L'Express

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L'Express
Image illustrative de l'article L'Express

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Format 20,2 x 26,7 cm
Genre Généraliste
Prix au numéro 3,80
Diffusion 433 031 ex. (2014)
Fondateur Françoise Giroud
Jean-Jacques Servan-Schreiber
Date de fondation 16 mai 1953
Éditeur Groupe Express-Roularta
Ville d’édition Paris

Propriétaire Roularta
Directeur de publication Christophe Barbier
Directeur de la rédaction Christophe Barbier
ISSN 0014-5270
Site web lexpress.fr

L'Express est un magazine d'actualité hebdomadaire français appartenant au Groupe Express-Roularta.

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Le titre est fondé en 1953 par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, comme supplément politique du journal libéral Les Échos[1] dont il a hérité l'habitude de recouper et sélectionner ses informations, tout en respectant le principe légal de protection des sources d'information des journalistes. À sa création L'Express agit comme le « porte-parole » du président du conseil de l'époque, Pierre Mendès France, et permet l'adhésion d'une partie de la population à un régime qui était jusqu'alors jugé décevant[2].

Le journal fut très critique à l'encontre de la SFIO et du socialisme, et son anticommunisme racinaire à partir des années 1960 l'incline inéluctablement vers l'option centriste[Informations douteuses][3]. Depuis, le journal se rapproche d’une formule plus proche de celle du magazine « Time »[4]. Selon Christophe Barbier, le directeur de la rédaction, L'Express n'est aujourd’hui « ni de droite ni de gauche, il est au-dessus de la mêlée »[5].

Une Société des rédacteurs a pour mission de veiller à l'indépendance journalistique.

Histoire[modifier | modifier le code]

La naissance de L'Express[modifier | modifier le code]

Le premier numéro de L'Express paraît le samedi 16 mai 1953 comme supplément hebdomadaire du journal économique Les Échos. Ce journal est créé par deux journalistes : Françoise Giroud alors directrice de la rédaction du magazine Elle[6] et Jean-Jacques Servan-Schreiber (JJSS), ancien éditorialiste au Monde. La création de L'Express est soutenue financièrement par Antoine Riboud, Henry Goüin[7],[8], le comte Charles de Breteuil, Lucien Rachet, les Gradis[9],[10], qui seront suivis par Jean Riboud et la famille Seydoux[8],[11].

Grâce à son directeur Jean-Jacques Servan-Schreiber, L'Express attire dans ses colonnes des plumes illustres telles que Albert Camus, Jean-Paul Sartre, André Malraux, Françoise Sagan et François Mauriac.

L'Express était alors réputé plaire à la jeunesse et à la petite bourgeoisie pour ses positions sur les « événements » d'Algérie et son opposition au retour du général de Gaulle. Le titre est par exemple l'un des rares journaux français, avec Témoignage chrétien et L'Observateur, à dénoncer la torture pratiquée par une partie de l'armée française pendant la guerre d'Algérie. Le journal a pour ses prises de positions été saisi et censuré à de nombreuses reprises sous la Quatrième République. Son opposition au retour du général de Gaulle lui fait perdre son audience, tandis qu'à la même époque, JJSS se fâche avec Mendès-France.

À partir du 10 avril 1955, il publie chaque semaine le « Bloc-notes » de François Mauriac. D'octobre 1955 à mars 1956, il devient pour quelques mois un quotidien durant la campagne des élections législatives. Mais les journalistes étant des spécialistes du modèle hebdomadaire, JJSS décide de revenir à cette formule pour éviter au journal de perdre de son audience.

L'Express se transforme au format newsmagazine, en 1964 qui inspirent plus tard Le Nouvel Observateur, Le Point, L'Evénement et Marianne. En 1964, L'Express devient le premier magazine d'information français[4] sur le modèle du Der Spiegel ou du Time. Ce profond bouleversement entraîne le départ d'un des journalistes phares, Jean Daniel, qui reprend France Observateur pour en faire Le Nouvel Observateur. Le journal se généralise de plus en plus et devient le reflet des changements de la société française. De nombreux journalistes français y ont fait leurs armes : Jean-François Kahn, Catherine Nay, Michèle Cotta ou encore Ivan Levaï et Danièle Granet. Le tirage augmente de semaine en semaine. L'Express est le grand succès de la presse des années 1960.

