Qualité de l'eau

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La qualité de l'eau est caractérisée du point de vue physico-chimique, biologique et hydromorphologique (dans le cadre de la Directive-cadre sur l'eau, norme européenne)[1].

Ce concept est utilisé pour l'eau potable ou certains usages domestiques et/ou industriels nécessitant une eau aux caractéristiques particulières (déminéralisée par exemple).

L’eau est aujourd’hui la denrée alimentaire la plus fortement réglementée[2].

Évolution[modifier | modifier le code]

En 2007, en Europe, 63 paramètres contrôlent la qualité de l’eau potable[3], contre six à la fin du XIXe siècle[2].

Les teneurs maximales recommandées et autorisées en plomb dans l’eau ont plusieurs fois été revues à la baisse en raison de la persistance d'une plombémie, et dans certaines régions (en présence d'eau naturellement acide et déminéralisée) de cas de saturnisme dans les réseaux à tuyaux en plomb.

La dernière directive européenne exige des normes appliquées non plus seulement aux captages, et sur le réseau public de distribution d’eau, mais également aux robinets[2].

Les normes décrivant la qualité des eaux de surface, ou souterraines, douces ou marines (eaux de baignade ou de conchyliculture) s'appuient sur un nombre réduit de paramètres, mais évoluent dans le sens d'une plus grande exigence pour les nitrates (Cf. Directive Nitrates 91/676/CEE du 12 décembre 1991) mais aussi pour d'autres paramètres[2]. À titre d'exemple, si la qualité des eaux des plages françaises ne s'améliore pas de 2007 à 2015, une plage sur 5 sera déclassée[4] et 33 interdites au public[5].

Normes[modifier | modifier le code]

Elles découlent de travaux scientifiques, appuyés sur des expériences, généralement sur l'animal, ou découlant de données épidémiologiques, définissant des doses maximales admissibles (DMA) ou tolérables (DMT) (journalières, hebdomadaires...)[2].

Il s'agit de la quantité de telle ou telle substance (on ne prend pas encore en compte les synergies toxiques induites par l'association de plusieurs polluants et/ou substances dites « indésirables ») qu'un individu est réputé pouvoir absorber sans danger quotidiennement tout au long de sa vie[2].

Sur la base de comportements moyens, la quantité maximale apportée par l'eau est calculée, et on y ajoute une marge de sécurité (car on peut être exposé à des pics, et les enfants ou certaines personnes sont plus sensibles aux toxiques éventuellement présents dans l'eau).

On peut distinguer les contaminants inertes des contaminants biologiques (bactéries, virus, etc.) qui peuvent se reproduire, la dose infectieuse n'étant pas comparable avec la dose toxique pour un produit chimique[2].

Qualité microbiologique des eaux de consommation[modifier | modifier le code]

De nos jours, les eaux de consommation peuvent contenir de multiples micro-organismes (virus, bactéries et parasites). Leur présence est la plupart du temps provoquée par une dégradation de la qualité de la ressource en eau, par l'inefficacité de la protection et de l’entretien des ouvrages de captages, par un mauvais traitement de désinfection, ou encore par contamination lors du transport ou stockage. Par ailleurs, l'eau de consommation chargée en micro-organismes présente une menace pour la population puisqu'elle peut créer un risque à court terme pour le consommateur, pour ce qui est des pathologies engendrées, on peut citer : troubles gastro-intestinaux, diarrhées... Cependant, les techniques pour identifier les germes pathogènes dans l'eau prennent beaucoup de temps et sont complexes, c'est pour cela que la qualité bactériologique de l'eau peut être évaluée au moyen de germes témoins de contamination fécale (Escherichia coli et entérocoques), ces germes ont la possibilité d'indiquer la présence de germes pathogènes dans l'eau[6].

Les pesticides dans l'eau de consommation[modifier | modifier le code]

Les pesticides sont des « produits chimiques phytosanitaires » issus de l'industrie chimique employés dans divers domaines (l'agriculture, les industries, la construction...) pour détruire, entre autres, les espèces nuisibles et indésirables (insecticides, herbicides, fongicides...)[7], ces produits très toxiques peuvent être présents dans l'eau par leur pénétration dans les sols. Les produits phytosanitaires peuvent comporter des risques considérables pour la santé humaine comme les intoxications aiguës. On note que la plupart des apports en pesticides par l'alimentation sont issus de la consommation de fruits et de légumes[6].

Contrôle de la qualité de l'eau[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

La France, comme la plupart des pays d’Europe, suit les normes fixées par la Commission des communautés européennes[2].

L'État est en charge de la qualité de l'eau potable, par le biais du Ministère de la Santé qui contrôle la qualité de l'eau alimentaire d'un point de vue sanitaire, en inspectant les installations de production, de traitement et de distribution d’eau[8].

Le contrôle de la qualité des eaux de baignade, quant à lui, est réalisé par les services déconcentrés du ministère chargé de la santé[9]. Ces contrôles portent sur les caractéristiques microbiologiques des eaux de mer et des eaux douces fréquentées par le public, dans un but de prévention des risques sanitaires associés à ces caractéristiques[9].

