Micropolluant

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Un micropolluant est une substance (minérale, biologique, organique, radioactive..) polluante (et donc altéragène biologique, physique ou chimique) présente dans des concentrations très faibles dans l'eau (de l'ordre du microgramme ou du nanogramme par litre), dans l'air ou le sol, et qui peut avoir une action toxique ou écotoxique pour tout ou partie des organismes ou l'écosystème. Par exemple: les résidus médicamenteux, les hormones, les pesticides ou encore les cosmétiques[1].

Certains de ces produits sont plus ou moins rapidement dégradables, d'autres ne le sont pas.

Enjeux[modifier | modifier le code]

Beaucoup de ces produits sont présents en nombre croissant dans l'environnement (« polluants émergents » ), souvent présent en faibles doses et en cocktails de polluants ce qui pose des problèmes toxicologiques et écotoxicologiques complexes[2]. Comme ils sont diffus dans les masses d'eau, d'air et dans le sol, il est difficile de leur appliquer le principe pollueur-payeur et de les épurer dans l'environnement. La solution la plus efficace est de traiter les effluents industriels, agricoles, domestiques et urbains avant leur rejet dans le milieu.

L'identification des micropolluants et leur traçage peut permettre de mieux les éliminer en amont au niveau industriel, ou de les faire disparaître grâce à l'utilisation de produits alternatifs moins polluants ou biodégradables.

En Europe[modifier | modifier le code]

En 2009, la Directive-cadre sur l'eau (DCE) impose aux STEP (stations d'épuration) de mesurer dans leurs effluents certains micropolluants rejetés dans le milieu récepteur. 41 substances dites prioritaires ou dangereuses prioritaires ont été retenues, à réduire ou éliminer des effluents traités, avant 2015 (ou 2021 pour les moins dangereuses) pour retrouver le bon état écologique[3].

En France[modifier | modifier le code]

Un « plan micropolluant » est en cours pour l'eau[4].
180 micropolluants seront recherchés via près de 30 000 analyses dans 248 points de prélèvements[4].
16 molécules ne seront recherchées que dans les DOM[4].

Les molécules recherchées font partie d'une dizaine de familles de polluants « émergents » (dont pesticides, biocides, résidus médicamenteux, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Les résultats devraient être publiés au printemps 2013, et étudiés avec l'Onema, l'Ineris[5], le Brgm, Ifremer et divers acteurs de bassin pour notamment orienter la "liste de substances pertinentes à surveiller au niveau national" (devant être mise en œuvre en 2014)[4].

En associant un système d'ozonation et une filtration sur charbon activé, il est possible de les épurer en presque totalité. Parmi les premières commune de France à l'avoir fait, volontairement figurent par exemple Valbonne Sophia Antipolis (station d'épuration des Bouillides[3] ou Saint-Pourçain-sur-Sioule où une densité élevée en sites médicaux était responsable du rejets de nombreux résidus de médicaments dans la Sioule (affluent de l'Allier (rivière).(hormones, médicaments cardio-vasculaires, antidépresseurs, antiépileptiques, traitements anticancéreux qui peuvent affecter de nombreuses espèces et générer l'apparition ou l'entretien d'espèces antibiorésistantes, sources de risque nosocomial). Ces résidus sont essentiellement apportés par les eaux usées (via urines et excréments essentiellement) ; la Step (capacité de 9.000 équivalents les détruit ou les isole ; elle a couté 4 millions d'euros dont 700 000 consacrés à la destruction des micropolluants. Restent les résidus de médicaments vétérinaires et de pesticides apportés par le ruissellement.

Les stations d'épuration n'ont pas encore obligation d'éliminer les micropolluants, et peu de subvention les y encouragent[6].

En Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, la modification de la loi fédérale et de l'ordonnance sur la protection des eaux de 2015 rend obligatoire l'élimination d'au moins 80% des micropolluants en sortie de station d'épuration[7].

Élimination des micropolluants[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jonas Margot, « Traitement des micropolluants dans les eaux usées : rôle de la nitrification », École polytechnique fédérale de lausanne,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  2. Rene P. Schwarzenbach, Beate I. Escher, Kathrin Fenner, Thomas B. Hofstetter, C. Annette Johnson, Urs von Gunten, Bernhard Wehrli, The Challenge of Micropollutants in Aquatic Systems (Review); Science, 2006-08-25, Vol. 313, www.sciencemag.org
  3. a et b Marie-Jo Sader (2012) Station d'épuration : la chasse aux micropolluants est lancée, Actu-Environnement, 2012-12-05, consulté 2014-03-06
  4. a, b, c et d Lettre SIE (La lettre des acteurs de l'eau) N ° 3 – juin 2012, voir le chapitre : Plan micropolluants Une étude prospective pour améliorer la connaissance des milieux aquatiques
  5. Ineris, Substances
  6. Sader MJ (2014), Brève/reportage vidéo intitulée Micropolluants de l'eau : en finir avec les résidus médicamenteux hospitaliers, Actu-Environnement 2014-03-05, consulté 2014-03-06
  7. Bundeskanzlei - P, « RS 814.201 Ordonnance du 28 octobre 1998 sur la protection des eaux (OEaux) », sur www.admin.ch (consulté le 1er juillet 2016) : « Substances organiques qui peuvent polluer les eaux même en faible concentration (composés traces organiques) : Le taux d'épuration par rapport aux eaux polluées brutes, mesuré à partir d'une sélection de substances doit atteindre 80 % [...] »