Robert Fico

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Robert Fico
Image illustrative de l'article Robert Fico
Fonctions
7e président du gouvernement slovaque
En fonction depuis le 4 avril 2012
(2  an s, 3 mois et 28  jours)
Président Ivan Gašparovič
Andrej Kiska
Gouvernement Fico II
Législature VIe
Coalition SMER-SD
Prédécesseur Iveta Radičová
5e président du gouvernement slovaque
4 juillet 20068 juillet 2010
(4  an s, 0 mois et 4  jours)
Président Ivan Gašparovič
Gouvernement Fico I
Législature IVe
Coalition SMER-SDSNSĽS-HZDS
Prédécesseur Mikuláš Dzurinda
Successeur Iveta Radičová
Biographie
Date de naissance 15 septembre 1964 (49 ans)
Lieu de naissance Topoľčany, République slovaque
(Tchécoslovaquie)
Nationalité Slovaque
Parti politique KSČ (1987-1990)
SDĽ (1990-1999)
SMER-SD (depuis 1999)
Diplômé de Université Comenius
Profession Avocat

Robert Fico
Présidents du gouvernement de la Slovaquie

Robert Fico (prononcer Fitso), né à Topoľčany le 15 septembre 1964, est un homme politique slovaque, président du parti SMER-SD (littéralement : Direction - Social-démocratie), dont il est le fondateur.

Fondateur de SMER-SD en 1999, il parvient peu à peu à fédérer au sein de son parti l'ensemble des partis de gauche slovaque. Il s'impose aux élections législatives en 2006 en faisant campagne sur les laissés pour compte des politiques libérales menées depuis huit ans par la coalition gouvernementale de centre-droit, et accède au pouvoir grâce à une alliance avec les nationalistes (SNS) et les populistes (ĽS-HZDS), ce qui lui vaut d'être suspendu du Parti socialiste européen (PSE).

Son mandat est marqué par une politique sociale plus généreuse sans remise en cause des principales réformes et politiques de son prédécesseur. En 2010, il remporte de nouveau les législatives mais le centre-droit gagne la majorité absolue des députés au Conseil national. Remplacé un mois plus tard par la libérale conservatrice Iveta Radičová, il revient au pouvoir en 2012, SMER-SD ayant remporté la majorité absolue aux élections législatives anticipées.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Après avoir étudié le droit de 1982 à 1986 à l'université Comenius de Bratislava, et décroché une maîtrise, il accomplit pendant un an son service militaire. Il suit ensuite une formation et obtient en 1988 son diplôme juridique d'État. Il intègre alors l'institut d'État et de Droit de l'Académie slovaque des sciences, où il passe avec succès un doctorat de droit pénal en 1992.

En 2003, il a suivi une formation d'avocat de la défense auprès de la Cour pénale internationale (CPI).

Carrière[modifier | modifier le code]

Il commence à travailler en 1986 au sein de l'Institut du droit du ministère de la Justice, et en devient directeur adjoint en 1992 pour trois ans. En 1994, il est choisi pour représenter le gouvernement de Slovaquie à la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), à Strasbourg, et à la Commission européenne des droits de l'homme, un poste qu'il occupe durant six ans.

Il est membre depuis 2000 de l'association slovaque du barreau, où il a représenté les victimes de crimes.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Marié à Svetlana Ficová et père d'un enfant, il parle anglais et russe en plus du slovaque. Il est issu d'une famille plutôt modeste et a un frère, Ladislav, et une sœur, Lucia.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Activité militante[modifier | modifier le code]

Il rejoint le Parti communiste tchécoslovaque en 1987, puis adhère au Parti de la gauche démocratique lors de sa fondation en 1990. Il en est élu vice-président en 1996, mais le quitte trois ans plus tard pour fonder SMER-SD, dont il est aujourd'hui encore le président. Cette formation a depuis absorbé nombre de partis de gauche, y compris l'ancienne formation de Fico en 2005.

Parcours institutionnel[modifier | modifier le code]

Il est élu pour la première fois député au Conseil national de la République slovaque en 1992, et intègre la commission des Affaires constitutionnelles. Il prend en 1994 la présidence du groupe du Parti de la gauche démocratique et devient membre de la délégation slovaque au Conseil de l'Europe, dont il sera même président de 1999 à 2001. En 1995, il est porté à la tête de la sous-commission des Prisons de la commission des Affaires constitutionnelles et il la conserve jusqu'en 2003. À la suite des élections législatives de 2002, il obtient un poste de membre de la commission parlementaire des Droits de l'Homme, des Minorités nationales et des Droits des femmes, et un siège d'observateur au Parlement européen, qu'il quitte en 2004.

Au cours de la campagne pour les élections anticipées du 17 juin 2006, il promet de maintenir la politique de rigueur budgétaire, nécessaire pour une adoption rapide de l'euro, tout en assurant vouloir augmenter les dépenses publiques, en particulier dans les secteurs de la santé et des retraites. Son discours se fonde sur la dénonciation des réformes économiques libérales entreprises par le centre-droit au cours des huit années précédentes, qualifiées de « parcours sans faute » par l'OCDE, et promet de mettre fin à la corruption et de donner un coup d'arrêt aux privatisations. Le jour du scrutin, SMER-SD s'impose avec 50 sièges sur 150, deux fois plus que lors des précédentes élections.

