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Purin

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Épandage de purin au moyen d'une tonne à rampe. Allemagne, vers 1760

Le purin est un déchet liquide produit par les élevages de mammifères domestiques. Il est constitué principalement d'urines complétées éventuellement de la phase liquide s'écoulant d'un tas de fumier. Contrairement au lisier qui contient près de 10 % de matières sèches, le purin possède un maximum de 5 % de matières solides, ce qui peut en faire un support adapté pour la macération de substances (plantes, algues) utilisées en agriculture biologique ou régénératrice. Il a cependant été régulièrement utilisé comme engrais et permet un apport de potassium non négligeable.

Du fait de la mécanisation du traitement des effluents et des normes environnementales obligeant à la récupération de tous les déchets d'élevage liquides ou solides, les quantités de purin produites sont devenues anecdotiques au regard des quantités de lisier.

Les purins végétaux, en vogue depuis les années 1990 comme pesticides ou activateurs biologiques, sont généralement réalisés à partir de macération de végétaux dans de l'eau (1 kg pour 10 l d'eau). Ils auraient en commun avec les purins d'élevage un effet souvent positif sur les cultures et une odeur nauséabonde. Ils sont surtout utilisés en agriculture biologique. Leur efficacité réelle en termes de protection des cultures est discutée.

Étymologie

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Purin proviendrait de l'ancien français purer : s'écouler, dégoutter, suinter (wiktionnaire), lui-même provenant d'une racine celtique : purr : jeter (de l'eau) (wiktionnaire anglais : cf anglais to pour: jeter, irlandais purraim : jeter). D'autres appellations régionales procèdent de la même idée : picard : écoulin, poitevin : suin.

Le verbe puriner (arroser de purin) n'est plus employé en agriculture.

Le purin consiste principalement en urine d'animaux d'élevages, généralement d'ongulés : porcs, chevaux, ânes, bovins, moutons, chêvres, cervidés, camélidés, éléphants, … mais jamais d'oiseaux qui ne produisent pas d'urine mais seulement des fientes pâteuses (bien qu'il puisse y avoir récupération de jus divers dans les grands élevages). Il faut encore que les urines soit récoltées et stockées séparément du fumier sinon on obtient du lisier.

L'obligation de récupérer tous les effluents et le développement des élevages sur caillebotis a poussé les éleveurs à produire du lisier plutôt que du purin. Le purin n'est donc, le plus souvent aujourd'hui, qu'un composant du lisier et donc rare en tant que tel dans les élevages modernes.

Le purin, engrais organique

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Composition

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Avant que la récupération de la totalité des effluents d'élevage ne soit obligatoire, le purin s'écoulait des élevages et des tas de fumier, il était récupéré ou non. Le purin récupéré était utilisé et l'est encore parfois comme engrais. Sa composition est très variable selon le type d'élevage, mais toujours riche en potassium :

1 m3 de purin peut contenir de 1 à 5 kg d'azote (N), de 0,2 à 0,5 kg de phosphore (noté en P2O5), de 3 à 7 kg de potassium (en K2O), 1 kg de magnésium (en MgO)[1] … Son action est rapide. Étant donné les faibles concentrations en éléments fertilisants, le purin ne constituait généralement qu'une partie d'un programme de fertilisation.

Les camélidés recyclent leur urée dans leur système digestif et produisent une urine peu abondante et pauvre en azote.

Les éleveurs soucieux d'hygiène ou d'autonomie en matière de fertilisation ont de tout temps cherché à récupérer les effluents. Dans ces élevages, le fumier était placé sur une plate-forme bétonnée et le purin était recueilli dans la fosse à purin placée en contrebas de la fumière de façon à récupérer aussi les jus. Il était alors plus facile et d'ailleurs conseillé d'arroser régulièrement la fumière avec du purin pour accélérer la fermentation et la maturation du fumier (processus analogue au compostage).

Les tonnes à lisier épandent aussi bien du purin.

Aujourd'hui le purin peut être chargé et épandu comme le lisier au moyen d'une tonne à lisier (citerne à pression contrôlée permettant une largeur d'épandage et un débit importants).

Tonne ancienne en bois avec vanne et buse miroir (palette) pour l'épandage, Suisse

Autrefois et jusque dans les années 1960 en France, le purin était épandu au moyen d'une tonne à purin simple munie d'un robinet ou d'une vanne alimentant une courte rampe d'épandage ou une buse miroir et fonctionnant simplement sous la pression gravitaire.

Lorsque l'exploitation possède un système d'irrigation, le purin peut être épandu par simple dilution dans le réseau d'irrigation, ce qui est une méthode très économique. En cas d'irrigation par aspersion généralement interdite aujourd'hui, la diffusion des odeurs était maximale.

