Shirin Ebadi

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Shirin Ebadi
Ebadi.jpg
Shirin Ebadi, le , à Tunis.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (71 ans)
HamadanVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
شیرین عبادیVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Shirin EbadiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Formation
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Religion
Distinctions
Prix Nobel de la paix ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Liste détaillée
Prix Felix Ermacora des Droits de l'homme (en)
Commandeur de la Légion d'honneur‎
Prix Rafto ()
Prix Nobel de la paix ()
Prix James Parks Morton Interfaith (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Shirin Ebadi
signature

Shirin Ebadi (en persan : شیرین عبادی, Shirin 'Ebādi), née le à Hamadan en Iran, est une juge et avocate iranienne. Elle est la première femme à avoir exercé la fonction de juge en Iran.

Lui a été décerné le prix Nobel de la paix en 2003 pour ses accomplissements en faveur de la défense des droits humains, plus précisément des droits de la femme et des enfants, et de la démocratie. Elle est la première Iranienne à avoir reçu ce prix.

En 2004, elle est apparue parmi "Les 100 Femmes les plus Influentes dans le Monde", par le magazine Forbes[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

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Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Shirin Ebadi est née d'une famille de musulmans protestants[2]. Son père, Mohammed Ali Ebadi, était auteur et lecteur en droit commercial[3]. Enfant, elle a étudié à l'école primaire de Firuzkuh puis aux collèges d'Anoshiravn Dadgar et Reza Shah Kabir[4].

Après avoir passé ses examens, elle se consacre à l’obtention de son diplôme en droit à la Faculté de droit de l'Univeristé de Téhéran.

Elle a commencé à travailler en tant que juge en 1969, tout en poursuivant son doctorat de droit privé à l'Université.

En 1975, elle est nommée Présidente du tribunal 24 de Téhéran, devenant la première femme à exercer la fonction de juge en Iran. Elle est néanmoins contrainte de démissionner en 1979, à la suite de l'arrivée au pouvoir de Rouhollah Moussavi Khomeini, renversant le Shah d'Iran Mohammed Reza Pahlavi. Au terme de la Révolution iranienne, les religieux conservateurs ayant ainsi pris le contrôle du pays limitent les droits et libertés accordés aux femmes et leur interdisent notamment d'assurer la fonction de juge. Ebadi enseigne à l'Université de Tehéran en attendant d'obtenir sa licence d'avocate, licence qu'elle n'obtiendra conséquemment qu'en 1992, trois ans après la mort de Khomeini[5].

Carrière en tant que juge[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1990, elle s'évertue à se prononcer en tant que juge sur des affaires relatives aux droits de l'Homme, œuvrant plus particulièrement pour la défense des droits des femmes et enfants[6].

En juillet 2004, elle devient marraine de la promotion 2004 de l'Ecole Nationale de la Magistrature (ENM) française.

En novembre 2006, elle reçoit du président français Jacques Chirac les insignes de commandeur de la Légion d'honneur.

En mars 2010, le Conseil de Paris la nomme citoyenne d'honneur de la Ville de Paris.

Affaires célèbres[modifier | modifier le code]

De nombreux dissidents au régime islamique sont assassinés ou portés disparus en raison d'opinions politiques émises, considérées comme allant à l'encontre dudit régime. Ebadi s'est vue prendre la défense en tant qu'avocate de dissidents de premier plan, tels que la famille de Dariush Farouhar, poignardé à mort, et de son épouse, Parvaneh Eskandari, ayant été retrouvée morte au même moment, [7] ainsi que de Parvaneh Farouhar et d'Ezzat Ebrahiminejad.

Elle défend de la même façon la mère de la journaliste Zahra Kazemi, ayant été tuée.

Activiste des droits humains[modifier | modifier le code]

Elle est la porte-parole officieuse des femmes iraniennes qui ont joué un rôle clé dans la campagne présidentielle de Mohammad Khatami et depuis elle se bat pour que les femmes aient un plus grand rôle dans la vie publique.

Elle fait partie de la direction de l’Organisation iranienne de protection des droits de l'enfant et de l’Association des défenseurs des droits de l'Homme en Iran.

Pour ses actions politiques, elle a obtenu le prix Rafto en 2001 avant d'obtenir en 2003 le Prix Nobel de la paix.

