Liste d'accidents nucléaires

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Chemins de la contamination radioactive vers l'être humain

Cette liste d'accidents nucléaires recense les accidents connus impliquant du matériel nucléaire (voir accident nucléaire). Dans certains cas, ces accidents ont causé des maladies et/ou des décès par contamination radioactive. D'autres cas ont causé des rejets accidentels de matériaux radioactifs, sans que des effets sanitaires n'aient pu y être formellement reliés. D'autres encore n'ont pas causé de contamination, et sont mentionnés ici à cause des tensions qu'ils ont suscitées (collisions entre des sous-marins nucléaires, par exemple).

Il existe une échelle de gradation établie par l'Agence internationale de l'énergie atomique : l'échelle INES. Elle ne s'applique qu'aux événements civils (elle ne s'applique pas aux accidents et incidents nucléaires militaires, ni aux faits de guerre ou de terrorisme)[1].

Certains États ne communiquent pas sur les accidents nucléaires.

Certains accidents sont couverts par le secret défense ; leurs circonstances et leur gravité (pas de classement selon l'échelle INES) ne sont pas connues avec précision.

Accidents dans des centrales nucléaires de production d'électricité[modifier | modifier le code]

Année Date Pays Site Description D S E
1952 12 décembre Canada Chalk River Accident limité au site. - Une défaillance sur les barres de contrôle et de nombreuses erreurs opératoires entraînent une excursion de puissance de près du double de la puissance nominale. La purge du modérateur permet d'arrêter la réaction après 30 secondes, mais les gaz dégagés provoquent une explosion d'hydrogène. Endommagement du coeur et contamination du bâtiment. 4 4 1
1958 24 mai Canada Chalk River Accident limité au site. - Un élément combustible endommagé, sorti du réacteur, est insuffisamment refroidit et prend feu. Le site est fortement contaminé par le combustible nucléaire et ses produits de fissions. 4 2 0
1958 25 octobre Yougoslavie Institut des sciences nucléaires de Vinča Accident limité au site. - À la suite de la saturation d'une chambre de détection, une excursion de puissance n'est pas détectée dans un réacteur de recherche à puissance nulle, conduisant à un accident de criticité. Six chercheurs reçoivent une dose estimée de 2 à 4 sieverts, cinq survécurent à la suite d'une greffe de moelle réalisée en France. 4 4 0
1959 26 juillet USA Laboratoire d'essais de Santa Susana Accident limité au site. - Un réacteur à sel fondu fait une excursion de puissance, conduisant à la fusion d'un tiers du coeur et un dégagement significatif de gaz radioactifs (plusieurs centaines de fois plus important que celui de TMI). 4 4 3
1969 21 janvier Suisse Centrale nucléaire de Lucens Accident limité au site. - L'éclatement d'un tube de force provoque une impulsion de courant et le réacteur (un petit appareil expérimental construit dans une caverne rocheuse) explose. Il est totalement détruit. Le cœur est partiellement fondu. La majeure partie des substances radioactives est contenue dans la caverne. 4 4 3
1969 17 octobre France Saint-Laurent-des-Eaux Accident limité au site. - Un accident entraîne la fusion de cinq éléments combustibles dans le réacteur A1. Lors du déchargement, les opérateurs ont ordonné de charger un canal d'uranium et de graphite. Le réacteur est resté un an à l'arrêt pour un coût de 20 millions de francs (un peu plus de trois millions d’euros). 4 4 0
1971 19 novembre USA Centrale nucléaire de Monticello Accident limité au site. - Un réservoir d'eau déborde, relâchant 190 m3 d'eau contaminée dans le Mississippi. Des matières radioactives entrent plus tard dans le système d'arrivée d'eau de Saint-Paul. 4 4 3
1979 28 mars USA centrale nucléaire de Three Mile Island Accident avec risque extérieur. - À la suite d'une chaîne d'évènements accidentels, le cœur du réacteur no 2 de la centrale de Three Mile Island (TMI-2) a en partie fondu, entraînant le relâchement dans l'environnement d'une faible quantité de radioactivité. Voir Accident nucléaire de Three Mile Island. 4 5 2
1980 13 mars France Saint-Laurent-des-Eaux Accident limité au site. - accident nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux Une fusion au cœur du réacteur se produit sur le réacteur graphite-gaz n° 2 de l'ancienne centrale. Un morceau de tôle vient d'obstruer une partie du circuit de refroidissement. La température fait un bond, ce qui provoque la fusion de 20 kg d'uranium et entraîne l'arrêt d'urgence du cœur. 4 4 3
