Carl von Ossietzky

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Carl von Ossietzky
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Carl von Ossietzky en 1915.

Naissance
Hambourg, Empire allemand
Décès (48 ans)
Berlin, Troisième Reich
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemand
Profession
Activité principale
militant politique et pacifiste
Distinctions

Carl von Ossietzky (né le à Hambourg, mort le à Berlin) est un journaliste, écrivain et intellectuel pacifiste allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Rudolf Procès Ossietzky 1932
Carl von Ossietzky et ses avocats devant la prison Berlin-Tegel en 1932. De gauche à droite: Kurt Grossmann (de), Rudolf Olden, Carl von Ossietzky, Alfred Apfel (de), Kurt Rosenfeld (de)

Le père de Carl, Carl Ignatius, était un protestant originaire de Haute-Silésie qui, après son arrivée à Hambourg, travailla comme sténographe dans le cabinet d'avocat du sénateur et ensuite maire de Hambourg Max Predöhl. À côté de ce poste, le père s'occupait d'un restaurant. Rosalie, sa mère, est catholique. Carl fut baptisé à l'église catholique Kleine Michel en 1899 puis fut confirmé en 1904 dans l'église luthérienne Église Saint-Michel de Hambourg. À la suite du décès de Carl Ignatius en 1891, Rosalie reprit le restaurant familial pendant que l'éducation de Carl, fils unique, fut assurée par sa tante. Le sénateur Predöhl soutint la famille et veilla à la scolarité de Carl. Dix ans après la mort de son mari, Rosalie von Ossietzky épousa le sculpteur et social-démocrate Gustav Walther qui éveilla l'intérêt de Carl pour la politique.

Carl échoua à deux reprises lors du brevet du secondaire et une troisième tentative lui fut refusée alors que l'obtention du diplôme lui aurait permis de faire un service militaire réduit à une seule année. Carl n'était pas très doué pour les mathématiques mais avait de l'intérêt pour la littérature et l'histoire. Comme un parcours scolaire classique ne lui était plus possible, il postula à 17 ans pour un poste au sein de l'administration judiciaire de la ville de Hambourg. L'aide de l'avocat Predöhl lui permit de se présenter au concours à l'issue duquel il finit premier sur la liste d'attente. Il commença sa carrière dans les services judiciaires en 1907 puis fut muté à l'office du cadastre en 1910 en raison de performances acceptables.

Les biographes d'Ossietzky soulignent que durant son temps dans l'administration judiciaire il mena une sorte de double vie. Travaillant pendant des heures dans son bureau le jour, il assistait le soir au plus grand nombre possible de manifestations culturelles et politiques. Parallèlement à cela, il écrivit beaucoup de poèmes et aussi une pièce de théatre romantique pour une actrice hambourgeoise dont il était tombé amoureux.

Sa conception du monde était proche du monisme du populaire zoologue et darwiniste Ernst Haeckel. Ossietzky espérait en effet une amélioration des conditions de vie grâce à la science et aux techniques et en tant qu'athée il voulait limiter l'influence de l'église sur l'éducation et la formation.

Le soldat pacifiste[modifier | modifier le code]

Carl von Ossietzky Memorial, Berlin.

En 1911, Ossietzky apporta sa première contribution à l'hebdomadaire das freie Volk (le peuple libre en français), publication officielle du parti politique Demokratische Vereinigung (union démocratique en français) auquel il avait adhéré en 1908. La collaboration s'intensifia ensuite les années suivantes.

En 1914 il a affaire pour la première fois avec la justice à la suite d'un article : il est accusé d'injures publiques pour de trop fortes critiques envers l'ancienne justice militaire. L'amende de 200 marks à laquelle il fut condamné, fut réglée par sa femme Maud qu'il avait épousé un an plus tôt. Ossietzky avait rencontré Maud Lichfield-Woods, fille d'un officier colonial britannique et d'une princesse indienne en 1912, elle était alors une active féministe. Après leur mariage, elle le soutint dans ses projets de privilégier une carrière journalistique et il démissionna en janvier 1914 de son poste dans l'administration judiciaire.

Au début de la Première Guerre mondiale Carl von Ossietzky fut déclaré inapte dans un premier temps. En raison de la guerre, les changements au sein des médias lui empêchèrent de gagner sa vie en tant que journaliste critique envers l'armée et même plus tard en tant que pacifiste. C'est pourquoi il retourna dans l'administration judiciaire en janvier 1915. Finalement à l'été 1916 il fut appelé et envoyé sur le front occidental. À ce moment, il n'est plus enthousiaste vis à vis de la guerre et présenta à des conférences pacifistes à Hambourg où il a été élu au comité directeur de la Deutsche Friedensgesellschaft (DFG) (littéralement Société allemande de la paix). À la fin de la guerre, Ossiezky revint à Hambourg et quitta à nouveau sa charge dans l'administration judiciaire.

