Mark Rutte

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Mark Rutte
Image illustrative de l'article Mark Rutte
Fonctions
16e Premier ministre des Pays-Bas
(50e chef du gouvernement)
En fonction depuis le 14 octobre 2010
(4 ans, 6 mois et 5 jours)
Monarque Beatrix
Willem-Alexander
Gouvernement Rutte I et II
Législature 35e et 36e
Coalition VVD-CDA (2010-2012)
VVD-PvdA (depuis 2012)
Prédécesseur Jan Peter Balkenende
Chef politique du
Parti populaire libéral et démocrate
En fonction depuis le 31 mai 2006
Prédécesseur Jozias van Aartsen
Secrétaire d'État à la Formation professionnelle, à l'Enseignement supérieur et à la Vie étudiante
17 juin 200427 juin 2006
Premier ministre Jan Peter Balkenende
Gouvernement Balkenende III
Prédécesseur Annette Nijs
Successeur Bruno Bruins
Secrétaire d'État à l'Emploi, à la Sécurité sociale et aux Retraites
22 juillet 200217 juin 2004
Premier ministre Jan Peter Balkenende
Gouvernement Balkenende I et II
Prédécesseur Annelies Verstand-Bogaert
(Emploi)
Hans Hoogervorst
(Sécurité sociale)
Successeur Henk van Hoof
Biographie
Date de naissance 14 février 1967 (48 ans)
Lieu de naissance La Haye (Pays-Bas)
Parti politique VVD
Diplômé de Université de Leyde
Profession Cadre d'entreprise

Signature

Mark Rutte
Chefs du gouvernement des Pays-Bas

Mark Rutte (ˈmɑrk ˈrʏtə), né le 14 février 1967 à La Haye, est un homme politique néerlandais, président du Parti populaire libéral et démocrate (VVD), et Premier ministre des Pays-Bas depuis le 14 octobre 2010.

Après avoir été responsable des ressources humaines chez Unilever, il entre au gouvernement en 2002 comme secrétaire d'État à l'Emploi et à la Sécurité sociale dans la coalition gouvernementale de droite conduite par Jan Peter Balkenende. Maintenu en 2003, après des élections anticipées, il change de poste en 2004 pour devenir secrétaire d'État à la Formation professionnelle et à l'Enseignement supérieur.

En 2006, il réussit à battre Rita Verdonk lors de l'élection du chef politique du VVD, et quitte peu après le gouvernement pour prendre la tête du groupe VVD à la Seconde chambre. À la suite des élections législatives qui se tiennent la même année, il se retrouve dans l'opposition du fait de la formation d'une grande coalition.

Aux législatives de 2010, il axe sa campagne sur la promesse d'une forte rigueur budgétaire et d'un durcissement de la politique d'immigration, ce qui permet au VVD d'arriver en tête du scrutin, une première depuis 1948. Quatre mois après la tenue du scrutin, il prend la tête d'un gouvernement minoritaire entre le VVD et le CDA, soutenu par le PVV.

Ayant perdu le soutien des populistes, il convoque des élections anticipées en 2012, à l'issue duquel il constitue une majorité avec le PvdA.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière dans le secteur privé[modifier | modifier le code]

Il obtient en 1992 son diplôme d'histoire à l'université de Leyde, et est aussitôt engagé par la société Unilever comme gestionnaire des ressources humaines.

En 1997, il devient directeur du personnel de Van den Bergh Nederland, mais retourne trois ans plus tard chez Unilever, où il obtient un poste de gestionnaire des ressources humaines directement sous les ordres du conseil d'administration.

Il est promu directeur des ressources humaines en février 2002, mais démissionne au bout de cinq mois, à la suite de sa nommination au gouvernement. Unilever étant une grande entreprise néerlandaise, ses capacités de gestion dans le domaine social furent remarquées.

Entrée en politique[modifier | modifier le code]

Secrétaire d'État à l'emploi[modifier | modifier le code]

Le 22 juillet 2002, il est nommé secrétaire d'État chargé de l'Emploi, de la Sécurité sociale et des Retraites sous la direction du ministre des Affaires sociales et de l'Emploi de la coalition gouvernementale dirigée par Jan Peter Balkenende. Son mandat, comme celui du gouvernement, ne dure que quatre-vingt six jours, mais il est reconduit le 28 mai 2003, à la suite des élections anticipées du 23 janvier.

Il s'attaque alors à la réforme du système des incapacités du travail (AOW) en faisant adopter un projet de loi censé faciliter le retour vers l'emploi.

Il devient le 17 juin 2004 secrétaire d'État à la Formation professionnelle, à l'Enseignement supérieur et à la Vie étudiante au sein du ministère de l'Éducation, de la Culture et de la Science.

