Le Gendarme à New York

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Le Gendarme à New York
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Réalisation Jean Girault
Scénario Jacques Vilfrid et Jean Girault
Musique Raymond Lefèvre
Acteurs principaux
Sociétés de production Société Nouvelle de Cinématographie
Pays de production Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Comédie policière
Durée 101 minutes
Sortie 1965

Série

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Gendarme à New York est une comédie policière italo-française réalisée par Jean Girault et sortie en 1965.

Suite du film Le Gendarme de Saint-Tropez, succès phénoménal de l'année précédente, le film raconte le voyage à New York de la brigade de gendarmerie de Saint-Tropez, à l'occasion d'un congrès international de la gendarmerie. Il est suivi du film Le Gendarme se marie, sorti en 1968, puis de trois autres.

La brigade voyage d'abord à Paris à bord d'une Caravelle (nommée « Gascogne ») puis rejoint New York à bord du paquebot France.
 
La brigade voyage d'abord à Paris à bord d'une Caravelle (nommée « Gascogne ») puis rejoint New York à bord du paquebot France.
La brigade voyage d'abord à Paris à bord d'une Caravelle (nommée « Gascogne ») puis rejoint New York à bord du paquebot France.

Résumé[modifier | modifier le code]

La brigade de Saint-Tropez a été choisie pour représenter la France à un congrès international de la gendarmerie à New York. Au cours du voyage sur le paquebot France, Cruchot entrevoit sa fille Nicole, qui, désireuse de découvrir le « Nouveau Monde », s'est embarquée comme passagère clandestine, à l'insu de son père. Il pense avoir été victime d'une hallucination.

Arrêtée par la douane à l'arrivée, Nicole est abordée par un journaliste à qui elle se présente comme une orpheline avide de découvrir l'Amérique. Ému, et pensant tirer un bel article de cette histoire, le journaliste la prend sous son aile.

Les gendarmes découvrent New York, sauf Fougasse qui, tombé malade durant la traversée, a été hospitalisé et qui y restera jusqu'à la fin du séjour (ils découvrent après plusieurs jours d'examen qu'il était victime d'une allergie aux oiseaux de mer. Et lorsqu'il veut rejoindre les autres, il se casse la jambe dans les escaliers).

En plusieurs occasions, Cruchot entrevoit de nouveau sa fille au cours de ces visites ; tout le monde finit par croire qu'il a l'esprit dérangé. Il va jusqu'à consulter un psychanalyste pour se faire hypnotiser.

Il finit cependant par retrouver la trace de Nicole. Il aura alors toutes les peines du monde, notamment du fait que la police américaine est à sa recherche, à faire rentrer celle-ci en France sans que ses collègues ne la voient. Gerber découvrira pourtant la vérité à leur retour à Saint-Tropez et promet à Cruchot que cela lui coûtera cher.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production et réalisation[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Casquette et insigne de la police de New York portés par Ludovic Cruchot. Exposé au musée Louis de Funès.

Dès le tournage du Gendarme de Saint-Tropez, les scénaristes, le réalisateur et Louis de Funès évoquaient l'idée de donner une suite au film[1]. Sorti dans les salles françaises en , Le Gendarme de Saint-Tropez rencontre, à la surprise générale, un succès considérable : lors du festival de Cannes en mai 1965, le producteur René Pignères annoncera douze millions de francs de recettes en sept mois sur le marché français[2],[3]. Cet immense succès convainc les producteurs René Pignères et Gérard Beytout de la SNC de lancer rapidement une suite[1]. Le projet de suite se concrétise donc peu après la sortie du film. Dès le , France Roche de France-Soir, souvent bien informée, dévoile le projet de suite, au sujet toutefois totalement différent du film final : selon ses informations, Louis de Funès « dirigera pour ses débuts dans la mise en scène un acteur qu'il connaît bien : lui-même. Et il a choisi un rôle qu'il sait par cœur, celui du Gendarme de Saint-Tropez, dans une nouvelle aventure où il sera à la fois gendarme et agent secret ».

La skyline de New York en 1967.