Journaliste à Berlin[modifier | modifier le code]

Mener une vie en tant que journaliste fut difficile, c'est pourquoi il travailla parallèlement comme correcteur dans une maison d'édition. Il publia également le numéro zéro de la revue moniste die Laterne (la lanterne). Il était souvent en déplacements pour tenir des conférences car il avait été élu président de la section hambourgeoise de la DFG. Lorsqu'au milieu de l'année 1919 apparut l'opportunité de devenir secrétaire de l'organisation à Berlin, le couple Ossiezky déménagea dans la capitale de l'empire. Là bas en octobre 1919, il fit partie des membres fondateurs du Friedensbund der Kriegsteilnehmer (FdK) avec notamment Kurt Tucholsky. À ce moment là Ossietzky était un pacifiste bien plus radical que Ludwig Quidde, le président de la DFG, et peu disposé à prendre en charge le travail administratif de l'association, c'est pourquoi il abandonna en juin 1920 sa charge de secrétaire et se dédia au journalisme.

De 1920 à 1924 il travailla au Berliner Volks-Zeitung d'abord chargé de la politique étrangère puis en tant que rédacteur. À côté de ces activités, il s'investit dans le „Nie wieder Krieg”-Bewegung (Mouvement "Plus jamais de guerre"), créé sous l'impulsion du FdK, qui organisait des manifestations dans différentes villes allemandes le 1er août (date d'anniversaire du début de la Première Guerre Mondiale) chaque année. Pour ce mouvement Ossietzky publia aussi un organe d'information.

En plus de ces activités journalistiques et pacifistes, Ossietzky fonda avec Karl Vetter, rédacteur du Volkszeitung, le Republikanische Partei Deutschlands (RPD) (parti républicain allemand) pour défendre les idées de république et de démocratie. Ossiezky rédigea le programme du parti qui s'inspira des idéaux de la Révolution de mars 1848 et de la Révolution allemande de 1918-1919. Il était prévu un renforcement du pouvoir de l'état face à l'économie de marché pour le bien commun et des revendications prudentes après une nationalisation de l'industrie.

Avec un concept flou de Socialisme d'État démocratique, le RPD se distingua du SPD et du KPD. Ossietzky conserva cette position de distance vis à vis des deux grands partis de travailleurs jusqu'à la fin de la République de Weimar. Cette attitude lui valut des reproches, aussi bien de critiques que d'amis, car cela contribuait à fragmenter les forces républicaines et démocratiques. À la suite de l'échec lors des Élections législatives allemandes de mai 1924 avec seulement 0,17% des voix et aucun mandat obtenu, le RPD fut dissolu.

Par la suite, Ossietzky travailla comme collaborateur puis rédacteur de l'hebdomdaire indépendant das Tage-Buch des éditeurs Leopold Schwarzschild et Stefan Großmann. La collaboration avec les deux journalistes renommés ne fut pas harmonieuse car selon Ossietzky, ils ne critiquaient pas assez vivement l'armée et préfèraient écrire eux mêmes sur les thèmes importants. Ainsi dès février 1925, il prit la décision de passer du Tage-Buch à Die Weltbühne. Une plainte entrainant poursuite pénale à son encontre le décida cependant à reporter sa démission. Durant l'hiver 1925/1926, il travailla de manière transitoire au Montag-Morgen avant de se lancer dans l'étape décisive de sa carrière.

Editeur de la Weltbühne[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative au numéro 152 de la rue Kant à Berlin.

A l'instigation de Tucholsky, Siegfried Jacobsohn, éditeur du magazine hebdomadaire Die Weltbühne (La Scène mondiale) avait essayé de collaborer avec Ossietzky durant l'été 1924. Il faudra pourtant attendre avril 1926 pour voir un premier édito politique de ce dernier apparaître dans le magazine. Après la mort de Jacobsohn, Ossietzky devient en 1927 le directeur de la publication « en collaboration avec Kurt Tucholsky »[1]

En 1931, il est condamné à un an de prison pour « haute trahison » pour avoir publié des informations sur le réarmement clandestin de l'Allemagne. Hitler ordonne son transfert dans le camp de concentration d'Emsland : Börgermoor. En 1936, il reçoit le prix Nobel de la paix avec effet rétroactif pour l'année 1935, mais le gouvernement nazi lui interdit de se rendre en Norvège. Son état de santé se dégrade en raison des mauvais traitements dont il est victime et il est transféré en 1936 à l'hôpital de police de Berlin où il meurt de la tuberculose contractée pendant sa détention[2]. Son épouse Maud est décédée en 1974 à 85 ans.

Depuis 1962, l'association berlinoise de la Ligue internationale des droits de l'Homme attribue la Médaille Carl von Ossietzky. Son nom a été donné à l'Université d'Oldenbourg.

Références[modifier | modifier le code]

(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Carl von Ossietzky » (voir la liste des auteurs).

  1. « unter der Mitarbeit von Kurt Tucholsky », précisé en page de couverture jusqu'en 1933.
  2. Biographie de Carl von Ossietzky

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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