Kofi Annan

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Kofi Annan
Illustration.
Kofi Annan en 2014.
Fonctions
Secrétaire général des Nations unies

(9 ans, 11 mois et 30 jours)
Élection
Réélection
Prédécesseur Boutros Boutros-Ghali
Successeur Ban Ki-moon
Biographie
Nom de naissance Kofi Atta Annan
Date de naissance
Lieu de naissance Kumasi (Côte-de-l'Or)
Date de décès (à 80 ans)
Lieu de décès Berne (Suisse)
Nationalité Ghanéen
Conjoint Nane Annan
Diplômé de Massachusetts Institute of Technology

Kofi Annan
Secrétaires généraux des Nations unies
Prix Nobel de la paix 2001

Kofi Annan, né le à Kumasi (Côte-de-l'Or) et mort le à Berne (Suisse), est un diplomate ghanéen.

Il est le septième secrétaire général des Nations unies et le premier à sortir des rangs du personnel de l'organisation. Il occupe cette fonction de 1997 à 2006. Le , il reçoit le prix Nobel de la paix.

Biographie[modifier | modifier le code]

Kofi Atta Annan naît le à Kumasi dans la Côte-de-l'Or[réf. nécessaire], dans une tribu aristocratique[1].

Études[modifier | modifier le code]

Arrivé aux États-Unis grâce à une bourse de la fondation Ford, qui finance une partie de sa scolarité[1], il étudie le droit privé à l'université de science et de technologie de Kumasi puis au Macalester College de Saint Paul (États-Unis) en 1961 où il achève son baccalauréat d'économie. Il entre ensuite à l'Institut de hautes études internationales de l'université de Genève en Suisse (1961-1962) et au Massachusetts Institute of Technology (MIT, 1971-1972) où il fait des études de troisième cycle en économie. En 1971 et 1972, Annan obtient son diplôme de maîtrise en sciences de gestion au MIT.

Carrière[modifier | modifier le code]

Kofi Annan commence à travailler pour l'Organisation mondiale de la santé en 1962 comme fonctionnaire d'administration et du budget[2]. Depuis, il a été en poste à la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, à Addis-Abeba en Éthiopie, à la Force d'urgence des Nations unies (FUNU II) à Ismailia, au haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Genève, puis au Siège des Nations unies à New York, comme sous-secrétaire général à la gestion des ressources humaines et coordonnateur des Nations unies pour les questions de sécurité (1987-1990), puis comme sous-secrétaire général à la planification des programmes au budget et à la comptabilité, puis contrôleur (1990-1992). En 1990, après l'invasion du Koweït par l'Irak, Annan reçoit du secrétaire général pour mission spéciale d'organiser le rapatriement de l'Irak de plus de 900 fonctionnaires internationaux et ressortissants de pays occidentaux. Il dirige ensuite la première équipe des Nations unies chargée de négocier avec l'Irak sur la question de la vente du pétrole pour financer l'aide humanitaire. Son fils est alors impliqué dans le scandale pétrole contre nourriture, ce qui affecte Kofi Annan, mais il en sort finalement blanchi par une commission d'enquête[1].

En 1993, il est promu sous-secrétaire général de Boutros Boutros-Ghali, responsable du département du maintien de la paix[3]. Il est critiqué pour sa passivité lors du génocide au Rwanda, ce dont il s'excuse ensuite en 1999. En août 1995, il donne son accord pour que l'OTAN bombarde des positions serbes en Bosnie, l'opération permettant ensuite de conclure les accords de Dayton. Les États-Unis le soutiennent alors pour succéder à Boutros Boutros-Ghali[1].

Il commence son premier mandat de secrétaire général de l'ONU le 1er janvier 1997.

En 1998, il va à Bagdad tenter une médiation avec le président Saddam Hussein, accusé par les États-Unis de Bill Clinton et le Royaume-Uni de Tony Blair de cacher des armes chimiques. La rencontre est un succès[1].

En 2000, il propose au président du Zimbabwe Robert Mugabe de se retirer du pouvoir en contrepartie d'un asile politique et de compensations financières[4],[5].

Le , sur recommandation du Conseil de sécurité, l'Assemblée générale le réélit par acclamation pour un second mandat, qui débute le et qui s'achève au .

Il critique la guerre en Irak menée par les États-Unis de George W. Bush, avec lequel il s'entend pourtant bien, et rejoint les efforts du président français Jacques Chirac dans son opposition au conflit[1].

Le , il affirme que selon lui, le monde est prêt à voir une femme à la tête des Nations unies.

En 2006, il participe à la fondation du réseau international de dessinateurs de presse Cartooning for Peace[6].

Dans son discours d'adieu au poste de secrétaire général auquel lui succède le Sud-Coréen Ban Ki-moon à la fin du mois de décembre 2006, Kofi Annan fustige la politique des États-Unis qu'il appelle à suivre la voie du multilatéralisme en acceptant notamment l'élargissement du Conseil de sécurité et à respecter les droits de l'Homme « jusque dans sa lutte contre le terrorisme »[7],[8].