Pour renouveler l'histoire, Louis de Funès pense à faire voyager Le Gendarme à l'étranger, une idée fortement partagée par les producteurs puisque le film est un succès à l'exportation[1], étant à l'affiche des « salles d'exclusivité » de Bruxelles, Liège, Anvers, Montréal ou encore Québec pendant des mois et venant d'être vendu dans toute l'Europe, en URSS, en Turquie, à Hong Kong, au Pakistan, en Amérique latine et aux États-Unis[2],[3]. Les distributeurs étrangers sont très intéressés par la suite, déjà pré-vendue avant même que le tournage n'ait commencé[2]. Un voyage à Mexico ou Tokyo est évoqué mais le choix de la destination se porte finalement sur la ville de New York, que connaît bien le scénariste Richard Balducci, et qui s'avère être « l'un des rares lieux qui soient parfaitement intelligibles et familiers à tous les spectateurs au monde »[2]. Le voyage jusqu'à New York se fera à bord du paquebot transatlantique France, intéressé par cette publicité originale[2].

En à peine quelques mois, le projet est monté, Jean Girault et son co-scénariste Jacques Vilfrid ayant travaillé très vite[2]. L'emploi du temps de Louis de Funès n'est pas encore surchargé comme il sera les années suivantes et permet donc encore de monter un film autour de lui dans un délai très court[2]. La dernière version du scénario comporte de très nombreuses scènes finalement non tournées ou coupées, dont une visite de Paris et de ses monuments par les gendarmes de Saint-Tropez, lors de leur voyage jusqu'au Havre pour embarquer sur le France.

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Du premier film reviennent tous les autres gendarmes — Michel Galabru, Jean Lefebvre, Christian Marin, Guy Grosso et Michel Modo — ainsi que Geneviève Grad dans le rôle de la fille de Cruchot et France Rumilly dans le rôle de la religieuse.

Tournage[modifier | modifier le code]

Cantine en métal de couleur noire avec l'inscription « Maréchal des logis-chef Cruchot », exposée sous une vitrine. Une partie du couvercle est découpée.
La cantine de Cruchot, exposée au musée de la gendarmerie et du cinéma de Saint-Tropez. On aperçoit le trou découpé pour le tournage du gag où Fougasse ferme brutalement le couvercle sur la main de Cruchot.

Lors du voyage sur le France, les touristes prenaient les gendarmes pour des douaniers. Pendant que Louis de Funès tournait dans les couloirs du paquebot, le commandant Joseph Ropars a eu l'idée de leur faire diffuser le premier opus. La séance terminée, les touristes se sont jetés sur eux pour avoir des autographes.

Les intérieurs sont filmés en studio en France. La scène du match de baseball est tournée dans un camp militaire à Saint-Germain-en-Laye[4].

Lieux de tournages[modifier | modifier le code]

Bande originale[modifier | modifier le code]

Photo en noir et blanc d'un homme d'une quarantaine d'années en smoking, souriant.
Raymond Lefebvre, compositeur de la bande originale de tous les films du Gendarme, ici en 1972.

Comme pour Le Gendarme de Saint-Tropez l'année précédente, Raymond Lefebvre compose la bande originale du Gendarme à New York[a],[b],[c]. Il partage cette fois-ci le travail avec son partenaire habituel Paul Mauriat, qui avait refusé de collaborer sur le premier film à l'été 1964 pour privilégier ses vacances, laissant Lefebvre seul à la tâche[d],[5]. Ayant unis leurs forces dans la composition pour le cinéma au début des années 1960, Mauriat et Lefebvre avaient auparavant mis ensemble en musique Faites sauter la banque de Jean Girault[e],[5].

L'intrigue nécessite la création d'une nouvelle chanson interprétée par Nicole Cruchot / Geneviève Grad, après le succès yéyé Douliou-douliou Saint-Tropez du premier film[f]. Le parolier Roger Berthier écrit Les garçons sont gentils, sur une musique de Mauriat et Lefebvre[6]. Raymond Lefebvre reprend sa Marche des Gendarmes, musique emblématique du premier film[a],[5], fièrement utilisée lorsque la brigade de Saint-Tropez visite New York, entre autres[g]. Lefebvre ré-enregistre le morceau pour l'occasion[6]. Il livre aussi une malicieuse version de Pomme de reinette et pomme d'api façon fanfare à la John Philip Sousa[b].

