Ferdinand Buisson

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Ferdinand Buisson
Image illustrative de l'article Ferdinand Buisson
Fonctions
Député de la Seine
Groupe politique Parti républicain, radical et radical-socialiste
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Thieuloy-Saint-Antoine
Nationalité Française
Profession Haut fonctionnaire
Distinctions Prix Nobel (1927)
Religion Protestante

Ferdinand Buisson, né le à Paris et mort le à Thieuloy-Saint-Antoine, est un philosophe, éducateur et homme politique français, cofondateur et président de la Ligue des droits de l'Homme, ainsi que président de la Ligue de l'enseignement (1902-1906). En 1927, le prix Nobel de la paix lui est attribué conjointement avec Ludwig Quidde.

Il a été directeur de l'Enseignement primaire en France. En 1905, il préside la commission parlementaire chargée de mettre en œuvre la séparation des Églises et de l'État. Il est également connu pour son combat en faveur d'un enseignement laïque à travers la Ligue de l'enseignement.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ferdinand Buisson est élève au lycée Condorcet, puis obtient l'agrégation de philosophie en 1868 (il est classé deuxième)[1].

Figure historique du protestantisme libéral, il s'exile volontairement en Suisse sous le Second Empire, de 1866 à 1870, car il refuse de prêter serment au nouveau pouvoir ; il est professeur à l'Académie de Neuchâtel. En 1867, il suit les trois congrès internationaux de la Ligue de la Paix et de la liberté. C'est au dernier congrès à Lausanne, en 1869, qu'il lit un discours[2]. Parallèlement, il tente de mettre en place une Église protestante libérale, faisant appel aux pasteurs Jules Steeg et Félix Pécaut.

Dès l'instauration de la Troisième République, il rentre en France et participe activement aux initiatives politiques et sociales de la municipalité du 17e arrondissement. En , il prend la direction de l'orphelinat municipal du 17e arrondissement, premier orphelinat laïque, qui deviendra plus tard l'orphelinat de la Seine[2].

Refusant d'enseigner la philosophie, car désireux d'œuvrer en faveur des enfants les plus pauvres, il est, grâce à son amitié avec le ministre de l'Instruction publique Jules Simon, nommé à la direction des établissements scolaires parisiens. Une violente campagne, menée tant par le parti catholique que les protestants orthodoxes, contraint Jules Simon à faire marche arrière. Buisson sera chargé de réunir une vaste documentation sur les pratiques pédagogiques dans le monde. Soucieux de l'avenir des enfants de l'orphelinat, il se met en relation avec le philanthrope Joseph-Gabriel Prévost et place les enfants dans son orphelinat à Cempuis, dans l'Oise. En 1880, il nomme Paul Robin directeur de cet orphelinat[2].

De 1879 à 1896, il est appelé par Jules Ferry, successeur de Jules Simon, à la direction de l’Enseignement primaire. En 1890, il devient professeur de pédagogie à la Sorbonne. Puis il supervise le travail d’écriture et de conception des lois sur la laïcité. En 1905, il est le président de la commission parlementaire qui rédige le texte de la loi de séparation des Églises et de l'État.

Jusqu'alors réservé de par ses fonctions, en 1898, il prend fait et cause pour le capitaine Dreyfus. Buisson participe à la création de la Ligue française des droits de l'Homme dont il sera président de 1913 à 1926.

Rapport de Claire Bertelot, institutrice de l’école d’Étauliers, à Ferdinand Buisson, inspecteur général de l’Instruction publique, sur ses activités en 1914-1918. 25 juin 1918. Archives nationales de France.

Député de la Seine de 1902 à 1914, puis de 1919 à 1924, il est en particulier un ardent défenseur de l'enseignement professionnel obligatoire et du droit de vote des femmes.

Ferdinand Buisson fut également le maître d'œuvre d'un chantier éditorial remarquable, le Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, pour la rédaction duquel il s'entoura de plus de 350 collaborateurs. La première édition est publiée par Hachette entre 1882 et 1887. Une nouvelle édition paraît en 1911[3]. Ne se limitant pas à un rôle de responsable éditorial, Buisson rédige des articles emblématiques, comme Laïcité, Intuition, Prière... Son dictionnaire est considéré comme la « bible » de l’école laïque et républicaine, et introduit ce que certains perçoivent comme le concept d'une religion laïque de remplacement, alors que, pour Buisson, il y va de ce qui est la seule chose à retenir du religieux, la conscience morale.