Pour éviter les problèmes d'appétence sur prairies pâturées, le purin doit être épandu après la fin de la saison de pâturage ou bien il faut le diluer dans de l'eau et observer un délai avant remise à l'herbe des animaux.

Évolution de la gestion des effluents

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La construction de broyeurs-mélangeurs d'effluents puissants à poste fixe ou sur tracteurs, ainsi que la mise sous pression des tonnes d'épandage grâce à un compresseur d'air à partir des années 1960, a rendu inutile la séparation stricte (observée avant la motorisation de l'agriculture à cause des problèmes de colmatage de buses) des éléments liquides et solides. Les élevages sur litière produisent alors fumier et lisier et les élevages sur caillebotis, plus simples techniquement, ne produisent plus que du lisier.

Les normes environnementales obligent les éleveurs à modifier leurs pratiques. Les exploitations d'élevage sont de plus en plus munies de véritables stations de traitement des effluents très coûteuses. L'épandage au moyen d'une grosse buse miroir unique à l'arrière de la tonne provoque un énorme panache dispersant les odeurs. Il est de plus en plus remplacé par des rampes à buses multiples traînant près du sol ou mieux par des dents suivies de buses permettant l'enfouissement direct. De plus l'enfouissement direct limite l'évaporation de l'ammoniac (NH3) et permet une économie sur la fumure azotée.

Pour éviter le colmatage des buses et diminuer les odeurs, les éleveurs appliquent parfois un système de séparation de phases au lisier (filtration, décantation), ce qui revient à refaire un fumier compostable peu odorant d'une part et une sorte de purin d'autre part. Pour minimiser la taille de ce système également coûteux, on peut conduire les déchets liquides primaires, dont le purin, directement au stockage liquide, si l'élevage s'y prête[2].

Pour améliorer leur fonctionnement certaines stations d'épuration recevant des déchets de type purin envisagent de faire précipiter le phosphate pour obtenir de la struvite (NH4MgPO4• 6 H2O) recyclable comme engrais[3] (voir struvite dans le traitement des eaux usées).

Autres utilisations traditionnelles du purin

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Voir aussi Urine#Usages traditionnels

En fermentant le purin brunit, l'urée contenue dans l'urine se transforme en ammoniac (NH3). À condition d'être suffisamment pur (par exemple dans certains élevages de chevaux) et après maturation, le purin a eu les mêmes usages importants que l'urine humaine avant l'ère industrielle : dégraissant pour la laine, mordant pour les teintures, tannage des peaux, traitement du minerai de pyrite[réf. nécessaire], fabrication du salpêtre (KNO3)[4] … C'est aussi la présence d'ammoniac qui en fait un solvant efficace pour les macérations végétales.

Les purins en agriculture biologique

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Par extension, en agriculture biologique et depuis quelques années en agriculture régénératrice, on parle de purin pour désigner les produits issus de la macération, de l'infusion, de la décoction de certaines plantes et algues et le plus souvent modifiés par une fermentation, naturelle ou provoquée. Ces purins peuvent servir, selon leur stade de maturation et le végétal utilisé, d'insecticides, de fongicides (lutte biologique), d'engrais ou d'activateur de compost[5].

Ces pratiques, bien qu'anciennes, peuvent être rattachées aux pratiques plus générales de la phytothérapie, voire de la naturopathie. La plupart du temps, ces purins, lorsqu'ils sont élaborés et autoconsommés à la ferme ou au jardin, sont moins coûteux que les extraits industriels correspondant[6].

Cependant bien que les purins végétaux soient souvent présentés comme des remèdes de grand-mères, leur élaboration, telle qu'elle est réalisée aujourd'hui, semble être une pratique récente (depuis la fin des années 1990)[7].

Par contre, les éleveurs et jardiniers possesseurs de basse-cour ont régulièrement utilisé d'autres végétaux que les pailles de céréales (des fougères, par exemple) pour les litières, et jeté des plantes comme les orties au fumier ou au purin. Ces purins traditionnels étaient donc souvent aussi des macérations de végétaux divers avec du purin d'élevage.

Purin d'orties

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Le purin d'orties est utilisé comme engrais biologique.

Le purin d'orties, dont l'appellation correcte est « extrait fermenté d'orties », est principalement utilisé comme fertilisant (riche en azote mais faible en potasse) en arrosage, comme éliciteur en pulvérisation foliaire et, dans une moindre mesure, insecticide par effet répulsif (il serait très efficace contre les pucerons). Il est issu de la macération d'orties hachées dans de l'eau pendant 10 jours à l'abri de la lumière (au-delà de 15 jours il devient herbicide). La macération dégage beaucoup de gaz. Le liquide obtenu est lui-même dilué à 10 à 20 % dans l'eau d'arrosage (ou à 5 à 10 % dans l'eau de pulvérisation). L'odeur du purin d'ortie est particulièrement nauséabonde[8].

