Aléa technologique

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Un aléa technologique[1],[2] est la probabilité qu'un phénomène dangereux, d'origine au moins en grande partie anthropique technique (mouvements de terrain induits par des activités humaines, émissions ou explosion de gaz de mine, rayonnements, feux de terrils, instabilité de digues à résidus, inondation...), menace ou affecte une zone donnée en y produisant des effets d'une intensité physique[3] ou chimique définie. C'est donc l'estimation de la réalisation de ce processus.

L'évaluation de l'aléa (intensité, fréquence) en un lieu donné ne dépend aucunement des dégâts éventuels (victimes, destruction d'infrastructures, d'éléments naturels) ni des conséquences économiques possibles. Des exemples comme celui de la catastrophe de Fukushima (Genpatsu-shinsai) montrent l'utilité de croiser plusieurs aléas pouvant survenir au même moment ou en série, via une approche multi-risque, notamment en milieu urbain ou périurbain[4].

Enjeux[modifier | modifier le code]

Ce concept est important dans le domaine de la prévention des risques technologiques, l'étude, la hiérarchisation et la gestion des risques majeurs, notamment dans le contexte de l'aménagement du territoire. Le fait d'identifier les risques et dangers et les facteurs amplificateurs et réducteurs des risques permet souvent de diminuer l'expression du risque[5].

En France[modifier | modifier le code]

Dans ce pays, l'obligation d'établir des plans de prévention des risques technologiques (PPRT) a été créée en 2003 par la « loi Risques » (du 30 juillet 2003), et ensuite précisée par un décret en 2005 [6], qui introduisent dans le droit la notion « d' aléa technologique »[7].

Selon une mise à jour des statistiques par le Barpi en 2015, en France où coexisent en 2015 environ 40 000 installations classées soumises à autorisation, devant toutes fournir à l'administration au moins une étude de danger, 30 % des accidents industriels ont porté atteinte à l'environnement. Parmi les accidents qui ont marqué la société française pour leurs conséquences sur l'environnement on peut citer :

Pour limiter les occurrences de tels accidents, l'Ineris a mis à disposition des industriels en 2015 un outil les aidant à (s'ils le souhaitent) mieux intégrer l'atteinte à l'environnement dans leur démarche d'étude et prévention des risques[8], via notamment l'attribution d'un « niveau de gravité environnementale » aux scenarii d'accidents pour prioriser et affiner les stratégies de réduction des risques[8]. L'industriel est invité à produire des scénarios d'accidents possibles, avec pour chacun « la liste des substances concernées selon leur classe de danger, les éléments déclencheurs, les modes de transfert des substances et les cibles pouvant être affectées ». Sur cette base il peut associer chacun de ces scénarios à un score de gravité environnementale (sur une échelle de 0 à 5) selon des critères croisant la dangerosité des substances et la vulnérabilité[9] et importance environnementale des cibles potentiellement touchées[8]. Chaque scénario obtient deux notes (de zéro à 25) pour l'« atteinte aux écosystèmes » et pour l'atteinte aux ressources naturelles. Cet outil sera amélioré au vu des retours d'expériences issus de son utilisation[8].

Liste d'aléas technologiques[modifier | modifier le code]

Caractérisation[modifier | modifier le code]

Panneau routier indiquant l'entrée d'une zone à risque à Drusenheim en Alsace
  1. Récapitulatif de toutes les sources de danger ;
  2. Établissement des seuils de danger propres à chaque source ;
  3. Identification zonée des niveaux d'intensité propres à chaque source, au-delà de son seuil de danger ; Répartition possible en Faible / Irréversible / Grave / Très grave.
  4. Cumul par secteur des probabilités de niveaux d'intensité ; Répartition possible en Faible / Moyen / Fort / Très fort.
  5. Établissement d'une carte d'aléa technologique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard Bacconnier, Bruno Benoît et Gérard Clément, La mondialisation en fiches : Genèse, acteurs et enjeux, Bréal, , 363 p. (ISBN 2749501954), p. 328
  2. Michèle DUPRÉ et Jean-Christophe LE COZE, Réactions à risque : Regards croisés sur la sécurité dans la chimie, Paris, Lavoisier, coll. « Sciences du risque et du danger », , 192 p. (ISBN 2743069880), p. 75
  3. « Méthodologie et outil permettant de caractériser l’aléa généré par les ICPE AS (p. 3) », sur Inéris,
  4. Beck, E. (2006). Approche multi-risques en milieu urbain: Le cas des risques sismiques et technologiques dans l'agglomération de Mulhouse (Haut-Rhin) (Doctoral dissertation, Strasbourg 1)
  5. Fattal P (2008) Pollutions pétrolières accidentelles: facteurs amplificateurs et réducteurs des risques chapitre de l'ouvrage "Les routes océaniques dans les échanges internationaux, entre unification et uniformisation du monde", l'Harmatan, pp.277, 2008 (résumé)
  6. Décret du 7 septembre 2005
  7. DREAL d'Auvergne (2013). Réglementation et actions engagées, consulté le 11 juin 2015.
  8. a, b, c et d Environnement Magazine (2015) L'Ineris met à disposition des exploitants de sites industriels une méthodologie pour évaluer a priori la gravité des impacts environnementaux d'un accident sur leur site, publié le 10 juin 2015
  9. G. Rasse, Les plans de prévention des risques technologiques au prisme de la vulnérabilité, ENMP, 2009 (thèse doctorale)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]