1986 26 avril Ukraine Centrale nucléaire de Tchernobyl Accident majeur. - Catastrophe nucléaire de Tchernobyl. À la suite d'une série d'erreurs humaines et en raison de défauts de conception, le réacteur no 4 subit une fusion du cœur puis une explosion provoquant la libération de grandes quantités de radio-isotopes dans l'atmosphère. Les autorités évacuent environ 250 000 personnes de Biélorussie, de Russie et d’Ukraine. 4 6 7
1989 19 octobre Espagne Vandellos Incident grave. - Un incendie se déclare dans la salle des turbines de la centrale nucléaire de Vandellos en provoquant indirectement une inondation et endommageant différents systèmes, notamment la réfrigération du réacteur. Cet incident est classé au niveau 3 de l'échelle INES. Le gouvernement espagnol a décidé la fermeture définitive du réacteur en novembre 1992 après qu'une fuite d'effluents liquides radioactifs eut pollué le canal voisin. 3 1 0
1992 25 octobre Russie Sosnovy Bor Incident. - Sur le réacteur no 3, un RBMK, une vanne d'arrivée d'eau d'un des 1 660 tubes de force se ferme, destruction de l'élément de combustible et du tube de force. 2 1 0
1999 27 décembre France Blayais Incident. - inondation de la centrale nucléaire du Blayais. Lors de la tempête qui frappe alors la France, les parties basses des tranches 1 et 2, et dans une moindre mesure les tranches 3 et 4 de la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) sont inondées[2], forçant l'arrêt de trois de ses quatre réacteurs. 2 1 0
2000 15 février USA Indian Point Accident limité au site. - Le réacteur no 2 de la centrale nucléaire d'Indian Point libère une petite quantité de vapeur radioactive. C'est un dysfonctionnement du générateur de vapeur qui en est la cause. 4 1 3
2006 25 juillet Suède Forsmark Incident. - Défaillance du système d'alimentation électrique de secours de la tranche 1 de la centrale de Forsmark, dans le cours de l' incident la récupération de l'alimentation électrique au bout de quelques heures permet d'éviter le dénoyage du coeur ; par précaution, deux réacteurs de la centrale d'Oskarshamn sont fermés[3]. 2 1 0
2007 16 juillet Japon Kashiwazaki-Kariwa Incident grave. - La centrale a subi un tremblement de terre d'intensité 6,8 dont l'épicentre était éloigné d'environ 10 kilomètres. Le séisme a causé un incendie maîtrisé deux heures après le départ du feu, ainsi que des rejets d'eau contenant des éléments radioactifs dans la mer. Des fûts contenant des déchets de faible activité ont également été renversés dans la zone de stockage, répandant pour certains leur contenu sur le sol. 3 0 3
2008 4 juin Slovénie, Krško Incident. - Fuite sur le circuit primaire du système de refroidissement du réacteur. Le réacteur en question a été mis à l'arrêt et la fuite contenue dans l'enceinte de confinement. Selon les autorités slovènes, il n'y a pas eu de fuite de matériaux radioactifs dans l'environnement ni d'altération du combustible nucléaire 2 1 0
2011 11 mars Japon Fukushima Accident majeur. - Cet accident est la conséquence d'un tsunami de plus de 14 m au niveau de la centrale ayant provoqué la perte totale des alimentations électriques et du refroidissement des réacteurs nucléaires, ce tsunami faisait suite à un séisme de magnitude 9.0. 4 6 7
2011 4 juin Égypte Anshas Incident grave. - À la suite de l'explosion d'une pompe de réacteur dans la petite centrale nucléaire d'Anshas (Nord du Caire), alors mise en service sans autorisation, une fuite de 10 m3 d'eau radioactive s'est produite. 3 0 3
2011 7 juin États-Unis Fort Calhoun Incident. - À la suite du débordement de la rivière Missouri, la centrale nucléaire de Fort Calhoun est inondée. Le cœur avait été déchargé en avril en vue de son remplacement périodique et l'arrêt était prolongé pour des inspections et réparations nécessaires. En plus de l'inondation, un incendie s'était déclaré. 2 1 0
2015 23 septembre France Brennilis Anomalie. - Incendie dans la centrale en cours de démantèlement, 9 personnes évacuées[4]. 1 0 0

Accidents liés à l'industrie du combustible et des déchets[modifier | modifier le code]

Accident sur des unités de production de plutonium[modifier | modifier le code]