Pour faire le purin d'orties il existe aussi cette recette très simple : La macération doit se faire dans de l’eau à raison d'1 kg de feuilles d’orties pour 10 litres[9]. Elle doit se faire en 3 à 4 jours à 18 °C, et le purin d’ortie doit être dilué dans environ 5 fois son volume d’eau dans un récipient fermé. Le purin d'ortie peut également servir d'activateur de compost.

Le en France, la loi d'orientation agricole, publiée au Journal officiel, entraîne la « guerre du purin d'ortie »[10] en interdisant de vendre un produit phytopharmaceutique non homologué et qui ne possède pas d'autorisation de mise sur le marché. Cette interdiction est levée en par le ministère de l'Agriculture[11].

Purin de prêle

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Le purin de prêle, issu d'une décoction, aurait des effets fongicide car il apporte de la silice aux plantes, ce qui leur permettrait de renforcer leurs tissus. La décoction d'ail serait également assez efficace comme fongicide. Ces allégations n'ont jamais fait l'objet de mesures scientifiques sérieuses concluantes.

Purin de consoude

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Le purin de consoude est un fertilisant riche en potasse et contenant également de nombreux oligo-éléments tels que du calcium, du fer, du magnésium, du cuivre, du bore, du manganèse, et du zinc.

Purins insecticides

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De nombreux autres végétaux auraient des vertus insecticides comme :

Purin de valériane

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Le purin de valériane est un excellent tonifiant pour les plantes à fleurs et les arbustes comme les rosiers car il permet d’accroître la floraison. Il stimule aussi les défenses des plantes contre les attaques des parasites et des maladies[réf. nécessaire].

C'est aussi un très bon activateur de compost[réf. nécessaire].

Préparation

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  • Hacher grossièrement 100 grammes de feuilles et de tiges.
  • Mettre les herbes dans 1 litre d'eau froide et laisser macérer pendant 5 à 6 jours environ.
  • Il faut remuer tous les jours le purin.
  • Filtrer ensuite avant d'utiliser la préparation.

Utilisation

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  • Effectuer une fois par mois des pulvérisations sur les feuillages des plantes avec de l'extrait fermenté dilué à 5 %, c'est-à-dire 5 centilitres d'extrait ajoutés à 95 centilitres d'eau ou 1 volume d'extrait pour 19 volumes d'eau.
  • Arroser le tas de compost avec de l'extrait fermenté dilué à 10 %, c'est-à-dire 10 centilitres d'extrait ajoutés à 90 centilitres d'eau ou 1 volume d'extrait pour 9 volumes d'eau.
  • On pourra utiliser ce type de purin en pulvérisation en y ajoutant un « agent mouillant » tel que savon (ou quelques gouttes de liquide vaisselle), du lait ou un extrait de racines de saponaires qui permettra à la pulvérisation de mieux se fixer sur la plante.

Purin de pissenlit

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On dit que le purin de pissenlit améliore la croissance et la qualité de la plante, et peut servir pour enrichir le compost[12].

Préparation

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On prend environ 2 kg de pissenlit frais ou 200 g de plantes séchées, on les mélange avec 10 litres d'eau[12].

On le laisse fermenter dehors jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de mousse. On couvre le contenu avec un couvercle en cas de pluie, sinon, il faut le laisser à l'ombre, sans couvercle. On le remue une ou deux fois par jour.

Utilisation

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Arroser les plantes avec le purin non dilué.

Purins d'algues

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Voir Phaeophyceae#Usages agricoles

Ces purins, comme les autres types d'extraits d'algues sont surtout utilisés comme activateurs de croissance. Cette utilisation est motivée par la grande richesse des algues brunes en hormones végétales et oligo-éléments.

Efficacité en utilisation phytosanitaire

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Pour les utilisations phytosanitaires, il existe peu de travaux scientifiques sur le sujet pour beaucoup d'allégations à mi-chemin entre la légende urbaine et les croyances traditionnelles (des traditions d'ailleurs récentes).