Jean Girault réclame aux deux compositeurs un pastiche de la musique de Leonard Bernstein pour West Side Story, destiné à la séquence de ballet faisant référence à la comédie musicale, durant laquelle Ludovic Cruchot, aidé de policiers américains, essaie de récupérer son entrecôte, volée par de jeunes voyous[d],[5],. L'élaboration de ce morceau intitulé Entrecôte Story s'avère difficile puisqu'il s'agit de parvenir à rappeler la bande originale de West Side Story sans pour autant tomber dans le plagiat : Lefebvre explique qu'il « est compliqué de faire une musique qui rappelle une autre musique, sans qu'il y ait un motif, une espèce de soupçon de plagiat »[5],[7]. La référence est évoquée à travers les claquements de doigts des voyous, la contrebasse menaçante et le rythme enlevé des puissants cuivres et percussions[8]. Le compositeur est donc fier du résultat, fruit d'un travail complexe mais amusant avec Mauriat[7]. La musique est enregistrée avant le tournage et la bande est envoyée à New York, afin de servir aux prises de vues de la danse sur le plateau[5].

Un premier album 45 tours Le Gendarme à New York, bande originale du film sort en 1965 sous le label Riviera[9],[10]. En 1993, certains musiques sont présentes sur le CD de Play Time Les plus belles musiques de films de Louis de Funès de la collection « Les Acteurs » de Stéphane Lerouge, réunissant des compositions de Lefebvre pour les films du Gendarme ainsi que Faites sauter la banque, Les Grandes Vacances, Jo et La Soupe aux choux[9],[11],[Note 2]. Les mêmes morceaux apparaissent sur le CD Louis de Funès, bandes originales des films, vol. 1 , publié par Play Time en 1998 et ré-édité en 2012[9],[13],[14],[Note 3]. Les garçons sont gentils figure en 1999 dans Twist Again au ciné, CD compilant des chansons twist créées pour des films[9],[16]. Une liste de titres remaniée fait partie de l'intégrale Bandes originales des Gendarmes paru chez Play Time en 2003[17],[9]. L'album du film sort en 2010 en téléchargement[9]. Les pistes le composant sont intégrées à la vaste compilation Louis de Funès, musiques de films, 1963-1982 de la collection Écoutez le cinéma !, publiée en 2014[9],[18].

Accueil[modifier | modifier le code]

Sortie et promotion[modifier | modifier le code]

Photo en couleur de la façade d'un cinéma.
Le cinéma parisien Le Balzac (ici en 2016) accueille la première du Gendarme à New York en .

Le Gendarme à New York sort en salles le vendredi . Deux reportages télévisés ont couvert le tournage en mai, l'un filmé au Havre lors du départ du France, l'autre dans les rues de New York[19],[20],[21]. Les affiches du film sont réalisées par Clément Hurel, à l'instar du précédent[22]. L'une d'entre elles montre Louis de Funès en statue de la Liberté[23]. Depuis deux semaines, un mini-feuilleton tiré des scènes du film paraît dans Le Parisien libéré, sans en révéler la fin[h].

À la même période, Louis de Funès doit également être à l'affiche du film à sketches Les Bons Vivants de Georges Lautner[i]. L'équipe de cet autre film s'est d'ailleurs démenée pour achever le film à temps et le sortir quasiment le même jour que le Gendarme, afin de profiter de la publicité autour de l'acteur[i]. Ce dernier demande de séparer ces sorties de deux semaines pour leur donner de meilleures chances auprès du public[i]. Les distributeurs, la SNC pour Le Gendarme à New York et les Films Corona pour Les Bons Vivants, rejettent tous deux la responsabilité sur l'autre et refusent tout décalage[i]. Les Bons Vivants sort ainsi en salles le jeudi [j].