En visite à Paris en décembre 2003, elle se prononce contre l'interdiction du voile à l'école, déclarant qu'il ne faut pas « fermer l’école aux musulmanes sous prétexte de voile »[8].

En octobre 2007, elle intervient au Forum mondial de l’économie responsable qui se tient à Lille sur le thème de la diversité.

En août 2009, elle reçoit le Prix Manhae pour la paix.

Elle fait partie en 2011 des intervenants du deuxième Zermatt Summit sur le thème "Servant Leadership".

Elle est membre de la fondation PeaceJam.

Condamnation et exil[modifier | modifier le code]

En 2000, Ebadi a été accusée d'avoir distribué une cassette vidéo sur laquelle un extrémiste religieux avoue que les dirigeants iraniens sont à l'origine de ces violences. Elle a été condamnée pour cela à une peine d'emprisonnement et à une interdiction d'exercer. Ceci a attiré l'attention du monde sur les violations des droits de l'Homme en Iran.

En novembre 2009, le gouvernement iranien aurait, sans passer par le système judiciaire, gelé son compte bancaire, et, retiré la médaille et le diplôme de son prix Nobel[9],[10], ce que le ministère des Affaires étrangères iranien a fortement démenti. La somme allouée au titre du Prix Nobel de la Paix, avait été déposée sur un compte bancaire utilisé pour aider les prisonniers politiques et leur famille qui sont jugés de manière arbitraire. Le blocage du compte bancaire par les autorités iraniennes est considéré comme illégale car la saisie d'un compte bancaire doit résulter d'une décision judiciaire avec des preuves justificatives.

En avril 2008, elle révèle avoir fait l'objet de nombreuses menaces, la dissuadant notamment de faire des discours à l'étranger. Des membres de sa famille, tels que sa fille, ont également subi la pression de ces menaces[11].

Elle vit en exil à Londres depuis 2009[12].

Opposition au régime politique iranien[modifier | modifier le code]

Depuis la révolution islamique, avec l'arrivée au pouvoir des conservateurs religieux et de leur dirigeant, Khomeini en 1979, les libertés individuelles régressent drastiquement. Shirin Ebadi est ainsi forcée de donner sa démission en tant que juge du tribunal de Téhéran car les femmes iraniennes n'ont plus le droit d'exercer le métier de juge. Ne pouvant plus occuper cette fonction, elle se lance dans la carrière d'avocate, mais n'obtient sa licence qu'en 1992, après la mort de Khomeini. Par la suite, elle devient une défenseur des droits de l’homme et milite pour faire rétablir les libertés individuelles dans son pays, notamment pour les femmes et les enfants.

En 1995, elle fonde l’organisation iranienne de protection des droits de l’enfant et en 2001 l’association des défenseurs des droits de l’Homme en Iran. Mais en raison de son militantisme contre le régime iranien, son bureau est fermé et ses collaborateurs emprisonnés (certains d'entre eux sont toujours derrière les barreaux) comme sa proche collaboratrice Narguesse Mohammadi, journaliste et vice-présidente du Centre des défenseurs des droits humains en Iran, qui a été condamnée en appel à seize ans de prison. Elle est incarcérée à Téhéran en compagnie d'autres féministes iraniennes, ce qui a forcé Shirin Ebadi à l'exil. Malgré cette répression, le militantisme féminin reste très actif en Iran, notamment depuis l'arrivée de la République islamique : les protestations n'ont jamais cessé et continuent malgré la répression des autorités[13].

Ces protestations ont pris différentes formes. Des mouvements féminins organisent des rassemblements publics, quand d'autres célèbrent la Journée internationale de la femme, le 8 mars. Cet évènement est entièrement interdit par le gouvernement iranien, car il est considéré comme une coutume occidentale; tandis que, pour les intellectuelles iraniennes, cette journée est un moyen de contester le régime.

En 2009, dans un interview accordé à l'Express, Shirin Ebadi illustre la vie quotidienne des femmes iraniennes dans la culture patriarcale, qui leur oblige d'avoir l'autorisation de leurs maris pour pouvoir voyager[14].

En 2018 naît le mouvement citoyen spontané « Les Filles de Révolution ». De plus en plus de femmes brandissent leurs foulards dans les lieux public en guise de protestation contre le régime où le port du voile est obligatoire.