Président du gouvernement (2006 - 2010)[modifier | modifier le code]

Ayant réussi à former une coalition gouvernementale comptant 85 députés, Robert Fico est investi président du gouvernement le 4 juillet 2006 à la tête d'une alliance unissant son parti au Parti national slovaque (SNS, nationaliste) et au Parti populaire - Mouvement pour une Slovaquie démocratique (ĽS-HZDS, populiste). Le choix de ses partenaires entraîne la suspension de l'appartenance de SMER-SD au Parti socialiste européen (PSE), qui sera finalement levée. Âgé de 41 ans au moment de sa prise de fonction, il est alors le plus jeune à occuper ce poste.

Au cours de son mandat, il s'est bien gardé de remettre en cause les fondements de la politique économique de son prédécesseur, et obtenu en 2007 la croissance record de 10,4 % du produit intérieur brut (PIB). Il a toutefois mis en œuvre une réforme du marché du travail pour le rendre moins favorable aux employeurs et réduit la taxe sur la valeur ajoutée sur les médicaments et les livres, soit beaucoup moins de produits que promis. Il a également aboli le « ticket modérateur », autrement dit les frais que les patients devaient payer lors de leur visite chez le médecin ou de leur passage à l'hôpital. Il a en outre essayé d'instaurer des péages routiers en 2010 mais dû renoncer sous la pression des chauffeurs routiers.

Au niveau international, ses relations diplomatiques ont été compliquées du fait de ses deux partenaires de coalition. De ce fait, il a surtout renforcé ses liens avec la Serbie et la Russie. En 2007, il prend ainsi des positions en faveur de Vladimir Poutine lors du différend sur le bouclier anti-missile européen[1]. Il a également joué sur la division ethnique du pays, en prenant régulièrement à partie la minorité magyare. À cet égard, la décision de l'Assemblée nationale de Hongrie d'accorder un passeport à tous les Magyars de souche l'a conduit à modifier la loi sur la nationalité slovaque, qui interdit désormais toute double nationalité. Il a de plus fait savoir qu'il était opposé à la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo. C'est par ailleurs sous son mandat que la Slovaquie a rejoint la zone euro à partir du 1er janvier 2009, étant alors le premier pays de l'ex-bloc soviétique à adopter la monnaie unique.

Élections de 2010[modifier | modifier le code]

Candidat à un second mandat lors des élections du 12 juin 2010, il a fait campagne sur son bilan, notamment en matière de politique sociale, et sur le ressentiment anti-magyar, alimenté par la victoire de la Fidesz-Union civique hongroise aux récentes élections législatives. Sa stratégie semble avoir été payante puisque le parti SMER-SD a décroché 62 sièges et 34 % des voix, en nette progression par rapport au précédent scrutin. Toutefois, le centre-droit pris dans son ensemble réunit 79 élus sur 150, soit trois de plus que la majorité absolue. Il est chargé le 13 juin 2010 par le président Ivan Gašparovič de former le nouveau gouvernement[2], mais ne peut que constater son échec dix jours plus tard, ce qui le conduit à renoncer et annoncer sa démission de la direction du gouvernement après l'ouverture de la nouvelle session parlementaire, le 8 juillet[3]. Remplacé par la libérale conservatrice Iveta Radičová, il est désigné le même jour par son parti pour devenir vice-président du Conseil national de la République slovaque[4].

Retour au pouvoir[modifier | modifier le code]

Après le renversement du gouvernement d'Iveta Radičová, et sa démission le 11 octobre 2011, des élections législatives anticipées sont organisées le 10 mars 2012. Le parti SMER-SD obtient la majorité absolue au Conseil national[5] avec 44,4 % des voix et 83 députés, ouvrant ainsi la voie à un nouveau gouvernement de Robert Fico. Pour la première fois depuis l'indépendance de la Slovaquie en 1993, la majorité absolue sera détenue par un seul parti. Le 15 mars 2012, il est chargé, par le président Ivan Gašparovič, de constituer le nouveau gouvernement[6].

Il est officiellement nommé président du gouvernement le 4 avril et présente aussitôt son gouvernement, où siègent quatre indépendants. Reconnaissant que son équipe devrait travailler dans la limite des mauvaises réalités économiques, il a réaffirmé son objectif d'une plus grande solidarité entre les riches et les pauvres[7].

Il fait voter, le 5 décembre 2012, par le Conseil national, une loi abolissant la flat tax. La réforme fiscale crée un taux d'impôt sur les sociétés de 23 %, en hausse de quatre points, et une seconde tranche d'impôt sur le revenu à 25 % pour ceux gagnant plus de 3 246 euros par mois. Une surtaxe de 5 % est créée au sujet des ministres, des parlementaires et du président de la République[8].

Robert Fico est candidat à l'élection du président de la République des 15 et 29 mars 2014 pour le parti Direction - Social-démocratie. Au 1er tour, il obtient 28 % des suffrages contre 24 % à l'indépendant Andrej Kiska et 21,2 % à l'indépendant Radoslav Procházka. Bien qu'il vire en tête, son avance est nettement moins importante qu'anticipée par les sondages. Avec 40,6 % des voix au second tour deux semaines plus tard, il est sèchement battu par Kiska.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]