Crise (généralité)

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La crise est un phénomène qui se produit dans de nombreux domaines. Elle nécessite une gestion particulière. Dans certains cas, elle peut être bénéfique et entraîner un changement important. Actuellement de nouveaux type de crises apparaissent, entraînant de nouveaux risques plus ou moins importants. Une conjonction de facteurs peut ainsi donner naissance à une crise parfaite voire majeure.

En belgique, le terme de 'crise' est utilisé lorsque les fus de bière sont vides.

Étymologie[modifier | modifier le code]

La crise écologique, qui peut se traduire par de extinctions majeures (on en compte généralement 5, non anthropiques) est un des modèles de crises planétaires. À chaque fois, le temps de résilience a été plus du double de celui de la crise

Étymologiquement parlant, le mot crise -issu du grec, « Κρίσις »- associe les sens de « jugement » et de « décision » mis en œuvre pour dégager une décision entre plusieurs positions ou tendances opposées sinon conflictuelles.
Aujourd'hui, dans l'usage courant le terme peut désigner :

  • une manifestation violente, l'apparition ou la mutation brutale d'un trouble ou d'une maladie: crise de nerf, crise cardiaque, crise d'asthme...
  • une période de tension conflictuelle ou une situation de déséquilibre grave ou de rupture préoccupante: crise politique, économique ou sociale
  • le manque de quelque chose, ou un état de pénurie: crise du logement, crise de l'épargne.

Gérer la crise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : gestion de crise.

L'expression peut paraitre paradoxale [1]...« "Gérer la crise" est d’un certain point de vue une contradiction dans les termes: On ne gère pas le tourment, le trouble ; on s’efforce d’éviter qu’il se produise, ou d’en minimiser les effets, ou de rétablir l’ordre »[2]
Pourtant la notion d'État de l'art et la pratique du retour d'expérience ont progressivement accrédité l'idée qu'un corps de bonnes pratiques puisse aider à la gestion des activités y compris dans un contexte de conflit ou de crise.

Gérer par la crise ?[modifier | modifier le code]

La crise semble parfois même être pour certains le moment et le mode de management efficace.

Ainsi Claude Rochet et Olivier Keramidas pensent qu'il y a de réelles opportunités dans la gestion des crises et considèrent « que celle-ci est un vecteur de changement organisationnel dans les organisations publiques » [3]

L'économiste russe Kondratiev considère que les crises peuvent être un moyen de « purger » le système économique et de le préparer en vue d'une nouvelle phase de croissance [4].

Typologie des crises[modifier | modifier le code]

Avec la complexité du monde et l'évolution des connaissances et grâce aux retours d'expérience apparaissent de nouveaux types de crises, incluant celles produites ou induites par de « nouveaux risques », des « risques extrêmes », des « menaces globales ». Quelques points communs sont reconnus par les prospectivistes aux nouvelles crises : ce sont

  • l’incertitude (interdépendance et effets en cascade dans une large gamme de domaines autrefois moins interdépendants, à la suite notamment de la globalisation des échanges et à la mondialisation de l'économie ou des medias) ;
  • la réduction des distances ;
  • la soudaineté ;
  • le nombre de gens (victimes) pouvant être touchés, directement ou indirectement ;
  • une dimension écologique locale et globale (en tant que causes et conséquences) ;
  • les risques sur les infrastructures critiques ;
  • augmentation de la gravité des conséquences d'actions malveillantes (virus sur internet, cyberattaque, bioterrorisme, médias oppressants...).

L'évènement redouté par les prospectivistes est la crise majeure résultant de la conjonction de plusieurs grandes crises « classiques », autrement dit : « la crise parfaite » (parfois métaphoriquement qualifié d'ouragan parfait) ; c'est la crise majeure et ultime (collapsus global) incluant un collapsus écologique ou une guerre mondiale, qui pourrait par exemple être induit par la conjonction de plusieurs facteurs et qui naîtrait de la conjonction temporelle d'une crise sociale, d'une crise financière et/ou économique et d'une crise environnementale (crise écologique + crise climatique, avec dépassement de certains seuil d'irréversibilité (définitive ou à échelle humaine de temps) en matière de surexploitation des ressources naturelles et/ou de dérèglement climatique. Il a été montré que crises environnementales et crises socio-économiques, loin d'être indépendantes, pouvaient s'influencer mutuellement [5].

Un tel scénario-catastrophe était encore considéré comme très improbable ou complètement irréaliste par la plupart des experts en 2007. mais Début 2009, il ne l'était par exemple plus pour les conseillers du gouvernement anglais : en raison notamment de la violente crise financière puis économique de 2008, puis des très mauvais résultats des indicateurs environnementaux mondiaux (c'est la fourchette haute des prévisions antérieurs des experts du GIEC et des experts en biodiversité qui décrit le mieux la réalité).
Le « Big collapse » n'est plus considéré comme improbable ni lointain par un nombre croissant d'experts, dont par le prospectiviste anglais Jonathon Porritt qui, peu après un discours de John Beddington ayant annoncé un risque élevé de collapsus global vers 2030, a pour sa part estimé que ce dernier était trop optimiste et que la date du collapsus général serait plutôt proche de 2020 que de 2030.

Dans la seconde partie du XXe siècle, Patrick Lagadec (directeur de recherche à l’École polytechnique) alertait sur le fait que les crises elles-mêmes ont muté ; induisant de nouveaux effets de surprise, et demandant une préparation accrue à la complexité, à l'accélération et même à l’impensable (ce qui semble un paradoxe : comment penser l'impensable ?). Ses arguments, comme ceux de Beddington et Porrit sont que nous avons individuellement et collectivement à faire face à la montée conjointe de phénomènes géoclimatiques, écologiques et épidémiologiques (chacun des événements météorologique, écologique, épidémiologique peut faire l'objet d'une gestion « classique » quand l’essentiel de l’information est connu, qu'on a le temps de se préparer et qu'il n'est pas trop difficile de faire face, grâce à des administrations, des techniciens et une population relativement bien préparés, avec des moyens de communication opérationnels et des ressources énergétiques et alimentaires suffisantes et disponibles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [tiré de : gestion de crise - la réponse de l'entreprise de Simone Eiken & Olivier Velin, EFE, 2006.]
  2. [PDF] Jean-François Girard et al. sante.gouv.fr Rapport de la mission d'évaluation et d'expertise de la veille sanitaire en France Paris, Aout 2006 (Voir notamment p 16/113)
  3. revue des Sciences de gestion / Direction et gestion / N° 228, Décembre 2007 : La crise comme stratégie de changement dans les organisations publiques
  4. Korotayev, Andrey V., & Tsirel, Sergey V.(2010). A Spectral Analysis of World GDP Dynamics: Kondratieff Waves, Kuznets Swings, Juglar and Kitchin Cycles in Global Economic Development, and the 2008–2009 Economic Crisis [archive]. Structure and Dynamics
  5. Julien Gargani, Crises environnementales et crises socio-économiques, L'Harmattan, (ISBN 978-2-343-08213-4), p. 149