Enterrement

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L'enterrement ou inhumation est un rite funéraire pratiqué dans la majorité des cultures, consistant pour l'essentiel à l'enfouissement d'un cadavre, ou d'un cercueil le contenant, dans le sol ou dans un caveau aménagé dans le sol. Il est pratiqué dans les jours qui suivent le décès avec la participation des parents, amis et relations du défunt, après certains rites dans un lieu de culte ou en dehors, dans un lieu généralement public, le cimetière, selon le rituel de la religion du défunt.

En France, le terme « enterrement » est employé ordinairement pour funérailles ; l'« enterrement » proprement dit (mise en terre) étant appelé « inhumation ».

Une fois le cercueil ou le cadavre descendu, la fosse est rebouchée et la zone est aménagée sous forme de tombe, selon les habitudes et modèles en usage localement. La tombe est souvent en Europe chrétienne une lourde pierre tombale ou un petit monument plus élaboré qui recouvre la fosse, tandis que les tombes des pays anglo-saxons sont plutôt de simples croix plantées dans une parcelle de pelouse.

Un second enterrement est parfois pratiqué à la suite d'une exhumation pour des motifs rituels (Italie) ou judiciaires (autopsie).

Rituel[modifier | modifier le code]

Enterrement d'un oiseau, 1867.

Le rituel funéraire de l'enterrement des cadavres est une pratique aussi vieille que l'humanité, et a pris rang d'une sorte de réflexe.[réf. nécessaire] Il permet de protéger le cadavre des dents des carnivores, des insectes nécrophages et du bec de certains oiseaux, et de limiter la propagation des maladies ou germes pathogènes. [réf. nécessaire]Les enfants peuvent avec sérieux imiter les usages locaux en enterrant des dépouilles de petits animaux.[réf. nécessaire]

Des rites apparentés prévalent dans certains pays :

  • l'inhumation en eau (rivière ou mer), pratiquée en zone pacifique sud, avec des embarcations funéraires. L’inhumation en eaux marines était pratiquée par les Vikings (Oseberf), en Angleterre et Irlande aux VIIe-VIIIe siècle (culture scandinave), lors d’expéditions maritimes longues (colonialisme occidental), et est encore pratiquée, le plus souvent à titre honorifique dans la marine pour des officiers supérieurs, ou à titre symbolique par des artistes, pécheurs, aventuriers… Signalons aussi l’aquamation.
  • l'inhumation céleste (exposition à l'air — Pacifique) ; (exposition aux vautours après découpe du cadavre par le Rogyapas — « enterrement céleste » ou jhator, très pratiquée au Tibet[1],[2], interdite en 1970-1980 puis réglementée[3].
  • le rite d’enterrement peut être précédé d'un embaumement (thanatopraxie), ou pour le différer d'une conservation en chambre froide, ou dans l'azote liquide (promession – en cas de catastrophes).

Lieu[modifier | modifier le code]

