Maurice Chabas

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Maurice Chabas
Naissance
Décès
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Maurice Frédéric Marie Athanase ChabasVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
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Mouvement
Fratrie
Distinction

Maurice Chabas est un peintre symboliste français, né le à Nantes, et mort le à Versailles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maurice Chabas est né dans une famille de commerçants cultivés dont le père, peintre amateur, encourage la vocation artistique de ses deux fils Maurice et Paul, alors que leur frère aîné reprenait l'affaire de commerce familial.

Ils s'inscrivent à l'Académie Julian à Paris, où ils ont pour enseignants le professeur en titre Tony Robert-Fleury (1837-1911) ainsi que William Bouguereau (1825-1905), Gustave Boulanger (1824-1888), Jules Lefebvre (1836-1911) et, entre autres, Jules Adler (1965-1938) pour condisciple.

Peintre de chevalet et d'art monumental, Maurice Chabas est un artiste prolixe. Il débute au Salon des artistes français de 1885 où il présentera ses œuvres jusqu'en 1913. Il y découvre Pierre Puvis de Chavannes qui l'influencera par son style et ses sujets. Il expose aussi au Salon des Amis des beaux-arts de Nantes de 1890 à 1907, et à divers salons d'inspiration chrétienne.

Artiste sensible et mystique, il adhère aux pensées développées par Joséphin Peladan et participe à tous les Salons de la Rose-Croix de 1892 à 1897. Il y rencontre Alphonse Osbert, membre du groupe des Inquiets (plus tard appelé l'Éclectique) qui y expose en 1894 et dont certaines œuvres lui sont proches par l'inspiration et la technique[1]. Ses peintures symbolistes se parent de titres aux noms évocateurs d'un idéal mystique qu'il pense être nécessaire à l'être humain : Celsa (Phase extatique) ou Mélété (Mélodie du soir-sensation de calme et de recueillement). Sa notoriété s’étend et, dès 1895, son œuvre est l'objet d'une exposition à la galerie des Arts réunis, avenue de l'Opéra à Paris. Le divisionnisme lui fait adopter un style moins classique pour ses paysages de rêve et ses ciels éthérés. Parallèlement, il réalise de nombreux décors comme celui de la mairie de Montrouge en 1884, et de la mairie 14e arrondissement de Paris en 1889.

En 1895, il obtient la commande de la décoration du buffet de la gare de Lyon-Perrache avec quatre grandes toiles marouflées représentant des Allégories à la gloire de la soierie lyonnaise[2].

En 1898, il remporte le concours ouvert pour la décoration de la salle des mariages de la mairie de Vincennes. Il y réalise un ensemble de sept toiles marouflées en 1902[3]. Il demeure alors au no 3 rue Joseph-Bara à Paris.

À partir de 1900, il s'installe au no 3 villa Sainte-Foy à Neuilly-sur-Seine, où son atelier devient un salon où se retrouvent l'écrivain Léon Bloy[4], Lucien Lévy-Bruhl, le père Antonin Sertillanges (1863-1948), alors secrétaire de la Revue biblique après en avoir été le censeur, l'astronome Camille Flammarion, passionné de spiritisme, l'écrivain Maurice Maeterlinck, le professeur de médecine Charles Richet, Joséphin Peladan, fondateur du Salon de la Rose-Croix. René Guénon, Édouard Schuré et autres confrères du groupe fréquentent également son atelier.

La même année, il réalise la toile de Marseille pour la grande salle du restaurant Le Train bleu de la gare de Lyon à Paris.

En 1915, il fait la connaissance en Belgique de Gabrielle Storms-Castelot, née à Anvers en 1888, mère de deux garçons, André Castelot (né en 1911), qui deviendra un historien de renommée, et Jacques Castelot (né en 1914), qui sera comédien. De cette union naîtra plus tard une fille, Germaine Chanteaud-Chabas, qui sera également férue d'astronomie.

La déclaration de la Première Guerre mondiale les force à quitter la Belgique pour se réfugier en Angleterre, puis ils rentrent en France au cours du dernier trimestre de l'année 1914 et résident au no 42 rue de Lubeck à Paris. Maurice Chabas s'oriente dès lors vers une simplification stylistique, soumise à une pensée spirituelle et cosmique qui aboutit vers 1920 à une abstraction totale, dont il présentera les travaux à Nantes en 1925, ainsi qu'à la galerie Devambez en 1913, laquelle édite un recueil de lithographies accompagné d'un texte du peintre, Vers l’Amour suprême, destiné à élever les âmes et les aimanter vers les états supérieurs de la « vie universelle ».

Il participe aux Salons et aux Expositions universelles de Paris en 1900 et de Bruxelles en 1910. En mars 1914, il reçoit Judith Gautier dans son atelier de Neuilly-sur-Seine, celle-ci étant la seule femme peintre à avoir obtenu une dérogation pour exposer au Salon de la Rose-Croix. Leurs entretiens sont d'ordre spirituel.

En 1923, il est un des cofondateurs du Salon des Tuileries avec, entre autres, Bessie Ellen Davidson et Charles Dufresne, et participe le 15 juin au déjeuner organisé par Ambroise Vollard pour remettre le premier et unique prix littéraire des peintres, dit prix des Peintres , dont le lauréat est Paul Valéry[5].

