Eau douce

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Disponibilité en eau douce, m³ par personne et par an du début des années 2000
  •       de 50 000 à 605 000 m3
  •       de 15 000 à 50 000 m3
  •       de 5 000 à 15 000 m3
  •       de 2 500 à 5 000 m3
  •       de 1 700 à 2 500 m3 - vulnérabilité.
  •       de 1 000 à 1 700 m3 - stress hydrique.
  •      de 0 à 1 000 m3 - état de pénurie

L'eau douce est une eau qui contient peu d'ions ou, en termes non chimiques, qui n'est pas salée. C'est l'eau des rivières et des lacs, l'eau de pluie, des glaciers, des tourbières, etc. par opposition à l'eau de mer ou à la glace de l'Océan Arctique. Ces deux types d'eau s'opposent dans les expressions poisson d'eau douce, marin d'eau douce, etc. L'eau douce n'est pas l'inverse d'une eau dure qui, elle, est définie comme une eau contenant des ions magnésium et/ou calcium. Ainsi, de l'eau contenant du chlorure de sodium dissous n'est ni douce ni dure.

Une eau douce contient généralement moins d'un gramme de matières solides dissoutes (comme les sels, métaux et éléments nutritifs) par litre. À titre de comparaison, l'eau de mer en contient plus de trente et le sérum physiologique en contient 9 g/litre (0.9%).

En aquariophilie, l'expression « eau douce » est aussi utilisée pour désigner une eau non salée par opposition à l'« eau de mer » et l'eau saumâtre pour différencier trois types d'aquariums qui requièrent des équipements différents, dits aussi « aquarium d'eau douce », « aquarium d'eau saumâtre » et « aquarium d'eau de mer ».

Écosystèmes et biodiversité des eaux douces[modifier | modifier le code]

Les eaux douces en tant qu'habitats naturels sont les écosystèmes qui abritent les espèces aquatiques terrestres, dites dulçaquicoles et qui fournissent une grande part de l'eau potable ou bue dans le monde. La biodiversité des eaux douces semble avoir été sous-estimée dans plusieurs régions du monde, de même que son degré de menace[1]. Certaines espèces (amphibiens, insectes) peuvent avoir une phase de vie aquatique et une autre terrestre.

Une nouvelle carte mondiale, des écorégions d'eau douce a été produite en 2010 à partir des données de répartition de 13 300 espèces de poissons. Le chevauchement de ces zones avec des hotspots terrestres de biodiversité est fréquent, notamment en région tropicale ; ces zones à forte congruence pourraient mériter des efforts de conservation intégrée plus importants et priorisés, plaide une étude publiée en 2010[2].

Dans l'Union européenne, ils sont couverts par une directive cadre sur l'eau qui impose aux États membres un objectif pour 2015 de retour à un bon état écologique des masses d'eau (douce, saumâtre et marines)[3],[4]… L'eau est précieuse.

Menaces, état, pressions[modifier | modifier le code]

Les écosystèmes d'eau douce sont victimes de nombreuses sources de pollution, individuelles et collectives, urbaines et industrielles (pollutions accidentelles, effluents insuffisamment épurés, lessivage par les pluies d'orages), agricoles (nitrates, phosphates, érosion source de turbidité, pesticides). Les filtreurs nettoient l'eau et améliorent souvent la qualité des sédiments, mais ils peuvent aussi bioconcentrer certains contaminants, au profit de la qualité de l'eau, mais avec des risques de bioconcentration et de perturbation. Les sédiments peuvent y concentrer de nombreux polluants (dont éléments-traces métalliques[5], plus ou moins durablement, notamment dans les régions industrielles ou dans les zones touchées par la pollution routière ou urbaine.

Plus qu'en mer où les barrières physiques artificielles sont rares, la fragmentation écologique par des grands barrages infranchissables, le réchauffement ou la pollution contribuent à empêcher la libre circulation des organismes aquatiques, dont les poissons migrateurs. Et localement, dans les zones humides et sur leurs bassins versants, les plombs de pêche et de chasse ou de ball-trap perdus sont une source de saturnisme chez les animaux, les oiseaux d'eau étant les plus touchés. Ils sont aussi une source de pollution durable des sédiments[5].

Enfin, les eaux ruisselant sur des secteurs touchés par les séquelles de guerre, ou certains lacs, marais, bras morts, puits, etc., en particulier dans l'ancienne zone rouge peuvent être gravement polluées par des toxiques lorsque les munitions qui y ont été abandonnées ou perdues se mettent à fuir.