Année Date Pays Site Description D S E
1957 29 septembre Union soviétique Complexe nucléaire Maïak Accident grave. - Explosion d'un réservoir de déchets nucléaires liquides, libérant un nuage radioactif qui contamine une région entière sur 800 km2. Plus de 200 personnes décèdent, 10 000 personnes sont évacuées et 470 000 personnes sont exposées aux radiations. 4 5 6
1957 7 octobre Grande-Bretagne Windscale Pile 1 Accident avec risque extérieur. - Incendie de Windscale. Le cœur en graphite s'enflamme au cours d'un recuit — chauffage destiné à éliminer des dislocations, défauts produits par les neutrons, la libération de l'énergie des dislocations pouvant conduire à un échauffement du graphite. Des produits de fission, essentiellement de l'iode-131, sont rejetés à l'extérieur. Aucune mesure d'évacuation n'a été nécessaire, mais les autorités compétentes prennent les mesures suivantes pour maîtriser le danger : interdiction de la consommation de certains produits et contrôle et arrêt des livraisons de lait pendant deux mois sur une zone de 500 km2. 4 5 5
1981 France Usine de retraitement de La Hague Incident grave. - Incendie d'un silo. 3 0 0
1993 6 avril Russie Tomsk-7 Accident limité au site. - Emballement d'une réaction en chaine dans l'usine de retraitement des déchets de tomsk-7, provoquant une forte explosion 17 bars et un rejet important de matière radioactives dans l'atmosphère.[5],[6] 4 0 0
1999 30 septembre Japon. Tokaimura Accident limité au site. - L'introduction dans une cuve de décantation, à la suite d'une erreur de manipulation, d'une quantité anormalement élevée d'uranium (16,6 kg) dépassant très largement la valeur de sécurité (2,3 kg), est à l'origine de la réaction de criticité. Cet accident de criticité a tué deux des ouvriers de la centrale. 4 4 2
2005 18 avril Angleterre Site nucléaire de Sellafield Incident grave. - 83 000 litres de combustible liquéfié fortement radioactif, contenant environ 20 tonnes d'uranium et de l'acide nitrique concentré se sont échappés d'une fissure dans un tuyau et se sont répandus dans une cuve en acier inoxydable contenant 200 kg de plutonium dans l'enceinte de l'usine de retraitement Thorp située à Sellafield. 3 0 0
2008 8 juillet France Site nucléaire du Tricastin Incident grave. - Une fuite de 6,25 m3 de produits radioactifs a été constatée sur le site nucléaire du Tricastin, à la SOCATRI, filiale d'AREVA, avec 12 g d'uranium par litre (soit 75 kg)[7]. 3 0 3
2014 14 février États-Unis WIPP Incident. - Le site d'enfouissement est fermé à la suite de la détection d'une fuite radioactive[8] consécutive au mauvais conditionnement d'un container[9]. 2 0 0

Accidents dans le domaine de la recherche[modifier | modifier le code]

Années 1940[modifier | modifier le code]

  • . Leipzig, Allemagne : la pile atomique Leipzig L-IV, sous la responsabilité de Werner Heisenberg et Robert Dopel, prend feu et explose. Cela s'est produit peu de temps après que cette pile L-IV démontre la première propagation de neutron contrôlée en Allemagne. L'appareil était en phase de révision ; pendant l'inspection, de l'air s'est introduit dans le cœur du réacteur, conduisant à l'allumage de la poudre d'uranium présente à l'intérieur. Le feu fit bouillir l'eau de refroidissement, créant suffisamment de pression pour faire exploser le réacteur. Un jet de particules d'uranium enflammées a traversé le laboratoire, allumant un grave incendie[10].
  • . Laboratoire national de Oak Ridge (Tennessee, États-Unis). Un récipient d'hexafluorure d'uranium a éclaté dans la salle de transfert du laboratoire, tuant deux personnes et en blessant trois autres. Un tuyau de vapeur a explosé et la vapeur arrivant s'est combinée avec un composé à base d'uranium pour former du fluorure d'hydrogène, qui a été inhalé par les cinq personnes.
  • . Harry K. Daghlian Jr., un employé du site Omega du Laboratoire national de Los Alamos Nouveau-Mexique (États-Unis), a accidentellement créé une masse surcritique quand il a laissé tomber une brique de carbure de tungstène sur un noyau de plutonium. Il a rapidement enlevé le morceau, mais a été fatalement irradié dans l'incident. Il meurt le 15 septembre[11].
Dessin de Louis Slotin et des personnes présentes dans la pièce au moment de l'accident du 21 mai 1946.
  • . Laboratoire national de Los Alamos, Nouveau-Mexique (États-Unis). Le physicien canadien Louis Slotin a manuellement assemblé une masse critique de plutonium au cours d'une démonstration. Son appareil était constitué de deux demi-sphères de plutonium recouvertes par du béryllium, qui pouvaient être déplacées lentement pour mesurer la criticité. Normalement les sphères auraient dû être manipulées par une machine, mais Slotin les a manipulées manuellement en plaçant son doigt dans un trou, comme dans une boule de bowling. Un certain nombre de butées auraient dû empêcher les deux hémisphères de tomber, mais il les avait enlevées. Il a utilisé un tournevis pour contrôler l'écart entre les sphères. À un moment le tournevis a glissé et l'ensemble est devenu critique pendant qu'il le tenait. Aucun des sept observateurs n'a reçu une dose mortelle, mais Slotin meurt le 30 mai 1946 d'un empoisonnement massif, avec une dose estimée de 1 000 rads, ou 10 gray (Gy).

