Nadia Murad

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Nadia Murad
Nadia Murad 2017 (cropped).jpg
Fonction
Ambassadrice de bonne volonté
depuis le
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
نادية مرادVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Autres informations
Site web
Distinction

Nadia Murad Basee Taha[1], (en arabe: نادية مراد), née en 1993 à Kocho, un village près de Sinjar en Irak, est une activiste irakienne des droits de l’homme issue de la communauté yézidie.

Le 16 septembre 2016 elle devient ambassadrice de bonne volonté des Nations unies pour la dignité des victimes du trafic d'êtres humains[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Esclavage[modifier | modifier le code]

Le , pendant les massacres de Sinjar au cours desquels périssent des centaines de Yézidis, elle est capturée dans son village natal par des hommes de l'État islamique[3]. Les hommes de sa famille, dont ses six frères, sont massacrés tandis qu'elle est emmenée captive en bus à Mossoul, ville conquise par les djihadistes deux mois plus tôt, avec ses deux sœurs, ses cousines, ses nièces et les autres femmes et enfants du village[3],[4].

Sur place, les prisonniers sont échangés comme cadeaux entre les combattants[5]. Nadia intéresse un homme particulièrement grand et imposant, un « monstre », comme elle le décrit à la tribune du Conseil de sécurité de l'ONU en , qui la frappe lorsqu'elle cherche à le dissuader de la prendre avec lui[5]. Elle est finalement emmenée par un autre homme, « plus petit », qui lui demande de changer de religion - elle refuse - et de se marier avec lui[5]. Il la bat et lui fait subir des viols collectifs, la réduisant à l'état d'esclave sexuelle[3],[5].

Ambassadrice des Nations Unies[modifier | modifier le code]

Elle parvient à s'enfuir au bout de trois mois de servitude grâce à une famille de Mossoul qui lui fournit des papiers d'identité, et part pour le Kurdistan irakien où elle atteint un camp de réfugiés[6]. C'est de là qu'elle contacte une organisation d'aide aux Yézidis qui lui permet de rejoindre sa sœur en Allemagne. En février 2015, sous un prénom d'emprunt, elle témoigne pour la première fois au journal La Libre Belgique, alors qu'elle se trouve dans le camp de réfugiés de Rwanga, dans le Kurdistan irakien[7]. Son sort attire l'attention de l'avocate britannique et libanaise Amal Clooney, qui la prend sous son aile[3]. En décembre 2015, elle implore le Conseil de sécurité des Nations unies d'intervenir contre l'État islamique, accusant le groupe terroriste de génocide contre les Yézidis[5]. Elle devient ambassadrice de bonne volonté des Nations unies pour la dignité des victimes du trafic d'êtres humains, le 16 septembre 2016[2].

Elle est lauréate du prix Sakharov en 2016, en même temps que Lamia Haji Bachar[6]. Elle déclare à cette occasion que « cette récompense est un message puissant (...) à notre peuple et aux plus de 6 700 femmes, filles et enfants devenus des victimes de l'esclavage et du trafic d'êtres humains de l'EI, disant que le génocide ne se répétera pas »[8].

Le , trois ans après son enlèvement, elle retourne pour la première fois à Kocho. Dans une séquence filmée par les caméras de plusieurs médias internationaux, elle découvre en larmes les ruines de son ancienne maison[9].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]