Il devient membre du Salon d'automne, ainsi que de la Société idéaliste et de la Société moderne, et expose au Carnegie Institute of Pittsburgh. Il restera fidèle à un spiritualisme exalté qu'il défend encore en 1935 dans une lettre au directeur des Beaux-arts[6] : « L'Humanité actuelle a besoin d'un idéal supérieur. Nous ne pouvons plus vivre dans le déséquilibre créant la dysharmonie qui mène à la destruction et à la mort. Il faut l'Esprit pour donner la vie à la matière et aux œuvres. »[7]. Son ami Alphonse de Chateaubriant lui écrit la préface de son ouvrage Sur les Routes du Lot qu'il a entrepris en 1935 à la demande d'un autre ami, l'écrivain Anatole de Monzie (1876-1947), sénateur et député du Lot, ancien ministre. En 1937 meurt Paul, son frère cadet. Bien que vivant modestement, il renâcle à se séparer de ses toiles. C'est dans ces années-là qu'il fait la connaissance de Jean Marchand, dit « Mercator », avec lequel il aura des entretiens d'ordre spirituel.

Sur la fin de sa vie, il ne peint plus pratiquement que des sujets religieux dans une grande luminosité vaporeuse qui tend vers l'abstraction. Il ne voit pratiquement plus personne et vit replié loin des siens, et s'éteint ainsi le , rue de la Paroisse à Versailles.

Le sculpteur Jacques Louis Robert Villeneuve a modelé son portrait en buste en bronze, acquis en 1917 (Paris, Archives nationales). Myriam Reiss-de-Palma à réalisé le catalogue raisonné de l'artiste, où elle recense 903 numéros, dont 873 sont illustrés dans cet ouvrage.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Vers l'amour suprême, recueil de lithographies, Éd. de la galerie Devambez, 1913.
  • Psaumes d'amour spirituel, préface de Camille Flammarion, Éd. de la Revue contemporaine, 1920, 219 p.
  • Gabrielle Castelot, Flamme divine, préface d'Édouard Schuré, illustration de Maurice Chabas, 1922.
  • Les Trois activités humaines. Esprit scientifique et sentiment religieux. Occultisme et mysticisme. Leurs rapports avec les états sociaux et l'évolution humaine, six dessins à la plume et au lavis de Maurice Chabas, 1928.
  • Roger Toziny, Montmartre et sa commune libre, photographies de Maurice Chabas, Éd. la Vache enragée, 1934.
  • Sur les routes du Lot, Paris, Éd. Gigord, 1936 ; réédition en 2005.
  • Pinson-Buzon, La Joie intérieure, préface de Jean Albert-Sorel, illustration Maurice Chabas, 1946.

Estampes[modifier | modifier le code]

  • Les Amis des Artistes, 1916, affiche, Devambez, Paris, 9,06 × 148,84 cm.
  • Exposition d'art décoratif en faveur de l'aiguille française et du soldat dans la tranchée, 1917, réalisée au profit d'une une œuvre caritative, bibliothèque université de Montréal, Canada.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis
En Finlande
En France
  • Chambourcy, mairie : Paysage, huile sur toile.
  • Laval, musée du Vieux-Château :
    • Femme et enfant, dessin à la mine de plomb, craie blanche sur papier ;
    • Idéal pays, paysage imaginaire, 1896, huile sur toile.
  • Lyon, gare de Lyon-Perrache : Allégories à la soierie Lyonnaise, vers 1895, quatre huiles sur toile marouflées ornant la salle de restaurant de la brasserie, plusieurs toiles ont disparu au cours de travaux de transformations[Quand ?].
  • Montrouge, mairie : décors, 1884, huiles sur toile marouflées.
  • Nantes, musée des beaux-arts :
    • Paysage, encre de Chine ;
    • Étude de salon, dessins, série de 18 études ;
    • Portrait d'Ernest Pironneau, huile sur toile.
  • Neuilly-sur-Seine, hôtel de ville : La Navigation, 1908, huile sur toile marouflée.
  • Paris :
  • Quimper, musée des beaux-arts : Rêverie, huile sur toile.
  • Vincennes, hôtel de ville, ensemble d'œuvres classées aux monuments historiques en 1982 :
    • Passerelle entre les Iles du Lac Daumesnil, 1902, huile sur toile ;
    • Enfants et leurs mères devant la mairie de Vincennes, 1902, huile sur toile ;
    • Distribution du repas aux soldats dans le bois de Vincennes, 1902, huile sur toile ;
    • Promeneuse au bord du lac Daumesnil, 1902, huile sur toile ;
    • Au Bord du lac Daumesnil, 1902, huile sur toile ;
    • Le Château de Vincennes, la Tour du Village, 1902, huile sur toile ;
    • La Marne aux environs de Vincennes, 1902, huile sur toile ;
    • Jeux d'enfants devant le Donjon de Vincennes, 1902, huile sur toile ;
    • Barques et canards au bord du lac Daumesnil, 1902, huile sur toile ;
    • La Pyramide dans le bois de Vincennes, 1902, huile sur toile ;
    • Temple de l'Amour sur les rives du lac Daumesnil, 1902, huile sur toile ;
    • Rives du lac Daumesnil, 1902, huile sur toile.