Chez les chrétiens, l'inhumation ad sanctos (« près des saints » afin de bénéficier de leur protection et de leur intercession auprès de Dieu, dans une quête constante du salut) s'impose dès le IIIe siècle : le cimetière comprend deux parties, l’area hortus, vaste terrain destiné au commun des sépultures, et qui ceinture l’area martyrum où les tombes de privilégiés se pressent autour de la sépulture sainte d'un ou de plusieurs martyrs reposant dans une chapelle ou une église suburbaine[4]. Le succès du culte des saints, lequel est spécifiquement urbain à l'époque des royaumes barbares, entraîne à partir du VIe siècle le développement de l'inhumation ad sanctos, près de saints confesseurs, aussi bien en contexte urbain que rural. Rompant avec l'usage romain d'exclure les défunts hors les murs de la ville, le Moyen Âge rassemble les défunts au cœur de l' espace habité. Dans le monde catholique romain, cohabitent les vivants et les morts à l'intérieur des églises paroissiales qui abritent les tombes individuelles ou des caveaux communs, périodiquement vidés, les restes étant transférés dans les ossuaires des cimetières attenants. Cette pratique des exhumations est à l'origine des odeurs pestilentielles que dégagent les corps ensevelis, ce qui forçait parfois les fidèles à sortir durant la messe dominicale[5]. L'enterrement dans les églises est interdit à l'époque carolingienne, les défunts devant alors être enterrés nus dans un linceul[6], sans accompagnement de mobilier funéraire, dans des aîtres ou des cimetières découverts. Mais la répétition des textes conciliaires, des circulaires ecclésiastiques et des capitulaires prouve l'inefficacité de cette interdiction et ne concerne bien souvent, dans les faits, que la sépulture des simples fidèles (la plupart des dignitaires, tant laïcs qu'ecclésiastiques, étant inhumés dans les sanctuaires, à leur seuil — narthex, porche — selon leurs vœux, ou pour les plus privilégiés, notamment les laïcs pouvant payer des droits de sépulture élevés, à proximité des autels ou dans les cryptes qui conservent les reliques de saints)[7]. La sépulture de laïcs au sein même de l'église atteint son apogée au XVIIe siècle mais le cimetière (notamment celui autour de l'église, avec la volonté d'être inhumé au plus près de ses murs)[8] reste le lieu commun d'inhumation, notamment pour les plus pauvres[9]. Les préoccupations sanitaires, l'essor démographique et la laïcisation des États entraînent à l'époque contemporaine une laïcisation des cimetières et leur exclusion progressive des villes[10].

L'enterrement dans les représentations[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

La marche funèbre est un type de morceau de la musique savante occidentale, surtout dans la Musique romantique, destiné à accompagner la dépouille d'un humain vers sa dernière demeure. Il s'agit d'une marche musicale lente à deux temps sombre et funèbre qui accompagne par exemple l'entrée du cercueil à l'église chrétienne, ou la sortie du cercueil de l'église en direction de son lieu d'enterrement (cimetière). Le lent cadencement binaire du morceau est figuratif des pas solennels des porteurs de cercueils. La marche funèbre est également fréquente lors des cérémonies en hommage aux dépouilles des victimes militaires de guerres ou des personnalités importantes de la nation, la plus jouée dans ces conditions étant celle de Frédéric Chopin. La marche funèbre peut également être un morceau de musique symphonique intégré à une symphonie ou une sonate.

  • Voir les exemples chez Beethoven, Berlioz, Bruckner, Chopin, Chostakovitch, Grieg, Haendel, Mahler, Schubert et Wagner à l'article Marche funèbre.

Opéra[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Graphisme[modifier | modifier le code]

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://omnilogie.fr/O/Fun%C3%A9railles_C%C3%A9lestes Enterrement céleste sur Omnilogie
  2. Himmelsbestattung Enterrement céleste sur Wikipédia Allemagne
  3. http://lacurieusehistoiredumonde.centerblog.net/6053811-Le-Tibet-protege-ses-enterrements-celestes# Le Tibet protège ses enterrements célestes
  4. Yvette Duval, Auprès des saints, corps et âme. L'inhumation « ad sanctos » dans la chrétienté d'Orient et d'Occident du IIIe au VIIe siècle, Études Augustiniennes, , p. 54-55
  5. Alain Cabantous, Le Dimanche, une histoire, Le Seuil, , p. 128
  6. Soit en pleine terre, dans une fosse, soit dans des coffres en bois, soit dans des sarcophages monolithes, constitués d'un assemblage de tuiles ou encore faits de plâtre moulé.
  7. Michel Lauwers, Naissance du cimetière. Lieux sacrés et terre des morts dans l'Occident médiéval, Aubier, , p. 134-135
  8. Sépultures sub stillicidio, « sous la gouttière » du toit de l'église de manière à profiter de la sacralité de l'eau pluviale ayant ruisselé sur ce toit.
  9. Elisabeth Belmas, Serenella Nonnis-Vigilante, L'orchestration de la mort. Les funérailles, des temps modernes à l'époque contemporaine, Presses Universitaires du Septentrion, , p. 66
  10. Anna Maria Isastia, « La laïcisation des cimetières et de la mort », dans Dierkens Alain, SchreiberJean-Philippe (dir.), Laïcité et sécularisation dans l'Union Européenne, Éditions de l'ULB, 2006, p. 199-220

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]