Par ailleurs, Gérard Beytout prévoit d'organiser une première réservée à des invités, pratique traditionnelle pour faire l'évènement autour d'un film[k]. Louis de Funès s'oppose à ce procédé et réclame plutôt que la première séance ait lieu devant un public payant, jugeant que « les grands de ce monde ne rient jamais complètement. Ils doivent garder leur dignité »[k]. Le producteur céde devant l'insistance de la vedette[k],[j]. Ce dernier restera longtemps fermement attaché à cette conviction et s'opposera autant qu'il le peut à ce genre de premières. La première du Gendarme à New York se déroule donc le au cinéma Le Balzac à Paris, avec la présence discrète de l'acteur principal durant deux séances, analysant les réactions des spectateurs[j],[k]. Également là, le cinéaste André Hunebelle, notamment derrière les Fantomas, témoigne son soutien dans L'Aurore : « Je croyais que mon confrère Girault prenait un risque terrible en nous imposant un nouveau Gendarme, mais le film est tellement frais, tellement sympathique, qu'il m’a fait tellement rire, que je suis obligé de lui donner entièrement raison »[24],[j].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Le Gendarme à New York reçoit des critiques contrastées[j]. Robert Chazal, fervent soutien de Louis de Funès, titre « Doublé gagnant » sa critique conjointe sur Le Gendarme à New York et Les Bons Vivants, alors qu'en réalité cette omniprésence de l'acteur dans les nouveautés exaspère certains critiques[j]. Louis Chauvet, autre défenseur récurrent du comédien, lance dans Le Figaro que « les critiques ont tort de jeter l'opprobre sur le film, car il réussit le tour de force de faire entrer dans les salles obscures des personnes qui n'y mettent jamais les pieds »[l], il est « inutile d'épiloguer. Ce film plaira vraisemblablement au grand public. Le club des moralistes va redoubler de clameurs »[j], « plus nos moralistes reprochent ses goûts au grand public, plus énergiquement il les proclame. Depuis que l'intelligentsia du septième art mène l'offensive contre les “pantalonnades” commerciales, leur cote d'amour s'élève à vue d'œil » ; au passage, Chauvet tacle la critique spécialisée qui, dans ces années 1960, ne jure pour le divertissement populaire que par l'Américain Jerry Lewis qui écrit, réalise et interprète ses films : selon lui, Le Gendarme à New York « présente même des trouvailles, des “effets” qui, signés Tashlin et “joués” par Jerry Lewis, auraient droit aux sourires extasiés de toute une chapelle cinéphilique »[m].

Une partie de la critique cinéphilique, auparavant enthousiaste lors des débuts de l'acteur, entretient l'argument selon lequel Louis de Funès serait un bon comique mais qui se fourvoie dans de mauvais films, indignes de son talent[n]. Le Canard enchaîné juge que Louis de Funès « vaut mieux que toutes ces pitreries » et qu'il s'agirait d'« utiliser à des fins moins humiliantes ses grimaces, ses bafouillages et ses trépignements (…) Mais la grosseur des cachets a sans doute des attraits que la dignité d'acteur ignore »[l]. Jean-Louis Comolli proclame dans les Cahiers du cinéma qu'« il est triste de voir le très drôle de Funès, bien que catapulté dans un univers mécanisé des plus propres aux gags, rester sans emploi, se rouler les pouces et attendre que les idées viennent à Jean Girault. Le pire n'est donc pas de faire un mauvais film, putain et bête, mais de gâcher le talent du — l'aura-t-on assez dit — seul acteur comique français qui n'ait pas encore trop de plomb dans l’aile »[n],[l].

Télérama déplore la persistance de vieux schémas : « Même modernisé, le comique troupier a perdu son sel. Le paysan à la caserne, le gendarme de bourgade en session internationale, l'uniforme en goguette, de tels thèmes sont une source de comique facile »[c]. Le Nouvel Observateur fustige un « film propre, mais nul », fondé sur « une suite d'effets mécaniques utilisés déjà mille fois »[l]. Henry Chapier dans Combat se lamente : « Estimant qu’il ne suffisait pas d'un Gendarme de Saint-Tropez pour déplorer la sottise du cinéma français, Jean Girault, encouragé par les producteurs, récidive »[j] ; il qualifie Louis de Funès de « vache à lait intarissable », note que « le film est mieux ficelé que celui de Saint-Tropez, ce qui n'enlève rien à sa triste mentalité » et regrette d'avance les inévitables suites à venir[l].

De son côté, Pierre Marcabru d’Arts, dans sa critique réunissant Les Bons Vivants et Le Gendarme à New York, est laudateur : seul à cette époque à tenter d'étudier le jeu d'acteur de Louis de Funès, il établit une filiation avec Polichinelle, personnage type de la commedia dell'arte[l],[o].

« C'est la résurrection de Polichinelle. Rien de plus. Rien de moins. Louis de Funès n'est pas bossu. Pas besoin d’être bossu. Il suffit d'être inhumain. Entendons-nous : de Funès est peut-être le meilleur fils du monde. Un cœur d'or. Ce qui compte, ce n'est pas le cœur, c’est la marionnette.

