Plante aquatique

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Nénuphars à Anduze, France

Les plantes aquatiques, ou hydrophytes sont des plantes dont la totalité du cycle biologique se réalise dans l'eau ou à sa surface et ne supportent pas l'exondation.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les plantes aquatiques sont portées par la masse d'eau et ne développent pas de tissus de soutien. Elles s’affaissent donc dès qu’on les sort de l’eau et supportent très mal l’exondation.

Ces plantes se trouvent aussi bien parmi les algues que parmi les bryophytes et les végétaux vasculaires, ptéridophytes et spermatophytes.

Modes de vie[modifier | modifier le code]

Leur adaptation au milieu aquatique est variable et s'observe tant sur l'appareil végétatif : présence de tissus permettant la flottaison (aérenchymes), adaptation morphologique au courant via la production de feuilles filiformes ou linéaires allongées), que sur l'appareil reproducteur.

On rencontre dans ces différents groupes des plantes totalement immergées, d'autres, les plus nombreuses, partiellement émergées ou à feuilles flottantes.

Elles sont généralement fixées au fond l'eau. Quelques-unes sont libres, dérivant entre deux eaux ou flottant en surface.

Très peu de plantes vasculaires sont réellement hydrogames (dont la fécondation est réalisée dans l'eau) : la plupart d'entre elles portent leurs fleurs à la surface et leur fécondation est plus souvent réalisée par le vent (plantes anémogames, en général à fleurs dépourvues de pétales) ou par les insectes (plantes entomogames).

Milieux de vie[modifier | modifier le code]

Les milieux qui accueillent ces plantes sont variés, eau douce ou eau salée ou saumâtre, eau plus ou moins stagnante ou courante, température plus ou moins élevée... Il s'agit notamment de lacs, d'étangs, de mares, de cours d'eau, de deltas et d'estuaires ou de lagunes... Les plantes dans le milieu aquatique marin sont le plus souvent nommées phanérogames marins.

Utilisations alimentaires[modifier | modifier le code]

Probablement depuis la préhistoire, certaines plantes aquatiques ont été consommées par l'Homme, utilisées sous forme de tubercules, tiges (ex : sommet des tiges d'Alternanthera sessilis en Afrique et Indonésie, comme légume accompagnant le poisson), feuilles (sous forme de brèdes), fleur, graines, éventuellement réduites en farine ou transformées en soupe (cresson par exemple) confiserie[2]. Sauf pour le riz, elles sont néanmoins de plus en plus rarement consommées, notamment pour des raisons sanitaires (Choléra, bilharziose et autres maladies hydriques) (hormis en Asie où quelques espèces de végétaux aquatiques sont encore traditionnellement consommés)[2]. On peut notamment citer : la graine de lotus (Nelumbium), la châtaigne d'eau (Trapa), le tubercule d'éléocharis, d'aponogeton ou de sagittaires, la feuille d'Ipomoea aquatica ou comme alternative aux céréales le Bourgou, ou les rhizomes de Nymphea ou de plantain d'eau. En Asie, il existe de véritables formes de cultures potagères aquatiques, souvent associées à une pisciculture extensive. la calcination des feuilles de Lomnophyton obtusifolium ou de Cyrtosperma permettait aussi de produire du sel[2]. ou le goémon pouvait être utilisé pour soigner certains goîtres grâce à sa teneur en iode.

IL a été envisagé de cultiver en milieu contrôlé non seulement des algues, mais aussi des plantes aquatiques pour les convertir en protéines alimentaires (avec par exemple la jacinthe d'eau (Eichhornia crassipes)[3].

Confusion[modifier | modifier le code]

On ne doit pas confondre les plantes aquatiques avec les plantes amphibies, qui conservent un port érigé même en cas d’exondation, grâce à leurs tissus de soutien et sont parfois susceptibles de coloniser des profondeurs importantes : jusqu’à trois mètres pour le jonc des chaisiers.

Au nombre des plantes amphibies, qui vivent une partie majoritaire de l’année les pieds dans l’eau et la tête à l’air libre, on recense les roseaux, massettes, rubaniers, glycéries, cressons, certaines laîches, etc.

De nombreuses plantes des milieux humides supportent une très courte inondation et/ou sont souvent trouvées les pieds dans l'eau. Cependant, elles ne sont pas capables de survivre à une inondation prolongée et ne peuvent donc être qualifiées d'aquatiques.

Plantes aquatiques exotiques envahissantes en France métropolitaine [4][modifier | modifier le code]

La plupart de ces espèces ont été introduites dans le milieu naturel suite à la vidange d'aquariums.

Plantes pour l'aquariophilie[modifier | modifier le code]

On peut citer parmi les plus connues du fait de leur utilisation en aquariophilie :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références non-taxonomiques[modifier | modifier le code]

  1. Serge MULLER, Plantes invasives de France, Paris, Muséum National d'Histoire Naturelle,‎ , 168 p. (ISBN 978-2-85653-570-7), p. 38, 60, 72, 74, 76, 82, 100, 106
  2. a, b et c Raynal-Roques, A. (1978). Les plantes aquatiques alimentaires. Adansonia, Sér. 2, 18, 327-343
  3. Brochier, J., Landon, B., & Noyer, J. L. (1985). Culture de plantes aquatiques en milieu contrôlé pour la production de protéines. Évaluation de la productivité de la jacinthe d'eau (Eichhornia crassipes). Comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, 71(5), 467-479. (résumé Notice Inist-CNRS)
  4. Serge MULLER, Plantes invasives de France, Paris, Muséum National d'Histoire Naturelle,‎ , 168 p. (ISBN 978-2-85653-570-7), p. 38, 60, 72, 74, 76, 82, 100, 106