À ce poste, il s'est attaché à favoriser l'accès à l'enseignement supérieur en réformant les bourses d'étude, accordées au départ sous forme de prêt et qui se transforment en don en cas de réussite de l'étudiant. En cas de remboursement, le bénéficiaire ne paie plus de frais mensuels fixes mais une part de ses revenus.

Il a également fait voter en 2006 une loi donnant une plus grande autonomie aux universités.

À la direction du VVD[modifier | modifier le code]

Élu chef politique et tête de liste du Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) avec 51 % des suffrages face à la controversée ministre de l'Immigration Rita Verdonk le 31 mai 2006, il prend la présidence du groupe du parti à la seconde Chambre le 27 juin suivant, quittant de fait le gouvernement.

Il mène ensuite la campagne libérale pour le scrutin anticipé du 22 novembre, où le VVD perd six élus, conservant 22 sièges sur 150 et pointant à la quatrième place, derrière le Parti socialiste (SP).

La victoire aux élections de 2010[modifier | modifier le code]

Il est proclamé tête de liste du VVD le 12 mars 2010 en vue des élections législatives anticipées du 9 juin.

Au cours de la campagne, il se montre très critique envers l'Appel démocrate-chrétien (CDA) et son chef, le Premier ministre Jan Peter Balkenende, tout en affirmant ne pas être prêt à s'allier avec le Parti du travail (PvdA) de Job Cohen. Désigné vainqueur du débat télévisé du 23 mai, sa campagne est axée sur la réduction du déficit public, la baisse de la fiscalité et un durcissement de la politique d'immigration.

Le jour du scrutin, pour la première fois depuis sa fondation en 1948, le parti libéral arrive en tête du scrutin avec 20,4 % des voix et 31 députés sur 150, soit un siège d'avance sur les travaillistes.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Premier mandat[modifier | modifier le code]
Article connexe : Cabinet Rutte I.
Le premier discours de Mark Rutte en tant que Premier ministre, le jour de son investiture.
Photographie du cabinet Rutte I, le 14 octobre 2010, en compagnie de la reine Beatrix.
Rencontre avec Barack Obama, le 29 novembre 2011.
Mark Rutte lit The Financial Times à bord de l'avion du gouvernement, lors d'un déplacement pour un sommet européen en Pologne.
Le Premier ministre lors d'un meeting du VVD en vue des élections de 2012.

En sa qualité de chef du premier parti de la Seconde chambre, il est pressenti pour devenir le premier Premier ministre libéral depuis près de cent ans, et le premier issu du VVD.

Il est désigné formateur du gouvernement le 7 octobre par la reine Beatrix, après la réussite des négociations exploratoires entre le VVD, le Parti pour la liberté (PVV) et le CDA pour la constitution d'un gouvernement minoritaire, le premier depuis 1939, entre libéraux et chrétiens-démocrates[1]. Le programme gouvernemental prévoit notamment la réduction de dix-huit milliards d'euros des dépenses publiques, une réduction pour moitié de l'immigration et le vote d'une loi interdisant le port de la burqa[2]. Il applique une politique de tolérance. L'économie néerlandaise se maintient et la pays reste stable dans le domaine des finances et sur le plan social. Le Premier ministre commence alors la fusion des communes, et fait voter une loi interdisant la vente de cannabis dans les coffee-shops aux touristes étrangers, du fait de l'image dégradante du pays que cela leur procure. Sur le plan international, menant une politique atlantiste et européenne comme ses prédecésseurs, Mark Rutte soutient Israël, mais plaide pour la création d'un État palestinien.

À l'occasion des élections provinciales du 2 mars 2011, le VVD confirme son statut de première force politique du pays. Le score cumulé des trois partis soutenant le gouvernement ne permet toutefois par leur permettre d'obtenir la majorité absolue à la Première chambre.

La chute du gouvernement après le retrait du PVV[modifier | modifier le code]

Le 21 avril 2012, il annonce l'échec des négociations budgétaires avec le PVV, après six semaines de discussions, et la probabilité d'élections anticipées[3]. Le gouvernement proposait une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), un gel du traitement des fonctionnaires et une baisse du budget de la santé.

Wilders affirme alors que de telles élections devraient avoir lieu « au plus vite »[4], Rutte se rendant deux jours plus tard au Huis ten Bosch pour remettre sa démission et celle du gouvernement à la reine Beatrix[5] qui l'accepte tout en demandant au gouvernement de gérer les affaires courantes[6].

Toutefois, le 26 avril, les deux partis du gouvernement, les Démocrates 66 (D66), la Gauche verte (GL) et l'Union chrétienne (CU) s'accordent pour faire voter, avant les législatives anticipées, les mesures de rigueur budgétaire proposées[7].

