Erstein

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Erstein
Centre-ville de la commune.
Centre-ville de la commune.
Blason de Erstein
Blason
Erstein
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Erstein
(chef-lieu)
Maire
Mandat
Jean-Marc Willer
2014-2020
Code postal 67150
Code commune 67130
Démographie
Gentilé Ersteinois(es)
Population
municipale
10 764 hab. (2012)
Densité 297 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 25′ 22″ N 7° 39′ 42″ E / 48.42277778, 7.6616666748° 25′ 22″ Nord 7° 39′ 42″ Est / 48.42277778, 7.66166667
Altitude Min. 147 m – Max. 157 m
Superficie 36,22 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.ville-erstein.fr/

Erstein (prononcé [eʁʃtain ] ou [ ɛʁʃtain ][1],[2]) est une commune française, située dans le département du Bas-Rhin (Alsace). La ville a été le siège de l'une des sous-préfectures du département, jusqu'à la fusion de cet arrondissement avec celui de Sélestat pour former l'arrondissement de Sélestat-Erstein en 1974.

Ses habitants sont appelés les Ersteinois et désignés en alsacien par le sobriquet grâb (corbeaux)[3].

Dans la région, Erstein était connu depuis le Moyen Âge pour son monastère (disparu) et depuis 1894 pour sa sucrerie.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Selon l'abbé René Friedel (1937), le nom d'Erstein pourrait provenir du celte erian (erde, terre). D'autres hypothèses décomposent le nom en herrin-stein « pierre de la dame noble », ehre-stein « pierre d'honneur » ou erstes-heim « premier foyer »[4],[5].

Son nom apparaît pour la première fois en 817 dans un parchemin par lequel l'empereur Louis le Pieux cède la « villa Herinstein » à son fils Lothaire Ier[5].

Différents noms du village, selon les documents anciens[4] :

  • 815 (817?) Villa Herinstein
  • 850 Herestein
  • 868 Eresteheim
  • 870 Erenstein
  • 895 Herasten (roman)
  • 999 Asterna (italien)
  • 1198 Hystehin
  • 1226-38 Eristhen et Erstheim
  • 1247 Eschen (français)
  • 1248 Orsterhere (français)
  • 1262 Erstein
  • 1330 Erstein (français)
  • 1353 Cressein (tchèque)

Géographie[modifier | modifier le code]

Bras de l'Ill.

La ville est située à une vingtaine de kilomètres au sud de Strasbourg, dans la plaine d'Alsace, à une dizaine de kilomètres du Rhin et de la frontière avec l'Allemagne. Elle borde le canal du Rhône au Rhin.

Traversée par l'Ill, Erstein est sur la limite entre le « Grand Ried » du Rhin (zone inondable de prés et bois luxuriants) du côté est et la fertile plaine de lœss (agriculture) du côté ouest.

L'hydrographie et la proximité de la nappe phréatique rendent certaines zones limitrophes de la ville facilement inondables malgré l'aménagement de digues et écluses.

On trouve en bordure de la ville :

  • des résurgences de rivières phréatiques : les Brunnwasser (« eaux de fontaine ») ;
  • un massif de forêt rhénane de 600 hectares (classé réserve naturelle) : l'une des deux dernières forêts alluviales d'Europe (rivières, lianes, lierres, clématites, cornouilliers, saules, roseaux...).

Hameau[modifier | modifier le code]

Krafft : séparé de quelques kilomètres d'Erstein, Krafft est presque un village à part entière. Le hameau possède en effet des équipements sportifs complets (terrain de football, centre sportif, centre équestre...), avec notamment sa propre équipe de football (le FC Krafft), mais aussi une activité économique importante avec une zone artisanale et industrielle.

Sur un plan historique, on peut noter que c'est au niveau du pont enjambant le canal de décharge de l'Ill que fut stoppée la contre-offensive allemande de l'hiver 1944-45, qui visait à reprendre Strasbourg.

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

  • Canal du Rhône au Rhin ;
  • l'Ill ;
  • la Scheer ne traverse pas le territoire de la commune d'Erstein, mais délimite la ville au nord.

Économie[modifier | modifier le code]

Principales entreprises

  • L'emblème économique majeur est la sucrerie Erstein (fondée en 1893[6]) (Groupe Cristal Union) .

Cette sucrerie dont la marque Erstein est distribuée en région Nord-Est et est un des principaux employeurs de la commune.

  • Le siège français de la société allemande Würth (leader mondial de la fixation) est situé dans la ville.
  • La multinationale mexicaine de matériaux de construction, Cemex y possède une unité de production de béton prêt à l'emploi.

La ville d'Erstein, en zone rurale possède également une activité agricole - une dizaine d'exploitaton - en polyculture[7]

Histoire[modifier | modifier le code]

Erstein est connu en Alsace dès le Moyen Âge pour son abbaye bénédictine. Village ancien, à proximité d'une route romaine, son existence est attestée par des vestiges mérovingiens.

