Wei Jingsheng

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Wei Jingsheng au Parlement européen de Strasbourg le 20 novembre 2013 à l’occasion du 25me anniversaire du Prix Sakharov.
Wei Jingsheng.

Wei Jingsheng ( 魏京生 pinyin Wèi Jīngshēng) est né à Pékin le . Ancien garde rouge, fils de hauts cadres communistes, il est un des plus célèbres dissidents chinois et symbole du mouvement de revendications démocratiques en Chine. Il fut pressenti à plusieurs reprises pour le Prix Nobel de la paix et reçut en 1996 le prix Sakharov pour la Liberté de Pensée.

Action politique[modifier | modifier le code]

Wei Jingsheng a pris part à la Révolution culturelle comme garde rouge alors qu'il était électricien au zoo de Pékin. L'arrivée au pouvoir en République Populaire de Chine de « gestionnaires » plus pragmatiques, tels le premier ministre Zhou Enlai et son bras droit Deng Xiaoping qui promouvaient les « Quatre modernisations » (agriculture, industrie, défense nationale, sciences et techniques) et un début très timide de « démaoïsation » ouvrirent le champ au débat et aux revendications politiques. Wei Jingsheng se fit connaître pour son rôle dans le « mouvement démocratique » de 1979 : son dazibao affiché sur le Mur de la démocratie, réclamant la « cinquième modernisation », la démocratie, est resté célèbre. Dénonçant les réformes comme un leurre destiné à masquer la mise en place d'une nouvelle dictature communiste, il attaque violemment les nouveaux responsables politiques chinois. Wei Jingsheng fut arrêté le 29 mars 1979 pour avoir « divulgué des secrets d'État », et fut condamné à 15 ans de prison[1]. Il avait également écrit en mars 1979 une lettre dénonçant les conditions inhumaines de la prison de Qincheng où fut incarcéré le 10e Panchen Lama et qui conduisirent ce dernier à une tentative de suicide après des séances de thamzing[2]. Une grande partie des informations contenues dans l'essai de Wei Jingsheng provenaient du père de l'amie de Wei, qui venait d'être relâché de cette prison de haute sécurité. Marie Holzman a déclaré que Wei a complété sa recherche et écrit son essai de journalisme d'investigation en une semaine[3].

Dans sa biographie, Wei Jingsheng évoque aussi des cas de cannibalisme dans son village natal [4].

L'ensemble du mouvement contestataire qui prend de l'ampleur en Chine après la mort de Hu Yaobang, ancien Premier Ministre plus conciliant, et au moment de la venue à Pékin de Mikhail Gorbatchev en mai 1989, ne laisse pas d'inquiéter les dirigeants du PC. C'est finalement la ligne dure du parti qui l'emporte et fait tomber sur le pays une répression sanglante qui suscite beaucoup d'indignation dans le monde (manifestations de la place Tian'anmen, juin 1989).

Condamnation[modifier | modifier le code]

Les autorités prirent prétexte de sa correspondance avec l'étranger sur la guerre sino-vietnamienne pour accuser Wei Jingsheng de trahison et activité contre-révolutionnaire. Condamné par le régime à 15 ans de prison, il est libéré en septembre 1993 par Jiang Zemin, mais arrêté peu de temps après en mars 1994 et condamné à 14 ans de prison. Il a été libéré pour raison médicale en novembre 1997 après 18 ans d'incarcération et expulsé aux États-Unis.

Depuis sa prison, Wei Jingsheng écrivit à Deng Xiaoping de nombreuses lettres qui furent sorties clandestinement et publiées[5]. Ainsi, en 1992, il écrit un longue lettre au sujet du Tibet, démontrant sa profonde compréhension de cette question. Il y remet notamment en cause la suzeraineté de la dynastie Qing sur le Tibet[6].

Vie d'exil[modifier | modifier le code]

Depuis sa libération, Wei Jingsheng vit en exil aux États-Unis et voyage pour promouvoir la démocratie en Chine. Il prend la parole devant des réunions politiques, est quelquefois reçu par des autorités officielles[7], et agit auprès des Chinois d'outre-mer. Dès 1998, il déclarait : « Les politiciens occidentaux renoncent à leurs principes pour gagner le marché chinois. Lorsque j’étais en Chine, les communistes me disaient que les démocraties n’avaient que faire des droits de l’homme. Évidemment, je ne les croyais pas. Ce que je constate aujourd’hui de visu pourrait me faire croire qu’ils avaient raison[8]… ». Certains de ses articles sont diffusés par Global Viewpoint.

Dans un article de mars 2008, il appelle Jacques Rogge, le président du Comité international olympique, à faire pression sur les autorités de Pékin pour qu'elles respectent les droits de la personne au Tibet[9],[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Démocratie pour la Chine, le Nobel pour Wei Jingsheng
  2. Excerpts from Qincheng: A Twentieth Century Bastille, published in Exploration, March 1979
  3. Daring to voice the unspoken
  4. Amnesty Internationnal Chine, Wei, « ambassadeur » de la démocratie 30 novembre 2005, « Sillonnant alors la Chine dans l’intention d’exalter l’égalitarisme maoïste, il découvre la réalité du goulag chinois dans les solitudes glacées des contreforts du Tibet, la misère extrême que lui révèle, dans une gare, la vue d’une jeune mendiante vêtue de sa seule chevelure, le cannibalisme des paysans affamés de son village familial, les amours impossibles qu’engendre l’austérité imposée des mœurs. »
  5. WORD FOR WORD/Wei Jingsheng;Letters to Deng, From the Pit of Repression
  6. (en) Wei Jingsheng's letter to Deng Xiaoping in 1992, Wei Jingsheng, Delivered on October 5, 1992
  7. Réception à Paris le 14 janvier 1998 par le président de l'Assemblée Nationale Laurent Fabius; il n'a pas été reçu par le gouvernement.
  8. PressClub de Paris, 13 janvier 1998
  9. Il faut, maintenant, faire pression sur Pékin par Wei Jingsheng
  10. Il faut, maintenant, faire pression sur Pékin rangzen.rmc.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]

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