Sulfate de potassium

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Sulfate de potassium
Sulfate de potassium
Identification
Synonymes

arcanite, sulfate de dipotassium, (Di)potassium sulphate en anglais

No CAS 7778-80-5 CAS # 10233-01-9
No EINECS 231-915-5
PubChem 24507
No E E515
SMILES
InChI
Apparence cristaux incolores à blancs[1], légèrement colorés.
Propriétés chimiques
Formule brute K2O4SK2SO4
Masse molaire[2] 174,259 ± 0,006 g/mol
K 44,87 %, O 36,73 %, S 18,4 %,
Propriétés physiques
fusion 1 067 °C[1], 1069 °C
ébullition 1 689 °C[1]
Solubilité dans l'eau à 25 °C : 120 g·l-1[1]
Masse volumique 2,66 g·cm-3[1] pour
Cristallographie
Système cristallin orthorhombique
Propriétés optiques
Indice de réfraction forme orthorhombique polyaxes α = 1,494 β= &,495 γ = 1,497
Précautions
SIMDUT[3]

Produit non contrôlé
Composés apparentés
Autres anions sulfate de lithium, sulfate de sodium, sulfate de cuivre
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le sulfate de potassium est un composé chimique de formule brute K2SO4, très courant au laboratoire, formé d'un ion sulfate et de deux ions potassium. Ce sulfate de potassium anhydre, de masse molaire 174,26 g/mol existe plus rarement à l'état naturel, connu sous le nom d'arcanite par les minéralogistes. Il existe néanmoins sous trois formes allotropiques, soient de maille rhomboédrique, orthorhombique ou hexagonale, avec des propriétés physiques différentes. L'arcanite est rhomboédrique alors que la description usuelle en chimie minérale s'attache à la forme orthorhombique, issue des aluns, ou parfois hexagonale.

Caractéristiques physico-chimiques[modifier | modifier le code]

C'est généralement un sel neutre solide ionique ou une poudre cristalline incolore, blanche à légèrement coloré, inodore, de goût amer, ininflammable, soluble dans l'eau. La forme I rhomboédrique semble plus soluble que la forme II orthorhombique, les deux formes qui représentent l'arcanite sont insolubles dans l'alcool à 95°, l'acétone et le sulfure de carbone[4].

Tableau de solubilité[5]
Masse dissoute K2SO4 forme rhomboédrique (g)
pour 100 g d'eau
Température
7,35 °C
9,22 10 °C
11,11 20 °C
12,97 30 °C
14,76 40 °C
16,50 50 °C
18,17 60 °C
19,75 70 °C
21,4 80 °C
22,8 90 °C
24,1 100 °C


Tableau de solubilité[6]
Masse dissoute K2SO4 forme orthorhombique (g)
pour 100 g d'eau
Température
6,9 °C
8,5 10 °C
10,0 20 °C
11,5 30 °C
12,9 40 °C
14,2 50 °C
15,4 60 °C
16,6 70 °C
17,6 80 °C
18,6 90 °C
19,4 100 °C

Préparation[modifier | modifier le code]

Il peut être obtenu à partir de la kaïnite ou de la polyhalite. La kiesérite mélangé à la sylvine permet aussi de le produire.

Emploi[modifier | modifier le code]

Il est utilisé principalement comme engrais et marginalement comme additif alimentaire (régulateur d'acidité E515)[7].

Le potassium dans la plante[modifier | modifier le code]

Le potassium constitue une grande partie des matières minérales des plantes qui l'assimilent sous la forme d'ions K+ en solution dans l'eau (mais aussi dans le sol, mais avec une très nette préférence pour celui dissout dans l'eau). Il n'a pas un rôle plastique, mais joue un rôle dans la régulation de la croissance végétale (c'est pour cette raison que l'analyse révèle une présence de potassium plus élevée dans les tissus jeunes que dans les tissus âgés). À ce rôle de régulateur, on peut ajouter une autre fonction qui pourrait se comparer à celle de transporteur. Il intervient en effet dans la photosynthèse, car il favorise la synthèse, la migration et l'accumulation des acides aminés dans les organes. Sans la présence de potassium, la plante ne peut utiliser correctement l'azote. La plante absorbe facilement le potassium : il faut éviter l'excès de cet élément car l'antagonisme existant entre le potassium et le magnésium peut bloquer l'assimilation de cet élément et induire une carence en magnésium.

Le gypsomètre est l'appareil d'analyse chimique rudimentaire permettant de mesurer la teneur des vins en sulfate de potassium. Le gypsomètre de Salleron, un des plus utilisés autrefois pour doser les sulfates, mélangeait, à un prélèvement mesuré de vin, une solution titrée de chlorure de baryum pour provoquer une précipitation facile de sulfate de baryum.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le sulfate de potassium, ou potasse vitriolé ou potasse soufré, est connu de haute antiquité, mais surtout communément purifié après 1300. Il a été étudié par Glauber, Tachenius et Boyle. Fin XVIIe siècle, il était nommé communément arcanuni, rangé comme sal duplicatum, puisque il peut être le produit d'un sel acide et d'un sel alcali.

En médecine, les apothicaires le nommaient sel de Glaser soit en latin sal polychrestum Glaseri.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e SULFATE DE POTASSIUM, fiche de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée le 9 mai 2009
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. « Sulfate de potassium » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009
  4. La forme I subit une transition vers 589 °C vers la forme III hexagonale
  5. Perry's Chemical Engineer's Handbook, 6e éd.
  6. Bernard M. et Busnot F.,Usuel de chimie générale et minérale. Dunod, Paris, 1996, § solubilité
  7. (en) Noms de catégorie et système international de numérotation des additifs alimentaires - Codex Alimentarius

Autres liens externes[modifier | modifier le code]