Risque biologique

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La notion de risque biologique (qui recoupe pour partie la notion de risque biotechnologique[1]) est défini pour ce qui concerne les risques professionnels [2] en Europe par une Directive européenne [3] relative à la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à des agents biologiques au travail qui est une directive particulière [4] visant à améliorer la sécurité au travail, la sécurité au laboratoire (laboratoire de recherche[5] ou laboratoire médical[6]) et de la santé au travail des travailleurs.

Les risques biologiques ne sont pas qu'infectieux[7] ; tant s'en faut : On peut aussi parler de risque biologique à propos d'une invasion biologique (ex : moule zébrée favorisée par la création de canaux et le transport fluvial, ou d'une patrimoine historique et culturel quand il est menacé par des organismes vivant (mites attaquant les costumes d'une musée, mérule détruisant une charpente ou les livres d'une bibliothèque[8], etc.)

Il concerne aussi la dissémination volontaire ou non d'organismes génétiquement modifiés et/ou susceptibles de devenir invasifs[9].

Le contrôle et la gestion de ce risque relèvent de la biosécurité, à l'hôpital[10] et plus généralement en contexte de soins[11], et au laboratoire notamment[12] ou encore chez les troupes militaires en opération[13].

Enjeux[modifier | modifier le code]

La plupart des agents biologiques présentent la caractéristique de pouvoir se reproduire et évoluer, et de pouvoir se reproduire en infectant un hôte dans le cas des virus ou des prions.

Ceci les rend potentiellement plus dangereux pour l'humanité et les écosystèmes ou les animaux ou plantes domestiqués que la plupart des produits chimiques.

Avec la mondialisation des échanges et des flux de personnes se déplaçant de plus en plus vite et nombreuses, en raison de la diffusion déjà effective sur presque toute la planète d'espèces devenues invasives hors de leur milieu naturel (ou susceptibles de le devenir dans les contextes écologiques ou agroécologiques où elles ont été introduites volontairement ou non par l'homme), en raison de l'apparition régulières de zoonoses émergentes et de pathogènes nouveaux ou mutants, les risques pandémiques et écoépidémiologiques sont pris de plus en plus au sérieux par l'ONU (OMS et OIE notamment). Le risque de détournement à des fins malfaisantes ou de guerre (armes biologique [dont bactériologiques], terrorisme...) est également à prendre en compte[14].

Règlementation[modifier | modifier le code]

La directive européenne n°2000-54 entrée en vigueur le 6 novembre 2000 concerne tous les personnels risquant d'être exposé à des agents biologiques dans le cadre de leur travail.

Elle abroge et codifie la directive antérieure (n° 90-679) et impose aux États-membres de faire respecter des prescriptions minimales particulières visant à protéger la sécurité et la santé de ces travailleurs contre les problèmes susceptibles de résulter d'une exposition à des agents biologiques au travail :

  • procéder à une évaluation des risques (qui doit au minimum porter sur la nature, le degré et la durée de l'exposition aux agents biologiques )[15] ;
  • informer les travailleurs sur la nature réelle des risques auxquels ils sont exposés ;
  • éviter, autant que possible l'utilisation d'un agent biologique dangereux (quand une alternative est disponible) ;
  • prendre les précautions nécessaires et utiles pour éviter l'exposition de ses employés au risque biologique, ou si cela est impossible, limiter le risque à un niveau assez bas pour protéger de manière adéquate la santé et la sécurité des travailleurs ;
  • communiquer aux autorités compétentes les résultats des évaluations  ;
  • adopter toute mesures d'hygiène et de protection individuelle nécessaire ;
  • tenir des listes des travailleurs exposés et les conserver pendant une longue durée.

Les États-membres de l'Union européenne doivent veiller à ce qu'il y ait une surveillance médicale adéquate des travailleurs ainsi qu'un suivi régulier.

Formation[modifier | modifier le code]

Les principes et opérateurs de secours ou de gestion de crise étant en partie les mêmes pour plusieurs types de risques majeurs, les formations généralistes des pompiers, de la police, des médecins ou militaires portent d'abord globalement sur le risques NRBC (risque nucléaire radiologique biologique chimique)[16], ce qui n'exclut pas d'éventuelles spécialisations.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Favelier, J., LACROUX, F., MURANYT–KOVACS, I., Paul, J., & Renaud, F. (1995). Manuel de prévention des risques associés aux techniques biologiques (Vol. 1). Paris: Elsevier Ed., Coll. Option Bio.
  2. Malchaire, J. (2002). Stratégie générale de gestion des risques professionnels. INRS, Cahiers de Notes Documentaires, (186).
  3. Directive européenne n°2000-54 du 18 septembre 2000
  4. directive particulièreau sens de l'article 16, paragraphe 1 de la directive n° 89 - 391 du Conseil du 12 juin 1989
  5. Simons, J., & Sotty, P. (1991). Prévention en laboratoire de recherche. Risques biologiques.
  6. Sasco, A. J. (1989). Risques pour la sante dans les laboratoires de recherche biologique et médicale. Med Sci, 5, 489-498 ; PDF, 10 pp
  7. Perdrix, A., Madon, N., Maitre, A., Parat, S., Mann, S., & Clavel, T. Risques biologiques autres qu'infectieux. Encyclop Med Chir.
  8. * Parchas, M. D. (2008). Comment faire face aux risques biologiques. Direction des Archives de France, Paris.
  9. Breton, B., & Uzbekova, S. (2000). Évaluation des risques biologiques liés à la dissémination de poissons génétiquement modifiés dans les milieux naturels. CR Acad. Agric., Fr, 86(6), 67-76.
  10. Hartemann, P., Hautemaniere, A., & Joyeux, M. (2005). La problématique des effluents liquides hospitaliers. Hygiènes(Lyon), 13(5), 369-374.
  11. Tarantola, A. (2003). Les risques infectieux après accident exposant au sang ou aux liquides biologiques. Hygiènes, 11(2), 87-95.
  12. Vidal, D. R., PAUCOD, J. C., Thibault, F., & Isoard, P. (1993). Biosécurité au laboratoire: risque biologique, normalisation et pratique. In Annales pharmaceutiques françaises (Vol. 51, No. 3, pp. 154-166). Masson.
  13. Debord, T., Eono, P., Rey, J. L., & Roué, R. (1996). Les risques infectieux chez les militaires en opération. Médecine et Maladies infectieuses, 26, 402-407.
  14. Debord, T., Binder, P., Salomon, J., & Roué, R. (1997). Les armes biologiques. Médecine et maladies infectieuses, 27, 548-551.
  15. Bonnard, R. (2001). Le risque biologique et la méthode d’évaluation du risque. Verneuil-en-Halatte: Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris)
  16. Buisson, Y., Cavallo, J. D., Kowalski, J. J., Renaudeau, C., & Tréguier, J. Y. (2004). Les risques NRBC [nucléaire radiologique biologique chimique], savoir pour agir. Xavier Montauban SA.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]