Sous la houlette de Claude Imbert, qui en dirige la rédaction à partir de 1966, L'Express devient politiquement assez neutre même si Jean-Jacques Servan-Schreiber reste un éditorialiste politique proche du centre-gauche. La même année, il lance une édition internationale. Une crise importante naît en 1971 lorsque JJSS devient un homme politique du Parti radical valoisien. Une partie de l'équipe des journalistes ne supporte pas une tutelle politique. Bien que Jean-Jacques Servan-Schreiber n'intervienne jamais directement à la rédaction, il conserve un éditorial hebdomadaire ce qui porte à confusion. Claude Imbert part fonder Le Point avec une grande partie de sa rédaction (Georges Suffert, Jacques Duquesne, Robert Franc…) et le président du groupe, Olivier Chevrillon. L'Express redevient un journal engagé se radicalisant contre le gaullisme incarné alors par le Président de la République Georges Pompidou. Philippe Grumbach est alors directeur de la rédaction. Après sa démission du gouvernement en 1974 et le départ de Françoise Giroud pour ce même gouvernement, JJSS doit de nouveau s'occuper de son journal et l'utilise pour diffuser ses idées. En « échange » de cette présence politique, il laisse aux journalistes une grande liberté dans leurs enquêtes.

L'Express de James Goldsmith[modifier | modifier le code]

JJSS vend L'Express en 1977 au financier James Goldsmith, patron de la Générale Occidentale. Françoise Giroud en restera longtemps blessée. En réalité, il semble que Servan-Schreiber n'avait plus envie de s'occuper au quotidien de L'Express. D'après son frère Jean-Louis, la vraie cassure avait eu lieu en mai 68 où il avait senti son journal commencer à lui échapper.[non pertinent]

Jean-François Revel prend alors la direction de L'Express avec Olivier Todd comme rédacteur en chef. Et Raymond Aron rejoint la rédaction comme éditorialiste puis président du comité éditorial. La ligne politique va de la « gauche non-totalitaire » à la « droite non-extrémiste ». L'Express est à l'origine de la révélation du STO volontaire de Georges Marchais qui fit scandale avant la présidentielle de 1981. Mais alors une couverture jugée défavorable au président Valéry Giscard d'Estaing après son débat télévisé du second tour avec François Mitterrand, entraîne le renvoi de Todd par le propriétaire Jimmy Goldsmith. Par solidarité, Jean-François Revel, qui y voit une violation de la ligne, politique démissionne. Le journal change alors d'orientation éditoriale pour se positionner clairement à droite au début des années 1980[12].

Les locaux de L'Express, au 29 rue de Chateaudun, à Paris.

En 1987, Jimmy Goldsmith cède ses parts à la Compagnie générale d'électricité (CGE) qui devient propriétaire du journal et de ses différents titres[13]. En 1992, Françoise Sampermans est nommée PDG du groupe qui rachète 40 % du capital de son concurrent, Le Point.

Le 21 septembre 1994, Christine Ockrent arrive à la tête de la rédaction[14], et L'Express change de format et de formule, avec de nouveaux rubriquages et des mini-sommaires en tête de rubriques. L'Express passe, en 1995, dans le pôle média de la Compagnie européenne de publications (CEP), et de la société Occidentale Medias, filiale du groupe Havas.

Le 26 mars 1996, Denis Jeambar, ex-journaliste au Point, devient directeur de la rédaction de L'Express[15], puis président du directoire du groupe L'Express-L'Expansion en 2001. Jacques Attali et André Glucksmann deviennent éditorialistes.

L'Express change plusieurs fois d'actionnaires, passant de Vivendi Universal Publishing (ex-Havas) au groupe Dassault, puis, en 2006, au groupe belge Roularta. Denis Jeambar quitte le groupe après une crise de la rédaction[16]. Son successeur, Christophe Barbier, nouveau directeur de la rédaction, procède alors à une rigoureuse réorganisation de la rédaction et à un plan social[17]. Il demande à chaque ancien chef de service de lui remettre sa démission, et envoie une lettre aux chroniqueurs extérieurs (Bernard Guetta, Jean-Luc Petitrenaud, Claude Allègre, Daniel Rondeau) mettant fin à leurs fonctions. Roland Mihaïl, conseiller de la rédaction, est démis de cette fonction. Plusieurs rédacteurs en chef de l'hebdomadaire (Jacqueline Rémy, Yves Stavridès, Éric Conan, Dominique Simonnet) quittent le journal.