Années 1950[modifier | modifier le code]

  • 1952 Chalk River, en Ontario (Canada). Une perte subite de l'eau de refroidissement au cœur d'un réacteur expérimental NRX provoqua une grande impulsion de puissance. Des explosions en série s'ensuivirent, elles propulsèrent le toit de l'enceinte de confinement des gaz qui demeura enfoncé dans la superstructure. Des fuites de gaz et de vapeurs radioactives dans l'atmosphère se produisirent, elles furent accompagnées par le déversement de 4 000 m3 d'eau dans des tranchées peu profondes non loin de la rivière des Outaouais. Le cœur du réacteur étant totalement anéanti, il fallut l'enterrer en tant que déchet radioactif.
  • 1959. Un réacteur refroidi au sodium a subi une fusion partielle du cœur au Santa Susana Field Laboratory près de Simi Valley, en Californie. Selon Makhijani, Président de l'Institute for Energy and Environmental Research, « les mesures d'iode-131 ont été environ 80 à 100 fois plus importantes que les relevés provenant de Three Mile Island. »[12],[13].

Années 1960[modifier | modifier le code]

Réacteur SL-1 retiré de la National Reactor Testing Station

Années 1970[modifier | modifier le code]

  • , Sosnovy Bor, en Russie, le réacteur no 1, le prototype du réacteur RBMK 1000, subit une défaillance de la machine de chargement, un début d'excursion de puissance et une fusion à 50 % du cœur, la ventilation rejette 131 000 curies d'iode contaminant un territoire de 25 km2, aucune action de protection des habitants n'est entreprise.

Accidents liés à l'utilisation de sources radioactives en médecine et dans l'industrie[modifier | modifier le code]

Avant 2000[modifier | modifier le code]

