Palette de Narmer

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Recto et verso de la palette de Narmer. Copie exposée au musée royal de l'Ontario au Canada.

La palette de Narmer ou grande palette de Hiérakonpolis est une palette à fard datée du XXXIIe siècle avant notre ère portant parmi les plus anciens hiéroglyphes connus. Les inscriptions relatent l'unification de la Haute et de la Basse-Égypte par le roi Narmer.

Découverte[modifier | modifier le code]

Cet objet de cérémonie a été découvert en 1898 dans un dépôt d'objets rituellement enfouis près d'un ancien temple du dieu faucon Horus, sur le site de Hiérakonpolis. Elle fut découverte presque intacte en 1894 par l'archéologue anglais James Quibell lors d'une fouille des résidences royales de Nekhen (aujourd'hui Hiérakonpolis), l'ancienne capitale de la Haute-Égypte (la capitale de l'Égypte pendant la période pré-dynastique[1].) C'est le plus grand objet cérémoniel venant de l'aube de la civilisation égyptienne. Il était en compagnie de la tête de la massue du roi Scorpion et la tête de massue de Narmer.

Description[modifier | modifier le code]

La palette en schiste vert mesure 64 cm de haut et 42 cm de large[2] La pièce est aujourd'hui exposée au musée égyptien du Caire.

Au sommet des deux côtés de la palette, un premier registre est composé d'un serekh contenant les symboles nˁr (poisson-chat) et mr (ciseau) à l'intérieur, représentant l'inscription en hiéroglyphes du nom du roi Narmer[3]. Le serekh est flanqué de chaque côté par une paire de têtes de bovins avec des cornes très courbées, censée représenter la déesse vache Bat, qui était la divinité protectrice du septième nome de Haute-Égypte[4].

Recto[modifier | modifier le code]

La palette de Narmer (recto)

2e registre[modifier | modifier le code]

En dessous des têtes de bovins, il y a ce qui semble être une procession, avec Narmer représenté de la hauteur du registre (une représentation traditionnelle artistique mettant l'accent sur son importance) représenté vêtu de la couronne rouge de Basse-Égypte. Il tient une masse et un fléau, deux symboles traditionnels de la royauté.

Devant le pharaon il y a un homme aux cheveux longs, précédé d'une paire de hiéroglyphes qui ont été interprétées comme étant son nom : Tshet.

En avant de cet homme, quatre porte-drapeaux brandissent une peau d'animal (ou étendard du placenta royal), un chien et deux faucons.

À l'extrême-droite de la scène il y a dix cadavres décapités, peut-être les victimes des conquêtes de Narmer. Selon une publication [5], les cadavres décapités sont également émasculés, un objet en forme de saucisse, leur pénis, est déposé sur leur tête, à l'exception du premier où le membre viril est bien visible sur de bonnes photos, à sa place, saillant entre les jambes. Selon les auteurs cités, l'omission de ce détail lors de la publication de la description de la palette à l'époque victorienne, le détail avait omis pour des questions de pudibonderie de l'époque. L'exception du seul ennemi non-émasculé reste une énigme. Cependant, les auteurs soulignent que la décapitation et l'ablation des pénis était destinée « à faire périr définitivement la victime dans ce monde mais aussi dans l'au-delà, privée de parties vitales de leu corps et ne pouvant renaître ». Ce dernier message est clair : « qui s'oppose à Pharaon reçoit une mort éternelle, c'est le sort de qui s'oppose à lui ».

Au-dessus il y a les symboles d'un navire, un faucon, et un harpon, qui ont été interprétés comme représentant les noms des villes qui ont été conquises.

3e registre[modifier | modifier le code]

Dessous le cortège, deux hommes tiennent des cordes attachées au cou entrelacés de deux serpopards[6]. Le cercle formé par leurs cous forme la partie centrale de la palette destinée à contenir des cosmétiques.

4e registre[modifier | modifier le code]

Au bas de la palette un bovin abat les murs d'une ville tout en foulant aux pieds un ennemi tombé. En raison de la tête baissée dans l'image, ceci est interprété comme une présentation du roi terrassant ses ennemis ; le Taureau de sa Mère est une épithète commune donnée aux rois égyptiens comme étant fils de la déesse vache[7].

Verso[modifier | modifier le code]

La palette de Narmer (verso)

2e registre[modifier | modifier le code]

Le verso de la palette représente le roi portant la couronne blanche de Haute-Égypte, menaçant d'une massue piriforme (à l'extrémité en forme de poire) un homme à genoux. Une paire de hiéroglyphes apparaissent à côté de sa tête, indiquant peut-être son nom, ou l'indication de la région d'où il venait. Au-dessus de ce prisonnier il y a un faucon qui représente Horus, perché au-dessus d'un ensemble de fleurs de papyrus, le symbole de la Basse-Égypte.

Derrière le roi, et à l'arrière-plan, est figuré un serviteur qui porte les sandales du roi. Sous ses pieds sont représentés deux personnages qui rappellent l'ennemi écrasé. La symbolique de la scène évoque une victoire du sud contre le nord. Le sud est représenté par un faucon qui extrait des papyrus (le nord) la tête d'un autre ennemi.

3e registre[modifier | modifier le code]

Sous les pieds du roi deux hommes barbus, nus, sont soit en cours d'exécution ou de soumission, soit morts sur le sol. À la gauche de la tête de chaque homme un signe hiéroglyphique représente, pour le premier un édifice fortifié, pour le second un ciseau de barbier, le personnage ayant le sexe dessiné, tandis qu'il est absent pour le premier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kin Narmer's Palette
  2. Alessandro Bongioanni, Maria Sole Croce, Guide illustré du Musée égyptien du Caire, p. 28, Publishers Stars, 2001.
  3. (en) David Wengrow, The Archaeology of Ancient Egypt, Cambridge University Press, (ISBN 978-0521835862) p. 207 [lire en ligne]
  4. (en) Richard H. Wilkinson, The Complete Gods and Goddesses of Ancient Egypt, p. 172, Thames & Hudson, 2003, (ISBN 0-500-05120-8)
  5. op. cit. V. Davies & R. Friedman 1998, p. 22
  6. Créatures mythologiques, au corps de lionne et tête de serpent. Une chimère.
  7. James Henry Breasted, Ancient Records of Egypt, Chicago, 1906

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Vivian Davies et Renée Friedman, « The Narmer Palette : A forgotten Member », Nekhen News : published by The Friends of Nekhen, vol. 10,‎ , p. 22 (lire en ligne)
  • Jacq C. Tirage limité, hors commerce : Comment est née l'Égypte pharaonique. Paris : XO éditions, 2010, 64 p.