Sein

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Un sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») désigne une mamelle de la femme, organe pair contenant une glande mammaire qui sécrète du lait et permet l’allaitement des nouveaux-nés et nourrissons. La poitrine désigne les deux seins. Le sein existe également sous forme rudimentaire chez l'homme.

Sein d'une femme enceinte

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot vient du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli », qui désignait notamment un pli de la toge recouvrant la poitrine. Son emploi au figuré l'a fait désigner la partie du corps correspondante. Mais on employait plutôt celui de mamma, « sein », et mamilla, « petit sein », d'où le mot en français : « mamelle ». Aussi, mammicula désignait une « petite mamelle ». C'est de là d'où vient le mot « mammifère » dont la caractéristique première est d'être doté de mamelles ou de seins pour l'être humain.

Chez la femme[modifier | modifier le code]

Profil de sein

Un réseau de canaux galactophores est présent à l'état rudimentaire chez les individus des deux sexes, de l'âge embryonnaire à l'âge adulte, mais seules les femmes, sous l'influence hormonale à partir de la puberté, le long des cycles et pendant la grossesse et l'allaitement, développent la partie glandulaire.

Les seins contiennent les glandes lactogènes (ou glandes mammaires) qui deviennent actives en période d'allaitement et produisent le lait maternel dont se nourrit le bébé pendant les premiers mois de sa vie. Durant la période de lactation, le lait est sécrété par ces glandes mammaires et est déversé par des canaux séparés au niveau du mamelon.

L'essentiel du corps du sein est constitué de tissu adipeux. Les seins voient leur volume varier en fonction de différents paramètres tels que le cycle d'ovulation, la température ou l'excitation[réf. nécessaire] ainsi que durant la grossesse. La limite de l'aréole, sa pigmentation et son réseau glandulaire varient avec la grossesse et l'allaitement. Le mamelon est érectile.

Outre sa fonction biologique de lactation, le sein féminin est un caractère sexuel secondaire[1]. Les seins peuvent jouer, en fonction du contexte culturel, un rôle important dans la séduction, l'érotisme et la sexualité.

Anatomie[modifier | modifier le code]

Schéma anatomique du sein
1. Cage thoracique 2. Muscles pectoraux 3. Lobules 4. Mamelon 5. Aréole 6. canaux galactophores 7. Tissu adipeux 8. Peau

Sur le plan superficiel, le sein est recouvert de peau (fascia superficialis) s’étendant sans limite nette jusqu’à la région mamelonnaire, arrondie et pigmentée.

La peau de l'aréole a un aspect grenu car elle est parsemée de glandes cutanées et sébacées (glande de Morgani) qui s'hypertrophient à la grossesse et prennent alors le nom de tubercule de Montgomery. L'aréole est pourvue de fibres musculaires lisses, muscles sphinctériens périalvéolaires, qui contrôlent la fonction excrétrice du sein au moment de la lactation. Le muscle aréolaire est un muscle lisse permettant l’érection du mamelon.

Le mamelon est la partie centrale et surélevée de l'aréole. Les canaux galactophores qui assurent l'évacuation des sécrétions lactées y débouchent par des pores séparés.

Sur le plan interne, le sein est essentiellement constitué d’un tissu conjonctif adipeux (les graisses) et de ligaments de Cooper. Le tissu glandulaire responsable de la production exocrine de lait ne représente qu'une faible proportion du volume mammaire.

La glande mammaire est constituée de lobes, séparés par des cloisons conjonctives, qui sont des ensembles de bourgeons glandulaires (acini ou ductules), développés en période d’allaitement ; ils débouchent sur un canal terminal, drainé par un canal galactophore pourvu vers son extrémité d’un sinus galactophore ou sinus lactifère. Chaque canal galactophore débouche séparément au niveau du mamelon. L'ensemble canal terminal et lobule définit une unité terminale ductulo-lobulaire de Wellings[2].

Le sein est richement vascularisé. Au niveau artériel on décrit notamment 3 origines à sa vascularisation :

  • l'artère axillaire participe par ses branches thoracique latérale (éventuellement avec en plus une thoracique latérale accessoire) et thoraco-acromiale (qui donnera par la suite une branche thoracique médiale dédiée à la glande mammaire)
  • l'artère thoracique interne (cheminant à la face postérieure des cartilages costaux jusqu'au sixième espace intercostal) via certaines de ses collatérales
  • les artères intercostales (originaires de l'aorte thoracique), notamment de la sixième à la neuvième.