Salons[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1892 : galerie Durand-Ruel, groupe de 69 exposants.
  • 1895 : galerie des Arts Réunis, avenue de l'Opéra à Paris.
  • 1900 : Exposition universelle, Paris.
  • 1910 : Exposition universelle, Bruxelles.
  • 1913 : galerie Devambez.
  • 1925 : exposition à Nantes (des méditations spirituelles et cosmiques).
  • 1928 : galerie des Artistes français, Chaussée d'Ixelles à Bruxelles.
  • 1929 : galerie Brachot, Belgique.
  • 1929 : exposition à Liège.
  • 1951 : exposition rétrospective à la galerie Ex-Libris à Bruxelles.
  • 1952 : galerie Bernheim-Jeune, exposition rétrospective du 26 avril au 15 mai.
  • 1982 : musée des beaux-arts de Nantes, exposition de groupe, Les peintres de la génération d'Aristide Briand dans les collections du musée de Nantes.
  • 1999 : Les peintres de l'âme, le symbolisme idéaliste en France, musée d'Ixelles, Museum van Elsene, Bruxelles.
  • 2002 : exposition de groupe, From Puvis de Chavannes to Matisse and Picasso au Palazzo Grassi à Venise .
  • 2003 : musée du Montparnasse, Paris-Marseille de la Cannebière à Montparnasse, exposition de groupe.
  • 2004 : château Borély, Marseille, Paris-Marseille de la Cannebière à Montparnasse, exposition de groupe.
  • 2006 : musée des beaux-arts de Brest, Les peintres de rêve en Bretagne.
  • 2009 : exposition à Pont-Aven du 24 janvier au 1er février.
  • 2009 : galerie Freimeaux à Vincennes.
  • 2009 : galerie Fleury, avenue Matignon à Paris (Rêverie).

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-David Jumeau-Lafond, Les Peintres de l'âme, le Symbolisme idéaliste en France, [catalogue de l'exposition éponyme au Musée d'Ixelles], 1999.
  2. Œuvres non localisées depuis les travaux de rénovation[Quand ?].
  3. Les fresques réalisées par Maurice Chabas à la mairie de Vincennes pour la salle des mariages ont été classées monument historique en 1982. Sur la façade sud, six tableaux marouflés évoquent l'histoire de Vincennes : on y reconnaît le donjon, la porte du village, l'obélisque du bois, le polygone d'artillerie, la vallée de la Marne et l'hôtel de ville. La façade nord est occupée par un décor mural de vingt-cinq mètres de long, représentant le lac Daumesnil. Ces tableaux aux tons doux et fondus sont environnés de boiseries, de vitraux et de plafond à caissons.
  4. Lequel s'installera en 1911 à Bourg-la-Reine.
  5. Parmi le jury se trouvent Louise Hervieu, Jacqueline Marval, Marie Laurencin, Albert Besnard, Georges Besson, Pierre Bonnard, Antoine Bourdelle, Marc Chagall, Maurice Denis, André Derain, Jean-Louis Forain, Henri Gervex, Albert Laprade, Henri Matisse, Pablo Picasso, Georges Rouault, Rousse[Lequel ?], Sem, Paul Signac, Kees Van Dongen, Maurice Vlaminck et Édouard Vuillard.
  6. Archives nationales[réf. incomplète].
  7. Serge Lemoine (dir.), De Puvis de Chavannes à Matisse et Picasso, [catalogue d'exposition], Venise, Palazzo Grassi, Éditions Flammarion, 2002.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Maurice Chabas organise une exposition, 18 avril 1915[réf. incomplète].
  • Maurice Chabas et Gustave Kahn, Catalogue d'exposition, plaquette in 12°, Bruxelles, galerie des Artistes français, 4 décembre 1928, 10 p.
  • Germaine Chanteaud, « Maurice Chabas », Revue d'Histoire du XIVième arrondissement de Paris, 1963.
  • Collectif, Les peintres de la génération d'Aristide Briand dans les collections du musée des beaux-arts de Nantes, mai 1982, p.25-26.
  • Jean-Jacques Lévêque, Les années de la Belle Époque, Ed. Illustrated, 1991 (ISBN 2 8677 0048 5).
  • La mosaïque de l'hémicycle du Cinquantenaire, Brabant Tourisme, mars 1992.
  • Snoeck-Ducaju, Les Peintres de l'âme, Gand, 1999.
  • Agnès Noblet, Jean-Philippe Bouilloud, Sylvie Camet, Un Univers d'artistes, Éd. l'Harmattan, 2003, 548 p. (ISBN 2-747554-17 1).
  • Myriam Reiss-de-Palma, Maurice Chabas (1862-1947), [catalogue raisonné de l'artiste et thèse en histoire de l'art], Paris IV Sorbonne, 19 novembre 2004.
  • Dictionnaire Bénézit

Liens externes[modifier | modifier le code]