Nécropole mérovingienne[modifier | modifier le code]

Des fouilles archéologiques entreprises dans la ville (1999-2003) ont mis au jour une vaste nécropole de l'époque mérovingienne. Plus de 300 tombes retrouvées, dont certaines contenant du mobilier d'une grande richesse, datées du Ve au VIIe siècle, témoignent de la transition en Alsace des influences romaine et germanique vers les traditions du peuple francs[8].

Quelques dates[modifier | modifier le code]

  • 817 : l'empereur Louis le Pieux cède la villa Herinstein à son fils Lothaire Ier.
  • 952 à 994 : les empereurs Otton séjournent fréquemment à Erstein ; en février 953, Otton le Grand donne l'abbaye d'Erstein à sa belle-mère Berthe, dite la Filandière.
  • Noêl 994 : lors de son séjour à Erstein, l'Impératrice Adélaïde obtient des terres en Alsace pour son couvent de Seltz, de son petit-fils Otton III.
  • 1191 : le roi Henri IV attribue au Landgrave de Basse-Alsace Sigisbert de Werd, le fief d'Erstein (biens, bourg, droits de pêche sur l'Ill). Erstein obtient les privilèges et le titre de ville, et demeure sous l'autorité des Landgraves.
  • 1360-1472 : Erstein sous l'autorité des évêques de Strasbourg, à la suite de la vente par Charles IV.
  • 1472-1790 : Erstein sous l'autorité du Grand Chapitre de Strasbourg.
  • 1725 : interdiction de couvrir les maisons de paille, à la suite d'un grand incendie.
  • 1790 : Erstein devient chef-lieu du canton. Élection du premier maire.
  • 21 juillet 1797 : douze chariots chargés de poudre traversent la ville, l'un des tonneaux a une fuite, et à la suite d'une étincelle produite par le cerclage de la roue sur le pavé il s'ensuit une énorme explosion mettant le feu à 75 maisons, dont 45 furent complètement détruites.
  • 1853 : construction de la filature de laine peignée. Premiers protestants.
  • 12 août 1870 : entrée des soldats prussiens.
  • nov. 1918 : entrée des soldats français.
  • 1940 : entrée des soldats allemands.
  • 28 nov. 1944 : entrée des soldats français (2e D.B.).

Abbaye Sainte Cécile et Sainte Agathe[modifier | modifier le code]

Calvaire (1746), vestige du couvent.

Pour sa fondation, Irmengarde se rend à Rome pour y chercher des reliques, c'est l'occasion d'une grande cérémonie à laquelle le peuple de Rome est associé.

  • 848 : Première mention de la communauté des chanoinesses d'Erstein, dépendant directement du Pape. Elles ont pour mission de prier pour l'Empereur. La première mère abbesse est la fille cadette d'Irmengarde.
  • 849 : Irmengarde fait don d'une importante partie de la villa Herinstein au couvent.
  • En 895, le monastère accueille des moniales de l'Abbaye Sainte-Berthe de Blangy, chassées de leur couvent par les invasions normandes ; avec elles sont ramenées les reliques de Sainte-Berthe.

Après une période de prospérité qui dura jusqu'à la fin du XIIe siècle, l'abbaye déclina rapidement pour être supprimée en 1422. Les derniers biens du couvent furent incorporés aux biens de l'évêché en 1437.

Les derniers bâtiments disparurent définitivement en 1818, Schweighaeuser signale la découverte d'urnes romaines de terre rouge (1828). L'église abbatiale était située entre l'emplacement de la mairie (1844, 1926) et le bâtiment de la sous-préfecture (Kreisdirektion, 1880). Les deux seuls vestiges sont le calvaire (1746) de la rue du Monastère, et un vieux puits (1580) dans une propriété rue du Couvent.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Erstein

Les armes d'Erstein se blasonnent ainsi :
« Parti : au premier de gueules à la bande d'argent côtoyée de deux cotices fleuronnées du même, au second d'azur au grand portail d'église au fronton classique croisé d'or, ouvert de deux portes, sommé deux tours du même couvertes en dôme, celle de dextre croisée aussi d'or. »[9].

Erstein obtient dès le Moyen Âge les droits d'une ville, dont celui d'armoiries. Le motif apparaît dans le sceau de documents de 1335 et 1382 par lesquels Nicolas de Shuttern donne des garanties à l'abbesse. Il illustre l'appartenance de la ville d'une part au Landgrave d'Alsace (Werd) et d'autre part à l'abbaye.