De Funès était à découvrir. On a mis le temps. Des siècles d'aveuglement. Et brusquement, la gloire. Pendant des années, le ressort s'est bandé. Aujourd'hui, la mécanique est en marche. Deux films, cette semaine. Peu importent les films. D’autres acteurs se déshonorent à faire les imbéciles. Vulgarité, démagogie, larbinage : tout le bataclan. De Funès n'est pas de cette race-là. Il reste intact, préservé, superbe. Il ne sait pas, mais absolument pas, être autre chose que Louis de Funès. À ce compte-là, comment se déshonorer ?

Jamais de goujaterie, jamais de complaisance, pas même des clins d'yeux : rien que des soubresauts, des fureurs, des enthousiasmes à fleur de peau. Polichinelle, je vous dis. Et avec ce qu’il y a d'irréductible dans les sautes d'humeur. La fatalité des comportements, une pelote de nerfs suspendue à un fil. Tout autour, c'est le ralenti, le mou, l'arrondi. Lui vit dans l'aigu, le vif, l'accéléré. Ce n'est pas un homme que cet homme-là. »

— Pierre Marcabru, « De Funès le polichinelle », Arts no 6, [25].

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film fut un des gros succès de l'année 1965 avec plus de cinq millions d'entrées au cinéma.

Box-office détaillé des premières semaines d'exploitation du film, semaine par semaine, à Paris et en banlieue
Source : « Box-office hebdomadaire Paris 1965 » sur Box-office Story, d'après Ciné-chiffres/Le Film français
Semaine Rang Entrées Cumul no 1 du box-office hebdo.
1 au 1er 68 585 68 585 entrées Le Gendarme à New York
2 au 2e 60 492 129 077 entrées Le Tigre se parfume à la dynamite
3 au 3e 38 734 167 811 entrées Le Tonnerre de Dieu
4 au 3e 35 193 203 004 entrées Compartiment tueurs
5 au 5e 32 073 235 077 entrées Compartiment tueurs
6 au 5e 26 220 261 297 entrées Les Tribulations d'un Chinois en Chine
7 au 7e 23 299 285 296 entrées Viva Maria !
8 au 11e 19 153 304 449 entrées Opération Tonnerre
9 au 10e 37 185 340 934 entrées Opération Tonnerre
Box-office détaillé des premiers mois d'exploitation du film, semaine par semaine, en France
Sources : « BO France Hebdo 1965 et 1966 » sur Box-office Archives, d'après le CNC.
Semaine Rang Entrées Cumul Salles no 1 du box-office hebdo.
1 au 1er 546 598 547 705 entrées 62 Le Gendarme à New York
2 au 1er 357 384 905 089 entrées 69 Le Gendarme à New York
3 au 1er 292 410 1 197 499 entrées 63 Le Gendarme à New York
4 au 3e 125 769 1 323 268 entrées 44 Le Tonnerre de Dieu
5 au 1er 112 222 1 435 490 entrées 45 Le Gendarme à New York
6 au 2e 114 533 1 550 023 entrées 51 Les Tribulations d'un Chinois en Chine
7 au 5e 78 006 1 628 029 entrées 44 Les Tribulations d'un Chinois en Chine
8 au 3e 72 635 1 700 664 entrées 40 Opération Tonnerre
9 au 4e 191 798 1 892 462 entrées 75 Fantômas se déchaîne
10 au 4e 229 274 2 121 736 entrées 81 Opération Tonnerre
11 au 5e 103 247 2 224 983 entrées 61 Opération Tonnerre
12 au 5e 68 379 2 293 362 entrées 53 Opération Tonnerre
13 au 4e 97 557 2 390 919 entrées 55 Fantômas se déchaîne
14 au 4e 92 935 2 483 854 entrées 60 Opération Tonnerre
15 au 5e 79 340 2 563 194 entrées 46 Viva Maria !
16 au 6e 92 621 2 655 815 entrées 60 Viva Maria !
17 au 4e 119 436 2 775 251 entrées 60 Viva Maria !
18 au 5e 78 259 2 853 510 entrées 50 Viva Maria !
19 au 8e 80 332 2 933 842 entrées 56 Angélique et le Roy
20 au 7e 62 527 2 996 369 entrées 62 Angélique et le Roy
21 au 9e 53 094 3 049 463 entrées 70 Du rififi à Paname
22 au 16e 44 429 3 093 892 entrées 48 Les Héros de Télémark
23 au 12e 50 156 3 144 048 entrées 68 Du rififi à Paname
24 au 14e 58 779 3 202 827 entrées 68 Du rififi à Paname
25 au 20e 39 187 3 242 014 entrées 52 Opération Tonnerre
26 au 25e 31 544 3 273 558 entrées 45 Nouveau journal d'une femme en blanc
27 au 29e 16 713 3 290 271 entrées 40 Angélique et le Roy