  • Les irradiés de Taïwan: A partir de 1982, à (Taiwan), des immeubles sont construits avec un ferraillage contaminé par une source de cobalt 60. L'affaire devient publique lorsqu'un employé de la compagnie électrique découvre à l'été 1992 que son compteur Geiger indique chez lui des niveaux de contamination dépassant largement la limite[14]. On découvre alors que l'affaire concerne des centaines d'immeubles, des milliers de logements, et plus de 10 000 personnes, avec des doses allant de 20 à 500 millisieverts par an (9 à 20 fois la dose naturelle) pendant 9 à 20 ans. Elle se double d'un scandale, car l'agence gouvernementale Atomic Energy Council (AEC) avait déjà découvert le problème dès 1985, à la suite d'un contrôle de l'appareil radiographique d'un dentiste dans un de ces logements, et étouffé l'affaire. Le fabricant du ferraillage en ayant perdu la trace, tous les immeubles concernés ne sont pas découverts : selon RSPAT (Radiation Safety and Protection Association Taiwan), seuls 7 000 tonnes sur les 20 000 fabriquées ont été identifiés, et peuvent se trouver n'importe où dans l'île. De plus, les habitants ont continué à vivre des années dans les mêmes lieux, notamment faute d'indemnisation (pour les propriétaires) ou d'autres logements (pour les locataires). Un suivi médical de 4100 personnes concernées, de 1995 à 2000, a permis de mesurer certains effets. En 2001, 89 d'entre elles avaient un cancer, mortel pour 39, soit un taux de cancers inférieur à celui d'une population équivalente, non irradiée de la sorte[15],[16],[17]. Cet évènement constitue un cas extrêmement rare d'irradiation externe significative affectant un nombre important de personne. Il est spécialement intéressant en ce qui concerne la controverse autour des effets des faibles doses d'irradiation.
  • 1987, accident nucléaire de Goiânia (État de Goiás, Brésil). Un appareil de radiothérapie, abandonné dans un ancien hôpital, est récupéré par des ferrailleurs pour la revente du métal au poids. Le césium 137, produit actif de l'appareil, est dispersé. Les gens jouent avec, attirés par la lumière bleue qu'il émet. Au moins quatre personnes décèdent dans les 75 jours après la découverte, 249 personnes présentent des contaminations importantes, 49 hospitalisations sont réalisées, dont 21 en soins intensifs, et 600 personnes sont encore sous surveillance médicale en 2003. Cet accident a été classé au niveau 5 sur l'échelle INES[18].
  • , Algésiras, en Espagne. Le 25 mai 1998, une usine espagnole fit accidentellement fondre une capsule radioactive dans ses hauts-fourneaux. L'incident passe inaperçu. Le 9 juin, le gouvernement suisse annonça que les détecteurs placés sur son territoire avait mesuré un taux de radioactivité mille fois supérieur au niveau normal, dépassant localement 1 Bq/m3. La source était inconnue. La France, l'Allemagne et l'Italie confirmèrent ces mesures. Le lendemain, une aciérie proche d'Algésiras en Espagne signala à l'Agence Espagnole de Sécurité Nucléaire que des fuites radioactives avaient été détectées dans l'un des systèmes de filtration de ses hauts-fourneaux. L'agence n'avait toutefois pas observé d'élévation du niveau de rayonnement sur ses appareils de mesure. Le 12 juin, la source d'émission est identifiée comme étant un appareil de radiothérapie médical contenant une source de césium 137 qui apparemment avait fondu dans les hauts-fourneaux de l'aciérie récupérant les déchets métalliques. La quantité de césium et la durée du processus n'ont jamais été connus mais on estime que l'incident s'est produit durant la dernière semaine de mai 1998. Le 12 juin, l'AIEA annonçait officiellement l'incident et spéculait sur son éventuelle relation avec les niveaux élevés de césium 137 détectés en Europe fin mai et début juin 1998. Des simulations ont été réalisées par le National Atmospheric Release Advisory Capability du LLNL (NARAC) sur la base des concentrations de césium et des courants atmosphériques et ont permis d'identifier le lieu exact d'émission de césium. Il en ressort que l'usine a libéré au total 1850 GBq de césium 137 (50 curies), une valeur plus favorable que celle estimée par le gouvernement espagnol (296-2960 GBq, 8-80 curies).
  • Fin 1998 à Istanbul,des ferrailleurs cherchent à récupérer le métal d’un conteneur dans lequel la source de cobalt-60 est toujours présente. Ils tentent d’ouvrir le conteneur, subissant alors une faible irradiation. Réussissant à l’ouvrir, ils reçoivent une forte irradiation qui leur provoque des malaises. Ils interrompent alors leur tentative. En fonction des dommages subis (chute de leucocytes et de plaquettes), la dose réelle reçue est estimée entre 3 et 4 grays. Les lésions subies par l’ADN des victimes restent cependant modérées [19].

Après 2000[modifier | modifier le code]

  • en Belgique, un opérateur de la société Sterigenics de Fleurus, spécialisée dans la stérilisation d'équipements médicaux pénètre durant 20 secondes dans une cellule d'irradiation contenant une source scellée de cobalt 60 où aucune opération n'étant en cours, les sources radioactives auraient dû être plongées dans une piscine sous cinq à six mètres d'eau en attendant la production. Trois semaines plus tard il éprouve quelques symptômes typiques d'une irradiation (vomissement, perte de cheveux). On estime qu'il a reçu une dose élevée comprise entre 4,4 et 4,8 Gy à la suite d'une défaillance du système de contrôle-commande hydraulique assurant le maintien de la source radioactive dans la piscine (la hauteur d'eau servant de bouclier biologique). L'opérateur passera près d'un mois à l'hôpital avant de pouvoir rentrer chez lui. Après la mise sous scellé de la cellule concernée pendant près d'un mois, l'organisme gouvernemental de contrôle AFCN en collaboration avec les auditeurs privés d'AVN et le contrôle du bien-être au travail ont imposé à Sterigenics un programme d'actions incluant la mise en place de systèmes de sécurité hydrauliques, électriques et mécaniques redondants. Il s'agit d'un accident de niveau 4 sur l'échelle INES[20].
  • , France, un travailleur est exposé à une source radioactive de haute activité de cobalt 60 à l'ONERA de Toulouse. Cette source radioactive est utilisée dans un bunker pour faire des essais d'irradiation de composants électroniques destinés à équiper des satellites. L'ASN a classé cet incident au niveau 3 de l'échelle INES.
  • , Belgique, IRE. L'Autorité belge de sûreté nucléaire et de radioprotection, l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), a été informée le 25 août 2008 par l'Institut des radioéléments (IRE) qu'une fuite d'iode radioactif s'était produite sur son site de Fleurus en Belgique, près de Charleroi. L'IRE produit des radioéléments pour une utilisation médicale. L'iode-131 est utilisée, en particulier, pour le traitement des affections thyroïdiennes. L'AFCN a classé cet incident au niveau 3 de l'échelle INES[21].