Au niveau du système lymphatique, le sein est divisé en 4 cadrans, 2 externes, 2 internes. Les cadrans externes sont drainés vers la veine thoracique latérale, le creux axillaire (ganglion de Sorgius) et le ganglion infra-claviculaire. Les cadrans internes sont drainés sous le sternum par le ganglion intra-thoracique puis le relais infra-claviculaire.

Sur le plan profond, on distingue 3 muscles : le grand pectoral sur lequel glisse la glande mammaire, le petit pectoral et le subclavier.

Le sein est soutenu par la peau et un ligament suspenseur : la travée fibro-glandulaire. Au niveau inférieur, le sillon sous-mammaire est formé par un épaississement de ces travées qui tire la peau en profondeur.

La limite supérieure d’implantation du sein se situe à la 2 ou 3e côte, sa limite inférieure entre la 6e ou 7e côte.

La présence éventuelle de plus de deux seins s'appelle la polymastie.

Variations morphologiques[modifier | modifier le code]

Les seins varient à la fois en taille et en forme. Leur soutien se fait anatomiquement parlant, sur l'ensemble de la cage thoracique.

Taille[modifier | modifier le code]

Les seins varient en taille d'une femme à l'autre, mais aussi chez la même femme au cours du cycle menstruel d'abord, et tout au long de sa vie. La taille de bonnet la plus petite est AA, ce qui correspond à une taille inférieure à un pouce, soit 2,54 centimètres. À l'opposé, il arrive que les seins soient tellement développés qu'ils génèrent des troubles musculosquelettiques, et doivent conduire à une réduction pour conserver une qualité de vie confortable.

Contrairement à une croyance répandue, la taille des seins n'a pas d'influence directe sur la capacité d'allaitement[3].

Forme et soutien[modifier | modifier le code]
Asymétrie des seins, le sein droit présentant une légère ptose.

La forme générale du sein féminin est variable, le plus souvent conique arrondi. Ils peuvent être pointus, en forme « de poires » ou arrondis comme des « oranges ». Pourtant, leur aspect extérieur ne prédit pas de leur anatomie interne ou de leur potentiel d'allaitement. La forme des seins d'une femme dépend en grande partie de leur soutien, qui provient principalement des ligaments de Cooper, et la poitrine sous-jacente sur lesquels ils reposent. Le sein est rattaché à la base de la paroi thoracique par une aponévrose épaisse sur les muscles pectoraux. Sur sa face supérieure, un peu de soutien lui est donné par la peau qui continue sur la partie supérieure du thorax. C'est cet appui qui détermine la forme des seins. Chez un petit nombre de femmes, les sinus frontaux lactifères (ou « ampoules ») dans les seins ne sont pas alignés avec le tissu mammaire environnant, ce qui provoque un gonflement visible à l'extérieur de la zone des sinus.

Les seins peuvent être arrondis et hauts, saillant presque horizontalement à partir de la paroi thoracique, et de façon systématique en début de développement pubertaire. Cette forme est ensuite fréquente chez les jeunes femmes et les filles. Les seins « portés hauts » ou proéminents sont ancrés sur la base de la poitrine, et leur poids est uniformément réparti sur la zone se trouvant à la base du dôme mammaire ou de la forme conique des seins. Les seins « portés bas » ont une partie de leur poids soutenue par le thorax contre laquelle la partie inférieure du sein repose sur sa surface, et par un profond ancrage de sa base. Le poids est donc distribué sur une plus grande surface, ce qui a pour effet de réduire la tension. Chez les hommes et les femmes, la cage thoracique descend en pente douce, progressivement vers l'extérieur de l'entrée du thorax (en haut du sternum), jusqu'aux plus basses côtes qui marquent sa limite inférieure, ce qui permet le soutien des seins.

Physiologie[modifier | modifier le code]

Allaitement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Allaitement.

