Joseph Déchelette

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Joseph Déchelette
Archéologue
Image illustrative de l’article Joseph Déchelette
Joseph Déchelette par Albert Dawant (post-mortem d'après photographie).
Présentation
Naissance
Roanne (Loire)
Décès (à 52 ans)
Vingré (Aisne)
Nationalité française
Activité de recherche
Autres activités Conservateur du musée des beaux-arts et d'archéologie de Roanne
Hommage Chevalier de la Légion d'honneur

Joseph Déchelette, né le à Roanne (Loire) et mort pour la France le à Vingré (Aisne), est un archéologue et conservateur de musée français.

Il s'est particulièrement illustré comme précurseur de la céramologie antique. Il est parmi les premiers à avoir fait la relation entre la culture de La Tène et la civilisation celtique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Joseph Jean Marie Déchelette est le fils de Benoît Déchelette (1816-1888), industriel, propriétaire de la maison de tissage Déchelette-Despierres, vice-président de la Chambre de commerce de Roanne, et de Charlotte Despierres (1826-1909)[1],[2]. Il est le frère cadet de Louis Déchelette (1848-1920), évêque d'Évreux de 1913 à 1920.

Il se maria le 3 mai 1905 à La Pacaudière avec Jeanne Bonnier (1860-1957).

Carrière[modifier | modifier le code]

Il fit ses études au collège de Saint-Chamond tenu par les pères maristes puis son service militaire à Saint-Étienne[3]. Joseph Déchelette débuta sa vie active comme représentant de commerce de l'entreprise familiale. Toutefois, la passion de l'archéologie, à laquelle il avait été initié dès son adolescence par son oncle maternel Jacques-Gabriel Bulliot, figure éminente de la Société éduenne des lettres, sciences et arts, prit rapidement le dessus, bien qu'il continuât à travailler pour l'entreprise familiale jusqu'en 1899.

En 1884, il adhère à La Diana, société archéologique et historique sise à Montbrison, qui a pour but de recenser et d'étudier les antiquités et les monuments de la région du Forez, au sud de Roanne. Il devient inspecteur pour le compte de la Société française d'archéologie.

De 1892 à 1914, il est conservateur du musée des beaux-arts et d'archéologie de Roanne. Ce musée municipal, fondé en 1844, a ultérieurement été rebaptisé en son honneur. Il fut installé en 1923 dans l'ancien hôtel de François de Valence de Minardière (1764-1829), que Joseph Déchelette avait acheté en 1896, dans lequel il avait aménagé une immense bibliothèque, et que sa veuve offrit à la ville de Roanne (elle continua à occuper, jusqu'à sa mort en 1957, le rez-de-chaussée de l'hôtel).

En 1899, Joseph Déchelette abandonne définitivement son travail dans l'entreprise de son père pour se consacrer exclusivement à l'archéologie protohistorique. Libéré des contraintes professionnelles, il peut alors se lancer dans l'écriture d'ouvrages, ce qu'il fera en publiant entre 1908 et 1914 tous les volumes du Manuel d'archéologie préhistorique, celtique et gallo-romaine. Cet ouvrage contient des idées réellement nouvelles, et est considéré comme la fondation de l'archéologie moderne et scientifique.

En 1914, au déclenchement de la Première Guerre mondiale, rappelé au 104e régiment d'infanterie territoriale il demande, malgré son âge avancé, une affectation sur le front pour combler les vides laissés par la bataille de la Marne. Capitaine au 298e régiment d'infanterie, il est tué au front deux mois après le début des hostilités, le [4]. Il repose aujourd'hui dans la nécropole nationale du Bois-Roger à Ambleny et son nom est inscrit au Panthéon, parmi les 560 écrivains morts pour la France[5]. Son souvenir et ses œuvres sont conservés dans le musée des beaux-arts et d'archéologie Joseph-Déchelette à Roanne.

Travaux en archéologie[modifier | modifier le code]

Le menhir géant de Kerdeff à Carnac dans le Morbihan dessiné par Joseph Déchelette vers 1908.

De février à avril 1893, Joseph Déchelette fait un voyage en Égypte dont il revient chargé de la momie de Nesyamon, supposée morte à l'âge de quinze ans et qui, de son vivant, chantait à Thèbes pour le dieu Amon.