Accidents dans le domaine militaire[modifier | modifier le code]

Cette liste est incomplète, les accidents ayant lieu dans l'ancien bloc de l'Est, en République populaire de Chine et d'autres nations possédant l'arme nucléaire n'étant pas annoncés par les autorités de ces États.

Accident lors d'essais nucléaires[modifier | modifier le code]

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Pour mémoire, sans être des accidents nucléaires à proprement parler, tous les essais nucléaires réalisés au sol ont entraîné des retombées radioactives (dès lors que la boule de feu entre en contact avec le sol). Seules sont indiquées ici les retombées accidentelles imprévues.

Date Lieu Accident Gravité[24]
1954, 1er mars Atoll de Bikini
Article détaillé : Castle Bravo.
1961, 10 décembre Nouveau-Mexique. Un test souterrain d'explosion nucléaire libère des nuages imprévus de vapeurs radioactives, ce qui entraîne la fermeture de quelques autoroutes du Nouveau-Mexique.
1962 Sahara Accident de Béryl. Le 1er mai 1962, la France réalise son deuxième essai souterrain dans le Sahara mais la montagne Taourirt Tan Afella devant contenir l'explosion se fissure à la suite de l'essai précédent et libère un nuage radioactif contaminant plusieurs militaires et officiels.
1970, 18 décembre Yucca Flat, Nevada Test Site Le test souterrain Baneberry libère 250 PBq de radioactivité par une fissure dans la roche.

Accident sur des armes en service[modifier | modifier le code]

Voici les noms de code des incidents et des accidents d'armes nucléaires par le Département de la Défense des États-Unis :