Partisan de la première heure de la Société des Nations (SDN), Buisson se consacre ensuite au rapprochement franco-allemand, surtout après l'occupation de la Ruhr en 1923, en invitant des pacifistes allemands à Paris et en se rendant à Berlin. Il reçoit le prix Nobel de la paix en 1927 avec le professeur allemand Ludwig Quidde. Il le dédiera aux Instituteurs et institutrices de l'école publique.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le Christianisme libéral, Cherbuliez, Paris, 1865
  • De l'enseignement de l'histoire sainte dans les écoles primaires, 1869
  • Sébastien Castellion, sa vie, son œuvre, Hachette, Paris, 1892, 2 tomes [(fr) lire en ligne]
  • La Religion, la Morale et la Science, quatre conférences. Fischbacher, Paris, 1900
  • Libre Pensée et protestantisme libéral, quatre lettres au Protestant et réponses de Charles Wagner. Fischbacher, Paris, 1903, rééd.Théolib, 2009 (ISBN 978-2-36500-021-5)
  • Condorcet. Réédition : Alcan, Paris, 1929
  • Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (1887) Alcan, Paris, 1929.
  • Nouveau dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire , Paris, Hachette, 1911, [(fr) lire en ligne] sur site www.inrp.fr.
  • Éducation et République. Choix de 111 textes, effectué par Pierre Hayat, avec des notes et une présentation, aux éditions Kimé, Paris, 2003 (ISBN 2-84174-293-8)
  • La Politique radicale, 1908
  • Le Vote des femmes, Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1911
  • L'avenir du sentiment religieux (1914), Fischbacher, 1923
  • Le Fonds religieux de la morale laïque, in Revue pédagogique
  • Sommes-nous tous des libres croyants ? Libre pensée et protestantisme libéral, Éditions Le foyer de l'âme/Église réformée de la Bastille, 1992 (coauteur : le pasteur Charles Wagner)
  • Souvenirs, Fischbacher, 1916) ;
  • L'École et la nation en France, L'Année pédagogique, 1913
  • Conférence sur l'enseignement intuitif[4] (31 août 1878), publiée dans Les Conférences pédagogiques faites aux instituteurs délégués à l'Exposition universelle de 1878[5].

Hommages[modifier | modifier le code]

Portent son nom :

  • Des établissements scolaires
  • Des voies publiques

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 | Ressources numériques en histoire de l'éducation », sur rhe.ish-lyon.cnrs.fr (consulté le 24 octobre 2016)
  2. a, b et c Martine Brunet, « L'unité d'une vie », in Ferdinand Buisson, souvenirs et autres écrits, Théolib, 2011, p. 119-170.
  3. Cette version contient un article favorable aux syndicats d'instituteurs, quatre ans après la révocation de Marius Nègre par Clemenceau, et alors même que le Syndicat national des instituteurs ne sera constitué qu'en 1920 et reconnu de facto par le gouvernement qu’en 1924. La rédaction de cet article a été confiée à Émile Glay, alors secrétaire adjoint de la Fédération nationale des amicales d'instituteurs et futur secrétaire général adjoint du SNI, présenté comme « disciple » de Ferdinand Buisson.
  4. Sur le site ecolereferences.
  5. Voir sur Gallica.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Cabanel
    • Ferdinand Buisson. Père de l'école laïque, Genève, Labor et Fides, 2016 (ISBN 978-2-830915976)
    • « Ferdinand Édouard Buisson », avec Jean-Marie Mayeur, in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 510-511
  • Patrick Dubois, Le Dictionnaire de Ferdinand Buisson. Berne : Lang, 2002 (ISBN 3-906768-10-4)
  • Mireille Gueissaz, L'Image énigmatique de Ferdinand Buisson. La vocation républicaine d'un saint puritain, ANRT, 1999, 480 p. + 104 p. d'annexes (présentation du fonds Buisson)
  • Pierre Hayat, « La dialectique de l'école et de la société chez Ferdinand Buisson », L'Enseignement philosophique, novembre-décembre 2008
  • Laurence Loeffel
    • Ferdinand Buisson. Paris : Hachette, 1999 (ISBN 2-01-170595-9)
    • Ferdinand Buisson : fondateur de la laïcité (Colloque), Amiens, SCÉRÉN-CRDP Académie d'Amiens, coll. « Documents, actes et rapports pour l'éducation », 2004. 120 p., (ISBN 2-86615-286-7)
  • Pierre Nora, « Le Dictionnaire de pédagogie de Ferdinand Buisson, cathédrale de l’école primaire », in P. Nora (dir.), Les Lieux de mémoire. I - La République, Paris, Gallimard, 1984, reéd. Paris, Gallimard, coll. Quarto, p. 327-347
  • Vincent Peillon, Une religion pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson, Le Seuil, Paris, 2010 (ISBN 978-2020985215)
  • Antoine Prost, « Ferdinand Buisson, libéral laïque dans l'âme », Le Monde de l'Éducation, janvier 2008, p. 64-65
  • Pierre-Yves Ruff, Tu seras un jour toi-même. Ferdinand Buisson et le projet de l'école laïque. Paris, Théolib, 2013. (ISBN 978-2-36500-064-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]