Les élections anticipées de 2012[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives anticipées du 12 septembre 2012, les libéraux arrivent en tête avec 41 députés, juste devant les travaillistes de Diederik Samsom, qui en remportent 38. Les deux partis entament, le 21 septembre, des négociations de coalition[8], sous l'égide du libéral Henk Kamp et du travailliste Wouter Bos. Dès le 1er octobre, un accord sur une modification du budget pour 2013 est trouvé, augurant de la réussite future des discussions[9].

Deuxième mandat[modifier | modifier le code]
Article connexe : Cabinet Rutte II.
Mark Rutte lit un livre à des enfants dans une école primaire.
Rencontre avec l'équipe paralympique néerlandaise des Jeux de Londres 2012.
Le Premier ministre lors d'une visite en Afghanistan.
Le chef du gouvernement parle de l'enseignement supérieur avec des professeurs à l'université de Twente.
Mark Rutte avec son homologue britannique David Cameron, le 21 février 2014.

Les médias révèlent, le 25 octobre, qu'un nouvel accord est intervenu entre le VVD et le Parti du travail sur de nombreux sujets économiques, notamment la réforme du marché du travail et la fiscalité du logement, ce qui présagerait de la signature rapide du contrat de coalition[10]. La composition cabinet Rutte II, qui comprend douze ministres mais dont le leader du PvdA Diederik Samsom ne fait pas partie, est dévoilée au début du mois de novembre.

Les Pays-Bas maintiennent leur triple A alors que l'économie européenne reste morose grâce à une basse fiscalité envers les entreprises étrangères. La non-délocalisation des grandes multinationales néerlandaises grâce à divers avantages économiques offerts par le gouvernement, mais aussi des infrastructures très développées qui favorisent le pays, joue également en faveur de stabilité de la notation économique des Pays-Bas. Avec la mise en œuvre de certaines mesures réalisatrices de grandes économies budgétaires, telles la fusion des communes ou les fermetures de consulats, le Premier ministre arrive à réduire les dépenses sans créer de grandes perturbations dans le domaine de l'emploi, malgré le renforcement des fonds de pension dans le système de retraite néerlandais et le non-remboursement de certains médicaments. Ainsi, les mesures du premier mandat se font ressentir. Il pratique une méthode du « projet par projet », qui vise à évaluer le coût d'un projet et son impact sur les finances. Il a ainsi repoussé la rénovation du Palais de Soestdijk en musée national et rejeté une candidature d'Amsterdam pour les Jeux Olympiques d'été 2028, car leur rentabilité n'est pas assurée. Il a cependant confirmé la tenue de grands évènements, tels l'Amsterdam Dance Event, qui ont une rentablilité assurée. En 2014, les Pays-Bas ont accueilli un sommet spécial du G7, affirmant le rôle mondial du pays. C'est également dans cette optique que le gouvernement fait participer l'armée aux frappes de la coalition internationale en Irak et en Syrie. Il s'est rendu à Paris le 11 janvier 2015 pour participer à la marche républicaine. Il a affirmé par la suite ne voulant pas voir les « djihadistes néerlandais partis combattre en Syrie rentrer au pays », après avoir mis en place un dispositif policier et judiciare censé les arrêter avant leur départ. Européen convaincu, il plaide cependant pour une démocratie plus directe envers l'Union via les gouvernements nationaux et évoque régulièrement le fait qu'elle puisse parler d'une seule voix, notamment face à la Russie.

Malgré une politique de réduction des dépenses, Mark Rutte ne néglige cependant pas l'état physique des Pays-Bas : un vaste plan de rénovation des digues pour plusieurs milliards d'euros est annoncé durant son deuxième mandat. Il se permet également certaines dépenses afin d'améliorer les conditions de vie des citoyens et les matériels administratifs ou militaires. Déjà en cours de négociation sous son prédécesseur, le remplacement intégral des avions de combat F-16 vieillissants par les nouveaux F-35 est confirmé, tout comme la rénovation de certains hôpitaux publics malgré une baisse du budget de la santé, et le déplacement de certains ministères depuis le centre de La Haye vers un quartier de gratte-ciels, afin de moderniser leurs locaux. Ainsi, les Pays-Bas restent parmi les États les plus développés de la planète, puisqu'ils en ont le 4e IDH en 2013.

Son style de dirigeant ouvert lui permet de garder une popularité conséquente : il effectue la plupart de ses trajets courts en vélo sans escorte, participe à des festivités nationales en jeans et visite régulièrement chaque province du pays. La presse étrangère souligne également qu'il donne une place importante aux femmes dans son gouvernement et veut des politiciens qui ne fassent pas de « politique politicienne ». Le magazine Vanity Fair lui accorde en 2014 la 3e place de son podium des « leaders mondiaux les mieux habillés »[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]