Postérité[modifier | modifier le code]

Les fêtes de Noël, au moment de la sortie du film en fin d'année 1965, voient sur les ondes d'Europe 1 jouer la pièce radiophonique Le Gendarme de Bethléem, librement inspirée de la Nativité et interprétée par Louis de Funès, Michel Galabru, Pierre Tornade, Élisabeth Wiener[26].

Analyse[modifier | modifier le code]

La carrière-éclair de Nicole dans la chanson correspond à la mythologie des années yéyés, durant lesquelles s'étalent dans les magazines pour adolescents les récits romancés de l'ascension fulgurante des idoles[f]. Nicole interprète sa chanson dans une émission américaine et accède instantanément à la gloire, à l'instar de Johnny Hallyday dont la notoriété bondit dès sa première apparition à la télévision dans L'École des vedettes en 1960[f]. Le film est ainsi l'un des rares de la période à puiser dans les yéyés une inspiration narrative, au-delà d'une simple ambiance musicale à la mode[f].

Photogramme en noir et blanc montrant trois hommes tenant le rôle de voyous.
George Chakiris dans le rôle de Bernardo, chef du gang des Sharks, dans le film West Side Story (1961).

De nombreux clins d'œil sont présents dans le film comme la séquence de l'immeuble qui fait inévitablement penser aux jours du cinéma muet avec Charlie Chaplin[réf. nécessaire].

Le fait que l'intrigue se déroule à New York donne l'idée aux auteurs d'évoquer le film musical West Side Story, succès mondial sorti quatre ans plus tôt, racontant une histoire d'amour au milieu d'une rivalité entre bandes d'adolescents américains et portoricains dans le Upper West Side[8]. La référence devient la source d'une scène entière : Ludovic Cruchot poursuit le voleur de son entrecôte et le retrouve dans son repaire, entouré d'autres jeunes voyous, des policiers new-yorkais débarquent et l'affrontement entre les deux camps se transforme en ballet où l'entrecôte passe de mains en mains, jusqu'à la neutralisation de la bande et leur arrestation[8]. L'évocation du modèle passe notamment par les claquements de doigts, les provocations au couteau à cran d'arrêt, l'intervention des policiers, l'irruption de la danse et ses mouvements très reconnaissables, et le lieu du combat, un terrain de jeu grillagé dans un quartier miteux[8],[p]. La musique du ballet, Entrecôte Story, sous-tend la référence en pastichant la composition originale de Leonard Bernstein, principalement en reprenant certains éléments marquants de différents morceaux[8]. La séquence se termine lorsqu'une jeune fille de la bande rend à Cruchot son entrecôte : ce dernier lui lance un « Merci Maria ! », soit le même prénom que l'héroïne de West Side Story[8]. Bertrand Dicale, biographe de Louis de Funès, souligne qu'il s'agit d'une des rares scènes de danse de sa filmographie où il est présent mais ne participe pas[q].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'adjudant Gerber se prénomme Alphonse dans Le Gendarme de Saint-Tropez. Son prénom devient étrangement Jérôme dans Le Gendarme à New York, Le Gendarme se marie et Le Gendarme en balade, puis Antoine dans Le Gendarme et les Extra-terrestres, avant de revenir à Alphonse dans Le Gendarme et les Gendarmettes.
  2. Cette compilation est également publiée par Play Time en anglais sous le titre Raymond Lefèvre Masterworks en 1995[12].
  3. Une autre compilation sur le même principe parue en Russie en 2004 intègre plusieurs musiques du film[15].

