Guerre de Jugurtha

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Guerre de Jugurtha
Bellum Iugurthinum
Description de cette image, également commentée ci-après

Monnaie romaine avec, sur la face de droite, le triomphe de Sylla et Jugurtha enchaîné derrière le trône. Exposé au Musée d'Alger

Informations générales
Date 112-105 av. J.-C.
Lieu Numidie (actuelle Algérie)
Issue Victoire romaine stratégique
Défaite militaire romaine majeure
Changements territoriaux La Maurétanie annexe quelques territoires Numides
Gauda est placé sur le trône de Numidie
Belligérants
SPQRomani stable.svg République romaine
Maurétanie
Numidie
Commandants
Marius
Sylla
Metellus
Bocchus
Jugurtha
Bomilcar
Pertes
Très lourdes Modérées, capture de Jugurtha

Guerre de Jugurtha

Cirta, Suthul, Muthul, Thala, Zama
Carte de la Numidie, d'après l’atlas antique de Heinrich Kiepert publié en 1869.
La Numidie entre 112 et 105 av. J-.C, et les batailles majeures de la guerre.

La guerre de Jugurtha (Bellum Iugurthinum), est le nom d'un conflit qui opposa la République romaine et le roi numide Jugurtha entre 112 et 105 av. J.-C. Ce conflit est nommé d'après un ouvrage de l'historien Salluste.

La guerre de Jugurtha a clairement révélé des problèmes dans la république romaine en ce temps. Le fait qu'un homme tel que Jugurtha puisse monter au pouvoir, en achetant des forces romaines, et des civils à refléter un déclin Romain moral et éthique.

Contexte numide[modifier | modifier le code]

Jugurtha est le neveu de Micipsa, qui, peut-être sous la pression romaine, l'adopte comme fils. Il s'avère, à sa mort, en 118 av. J.-C., que Micipsa avait souhaité que son royaume fût séparé entre ses deux fils et Jugurtha. Celui-ci fait assassiner un des deux héritiers, Hiempsal. Adherbal, l'autre fils, s'enfuit alors vers Rome pour demander des secours. En 116 av. J.-C., un traité est conclu en présence d'émissaires romains ; il est très favorable à Jugurtha, qui a sans doute employé la corruption. En 113 av. J.-C., ce dernier attaque son frère dans sa capitale à Cirta. Une seconde commission romaine l'autorise à prendre la ville. Il y fait tuer son frère et y massacre de nombreux Romains, qui l'avaient auparavant défendu.

Contexte romain[modifier | modifier le code]

Le Sénat romain décide de déclarer la guerre à la Numidie, une région dominée depuis la fin de la troisième guerre punique.

Revenant d'Hispanie où il a commandé comme propréteur en 114 av. J.-C., Marius est rejoint en Afrique par son patron Quintus Caecilius Metellus, le consul de 109 av. J.-C., pour combattre Jugurtha. Populaire auprès de ses soldats comme du reste de la population romaine, il a des alliés au tribunat.

La guerre[modifier | modifier le code]

La guerre est déclarée par le Sénat romain en -112. Puis, en 111 av. J.-C., le consul romain Lucius Calpurnius Bestia se rend en Numidie, et Jugurtha se rend dans des termes d'usage face à un vainqueur, puis le corrompt. Il part pour Rome et fait de même avec des tribuns, avant de faire assassiner son cousin Massiva, potentiel rival choisi par Spurius Postumius Albinus alors consul pour remplacer Jugurtha. Fin -110, Jugurtha défait le légat Aulus Postumius Albinus, par ruse, selon les chroniques romaines. Il demande alors au Sénat d'être reconnu souverain de Numidie, ce que celui-ci refuse. Les Numides et les Romains dirigés par Metellus élu consul se rencontrent à la bataille du Muthul en -109, les romains subissent de très lourdes pertes. Ils décident dès lors de changer de stratégie, et de s'attaquer aux cités, forçant les Numides à pratiquer une sorte de guérilla, cependant, Mettelus est battu lors de la bataille de Zama, en 109 av. J.-C, et doit se replier sur Carthage.

Marius s'absente brièvement pour se faire élire consul à Rome. Metellus, dit Numidicus, doit subir l’affront de voir son ancien client prendre le contrôle de ses troupes et s'apprêter à remporter une guerre qu’il avait déjà lui-même presque gagnée. Pendant ce temps, Jugurtha s'allie avec son beau-père Bocchus, roi de Maurétanie. Marius remporte quelques victoires en poursuivant la ligne stratégique de Metellus, la terre déserte, mais sans toutefois définitivement l'emporter. Il est rapidement devenu évident que Rome ne pouvait vaincre Jugurtha, Bocchus, alors allié de Jugurtha, réussi a négocier une paix avec les Romains, incluant la trahison, et la capture de Jugurtha. Au cours d'un guet-apens, Jugurtha est capturé. Bocchus reçu en échange une partie de la Numidie. Jugurtha sera étranglé en 104 av. J.-C., au Tullianum, à Rome.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Jugurtha est trahis, et livré aux Romains par son propre beau-père, Bocchus, roi de Maurétanie.

L’année de la victoire de Marius, 105, fut aussi celle de sa réélection au poste de consul, sans qu’il ait eu besoin, contre toute tradition, de se présenter à Rome ; il commit également, par-là même, une entorse à l'interdiction de se représenter au consulat dans les 10 ans suivant un mandat. La guerre des Cimbres comme la guerre de Jugurtha ont eu une influence particulière sur les décisions qu'il prit lors de ses mandats successifs, notamment concernant les changements instaurés dans les institutions de la République romaine et dans l'armée (réforme marianique).

Cette guerre révéla par ailleurs la corruption qui régnait dans l'armée et dans la classe politique romaine. Le fait qu'un homme tel que Jugurtha pouvait monter au pouvoir en achetant des militaires romains et des fonctionnaires civils reflète un déclin moral et éthique romain.

Selon une tradition amazigh, malgré la patience de Rome à son égard, Jugurtha, humble fils d'esclave, aurait été le défenseur des traditions numides, proche de son peuple, face à un Adherbal orgueilleux et favorable aux colons italiques.

Sources[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Salluste, La Guerre de Jugurtha, Belles Lettres, 2002. (ISBN 2251799540)
  • Mounir Bouchenaki (archéologue et historien), Jugurtha, un roi berbère et sa guerre contre Rome, dans Collection « Les Africains », Jeune Afrique Editions, Paris 1977.