« En France, l’eau du robinet est l’un des aliments les plus contrôlés. Elle fait l’objet d’un suivi sanitaire permanent, destiné à en garantir la sécurité sanitaire »[10]. Un suivi de la qualité de l'eau distribuée est réalisé régulièrement dans chaque commune, et ses résultats sont communiqués au public[10] et affichés en mairie.

Il y a environ 35 000 services publics de l'eau en France, dénombrant des critères variés concernant la qualité de l'eau[11]. Afin de rendre plus transparente la gestion de ces services, la création d'un observatoire sur les services d’eau et d’assainissement a été confiée à l’ONEMA (Office national de l'eau et des milieux aquatiques) par la loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006[11]. Cet observatoire créé en 2009 permet aux communes de saisir un certain nombre d’indicateurs traitant d'aspects économiques, techniques, sociaux et environnementaux. Cette saisie a été déclarée comme étant obligatoire à partir du 1er janvier 2016, pour les communes ou groupements intercommunaux de plus de 3 500 habitants[11].

En Suisse[modifier | modifier le code]

« L'ordonnance sur l’eau potable, l’eau de source et l’eau minérale oblige les distributeurs d'eau à informer le public au moins une fois par année sur la qualité de l'eau potable[12]. »

Contrôle de la qualité des cours d’eau[modifier | modifier le code]

En France, après  traitement des eaux usées dans une station d’épuration, les eaux sont relâchées dans les cours d’eau naturelle. L’homme, ayant un impact sur ces eaux, doit effectuer des contrôles qualité.

Qualité physico-chimique[modifier | modifier le code]

en France, on utilise actuellement le système d’évaluation de l’état de l’eau (SEEE), c’est un système qui permet le calcul de masse d’indicateur de l’état de l’eau. A terme il pourra être utilisé comme référence pour tout les types d’eau[13]. Le système d’évaluation de la qualité des eaux (SEQ-Eau) est également utilisé.

Qualité biologique [modifier | modifier le code]

elle est évaluée à l’aide de bioindicateur :

Les bioindicateurs informent également sur la qualité générale de l'eau.

Qualité hydromorphologique [modifier | modifier le code]

On utilise pour cela le système d’évaluation de la qualité physique (SEQ-Physique)[14].

Qualité Radiologique[modifier | modifier le code]

En France, la réglementation a fixer quatre indicateurs pour évaluer la qualité radiologique des eaux de consommation :

  • les activités alpha globale et beta globale résiduelle contribuent a piloter la stratégie d'analyse ;
  • deux références de qualité : la dose totale indicative (DTI) et l'activité en tritium, une enquête environnemental et des actions correctives sont mise en place en cas de résultats non satisfaisants ;

les valeurs des trois premiers indicateurs sont analyser au laboratoire sur des échantillons d'eau, en ce qui concerne le quatrième indicateur, il demande des analyses profondes par des calculs pour pouvoir identifier et quantifier les radionucléides présents[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les synthèses Eaufrance - n°12 - L'état des eaux de surface et des eaux souterraines dans les milieux aquatiques », sur eaufrance.fr (consulté le 2 décembre 2017)
  2. a, b, c, d, e, f, g et h « Eau potable : normes », sur cnrs.fr (consulté le 2 décembre 2017)
  3. Conseil de l'Union Européenne, « Directive 98/83/CE du Conseil de l'Union Européenne » (consulté le 1er mars 2012)
  4. La qualité de l'eau, sur eau-direct.fr, consulté le 28 novembre 2017
  5. 33 plages françaises devraient être interdites, sur 20minutes.fr du 6 juillet 2007, consulté le 28 novembre 2017
  6. a et b « Qualité de l'eau potable », Ministère des Solidarités et de la Santé,‎ (lire en ligne)
  7. « Définition de pesticide », sur Actu-Environnement (ISSN 2107-6677, consulté le 28 novembre 2017)
  8. « Qualité de l'eau potable », sur eaufrance.fr (consulté le 2 décembre 2017)
  9. a et b « Qualité des eaux baignades - Eaufrance », sur eaufrance.fr (consulté le 2 décembre 2017)
  10. a et b Résultats du contrôle sanitaire de la qualité de l’eau potable, sur sante.gouv.fr du 11 octobre 2011
  11. a, b et c « Services publics de l'eau et de l'assainissement - Eaufrance », sur eaufrance.fr (consulté le 2 décembre 2017)
  12. Données des distributeurs, sur le site wasserqualitaet.ch, consulté le 29 janvier 2013
  13. « Système d'évaluation de l’état de l'eau », sur sidesa.fr, (consulté le 30 novembre 2017)
  14. « Les méthodes d’évaluation de l’état des eaux », sur eaufrance.fr (consulté le 30 novembre 2017)
  15. « Controle de l'eau - Les indicateurs radiologiques », sur sedif.com (consulté le 6 décembre 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Réglementation[modifier | modifier le code]

  • MEEDDM, France (2010) Arrêté du 25 janvier 2010 relatif aux méthodes et critères d’évaluation de l’état écologique, de l’état chimique et du potentiel écologique des eaux de surface pris en application des articles R. 212-10, R. 212-11 et R. 212-18 du code de l'environnement.

Liens externes[modifier | modifier le code]