Mégatsunami

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Article principal : Tsunami.
Vague d'un mégatsunami à l'approche des côtes.

Un mégatsunami est le terme utilisé par les médias pour désigner les phénomènes hors normes déclenchant de très grandes vagues supérieures à 40 mètres de haut[réf. nécessaire]. Il n’y a donc pas de définition scientifique du phénomène.

Les mégatsunamis n’ont rien de commun avec les tsunamis classiques que ce soit au niveau de la cause ou de l’apparence du phénomène. Alors qu’un tsunami est déclenché par les mouvements de la croûte terrestre, un mégatsunami peut être provoqué par un éboulement colossal, qui en s’écroulant dans une mer fermée provoque de puissantes vagues pouvant atteindre des centaines de mètres de hauteur et se déplaçant à une centaine de kilomètres par heure selon la masse.[réf. nécessaire], ou par des chutes d'astéroïdes comme sur la planète Mars, comme le suggèrent des chercheurs[1].

Mégatsunamis historiques[modifier | modifier le code]

L’hypothèse de tels phénomènes est avancée la première fois (répertoriée) par une équipe de géologues à la recherche de pétrole en Alaska en 1953. Ils observent une zone de forêt relativement jeune sur la partie basse de sa côte alors que ce n'est pas le cas des baies alentours. On peut distinguer une bande clairement délimitée d'arbres plus jeunes. Les géologues appellent cette bande une trim line car elle ressemble à celles créées par l'avance et le recul de glaciers. Mais ils s'interrogent en observant les arbres situés juste au-dessus de cette bande, car ils présentent tous de nombreuses cicatrices comme s'ils avaient été heurtés violemment par quelque chose venant de la côte. La seule explication que les scientifiques trouvent valide est des vagues anormalement hautes venant de la profonde mais étroite baie voisine, la baie Lituya. En effet la topographie particulière de la baie, une ancienne vallée glaciaire très profonde (200 m) possédant une entrée très étroite de seulement 10 mètres de large, bordée de falaises escarpées et traversée par une importante faille, rend la baie propice à d'importants glissements de terrain, générateur de tsunamis. Ils émettent donc l'hypothèse qu'une vague énorme à une période relativement récente a pu se produire mais sans savoir précisément comment.

Le 8 juillet 1958 se produit un tremblement de terre de magnitude 8,3 dont l'épicentre se trouvait à quelques dizaines de kilomètres de la baie Lituya (Alaska). Un éboulement gigantesque se produit alors dans le fjord. Sa topographie fait alors que des vagues de plus de 200 mètres s’y forment. On calcule même que le glacier qui se déverse dans le fjord, est frappé par une vague monstrueuse de 520 mètres de haut (soit environ une fois et demi la hauteur de la Tour Eiffel ou de l'Empire State Building)[2]. La région étant inhabitée, la catastrophe fait peu de victimes, seulement quelques pêcheurs dont les navires sont emportés par le flot. Un pêcheur, seul témoin visuel, et son fils survivent, leur bateau réussissant à passer l'énorme vague.

En 1963, un pan entier du mont Toc, au nord de Venise en Italie, fragilisé par des infiltrations du barrage de Vajont, s’écroule dans le réservoir à 110 km/h. 50 % de l’eau est vidée en moins de 10 minutes et une vague de 250 mètres de haut détruit les villages en aval, tuant près de 2000 personnes.

À l'échelle géologique plusieurs mégatsunamis ont eu lieu, même si leur fréquence demeure faible. Ce sont souvent des phénomènes très localisés et dévastateurs. De tels mégatsunamis historiques ont pu être une inspiration pour les mythes de déluge, communs à la plupart des cultures dans le monde entier.

Vue de traces possiblement issues d'un mégatsunami à la surface de Mars par HiRISE.
Traces possiblement issues d'un mégatsunami à la surface de Mars.
  • Il y a environ 3,4 milliards d'années, la planète Mars aurait été frappée par un mégatsunami, suggéré par des traces d'écoulement orientées de bas en haut dans Chryse Planitia[1],[6],[7],[8].

Menaces de mégatsunami[modifier | modifier le code]

Les îles volcaniques telles que La Réunion et Hawaii sont susceptibles de causer des mégatsunamis parce que ce sont souvent des structures instables agrégées par des éruptions successives. Autour de ces îles, on a trouvé des traces de débris qui prouvent que de tels glissements de terrain ont déjà eu lieu.

Le candidat le plus sérieux comme source du prochain mégatsunami est l'île de La Palma, dans les îles Canaries. En 1949, lors d’une éruption, la moitié occidentale de l'arête de la Cumbre Vieja a glissé de plusieurs mètres vers l'océan Atlantique. On pense que ce processus a été provoqué par la pression de l’eau, présente dans la structure de l’île, portée à ébullition par la remontée du magma. La prochaine éruption pourrait faire glisser la moitié occidentale de l'île, et jeter 500 milliards de m3 de roches, d'après l'hypothèse la plus pessimiste[9]. D'après certaines projections, cela produirait un mégatsunami qui voyagerait à travers l'océan Atlantique et irait frapper les Caraïbes et le littoral américain oriental huit heures plus tard, avec une vague que les spécialistes estiment de 10 à 25 mètres de hauteur[9].

Films[modifier | modifier le code]

Comme toutes les grosses catastrophes, météorites, supervolcans, c’est un sujet à l’impact visuel fort pour le cinéma. Des films comme Deep Impact, The Last Day et 2012 en parlent abondamment. Un mégatsunami manque également de se produire à la fin de Abyss. Et très récemment The Wave de Roar Uthaug qui se déroule dans les fjords de Norvège.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ward, S.N. and Day, S. 2001, Cumbre Vieja Volcano — Potential collapse and tsunami at La Palma, Canary Islands, Geophysical Research Letters, 28, 17, p. 3397–3400.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]