Smog

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Smog à New York en 1978.
Vues de Pékin un jour après la pluie (à gauche) et un jour ensoleillé avec le smog (à droite).
Smog à Kuala Lumpur en 2005.

Le smog est une brume brunâtre épaisse, provenant d'un mélange de polluants atmosphériques, qui limite la visibilité dans l’atmosphère. Il est constitué surtout de particules fines et d'ozone. Le smog est associé à plusieurs effets néfastes pour la santé et pour l'environnement.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme smog est un mot-valise formé à partir des mots anglais smoke (fumée) et fog (brouillard). Ce néologisme fut inventé par Henry Antoine Des Vœux en 1905 pour décrire le mélange de brouillard et de fumée qui accablait périodiquement Londres et les autres grandes villes d'Europe.

Dès le XIIIe siècle il est identifié à Londres[1] où on utilisait le charbon pour le chauffage domestique, mais c'est au milieu du XVIIIe siècle que les choses s'aggravent avec la révolution industrielle[2].

Origine et mécanismes[modifier | modifier le code]

Le smog résulte de la condensation dans les basses couches de l'atmosphère (troposphère) de l'humidité (brouillard) sur des poussières en suspension, souvent en présence d'ozone et de NOx dans la troposphère dans un contexte où des gaz d'échappement (de moteurs diesel notamment) ou de la fumée est produite par la combustion de combustibles fossiles, avec émissions de quantités importantes de gaz sulfureux (comme le dioxyde de soufre) dans le cas du charbon et de fuels non désoufrés. Ce cocktail de polluants interfère avec les autres poussières en suspension sur lesquelles se condense la vapeur d'eau contenue dans l'air.

L'influence de la combustion de biomasse (chauffage au bois résidentiel, feux en plein air des ménages et de l'agriculture/sylviculture) se surajoute à celle des combustibles fossiles dans la formation du smog hivernal[3],[4].

L'absence de vent et des conditions météorologiques d'inversion atmosphérique font durer ce phénomène. Des études récentes montrent que le réchauffement et le dérèglement climatique peuvent causer et/ou aggraver ce type de situation.
Ainsi un smog exceptionnellement long s'est étendu sur la région des plaines de la Chine orientale en janvier 2013, causant la pire pollution de ce type jamais enregistré dans cette région[5]. Ce smog a pu s'installer en raison de condition atmosphériques très défavorables qui semblent liées à la perte de glace de mer en arctique lors de l'automne précédent, suivies de chutes de neige boréales importantes en début d'hiver ; ces phénomènes ayant alors affecté la circulation atmosphérique en inhibant la circulation de la masse d'air de ces régions[5]. Les simulations issues des modèles climatiques montrent qu'il existe un « forçage cryosphérique boréal » qui influe sur la circulation atmosphérique régionale de la Chine orientale. Les auteurs de l'étude estiment que dans le contexte de réchauffement actuel de l'arctique, les événements de smogs hivernaux extrêmes pourraient se multiplier en Chine, ce qui devrait inciter à fortement réduire les émissions de gaz à effet de serre[5].
Une autre étude avait aussi pointé un effet secondaire d'une autre anomalie climatique (perturbation de l'Oscillation quasi biennale) qui semble elle aussi induite par le dérèglement climatique planétaire[6] et qui pourrait induire des hivers plus humides avec brouillards plus denses et persistants en Europe de l'Ouest selon une première modélisation, encore à confirmer[7].

Smog photochimique[modifier | modifier le code]

Dans le cas de l'ozone, il s'agit plutôt d'une réaction impliquant les rayons du soleil.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. UK air pollution
  2. Gilles-Laurent Rayssac, Dominique Bourg, Le Développement durable. Maintenant ou jamais, éd. Gallimard, coll. « Découverte », 2007 (ISBN 978-2-07-033721-7).
  3. [PDF] Smog hivernal – PM10, document de la DTAP (Suisse).
  4. Le smog, article d'Environnement Canada.
  5. a, b et c Yufei Zou, Yuhang Wang, Yuzhong Zhang & Ja-Ho Koo† (2017), Arctic sea ice, Eurasia snow, and extreme winter haze in China ; Science Advances; 15 mars 2017: Vol.3, n°3, e1602751 DOI: 10.1126/sciadv.1602751 (résumé)
  6. Newman P.A & al. (2016) The anomalous change in the QBO in 2015–2016 ; Geophysical Research Letters (29 aout 2016) http://dx.doi.org/10.1002/2016GL070373 (résumé)
  7. Matson B (2016) Unprecedented disruption to atmosphere's pacemaker foretells wet winter for Europe ; News publiée par le journal Science le 2016-09-08, consultée 2016-09-10

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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