Services à la population[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Entrée du cinéma (2001)

La ville dispose d'un cinéma géré par l'association Erstein-Cinéma[10] Il est équipé de deux salles, une première salle de 200 places avec un écran de 11 mètres avec, depuis décembre 2011, un projecteur numérique (DLP Cinema) avec système Dolby 3D et une seconde de 170 places avec un écran de 9 mètres avec un projecteur 35mm. Toutes deux bénéficient d'une sonorisation Dolby Digital (SRD) et sont climatisées. Depuis 2005, l'association participe à Augenblick[11], festival du cinéma de langue allemande en Alsace qui se tient au mois de mars.

La chaîne de télévision TV Erstein[12], diffuse sur le câble et sur internet, des émissions sur la vie locale, les manifestations organisées sur la commune d'Erstein - Krafft et des informations sur les associations erstenoises. Fréquence de diffusion sur le câble : 839.25 Mhz - canal 67G.

Sports[modifier | modifier le code]

La salle Herinstein installée au cœur des écoles Pierre et Marie Curie offre un cadre sportif moderne et exclusif pour tout âge.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Écoles maternelles[modifier | modifier le code]

  • École du Château d'Eau, rue d'Obernai
  • École du Mittelholz, rue de la Bourgogne
  • École du Briehly, rue de la Dordogne
  • École Popp, rue du Rempart
  • École de Krafft - rue de St. Quentin

Écoles primaires[modifier | modifier le code]

  • Écoles Pierre et Marie Curie
  • École Anne Frank, rue de Strasbourg
    • annexe école A. Schweitzer, rue de la Pente
    • annexe école Popp, rue du Rempart

Enseignement secondaire[modifier | modifier le code]

  • Collège Romain-Rolland, rue de Wissembourg
  • Lycée d'enseignement général, technologique et professionnel Marguerite-Yourcenar, rue Victor Schœlcher

Enseignement technique[modifier | modifier le code]

  • Lycée professionnel agricole, avenue de la Gare

Enseignement spécialisé[modifier | modifier le code]

  • Institut formation en soins infirmiers (IFSI), 2 rue de la Laine-Peignée

Régie municipale[modifier | modifier le code]

  • Distribution d'eau sur 9 communes
  • Distribution d'électricité sur 11 communes
  • Production d'électricité « au fil de l'eau » (environ 2 % de la distribution totale)
  • Gestion de l'éclairage public

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Jean-Marc Willer[13] DVG  
1989 2008 Théo Schnée PS  
1965 1989 Georges Riehl    
1935 1965 Jean-Philippe Bapst    
1919 1935 Jean-Philippe Kornmann    
1790  ? Kuhn   (1er maire d'Erstein)[5]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 10 764 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 504 2 344 3 168 3 440 3 613 3 564 3 445 3 585 3 688
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
3 604 3 705 3 899 3 703 3 662 4 127 4 378 4 807 5 270
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
5 593 5 837 6 061 5 485 5 549 5 649 5 640 5 539 5 747
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
6 165 6 288 7 434 8 095 8 600 9 664 9 632 9 592 10 630
2012 - - - - - - - -
10 764 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2004[15].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux, monuments et événements[modifier | modifier le code]

Ancienne filature
  • Les Brunnwasser : résurgences de rivières phréatiques.
  • Musée Würth
  • Etappenstall : maison du patrimoine et informations culturelles
  • Église Saint-Martin d'Erstein : mentionnée dès 1281, reconstruite en 1859-61 sur le modèle de l'église de Willer-sur-Thur par l'architecte Ringeisen. L'église abritait une horloge construite en 1850 par Jean-Baptiste Schwilgué et d'un modèle comparable à celle installée en 1825 à Sélestat. Cette horloge a été motorisée dans les années 1950 puis restaurée (mais pas dans son état d'origine) en 2003 par l'entreprise Bodet. Elle est maintenant installée dans une vitrine au premier étage de l'Etappenstall.

Manifestations[modifier | modifier le code]

  • Circuit permanent pédestre organisé par les marcheurs du sucre ouvert toute l'année ; départ à l'office du tourisme et départ restaurant du "brochet" parcours de 6km-12km-20kms.
  • Marché aux Sucreries Hansel et Gretel : 1er week-end de décembre.
  • Marche populaire nocturne et sonorisée de la Saint-Nicolas : 2eme samedi du mois de décembre qui a partir de cette année est transformé en marche de jour le samedi
  • Festival du sucre : dernier week-end du mois d'août.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Fr. Eickhoff, Heimatskunde des Kreises Erstein, 1889
  • Joseph Bernhard, Histoire de l'abbaye et de la ville d'Erstein, 1883
  • (de) René Friedel, Geschichte des Klosters und des Fleckens Erstein, 1927
  • Erstein : regard sur le passé, 1993, ISBN 2-9507840-0-3
  • Philippe de Golbéry, Schweighaeuser "Antiquités de l'Alsace...' 1828
  • (de) Die Geschichte Ersteins nebst der Erteiner Chronik des Franz Bach, Vogt in Erstein anno 1666 par Dr. Caesar, Amstrichter in Erstein, 1912

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]