L'Express organise tous les ans un concours en partenariat avec de grandes écoles françaises, visant à réaliser des suppléments locaux à l'hebdomadaire. Cet événement est connu sous le nom de « Défi l'Express des Grandes Écoles ». La 25e édition consacrera le 30 avril 2013 une des quatorze équipes participantes.

L'Express se développe en version numérique[modifier | modifier le code]

En septembre 1995, L'Express lance sa version électronique sur Compuserve, LexpressOnline, à l'occasion de la présentation de la nouvelle formule de L'Express, conçue par Christine Ockrent. C'est le premier hebdomadaire français présent sur les réseaux. L'équipe fondatrice de la version électronique était : Corinne Denis (directrice de la documentation), Christophe Agnus (reporter) et Jean-François Bizet (ingénieur).

En 1996, LexpressOnline devient le site lexpress.fr[18]

En 2012, une nouvelle formule est lancée, le logo du site est unifié avec celui du magazine et le .fr disparaît. Cette nouvelle formule marque la naissance du participatif avec la création de la communauté Express Yourself[18]

« De tous temps, L’Express a donné la parole à une pluralité de voix. A Mots ouverts en est un bon exemple. C’est cette tradition que nous avons décidé d’adapter, sous l’appellation d’ Express Yourself, en ouvrant nos pages à nos internautes, et pas seulement dans les espaces de commentaires des articles »

— Eric Mettout

Publications[modifier | modifier le code]

En avril 1984, le groupe lance un supplément, L'Express Paris, et l'année suivante, s'associe en Belgique au groupe Roularta pour publier une version belge de l'hebdomadaire intitulée Le Vif-L'Express.

En octobre 1986 est lancée une formule inédite dans la presse en publiant quatre mensuels qui sont vendus alternativement avec l'hebdomadaire, sur le modèle des suppléments aux quotidiens américains. Ces quatre « hebdomensuels » sont des thématiques et se dotent de rédactions indépendantes : L'Express Sport dirigé par Guy Lagorce, L'Express Styles dirigé par Guillemette de Sérigné, L'Express Aujourd'hui dirigé par Dominique Simonnet et L'Express Votre Argent dirigé par Henry Tezenas Dumoncel.

Aujourd'hui, L'Express Styles (de 100 pages, anciennement L'express Mag) est devenu hebdomadaire, les autres suppléments ont quant à eux disparu[19].

Depuis mai 2011, L'Express est mis en kiosque dès mercredi à Paris, et le jeudi dans le reste de la France[20].

Le 15 mai 2013, L'Express propose une nouvelle formule qui abandonne un déroulé par rubrique et doit permettre d'« anticiper l'actualité »[21].

Ressources humaines[modifier | modifier le code]

Anciens responsables (direction ou rédaction)[modifier | modifier le code]

Collaborateurs connus[modifier | modifier le code]

Équipe dirigeante[modifier | modifier le code]

  • Directeur de la rédaction : Christophe Barbier, ancien directeur du service politique et directeur adjoint de la rédaction ; il a été nommé directeur de la rédaction en août 2006.
  • Directeur adjoint de la rédaction : Christian Makarian.
  • Directrice déléguée de la rédaction : Christine Kerdellant.
  • Directeur de la rédaction lexpress.fr : Éric Mettout.

Diffusion[modifier | modifier le code]

Diffusion magazine[modifier | modifier le code]

La maquette du journal est conçue avec le logiciel QuarkXPress.

Ci-dessous, la diffusion payée en France de L'Express. Sources : OJD, 2009.

Titre 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
L'Express 551 875 546 302 542 891 540 498 538 617 538 798 559 892 559 192 538 215 433 031

Le numéro incluant une interview exclusive de Carla Bruni-Sarkozy du 14 février 2008 a permis à L'Express de réaliser une de ses meilleures performances avec plus de 600 000 exemplaires vendus.

