passage la rapide création de comptoirs côtiers prouvent que les Grecs s'intéressaient aussi à tout négoce dont l'or, Agathée (Agde) est fondée à l'embouchure de l'Hérault, fleuve aurifère, et le sel, Olbia (Hyères) contrôlait des salins[1].

Ils privilégièrent surtout l'axe fluvial Rhône/Saône où l'archéologie a montré que leurs comptoirs et leur négoce remontèrent fort loin. Vix, aux sources de la Seine, commerçait avec Massalia, comme l'a prouvé le vase de Vix, le plus grand cratère de l'Antiquité, daté de -525. L'oppidum Saint-Marcel, situé près du Pègue et proche de Valaurie (Vallea Aurea), fut l'un des plus grands emporions des Massaliotes[1].

La toponymie permet de retrouver d'autres emporions dans la vallée du Rhône dont Empurany, sur le Doux, avec Saint-Jean-de-Muzols son port sur le Rhône, qui desservait les mines de Largentière ; Ampuis, proche de la confluence Rhône/Saône ; Amphion, sur les berges du lac Léman ; tandis que dans la vallée de la Saône se trouvent Ampilly-le-Sec et Ampilly-les-Bordes, aux portes de Vix[2].

Les principaux emporions grecs[modifier | modifier le code]

Dans la Grèce antique, les négociants installèrent des comptoirs en Égypte, en Afrique du Nord, en Espagne, en Grande-Bretagne et dans la péninsule Arabique. Les plus connus sont Avaris et Assouan en Basse-Égypte, Thèbes en Haute Égypte, Eilat et Elim, chez les Hittites à Qadesh et Canaan, chez les Phéniciens, Gadès, Carthage, Leptis Magna et Cyrène.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Pierre Saltarelli, op. cit., p. 14.
  2. Jean-Pierre Saltarelli, op. cit., p. 15.

Bibliographie[modifier | modifier le code]