Aqueduc et moulins de Barbegal

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Aqueduc et moulins de Barbegal
L'aqueduc de Barbegal.
L'aqueduc de Barbegal.
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 43° 42′ 10″ N 4° 43′ 17″ E / 43.702778, 4.721389 ()43° 42′ 10″ Nord 4° 43′ 17″ Est / 43.702778, 4.721389 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Aqueduc et moulins de Barbegal
Aqueduc et moulins de Barbegal

L'aqueduc et les moulins de Barbegal constituent un complexe romain de meunerie hydraulique situé à Fontvieille, à proximité de la ville d'Arles. Cet ensemble a été qualifié comme « La plus grande concentration connue de puissance mécanique du monde antique »[1].

L'aqueduc est partiellement classé au titre des monuments historiques depuis le [2], certaines de ses parties faisant l'objet d'une inscription depuis le [3].

Description[modifier | modifier le code]

Localisation et description[modifier | modifier le code]

Aqueduc
Vestiges de l'ouvrage vus de bas en haut.
Moulin

Situé dans la commune de Fontvieille, à environ sept kilomètres à l'est de la ville d'Arles, le vallon des Arcs est franchi par deux ponts aqueducs parallèles, en partie sur arches. Ce dispositif s'explique par les modifications intervenus sur l'aqueduc d'Arles au début du IIe siècle. L'ouvrage primitif comportait deux branches convergeant dans un bassin d'où partait un conduit unique alimentant Arles. Sa branche orientale fut détournée pour alimenter la meunerie de Barbegal, tandis que la branche occidentale continua à alimenter la ville d'Arles. Le pont nouvellement édifié traversait en tranchée le chaînon de la Pène pour alimenter la meunerie. L'eau actionnait deux séries de huit roues verticales à augets disposées de part et d'autre d'une allée centrale. Elles fournissaient l'énergie à des moulins à farine.

Origines[modifier | modifier le code]

L'aqueduc et les moulins de Barbegal ont été construits pour desservir la ville d'Arles. La meunerie pouvait produire 4,5 tonnes de farine par jour, de quoi alimenter les 12 500 habitants de la ville d'Arles de cette époque[4]. Toutefois, pour Henry-Paul Eydoux reprenant une hypothèse de F. Benoit, la meunerie de Barbegal était :

« Une affaire d'État, relevant vraisemblablement du service de l'annone, produisant pour les subsistances militaires et le ravitaillement officiel, avec une grande partie de la production réservée à l'exportation »[5].

Mais cette proposition a été infirmée par les fouilles conduites dans les années 1990[6].

Concepteur et réalisateur[modifier | modifier le code]

Les fouilles de son émissaire oriental et celles du bassin amont du vallon des Arcs ont montré que ce complexe a été construit au début du IIe siècle et a fonctionné jusqu'au début du IIIe siècle[7]. Le propriétaire en était probablement celui de la villa romaine proche de la Mérindole. D'après Fernand Benoit, qui pensait que ces moulins dataient de la fin de l'Antiquité, ce complexe aurait été réalisé par l'ingénieur gallo-romain Q. Candidius Benignus qui appartenait au corps des charpentiers d'Arles et dont le sarcophage comportait une inscription suggestive louant les mérites du maître :

il n'en fut pas de plus savant et personne ne le surpassa dans l'art des ouvrages de mécanique et dans la conduite des cours d'eaux[8].

Une telle proposition ne peut plus être retenue. Car l'épitaphe est postérieure à la date de construction des moulins.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Le site a été partiellement classé Monument historique en 1937 et inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1981. Aujourd'hui, des vestiges importants de ce complexe, aqueduc et meunerie, sont encore bien visibles. Une vue aérienne accessible ici[9] permet d'en apprécier l'importance.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. The greatest known concentration of mechanical power in the ancient world, cf Kevin Greene, “Technological Innovation and Economic Progress in the Ancient World: M.I. Finley Re-Considered”, The Economic History Review, New Series, Vol. 53, No. 1. (Feb., 2000), p. 29-59 (39)
  2. « Notice no PA00081120 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. « Notice no PA00081256 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. La meunerie de Barbegal
  5. Congrès archéologique de France - 1976 - 134e session, Pays d'Arles, page 169.
  6. (Ph. Leveau, Les moulins romains de Barbegal, les ponts-aqueducs du vallon des Arcs et l'histoire naturelle de la vallée des Baux (Bilan de six ans de fouilles programmées), CRAI, janvier mars 1995, p. 115-144).
  7. (Leveau Ph., Walsh K., Bertucchi G., Bruneton, H., Bost J.-P., Tremmel B., Le troisième siècle dans la vallée des Baux : les fouilles de la partie basse et de l’émissaire oriental des moulins de Barbegal, Revue Archéologique de Narbonnaise, 2000, 381-439.
  8. Congrès archéologique de France - 1976 - 134e session, Pays d'Arles, page 169
  9. Cf. Google map 43° 42′ 10″ N 4° 43′ 17″ E / 43.7028, 4.72139 ()

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Ph. Leveau, Les moulins de Barbegal. 1986-2006. In : Brun J.-P. et Fiches J.-L., Force hydraulique et machines à eau dans l’Antiquité romaine, Naples, 2007, p. 185-199.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amouretti, M.-C., « Barbegal : de l'histoire des fouilles à l'histoire des moulins », Provence Historique, 167-8 (1992), p. 135-49
  • Benoit, F., « L'usine de meunerie hydraulique de Barbegal (Arles) », Revue Archeologique, sixième série 15.1 (1940), p. 19-80
  • Sagui, C.L., « La meunerie de Barbegal (France) et les roues hydrauliques chez les Anciens et au Moyen Âge », Isis, vol. 38, no 314, février 1948, p. 225-231
  • Sellin, R.H.J., « The large Roman water mill at Barbegal (France) », History of Technology, 8, 1983, p. 91-109
  • Bellamy, R.B. & Hitchner, P.-S., « The villas of the Vallee des Baux and the Barbegal Mill : excavations at la Merindole villa and cemetery », Journal of Roman Archaeology 9 (1996), p. 154-76

Les moulins romains de Barbegal, les ponts-aqueducs du vallon des Arcs et l'histoire naturelle de la vallée des Baux (Bilan de six ans de fouilles programmées), CRAI, janvier mars 1995, p. 115-144. Philippe Leveau Les moulins de Barbegal. 1986-2006. In : Brun J.-P. et Fiches J.-L., Force hydraulique et machines à eau dans l’Antiquité romaine, Naples, 2007, p. 185-199.

  • Leveau, P., « The Barbegal water-mill in its environment: archaeology and the economic and social history of antiquity », Journal of Roman Archaeology 9 (1996), p. 137-53
  • Hodge, A.T., « A Roman factory », Scientific American (November 1990), p. 58-64

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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