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. a et b Raggianti 2007, p. 32.
  2. a et b Schafer 2014, p. 52.
  3. a et b Sébastien Le Pajolec, « Cinégénie du gendarme ? La série du Gendarme de Saint-Tropez », Sociétés & Représentations, Cairn.info, vol. 16 « Figures de gendarmes », no 2,‎ , p. 131-143 (lire en ligne).
  4. a et b Raggianti 2007, p. 34.
  5. Raggianti 2007, p. 33.
  6. a b c et d Ludivine Bantigny et Ivan Jablonka, Jeunesse oblige : Une histoire des jeunes en France (XIXe – XXIe siècle), Presses universitaires de France, coll. « Le Noeud gordien », , 320 p. (ISBN 2130739768, lire en ligne), p. 196.
  7. Dicale 2009, p. 238.
  8. Loubier 2014, p. 253.
  9. a b c et d Dicale 2009, p. 273.
  10. a b c d e f g et h Dicale 2009, p. 274.
  11. a b c et d Loubier 2014, p. 254.
  12. a b c d e et f Raggianti 2007, p. 69.
  13. Dicale 2009, p. 294.
  14. a et b Dicale 2009, p. 293.
  15. Dicale 2009, p. 300.
  16. Schafer 2014, p. 68.
  17. Dicale 2009, p. 271.

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Dicale 2009, p. 270.
  2. a b c d e f et g Dicale 2009, p. 271.
  3. a et b Société nouvelle de cinématographie, « Le Gendarme de Saint-Tropez... à New York ! — Publicité », sur Autour de Louis de Funès,
  4. Raggianti 2007, p. 82.
  5. a b c d e et f Michaël Ponchon, « Entretien avec Raymond Lefèvre : La drôle de ballade des Gendarmes de Saint-Tropez », Interviews, sur www.underscores.fr, .
  6. a et b « Feuille de timbres Le Gendarme à New-York », sur musee.sacem.fr, SACEM (consulté le ).
  7. a et b Louis de Funès et les gendarmes, documentaire de Jérôme Wybon, Paris Première, 2014.
  8. a b c d e et f Franck et Jérôme Gavard-Perret, « De West Side Story au Gendarme à New-York », sur Autour de Louis de Funès, (consulté le ).
  9. a b c d e f et g « Le Gendarme à New York (1965) », sur www.soundtrackcollector.com (consulté le ).
  10. (en) Paul Mauriat & Raymond Lefèvre – Le Gendarme à New-York (bande originale du film) sur Discogs, 1965, Riviera.
  11. (en) Raymond Lefèvre – Les plus belles musiques de films de Louis de Funès sur Discogs, 1993, Play Time.
  12. (en) Raymond Lefevre Masterworks / Les Plus belles musiques de films de Louis de Funès sur Discogs, 1995, Play Time.
  13. (en) Louis de Funès Vol. 1 (Bandes originales des Films) sur Discogs, 1998, Play Time.
  14. (en) Louis de Funès Vol. Volume 1 & 2 (Bandes Originales Des Films) sur Discogs, 2012, Play Time.
  15. (en) Louis de Funès sur Discogs, 2004, АРК-Систем Рекордз.
  16. (en) Twist Again au ciné sur Discogs, 1999, Play Time.
  17. (en) Raymond Lefèvre – Bandes originales des Gendarmes : L'Intégrale sur Discogs, 2003, Play Time.
  18. (en) Various – Louis de Funès Musiques de Films 1963-1982 sur Discogs, 2014, EmArcy, Universal Music.
  19. « Normandie actualités : émission du 6 mai 1965 », sur Inathèque (consulté le ).
  20. « Tournage du film Le Gendarme à New York » [vidéo], sur ina.fr, journal télévisé de 13 heures, ORTF, .
  21. « JT 13H : émission du 25 mai 1965 », sur Inathèque (consulté le ).
  22. Franck et Jérôme Gavard-Perret, « Interview de M. Clément Hurel », sur Autour de Louis de Funès, (consulté le ).
  23. Didier Forray, « Le gendarme à New York, avec Louis de Funès », New York au cinéma, sur www.cnewyork.net, (consulté le ).
  24. Gilles Botineau et Jérémie Imbert, « Le Gendarme de Saint-Tropez : coulisses d'une saga culte », Dossiers, sur CineComedies, .
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  26. https://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18688716.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]