Après la naissance et avec les tétées du bébé, sous l'impulsion de l'hormone de la lactation, la prolactine, le débit sanguin est augmenté en priorité dans la zone du sein. L’augmentation de pression dans ces capillaires permet le passage, de la paroi des capillaires vers les cellules de l’acinus, de tous les éléments nécessaires à la fabrication du lait. Chaque cellule traite cette matière première. Une partie des composants du lait résulte directement de la filtration du sang, l’autre est synthétisée par les cellules de l’acinus. Le lait est ainsi sécrété goutte à goutte dans la lumière de l’acinus. Sous l’effet de la succion du sein par le bébé et sous l'effet de l'ocytocine les cellules myoépithéliales, qui sont des fibres musculaires microscopiques enveloppant l'acinus, sont mises en action et se contractent, pressant l’acinus pour le vider. Les gouttes de lait sécrétées sont maintenant expulsées vers le canal galactophore. L'ocytocine provoque la contraction des fibres musculaires tout au long des canaux galactophores qui pulsent le lait vers la sortie par un mouvement péristaltique. C'est le réflexe d'éjection.

Endocrinologie[modifier | modifier le code]

Le sein est sensible à de nombreuses hormones : œstrogène, progestérone, androgène, prolactine, hormone de croissance, hormone lactogène placentaire, cortisol[4].

Comportements[modifier | modifier le code]

Allaitement[modifier | modifier le code]

L'organisation neurobiologique des seins permet le développement du comportement d'allaitement des jeunes enfants dès leur naissance. L'aréole des seins est relié par des nerfs au cerveau, en particulier au système de récompense. La stimulation des seins procure une récompense cérébrale qui incite la femme à renouveller les stimulations. C'est grâce au système de récompense que les mammifères femelles[5] et les femmes[6],[7] allaitent leur nouveau-né (voir "Allaitement"), et c'est également les récompenses qui sont à l'origine des stimulations sexuelles des seins (voir "Comportement érotique")[8],[9].

Sexualité[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Comportement érotique et Attirance sexuelle.

Chez les mammifères, les mamelles sont un organe dont la fonction est de produire l’aliment nécessaire au développement physiologique du nouveau-né. Les mamelles ne jouent aucun rôle dans le comportement sexuel des mammifères non-humains. En effet, quand on analyse les circuits neurobiologiques qui contrôlent la copulation hétérosexuelle (circuits moteurs de la lordose, circuits olfactifs du traitement des phéromones sexuelles, circuits de la motivation sexuelle), on remarque que les organes lactogènes ne jouent aucun rôle fonctionnel. Il n’existe aucune raison biologique pour qu’ils soient inclus dans le contrôle de la copulation[10]. Les études éthologiques prouvent que les hommes sont les seuls mâles du règne animal à s’intéresser sexuellement à la poitrine des femelles. Mais tous les hommes ne sont pas attirés par les seins. Dans certaines sociétés traditionnelles, à partir de l’observation que les seins des femmes sont l’équivalent des mamelles des animaux domestiques et servent à produire du lait ou à allaiter, et que les animaux n’ont pas d’activités sexuelles avec les mamelles, il était « évident » que les seins ne pouvaient être des zones « sexuelles »[11]. Dans certaines tribus africaines les femmes se promènent torse nu sans susciter un intérêt particulier de la part des membres masculins du groupe[12].

Alors pour quelles raisons les seins peuvent-ils devenir une zone corporelle érotisée ? Pourquoi les seins peuvent-ils constituer dans certaines sociétés humaines un élément féminin de séduction auxquels leurs partenaires peuvent accorder beaucoup d'importance ?

L'analyse de l'organisation neurobiologique montre que, chez les rongeurs femelles, la stimulation des mamelons provoque une activation du système de récompense qui est supérieure à celle induite par la cocaïne[5]. Chez la femme, l’imagerie cérébrale montre que la stimulation sexuelle des seins active des régions du cerveau similaires à celles qui sont activées lors des stimulations génitales[13]. Les femmes déclarent que la stimulation des seins est très érogène, presque autant que les zones génitale et orale[14]. Plus de 80 % des femmes déclarent que la stimulation érotique des seins est la cause de leur excitation sexuelle, ou augmente leur excitation sexuelle[15]. L'analyse de ces données suggère que les organes génitaux et les seins font partie d’un même système neurobiologique spécialisé dans l’apprentissage des comportements qui permettent la reproduction (copulation et allaitement). Chez les mammifères non-primates, le clitoris et les mamelles ne sont pas des zones actives simultanément car le comportement sexuel est dissocié des comportements maternels par les hormones. Les hormones agissent comme un interrupteur : elles activent ou elles inhibent les circuits sexuel ou maternel (en simplifiant, les œstrogènes pour la sexualité et la progestérone pour la maternité) en fonction du contexte et de l'état physiologique. Par contre, chez la femme, comme la sexualité est devenue dissociée des cycles hormonaux, ces deux régions peuvent être simultanément érogènes. Potentiellement, elles peuvent être simultanément à l'origine d'activités érotiques, si ces activités sexuelles sont favorisées par le contexte culturel.