  • Nuke Flash (en français : « flash nucléaire ») : lancement accidentel et non autorisé d'une arme nucléaire créant un risque de guerre ;
  • Broken Arrow (en français : « flèche brisée ») : accident d'une arme nucléaire américaine qui ne crée pas un risque de guerre ;
  • Bent Spear (en français : « lance pliée ») : incident significatif (non catégorisé comme Broken Arrow et NukeFlash) ;
  • Dull Sword (en français : « sabre émoussé ») : événement ou déficience sur une arme nucléaire non catégorisé comme incident, impliquant une arme nucléaire ou une ogive nucléaire, des composants nucléaires, ou véhicule transportant une arme nucléaire ;
  • Empty Quiver (en français : « carquois vide ») : saisie, vol ou perte d'une arme nucléaire américaine.
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Date Lieu Accident Gravité[24]
1950, 13 février Au large de la côte Pacifique du Canada. Un bombardier B-36 largue d'urgence une bombe en mer, sans explosion. Empty Quiver
1950, 11 avril États-Unis, (Nouveau-Mexique ?). Un bombardier B-29 s'écrase contre une montagne et brûle. Aucune explosion. Dull Sword
1950, 13 juillet Ohio, États-Unis. Un bombardier B-50 s'écrase. La charge explosive classique de la bombe saute, l'étage nucléaire reste inactif. Bent Spear
1950, 5 août Californie, États-Unis. Un bombardier B-29 s'écrase sur un terrain de camping après son décollage. 19 morts, la bombe reste inactive. Dull Sword
1950, 10 novembre océan Pacifique. Largage d'urgence d'une bombe en mer, sans explosion. Empty Quiver
1956, 10 mars Méditerranée. Après l'échec d'un ravitaillement en carburant, un B-47 porteur d'armes nucléaires disparaît sans laisser de trace. Dull Sword
1956, 27 juillet Grande-Bretagne. Un B-47 heurte, en atterrissant, un bunker d'armes nucléaires. Les bombes seront endommagées mais n'exploseront pas. Dull Sword
1957, 28 juillet océan Atlantique. Deux bombes sont larguées d'urgence en mer, sans explosion. Elles ne seront jamais retrouvées. Empty Quiver
1957, 11 octobre Floride, États-Unis. Un B-47 s'écrase avec une bombe dont la charge nucléaire n'est pas amorcée. L'avion brûle et la charge classique explose. Bent Spear
1958, 31 janvier Maroc. Un B-47 portant une bombe H s'écrase et brûle. Pas d'explosion nucléaire, mais émission de rayonnement alpha qui entraînera une évacuation de la population. Bent Spear
1958, 5 février Géorgie, États-Unis. Largage en catastrophe d'une bombe par un B-47 après une collision avec un chasseur F-86. Pas d'explosion. Dull Sword
1958, 11 mars Mars Bluff, Caroline du Nord, États-Unis. Une bombe atomique est larguée par erreur et tombe dans un jardin. Explosion de la charge classique. La maison est détruite et les habitants grièvement blessés. Bent Spear
1958, 4 novembre Arkansas, États-Unis. Un B-47 s'écrase après le décollage. Le matériel nucléaire n'est pas endommagé. Dull Sword
1958, 26 novembre Louisiane, États-Unis. Un B-47 brûle au sol et émet une faible radioactivité du fait du matériel embarqué. Dull Sword
1959, 6 juillet Mississippi, États-Unis. Un C-124 s'écrase avec à son bord une bombe nucléaire. Faible émission radioactive. Dull Sword
1959, 25 septembre entre l'État de Washington et de l'Oregon, États-Unis. Une bombe atomique est perdue lors de l'atterrissage d'urgence d'un P-5M. Empty Quiver
1959, 15 octobre États-Unis. Un B-52 entre en collision avec le KC-135 lors d'un ravitaillement en vol. Une bombe intacte et une partiellement brûlée seront retrouvées dans les débris de l'appareil. Dull Sword
1960, 7 juin McGuire Air Force Base de New Egypt, New Jersey. Une cuve d'hélium explose et fissure les réservoirs d'un missile de défense anti-aérienne BOMARC-A, muni d'une tête nucléaire. Le feu fait fondre peu à peu le missile et le plutonium, libéré de l'ogive nucléaire, contamine le complexe et les eaux souterraines. Bent Spear
1961, 24 janvier près de Seymour Johnson Air Force Base, Goldsboro, Caroline du Nord.
Article détaillé : Écrasement d'un B-52 à Goldsboro.
Un bombardier B-52 explose en plein vol, relâchant deux bombes nucléaires Mark 39. Une des bombes tombe dans un champ boueux et s'enfouit à sept mètres de profondeur ; l'autre tombe en douceur après avoir ouvert son parachute. Après étude, il est établi que cinq de ses six dispositifs de sécurité n'ont pas fonctionné : un simple commutateur a empêché l'explosion de cette bombe nucléaire de 2,4 mégatonnes. Une portion enfouie de l'arme contenant de l'uranium n'a pu être récupérée : l'armée a acquis le terrain et fait régulièrement des tests[25].
Dull Sword
1961, 14 mars près de Yuba City, Californie. Un bombardier B-52 transportant deux armes nucléaires s'écrase pendant une mission d'entraînement. Aucune explosion ni contamination n'a lieu. Dull Sword
1964, 13 janvier près de Cumberland, Maryland. Un bombardier B-52, avec deux missiles nucléaires à bord, s'écrase au sol. Dull Sword
1965, octobre Rocky Flats Plant au nord-ouest de Denver, Colorado. Un feu durant un ravitaillement en carburant d'un avion expose un groupe de 25 personnes à dix-sept fois la limite légale de rayonnement. Dull Sword
1965, 5 décembre Océan Pacifique Un avion A-4 Skyhawk transportant une arme nucléaire B43 tombe à la mer, avec son pilote, à près de 350 km des côtes japonaises. Il ne fut jamais retrouvé. Dull Sword
1966, 17 janvier Palomares, en Espagne
Article détaillé : Incident nucléaire de Palomares.
Bent Spear
1968, 21 janvier Thulé, Groenland
Article détaillé : Accident de Thulé.
Bent Spear
1977 près des côtes de Kamtchatka, en Russie. Le sous-marin soviétique K-171 largue accidentellement une ogive nucléaire. Après une fouille impliquant des douzaines de navires et avions, l'ogive fut retrouvée. Empty Quiver

Accident sur des réacteurs de propulsion navale[modifier | modifier le code]