Pour comparer avec la diffusion payée des autres quotidiens nationaux français : voir l'article presse en France.

Diffusion L'Express.fr[modifier | modifier le code]

En janvier 2013 le site internet de L'express était visité par 7 711 000 visiteurs uniques selon les chiffres Médiamétrie[23].

Aides financières de l'État[modifier | modifier le code]

Selon un rapport de la Cour des comptes publié en février 2013, L'Express aurait reçu plus de 6,2 millions d'euros par an d'aides directes de l'État de 2009 à 2011, soit 23 centimes par exemplaire diffusé[24]. Un rapport de l'Assemblée nationale sur l'économie de la presse publié en 2012 avance lui le chiffre de 7,6 millions d'euros de subventions sur la seule année 2011[25].

Critiques[modifier | modifier le code]

Le site web de Acrimed reproche à L'Express, comme aux titres concurrents Le Point et Le Nouvel observateur, ses « « Unes » tapageuses »[26], « trash et bâclées pour concurrence effrénée »[27]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'Express a 55 ans », sur lexpress.fr
  2. Pierre Milza et Serge Bernstein, Histoire du XXe siècle, 1945 à 1973, le monde entre guerre et paix, p. 310.
  3. Michel Jamet, « L'Express, du journal d'opinion au news-magazine », Communication et langages, Année 1983, Volume 56, Numéro 56, p. 85-97
  4. a et b http://www.jolpress.com/article/lexpress-une-si-longue-histoire-22173.html
  5. http://www.lexpress.fr/actualite/politique/presidentielle-l-express-a-choisi-le-camp-des-lecteurs_1096535.html
  6. Denis Jeambar et Roland Mihaïl, « Entretien avec Françoise Giroud, cofondatrice du journal », L'Express, 3 juin 1999.
  7. Yann Moncomble, Quand la presse est aux ordres de la finance, 1986.
  8. a et b Gabriel Milési, Les dynasties du pouvoir de l'argent, p. 289, Éditions Michel de Maule, 2011.
  9. Jean Paulhan, Chroniques de Jean Guérin: 1953-1964, p. 112, Éditions des Cendres, 1991.
  10. Défense de l'Occident, Numéros 20 à 29, 1955.
  11. Françoise Giroud, On ne peut pas être heureux tout le temps, Fayard, 2001.
  12. « Crise à l'express », ina.fr
  13. [vidéo]Jimmy GOLDSMITH vend la majorité de ses actions de la générale occidentale, incluant sa part dans le magazine "l'express", a la CGE, vidéo JT de 20h d'Antenne 2 du 27/07/1987 sur le site de l'INA
  14. [vidéo]Départ de Christine Ockrent à L'Express, JT FR3 du 21/09/1994 sur le site de l'INA, sur ina.fr
  15. « Ockrent quitte l'Express «la tête haute et le cœur gros». Son départ et son remplacement à la tête de la rédaction par Denis Jeambar sont officiels. », sur liberation.fr
  16. « Denis Jeambar quitte l'Express », sur lexpress.fr
  17. « L'Express fait le ménage », sur leparisien.fr
  18. a et b http://fr.slideshare.net/Mettout/lexpress-nouvelle-formule
  19. « L'Express », sur ofup.com (consulté le 30 juin 2011)
  20. « Roularta ne fléchit pas dans sa chasse aux coûts », sur lesechos.fr
  21. L'Express se « réinvente », Le Figaro, 14 mai 2013.
  22. cf. interview d'Yves Cuau dans lexpress.fr: "J'ai été frappé et séduit par le personnage" http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/j-ai-eacute-t-eacute-frapp-eacute-et-s-eacute-duit-par-le-personnage_479564.html
  23. http://fr.slideshare.net/Ad6media/mediametrie-laudience-de-linternet-en-france-janvier-2013-050313
  24. Le Plan d'aide à la presse écrite 2009-2011, Rapport de la Cour des Comptes, février 2013.
  25. La presse prend cher, Owni, 25 octobre 2012.
  26. Les « Unes » tapageuses de L’Express 2009
  27. « Unes » trash et bâclées pour concurrence effrénée 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]