Ainsi, chez les femmes, il existe une organisation neurobiologique qui peut générer des sensations érotiques et donc induire la recherche des stimulations érotiques des seins.

Une hypothèse relativement probable est que les femmes demandent aux hommes durant les activités sexuelles de leur caresser les seins[15], pour ressentir des sensations érotiques. Ainsi, chez l’homme, la stimulation des seins va être associée aux activités sexuelles et pourrait donc devenir un stimulus sexuel conditionné. Puis, si cette activité est intégrée au niveau culturel, elle peut devenir une pratique sociale valorisée. Des expériences récentes montrent comment une pratique sexuelle socialement valorisée peut influencer le développement de motivations sexuelles pour cette pratique : des processus cognitifs complexes, tels la modulation du système de récompense par des représentations cognitives[16], l’influence inconsciente des représentations culturelles[17], ou le mimétisme social[18] influencent les apprentissages érotiques. C’est une hypothèse probable qui reste à confirmer. Mais comme il est « évident » dans la culture occidentale que les seins sont des objets sexuels pour l’homme, aucune recherche spécifique n’a été menée. Par ailleurs, comme les organes lactogènes ne sont pas développés chez l’homme, il serait peu probable qu’apparaisse une activité de stimulation de ces organes. Néanmoins, les mamelons des hommes procurent des sensations plus intenses que la plupart des autres régions du corps[14].

Au XXe siècle, le zoologiste Desmond Morris suggère[19], en effectuant notamment des comparaisons avec le cas des autres primates, que l'évolution a entraîné chez la femelle humaine une modification de la forme des seins pour leur faire évoquer les fesses. D’après cette hypothèse, la similitude entre la forme des seins et des fesses s’expliquerait par la nécessité, dans l’espèce humaine, en raison du coït en face à face, de transposer un signal excitateur postérieur spécifique, les fesses, en un signal antérieur similaire, les seins. Les seins seraient ainsi des « fesses par devant », un signal adaptatif excitateur spécifique à l’espèce humaine. Mais l’hypothèse de Morris explique uniquement les activités érotiques pour deux régions sexuelles, les fesses et les seins. Pour expliquer l’attrait érotique des autres régions du corps et les autres activités érotiques, il est nécessaire d'utiliser d'autres hypothèses, ce qui complique le modèle de la sexualité humaine. De plus, l’hypothèse de Morris n’explique pas comment est organisée dans le système nerveux la reconnaissance visuelle des fesses et des seins. Comment cette forme des seins est-elle codée dans le cerveau ? Comment les millions de connexions synaptiques nécessaires au codage de cette image mentale sont-elles précâblées ? Et comment, avec seulement quelques modifications d’un nombre limité de gènes par rapport aux autres hominidés, un système aussi complexe de reconnaissance visuelle des seins a-t-il pu se développer dans l'espèce humaine ? Comment l’évolution a-t-elle pu deviner la forme finale des seins ? De surcroît, par rapport à la dynamique fonctionnelle, quel est le lien avec le coït vaginal ? Comment ce signal provoqué par les seins induit-il le coït vaginal et pas le frottement du pénis entre les seins ? Et que devient la peau sexuelle des primates, qui aurait été a priori un meilleur signal puisque dirigé vers les régions génitales ? L’hypothèse de Morris apparaît comme une hypothèse « ad hoc », c’est-à-dire une hypothèse qui a été créée dans le but d’expliquer un phénomène spécifique (l’attrait érotique des seins)[20]. Mais, comme elle n’a pas été élaborée à partir d’une confrontation avec toutes les données connues relatives au fonctionnement du comportement sexuel, elle apparaît comme une hypothèse relativement spéculative.

En conclusion, comme chez les autres mammifères, il est hautement probable que les seins ne sont pas un signal sexuel inné chez l’être humain. Chez les mâles humains, dans certaines sociétés, les conditions et les processus exacts de l’apprentissage d'une motivation érotique pour les seins sont encore en partie hypothétique. Par contre, chez la femme, l’organisation neuroanatomique fait que l’activité de stimulation érotique des seins est potentielle, relativement probable, et peut être apprise en fonction du contexte culturel[10].