Joseph Déchelette est le premier à avoir mis en évidence une unité culturelle au nord des Alpes vers la fin de l'âge du fer en comparant les résultats des fouilles archéologiques de quatre oppida : Bibracte au mont Beuvray, Manching en Bavière, Stradonice en Bohême et Velem-Szent-Vid (hu) en Hongrie. Il créa l'expression « civilisation des oppida » qui définit aujourd'hui la période de la fin de la civilisation celtique sur le continent européen, dans une région allant du sud de l'Angleterre jusqu'à l'Europe centrale.

Il visite également le site d'Altamira en Espagne, qu'il baptise en 1908 du surnom de « Chapelle Sixtine de l'art quaternaire »[6]. L'expression est reprise par Henri Breuil, cette fois-ci pour surnommer la grotte de Lascaux « Chapelle Sixtine du Périgordien », exprimant un lien direct avec les dires du « regretté Joseph Déchelette »[7].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • J. D., Inscriptions campanaires de l'arrondissement de Roanne, impr. Éleuthère Brassart, , 45 p. (lire en ligne).
  • J. D., Éleuthère Brassart, Charles Beauverie, abbé Reure et Gabriel Trévoux, Les Peintures murales du Moyen Âge et de la Renaissance en Forez, Montbrison, impr. Éleuthère Brassart, , 67 p. (présentation en ligne).
  • Le Hradischt de Stradonic en Bohême et les Fouilles de Bibracte, étude d'archéologie comparée, Mâcon, Imprimerie Protat frères, 1901.
  • J. D., Les Fouilles du mont Beuvray de 1897 à 1901, compte-rendu suivi de l'inventaire général des monnaies recueillies au Beuvray et du Hradischt de Stradonic en Bohême, étude d'archéologie comparée, Paris, Alphonse Picard et fils, 1904. [lire en ligne]
  • J. D., Les Vases céramiques ornés de la Gaule romaine (Narbonnaise, Aquitaine et Lyonnaise), Paris, Alphonse Picard et fils, 1904. tome 1.
  • J. D., Manuel d'archéologie préhistorique, celtique et gallo-romaine, Paris, Alphonse Picard et fils, 1908-1914. 2 tomes en 6 volumes (dont 2 volumes d'appendices) ; 22 cm (plusieurs rééditions). vol. 1 : Archéologie préhistorique ; vol. 2 : Manuel d'archéologie préhistorique celtique et gallo-romaine.
  • J. D., La Collection Millon, antiquités préhistoriques et gallo-romaines, coécrit avec l'abbé Parat, le Dr Brulard, Pierre Bouillerot et Clément Drioton, Paris, Librairie Paul Geuthner, 1913. [lire en ligne]

Distinctions et reconnaissance[modifier | modifier le code]

Les décorations, prix, distinctions, titre et autres fonctions sont mentionnées sur les sites de l'Institut national d'histoire de l'art et du Comité des travaux historiques et scientifiques, sauf mention supplémentaire[8],[9].

Décoration française[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Titre[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

À Roanne, le musée des beaux-arts et d'archéologie Joseph-Déchelette honore la mémoire de l'archéologue natif de la ville.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Joseph Déchelette », sur roglo.eu (consulté le 27 mars 2018)
  2. « Généalogie de Joseph Jean Marie DÉCHELETTE », sur Geneanet (consulté le 27 mars 2018)
  3. Salomon Reinach, « Joseph Déchelette », Revue archéologique, vol. 24,‎ , p. 315–327 (lire en ligne)
  4. « Base des Morts pour la France de la Première Guerre mondiale - Joseph Jean Marie DECHELETTE - Mémoire des hommes », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le 5 août 2016)
  5. [PDF] « Les 560 », sur www.lesecrivainscombattants.org, Les Écrivains combattants (consulté le 7 août 2014), p. 2.
  6. Joseph Déchelette, Manuel d'archéologie préhistorique celtique et gallo-romaine : Archéologie préhistorique, t. I, Paris, Alphonse Picard et fils, , 747 p. (lire en ligne), p. 150.
  7. Henri Breuil, « Découverte d'une remarquable grotte ornée, au domaine de Lascaux, Montignac (Dordogne) », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 84, no 5,‎ , p. 389 (lire en ligne)
  8. « DÉCHELETTE, Joseph », sur inha.fr, (consulté le 28 mars 2018)
  9. « CTHS - DÉCHELETTE Jean Marie Joseph », sur cths.fr (consulté le 28 mars 2018)
  10. « Prix Lambert | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 28 septembre 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]