Les eaux chaudes tendent à perdre leur oxygène qui se dissout naturellement mieux dans l'eau froide. Le réchauffement moyen, nocturne notamment des zones chaudes et tempérées est un facteur supplémentaire de dégradation de la biodiversité. Il facilite la dissolution du CO2 dans l'eau, et l'acidification de celle-ci.

De nombreux poissons d'eau douce font partie des espèces qui régressent dans la plupart des pays développés et en développement, de même que les amphibiens considérés comme de bons indicateurs de qualité des eaux douces.

Origine des eaux douces[modifier | modifier le code]

Après l'apparition de la vie, le cycle de l'eau a été modifié par son utilisation par les plantes et les animaux. Sur les milieux émergés, l'eau douce est vitale pour la plupart des espèces. Elle provient de la précipitation de vapeur d'eau atmosphérique. Elle-même est issue de l'évaporation des eaux marines et terrestres, mais aussi de la recondensation cyclique de l'évapotranspiration et de la respiration / transpiration des plantes et animaux. Elle provient également des cycles de réévaporation de la rosée et des eaux météoriques qui se sont évaporées avant de rejoindre les nappes ou les cours d'eau qui alimentent les lacs intérieurs, les rivières et fleuves, ainsi que des nappes d'eau souterraines profondes, soit directement, soit suite à la fonte de neiges ou de glaces (voir le cycle de l'eau). Sur Terre, 97 % de l'eau de surface est salée ; les 3 % restants constituent les réserves d'eau douce de la planète.

L'accès à l'eau (douce, saine et propre)[modifier | modifier le code]

C'est un problème de plus en plus critique pour la survie de nombreuses espèces (« stress hydrique »), y compris l'être humain, notamment dans les déserts et autres contrées arides, polluées, ou dans les zones en cours de salinisation suite au déboisement, à l'irrigation ou au drainage.

L'eau douce étant très inégalement répartie et accessible sur la Terre, elle est une des grandes sources d'inégalité écologique et de conflits pour l'avenir selon l'ONU.

L'année 2003 a été proclamée l'année internationale de l'eau douce par l'Assemblée générale des Nations unies.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Jean-Claude Lefeuvre et Nicolas Pion, L'eau douce en France : histoire d'un long combat, Milan, Toulouse, 2009, 116 p. (ISBN 978-2-7459-2940-2)
  • (fr) Sylvie Paquerot, Eau douce : la nécessaire refondation du droit international, Presses de l'Université de Québec, Sainte-Foy (Québec), 2005, 246 p. (ISBN 2-7605-1323-8)
  • (en) Gleick, P.H. (2006) The World’s Water (2006-2007): The Biennial Report on Freshwater Resources. Island Press, Washington, DC.
  • (en) Gleick, P.H. (2009) The World’s Water (2008-2009): The Biennial Report on Freshwater Resources. Island Press, Washington, DC.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dudgeon, D., Arthington, A.H., Gessner, M.O., Kawabata, Z.I., Knowler, D.J., Leveque, C., Naiman, R.J., Prieur-Richard, A.H., Soto, D., Stiassny, M.L.J. and Sullivan, C.A. (2006) Freshwater biodiversity: importance, threats, status and conservation challenges. Biological Reviews, 81, 163-182.
  2. Robin Abell, Michele Thieme, Taylor H. Ricketts, Nasser Olwero, Rebecca Ng, Paulo Petry, Eric Dinerstein, Carmen Revenga, Jonathan Hoekstra, ; Concordance of freshwater and terrestrial biodiversity Online: 2010-11-18 DOI: 10.1111/j.1755-263X.2010.00153.x (http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1755-263X.2010.00153.x/abstract Résumé)
  3. Article 2 et Annexe V de la directive no 2000/60 du 23 octobre 2000 modifiée établissant un cadre pour la politique communautaire dans le domaine de l'eau
  4. Circulaire DCE 2005/12 no 14 du 28 juillet 2005 relative à la définition du « bon état » et à la constitution des référentiels pour les eaux douces de surface ainsi qu’à la démarche à adopter pendant la phase transitoire (2005-2007), non publiée au JO
  5. a et b Canavan, R.W., Van-Cappellen, P., Zwolsman, J.J.G., Van-den-Berg, G.A., Slomp, C.P., 2007. Geochemistry of trace metals in a fresh water sediment: field results and diagenetic modeling. Sci. Total Environ. 381, 263–279