Pathologies[modifier | modifier le code]

Sein atteint d'un cancer

L'étude du sein et de ses maladies est la sénologie et le praticien qui est expert en sénologie est un sénologue. Les douleurs du sein sont désignées par le terme mastodynie.

Comme tout organe, le sein peut être affecté de pathologies :

  • Maladies fibrokystiques[21] ;
  • Fibro-adénomes[21] ;
  • Papillome intracanalaire : tumeur bénigne, se manifestant par des écoulement séreux ou sanguinolent[21] ;
  • Mastites inflammatoires[22] ;
  • Cancer du sein ;
  • L'hypermastie, soit des seins trop volumineux, n'est pas une maladie mais peut entrainer des pathologies squeleto-musculaires.
  • Les crevasses sont des fissures cutanées se développant fréquemment (pour une femme sur quatre) sur le mamelon ou l'aréole lors des allaitements[23].

Techniques médicales[modifier | modifier le code]

La palpation peut être faite par le médecin ou par la patiente elle-même. En position debout, la main à plat explore chaque quadrant à la recherche d'une masse ou d'une irrégularité. La palpation se termine par la recherche de ganglions dans le creux axillaire.

La mammographie est un examen radiologique à faire systématiquement à partir d'un certain âge afin de détecter les cancers du sein : le sein est compressé entre deux plaques pour pouvoir être soumis aux rayons X.

L'échographie est un examen indolore et sans danger utilisant une sonde émettrice et réceptrice d'ultrasons. Il permet de compléter utilement la mammographie.

La thermographie est un examen indolore et sans danger, mesurant les différences de température locale du sein par l'intermédiaire d'une image infrarouge. Cet examen n'est plus pratiqué, car ses résultats ne sont ni assez fiables, ni suffisamment précis.

Usage[modifier | modifier le code]

Lingerie et maintien[modifier | modifier le code]

Femme portant un strophium
Article détaillé : Soutien-gorge.

Les seins ont tendance à s'affaisser avec l'âge ; on parle alors de ptose mammaire. Cette évolution est très courante dans le Vieillissement du sein. Le soutien-gorge, pièce de lingerie féminine est un objet utilisé à la fois pour masquer, mettre en valeur les seins, et en théorie pour les soutenir, et éviter qu'ils ne s'affaissent. Ainsi, pour les partisans du soutien-gorge, il permettrait un maintien ferme de la poitrine tout au long de la vie, ce qui serait un synonyme de beauté et de moindre gêne dans les mouvements. Toutefois, pour Jean-Denis Rouillon, médecin du sport au CHU de Besançon qui a mené une étude sur plus de 300 sportives, le port du soutien-gorge au contraire conduit à fragiliser le tissu conjonctif naturel qui le soutient, par manque de sollicitations et sclérose du système vasculaire trop comprimé. Il aurait les effets inverses à celui recherché, avec au moins une femme sur trois présentant un début de ptose à 25 ans[24].

Cet objet commun dans les civilisations occidentales fait l'objet d'une industrie et d'un marketing pouvant faire appel à des compositions textiles raffinées. Les méthodes de fabrication (usine, atelier, retouches à la main) ainsi que les matières entrant dans sa composition (coton, dentelle, élasthanne, lycra, polyamide, polyester, etc.) sont multiples.

Ce type de vêtement existe depuis l'Antiquité et le Moyen Âge : les femmes utilisaient alors des dispositifs pour soutenir leur poitrine, mettre en valeur ou masquer leur poitrine : strophium, sangles, brassières, bandeaux, corsets et corselets.

Modifications[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de la chirurgie plastique, le sein peut être l'objet de modifications voulues comme l'introduction d'un implant mammaire sous les muscles pectoraux ou la réduction.

Ou il peut être l'objet de remplacement par un implant mammaire, suite à une mastectomie (c'est-à-dire l'ablation complète ou partielle, chirurgicale du sein), le plus souvent due à un cancer.

L'ornementation d'un piercing peut être pratiquée, notamment sur le mamelon. Ou par un tatouage temporaire ou définitif.

Divers[modifier | modifier le code]

En Occident, l'attrait érotique des seins stimule un secteur lucratif dans le marché du sous-vêtement visant à fournir des soutiens-gorge valorisants tels les redresse-seins par exemple (tel que le Wonderbra), voire dans le marché du vêtement moulant.