La Société nationale d'horticulture de France a réalisé un rapport compilant quinze années d'expérimentations sur le sujet[7]. Les auteurs ont commencé par explorer la littérature agricole en détail pour tenter de trouver l'origine de l'utilisation des purins végétaux, en particulier du purin d'ortie. Contrairement à une légende amplement répandue qui se réfère au sophisme de l'appel à l'ancien, l'utilisation de la purine d'ortie comme produit phytosanitaire a été trouvée à partir de la fin des années 1990. Par ailleurs, ils constatent l'absence d'effet positif reproductible des purins qu'ils ont étudiés concernant la protection des cultures :

« Au final [sic], il est frappant de constater l’écart entre les effets mesurés – nuls, ténus et/ou aléatoires – et les recommandations des prescripteurs de la profession sur l’emploi des purins. »

Polémique sur la légalité

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Tous les produits libellés ou présentés comme produit phytosanitaire ou engrais en France[13] sont interdits s'ils sont dépourvus d'autorisation de mise sur le marché (effet phytosanitaire) ou d'une homologation (effet fertilisant), le purin en étant dépourvu, il ne pouvait faire l'objet de vente ou de promotion de sa fabrication pour ces usages. Cependant, des préparations étaient commercialisées chez de nombreux distributeurs, l'emballage ne précisait pas l'usage du produit mais seulement sa composition[14], laissant aux consommateurs avertis toute la liberté de l'utiliser pour ces effets présumés.

Une vaste polémique en 2006 a été provoquée par un texte de loi rappelant l'interdiction la mise sur le marché, la possession et la diffusion de produits phytosanitaires ne bénéficiant pas d'une autorisation de mise sur le marché[15], il fut aussi décidé d'interdire la publicité commerciale et l'incitation à leur usage. Visant à renforcer la législation sur les produits phytosanitaires classiques et notamment à mieux contrôler les produits interdits, cette législation a aussi touché le purin et d'autres préparations artisanales qui n'ont jamais été évaluées ni homologuées.

Le purin d'orties a été autorisé comme engrais et activateur de croissance avec une recette précise garantissant en théorie sa qualité arrêté du 18 avril 2011, décision s'inscrivant dans le cadre d'une douzaine de mesures prévues dans le plan Ecophyto 2018 élaboré lors du Grenelle de l'Environnement[16]. Son protocole de fabrication, précisé dans l'annexe de l'arrêté du , est considéré par certains comme trop restrictif, le réduisant à « une piquette d'ortie complètement inefficace »[17]

Notes et références

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  1. Mazoyer, Marcel, 1933-, Larousse agricole, Paris, Larousse, , 767 p. (ISBN 2-03-091022-8, 9782030910221 et 2035910226, OCLC 77097500, lire en ligne)
  2. « Le séparateur en phase avec le lisier », sur paysan breton,
  3. Jack Testard, Recycler les phosphates, Pour la Science, no 387, janvier 2010, p. 38
  4. (en) « From Gunpowder to Teeth Whitener: The Science Behind Historic Uses of Urine », sur /smithsonianmag, (consulté le )
  5. Jean-Michel Groult, Jardiner durablement, Paris, éd. Ulmer, , 256 p., 25 cm (ISBN 978-2-84138-278-1, BNF 41208850)
    Prix Saint-Fiacre 2007
  6. Un litre de purin d'ortie est vendu environ 6 € dans les jardineries françaises en 2023.
  7. a et b Protection des plantes, tradition et macération d'ortie, Conseil Scientifique de la SNHF, 2012, sur le site de Jardiner Autrement
  8. Bernard Bertrand, Jean-Paul Collaert et Eric Petiot, Purin d'ortie et compagnie. Les plantes au secours des plantes, Éditions de Terran, , 95 p..
  9. Purin ortie
  10. La guerre du purin d'ortie est relancée, Journal de l'Environnement, 2010
  11. Alessandra Moro Buronzo, Les incroyables vertus de l'ortie, Jouvence Maxi-pratiques, , p. 47.
  12. a et b Annelore Bruns et Susanne Bruns (trad. de l'allemand par Pierre Bertrand), Manuel du jardin naturel : introduction illustrée au jardinage naturel [« Biogarten Handbuch »], Rennes, éd. Ouest-France, , 141 p., 21 cm (ISBN 978-2-7373-4813-6, BNF 42149599)
  13. Le retour du purin d'ortie, 20 octobre 2010
  14. « La guerre du purin », Sud-ouest, 8 décembre 2010
  15. Les plantes et la loi : polémique autour du purin d'orties
  16. Le purin d'orties bientôt commercialisé en France, 20 avril 2011
  17. Lemonde.fr avec AFP, 05.05.11

Bibliographie

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  • Bernard Bertrand, Jean-Paul Collaert et Éric Petiot (préf. Michel Lis), Purin d'ortie et compagnie: les plantes au secours des plantes, Sengouagnet, Éd. de Terran, coll. « Jardiner nature », (ISBN 978-2-35981-022-6, présentation en ligne)

Articles connexes

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