Prix Nobel de la Paix[modifier | modifier le code]

Le 10 octobre 2003, Shirin Ebadi reçoit le prix Nobel de la paix pour son investissement en faveur de la démocratie et des droits humains, en particulier pour les droits des femmes, des enfants et des réfugiés. Elle est la première femme iranienne à recevoir ce prix. Par ce choix, le comité de sélection du prix salue une « personne courageuse » qui « n'a jamais tenu compte de la menace pesant sur sa propre sécurité »[15]. Ce prix a eu un grand impact sur la société iranienne : ainsi à Téhéran, un porte-parole du Ministère des Affaires étrangères iranien a déclaré que son prix reflétait l'amélioration de la situation des femmes en Iran[16].

Saisie[modifier | modifier le code]

En Novembre 2009, à Londres, Ebadi révèle avoir vu son prix Nobel de la paix, ainsi que son diplôme et sa Légion d'honneur saisis par la Cour Révolutionnaire islamique, environ trois semaines plus tôt. Son compte bancaire a de plus été bloqué par les autorités iraniennes[17],[18].

Nobel Women's Initiative[modifier | modifier le code]

Le Nobel Women's Initiative a été créé en 2006 par six lauréates du Prix Nobel de la Paix dans le but de soutenir les groupes de femmes du monde entier dans leurs campagnes en faveur de la justice, de la paix et de l'égalité. Les membres fondateurs sont Mairead Maguire, Rigoberta Menchú Tum, Jody Williams, Shirin Ebadi, Tawakkol Karman, et Leymah Gbowee.

Les membres fondateurs ont pour mission de travailler pour utiliser la visibilité et le prestige du prix Nobel afin de mettre en lumière, d’amplifier et de promouvoir le travail d’organisations et de mouvements de femmes de base à travers le monde. Elles luttent pour le renforcement et le développement des efforts féministes pour promouvoir des solutions non-violentes à la guerre, à la violence et au militarisme.

La première conférence de cette organisation, en 2007, a été consacrée aux femmes, aux conflits et à la sécurité au Moyen-Orient.

Le Nobel Women's Initiative publie chaque année des rapports concernant l'avancé de leur projet[19]

Autres activités[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Shirin Ebadi et le Prix Nobel de la Paix 2003 :

Shirin Ebadi à Paris :

Vidéos[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Forbes 100 Most Powerful Women in the World 2004 », sur forbes.com, (consulté le 3 décembre 2018)
  2. (en) « Shirin Ebadi Biography »
  3. « Shirin Ebadi Biographical »
  4. (en) « Shirin Ebadi Biography »
  5. « Shirin Ebadi Biography »
  6. « Shirin Ebadi Biography »
  7. « Shirin Ebadi »
  8. Ebadi contre l’interdiction du voile à l’école en France, 20 Minutes, 16 décembre 2003.
  9. AFP, « L'Iran a gelé un compte bancaire de Ebadi », Le Figaro, (consulté le 28 février 2010)
  10. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20091127.OBS8964/l-iran-dement-avoir-confisque-le-prix-nobel-de-shirin-ebadi.html
  11. « Top Iranian dissident threatened »
  12. Jérôme Citron. Shirin Ebadi : "Je porte la voix de mon peuple". CFDT Magazine 2016, no 427, p. 32-33.
  13. « Iran: une actrice fuit son pays après avoir posté des photos sans voile », l'Express,‎ (lire en ligne)
  14. Christian Makarian, « Shirin Ebadi: "Une victoire des femmes ferait tomber le régime iranien" », article de presse,‎ (lire en ligne)
  15. (en) BBC, « Nobel winner's plea to Iran », article de presse,‎ (lire en ligne)
  16. (en) BBC, « Nobel winner's plea to Iran », Article,‎ (lire en ligne)
  17. « Shirin Ebadi », sur Wikipédia.org
  18. « Shirin Ebadi Nobel Peace Prize medal 'seized by Iran' »
  19. (en) « Annual & Thematic Reports », sur nobelwomensinitiative.org, (consulté le 3 décembre 2018)
  20. (en) « Nobel Women's Initiative », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  21. Lise Verbeke, « En Iran, le mouvement des femmes qui retirent leur voile s'amplifie », Journal,‎ , France Culture (lire en ligne)