Le potentiel d'attraction des seins, facteur de séduction, s'oppose aux tabous sociaux sur la nudité, et conduit chaque femme à respecter un ensemble de codes de bienséance en fonction de sa culture et de son milieu social[25]. Les représentations des seins sont utilisées comme outil d'appel dans d'innombrables publicités (parfums, produits de beauté, diététique, etc.), et spectacles, ou concours tels que les concours de tee-shirts mouillés. Cette utilisation est, à des degrés divers, remise en cause par la plupart des écoles féministes qui considèrent qu'elle infériorise et fait percevoir la femme principalement comme objet de convoitise ou cible marchande.

Dans quelques sociétés, dont en Occident, les gros seins des femmes exercent un fort pouvoir d'attirance, voire une fascination chez certains hommes hétérosexuels pour qui cela devient un fantasme sexuel, alors que dans d'autre civilisations, le sein en général est dénué d'attrait érotique[26].

La presse à sensation se fait régulièrement l'écho de cas de « seins les plus gros du monde ». Linsey Dawn McKenzie serait connue mondialement pour avoir été la femme aux seins naturels les plus gros du monde. Alors qu'elle était âgée de 12 ans, elle portait à l'époque un soutien-gorge d'une taille 34DD (selon les mesures britanniques) jusqu'à ses 15 ans, elle atteignit à l'âge de 17 ans une taille de 34GG. Sa taille finale fut 36HH mais est actuellement de 36DD après intervention chirurgicale. Toujours en mesures britanniques. Le magazine The People du Royaume-Uni rapporte des surenchères pour savoir qui aurait les plus gros seins en Grande-Bretagne[27].

Ces attentions quelquefois peu discrètes peuvent entrainer des troubles chez les jeunes filles à la poitrine très développée, qui seraient plus convoitées que les autres, soit par une confusion entre le fait d'être désirée et celui d'être aimée, soit au contraire, par mise en place de mécanismes de défense afin d'échapper aux regards de convoitise qui les réduisent à de simples objets sexuels[28].

Chez l'homme[modifier | modifier le code]

Les glandes mammaires, susceptibles de produire quelques gouttes de lait dans les semaines après la naissance, sous l'influence de la prolactine transmise par leur mère, s'atrophient rapidement et ne se développent pas à la puberté, sauf problèmes hormonaux.

Cas de gynécomastie sévère chez l'homme

Pathologie[modifier | modifier le code]

La gynécomastie masculine est le pendant de l'hypermastie féminine. C'est un développement excessif des glandes mammaires dont la cause peut être congénitale ou due à une maladie, à une tumeur ou à la prise de certains médicaments.

L'homme peut être affecté d'un cancer du sein, dans des proportions moindres que la femme (environ 1 % des cas). La maladie étant généralement décelée plus tard, le pronostic est en moyenne plus défavorable.

Représentation artistique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nu (thème artistique).