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Date Lieu Accident Gravité[24]
1961. Le sous-marin USS Theodore Roosevelt (SSBN-600) tente de se débarrasser de la résine usagée de son système de déminéralisation (utilisé pour éliminer les particules et minéraux radioactifs dissous dans les circuits de refroidissement primaire). Le navire est contaminé quand le vent renvoie la résine dans sa direction. Dull Sword
1961, 4 juillet Au large de la côte de la Norvège Le sous-marin soviétique K-19 du projet 658 Hotel I est victime d'un accident majeur après une défaillance du système de refroidissement du réacteur tribord. L'incident contamine l'équipage, tuant plusieurs marins. Le cœur du réacteur atteint 800 °C, presque suffisant pour faire fondre les barres de combustible. L'équipage reprend le contrôle grâce à des procédures d'urgence[26]. Le sous-marin sera remis en service ultérieurement mais sera connu sous le sobriquet de "Hiroshima" parmi les sous-mariniers soviétiques. Dull Sword
1963, 10 avril à l'est de Boston, Massachusetts. Le sous-marin nucléaire d'attaque USS Thresher (SSN-593) coule avec 129 hommes à son bord durant des essais en mer. Dull Sword
1968, 22 mai océan Atlantique. Le USS Scorpion (SSN-589) coule brusquement à grande profondeur cause probable: Explosion d'une torpille au tube, 99 hommes à son bord. Dull Sword
1970, 12 avril océan Atlantique. Le sous-marin nucléaire d'attaque de la marine soviétique K-8 du projet 627A classe November, subit des incendies simultanés dans deux compartiments en plongée. Le sous-marin refait surface et tente d'accrocher un câble de remorquage à un navire de la marine marchande soviétique, mais il échoue. Le sous-marin coule, tuant 52 hommes. Dull Sword
1985, 10 août dans la baie de Tchajma, près de Vladivostok. Explosion du réacteur nucléaire du sous-marin K-314 soviétique (projet 675) lors de sa recharge. Dix hommes d'équipage meurent sur le coup. L’explosion projeta des particules de matériel à plusieurs kilomètres. Plus de 100 000 curies de radioactivité furent mesurés alentour et il fallut plus de deux heures pour éteindre l’incendie. Un vaste secteur reste non dépollué et est toujours ouvert aux activités humaines. Les 2 000 habitants de la baie n'ont jamais été évacués. Le démantèlement du sous-marin a débuté en septembre 2010, malgré les protestations des riverains. Bent Spear
2000, 12 août mer de Barents, au nord de la Norvège et de la Russie occidentale, océan Arctique. Naufrage lors d'un exercice du sous-marin russe à propulsion nucléaire Koursk du projet 949A Oscar II, avec 118 hommes à son bord. Dull Sword
2005, 7 janvier Près de l' Île de Guam, océan Pacifique. Un sous-marin américain de la classe Los Angeles : l'USS San Francisco (SSN-711) heurte violemment une montagne sous-marine. Un membre d'équipage est tué après avoir été projeté contre une pompe auxiliaire. Plusieurs blessés dans l'équipage. La coque épaisse du sous-marin a résisté ; pas de voies d'eau Dull Sword

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www-pub.iaea.org/MTCD/publications/PDF/INES-2009_web.pdf INES User’s Manual, 208 Edition (Revised), p. 4
  2. Rapport IRSN sur l'incident
  3. Antoine Jacob, « Incident sérieux dans une centrale nucléaire suédoise », dans Le Monde, 06/08/2006, [lire en ligne]
  4. « Brennilis. Incendie à la centrale nucléaire : 9 personnes évacuées »
  5. [1]
  6. http://www-pub.iaea.org/MTCD/Publications/PDF/P060_scr.pdf
  7. Le point via le site lepost.fr
  8. (en) « What happened at WIPP in February 2014 », sur www.wipp.energy.gov (consulté le 17 mars 2015)
  9. (en) « Organic Cat Litter Chief Suspect In Nuclear Waste Accident : The Two-Way : NPR »,‎ (consulté le 17 mars 2015)
  10. (en) fpp.co.uk
  11. members.tripod.com
  12. loe.org
  13. energy.ca.gov
  14. article du Taipei Times d'avril 2001 (en), consulté le 25 août 2008
  15. http://www.ecolo.org/documents/documents_in.../hormesis-Taiwan-Foos.doc
  16. ecolo.org/documents/documents_in_french/hormesis-Taiwan-Foos.doc
  17. http://www.google.fr/webhp?nord=1#nord=1&q=irradi%C3%A9s+de+ta%C3%AFwan
  18. p. 32 [PDF]élaboration d'une échelle de classement des incidents et accidents radiologiques (avril 2003) site de l'ASN
  19. http://www-pub.iaea.org/MTCD/publications/PDF/Pub1102_web.pdf
  20. FANC - AFCN
  21. AFCN: Incident IRE - Fleurus 2008
  22. Japon : un incident nucléaire expose 30 employés à des radiations - Le Monde / AFP - 27 mai 2013
  23. Japon: 30 employés exposés à des radiations lors d'un incident nucléaire - Le Nouvel Obs - AFP, Sciences et Avenir - 27 mai 2013
  24. a, b et c Estimation d'après la description de l'accident.
  25. Evénement de Goldsboro
  26. www.cnn.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catastrophes et accidents nucléaires dans l'ex-Union soviétique, Daniel Robeau, EDP Sciences, 2002, ISBN 2-86883-529-5
  • (en) Christensen, Svend Aage (Danish Institute for International Studies - DIIS) (trad. de l'anglais), The Marshal's Baton. There is no bomb, there was no bomb, they were not looking for a bomb, Copenhague, DIIS,‎ (ISBN 978-87-7605-331-4, OCLC 435425040, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]