Les seins sont, dans certaines cultures (mais pas dans toutes, certaines l'ignorant totalement comme objet d'attraction), un objet de fascination et de représentation de la femme dans l'art antique et contemporain.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Erwin J. Haeberle, « Le Sexe - Fondements de la sexualité humaine - Classification des caractères sexuels », hu-berlin,‎ 2003 (consulté le 2013-05-18)
  2. [PDF] cours d'anatomo-pathologie de la faculté de médecine de Strasbourg, année 2005-2006 voir page 34 du pdf.
  3. Joseph Josy Lévy, Claude Crépault « La Sexualité Humaine: Fondements Bioculturels », PUQ, 1978, (ISBN 9782760522176), 128 pages, p. 8
  4. Physiologie et endocrinologie du sein MC Laurent, CHRU Rennes
  5. a et b (en) Ferris C.F., Kulkarni P., Sullivan J.M., Jr., Harder J.A., Messenger T.L., Febo M. Pup suckling is more rewarding than cocaine: evidence from functional magnetic resonance imaging and three-dimensional computational analysis. The Journal of Neuroscience, 25(1):149-156, 2005
  6. MARSHALL Leslie B. Infant care and feeding in the South Pacific. Gordon and Breach, NY, 1985
  7. HERDT Gilbert , STOLLER Robert J. Intimate communications: erotics and the study of culture, Columbia University Press, NY, 1990
  8. (fr) WUNSCH Serge, Thèse de doctorat sur le comportement sexuel [PDF] EPHE-Sorbonne, Paris, 2007.
  9. (en) AGMO Anders Functional and dysfunctional sexual behavior Elsevier 2007.
  10. a et b (fr) WUNSCH Serge, Comprendre les origines de la sexualité humaine. Neurosciences, éthologie, anthropologie. [PDF] L'Esprit du Temps, 2014.
  11. Claude Crépault, 1978, p. 85 rapporte par exemple qu'à Ulithi, en Micronésie, ni les seins ni la bouche ne sont considérés comme des zones érogènes et sexuellles
  12. (en) Mascia-Lees F. Why women have breasts. Anthropology Now, 1(1):4-11, 2009
  13. (en) Komisaruk B.R., Wise N., Frangos E., Liu W.C., Allen K., Brody S. Women's clitoris, vagina, and cervix mapped on the sensory cortex: fMRI evidence. J. Sex Med., 8(10):2822-2830, 2011
  14. a et b (en) Turnbull O.H., Lovett V.E., Chaldecott J., Lucas M.D. Reports of intimate touch: Erogenous zones and somatosensory cortical organization. Cortex, 2013
  15. a et b (en) Levin R., Meston C. Nipple/Breast stimulation and sexual arousal in young men and women. J. Sex Med., 3(3):450-454, 2006
  16. (en) McCabe C., Rolls E.T., Bilderbeck A., McGlone F. Cognitive influences on the affective representation of touch and the sight of touch in the human brain. Soc. Cogn Affect. Neurosci., 3(2):97-108, 2008
  17. (en) Custers R., Aarts H. The unconscious will: how the pursuit of goals operates outside of conscious awareness. Science, 329(5987):47-50, 2010
  18. (en) Lebreton M., Kawa S., Forgeot d.B., Daunizeau J., Pessiglione M. Your goal is mine: unraveling mimetic desires in the human brain. The Journal of Neuroscience, 32(21):7146-7157, 2012
  19. Desmond Morris, Le Singe nu, Grasset 1968 / Le Livre de poche, chapitre 2, (ISBN 2-253-00305-0)
  20. (en) Wunsch S., Brenot P. Does a sexual instinct exist ? Sexologies, 13(48):30-36, 2004
  21. a, b et c Francois-Xavier Slosman, « pathologie benignes du sein (fibroadénomes, kystes, etc.) » (consulté le 22 mars 2013)
  22. Claude Colin, « fc33-Proliférations canalaires, sécrétions et œdèmes » (consulté le 22 mars 2013)
  23. « Crevasses : Symptômes, Traitement, Causes, Définition - Vulgaris Médical » (consulté le 22 mars 2013)
  24. Andrada Noaghiu et Christine Robert, 18 septembre 2012« Histoires au féminin ou presque (2/4) : "Cachez ce sein…" », France Inter, 18 septembre 2012, minutes 10 et 28, Prononciation du titre dans sa version originale [[Media:{{{1}}}|Écouter]]
  25. Les médias à sensation se font régulièrement l'écho de « scandales » liés au franchissement des limites des bonnes mœurs. On peut relever par exemple le Scandale du Nipplegate concernant Janet Jackson ou le sein dévoilé de Sophie Marceau au festival de Cannes 2005.
  26. Joseph Josy Lévy, Claude Crépault « La Sexualité Humaine: Fondements Bioculturels », PUQ, 1978, (ISBN 9782760522176), 128 pages, p. 59 ; 86
  27. People.co.uk - RECORD BREAKKERS!, article datant du 11 décembre 2005
  28. Claude Crépault « Les fantasmes, l'érotisme et la sexualité: l'étonnante étrangeté d'Éros », Odile Jacob, 2007, (ISBN 9782738119292), 240 pages, p. 91

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Damien Baldin, Histoire du Sein, Éditions du Sandre, 2005.
  • Béatrice Maillard-Chaulin, Journal d'un Sein, Corsaire.
  • Claude-François-Xavier Mercier de Compiègne, Éloge du sein des femmes Ouvrage curieux.[1]
  • Jean-Claude Kaufmann, Corps de femmes, regards d'hommes. Sociologie des seins nus, Éditions Pocket, Paris, 2001 — (ISBN 2-266-10980-4).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Anatomie[modifier | modifier le code]

Physiologie[modifier | modifier le code]

  • Allaitement
  • Lait maternel : nature et fonction des composants, variations dans le temps de la composition du lait maternel

Société[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

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