Il reprend la formule historique de l'ancien président des États-Unis Harry Truman dont il invite les dirigeants actuels à suivre l'exemple : « la responsabilité des grands États est de servir et non pas de dominer les peuples du monde »[9].

Il s'installe ensuite à Genève[1].

Kofi Annan est nommé, le , à la tête de l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), un organisme créé en 2006, financé par la fondation Bill-et-Melinda-Gates et la Fondation Rockefeller et regroupant des dirigeants politiques, des hommes d'affaires, des agriculteurs et des chercheurs. Le but de l'alliance est d'aider les paysans africains à améliorer leur rendement[10].

Le , Kofi Annan devient le nouveau président de la Fondation de soutien à l'Organisation mondiale contre la torture, la plus importante coalition internationale d'ONG actives dans la protection des droits de l'homme dans le monde (regroupant 282 membres dans 92 pays), et ce, afin de contribuer à la prise de conscience de l'érosion du respect des droits de l'homme et des normes internationales, notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et des politiques sécuritaires[11]. Il préside également, à partir de sa création en 2007, l'African Progress Panel, qui rassemble de personnalités internationales (notamment Tony Blair, Bob Geldof et Michel Camdessus) engagées dans la défense du continent africain et chargé, notamment, du suivi des engagements du sommet du G8 de Gleneagles de 2005[12].

Membre du comité d'honneur de la Fondation Chirac à son lancement en 2008 par l'ancien président de la République française Jacques Chirac, Kofi Annan participe au jury du prix pour la prévention des conflits[13] que cette fondation décerne annuellement. Il a également créé la Kofi Annan Foundation[14], consacrée au développement durable et à la paix.

Il fait partie du groupe des Global Elders (terme anglais signifiant : les anciens, ou sages, universels), créé par Nelson Mandela afin de promouvoir la paix et les droits de l'homme dans le monde.

Le , il est nommé émissaire conjoint de l'Organisation des Nations unies et la Ligue arabe sur la crise en Syrie[15]. Il doit quelques mois après constater l'échec de cette mission de paix[16]. Regrettant que le principe de la « responsabilité de protéger », qu'il avait contribué à élaborer, ait été dévoyé durant la première guerre civile libyenne, il préconise l'implication de la Russie et de l'Iran dans la résolution du conflit[16].

Le , il annonce sa démission de son poste de médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie[17].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Kofi Annan parlait couramment l'anglais et le français. Il était marié à Nane Lagergren (sv), juriste et artiste suédoise, et fille de la demi-sœur de Raoul Wallenberg. Ils ont trois enfants.

Mort et hommages[modifier | modifier le code]

Il meurt le en Suisse dans un hôpital de Berne, à l'âge de 80 ans, après une courte maladie[18].

Kofi Annan aura des obsèques nationales le 13 septembre 2018 au Ghana, où il sera inhumé[19].

Publications[modifier | modifier le code]

Kofi Annan est l'auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels :

  • Nous les peuples : le rôle des Nations unies au XXIe siècle ;
  • Appel à l'action ;
  • Le Pacte mondial ;
  • Les causes des conflits et la promotion de la paix et d’un développement durables en Afrique ;
  • Rénover les Nations unies ;
  • Interventions : Une vie dans la guerre et dans la paix, éditions Odile Jacob, 2013 (ISBN 978-2738130198)
  • (avec Jean-Marc de La Sablière), Le Conseil de sécurité des Nations Unies : Ambitions et limites, Larcier, 2015 (ISBN 978-2-8044-7817-9)

Décorations et récompenses[modifier | modifier le code]

  • et de nombreuses autres décorations dans le monde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Olivier O'Mahony, « Kofi Annan, la dernière star de l'ONU », Paris Match, semaine du 23 au 29 août 2018, p. 24-25.
  2. « Kofi Annan | Secrétaire général des Nations Unies », sur www.un.org (consulté le 8 décembre 2017)
  3. (en-GB) « Obituary: Kofi Annan », BBC News,‎ (lire en ligne)
  4. « WikiLeaks : comment Mugabe s'est accroché au pouvoir », Jeune Afrique,
  5. (en) « ZANU-PF REPORTEDLY INTERESTED IN DEAL WITH MDC », WikiLeaks,
  6. Olivier Thomas, « Dessinateur(s) de presse. Métier à haut risque », L'Histoire n°452, octobre 2018, p. 30-31.
  7. Retransmission de l'allocution du 11 décembre 2006
  8. (en) Kofi Annan, « Discours d'adieu », ONU, Nations unies,‎ (lire en ligne)
  9. Allocution du président Truman à la session d'ouverture des Nations unies le 25 avril 1945
  10. Kofi Annan prend la tête d'une "révolution verte" pour nourrir le continent, afp, 14 juin 2007
  11. Communiqué de presse de l'OMCT du 10 octobre 2007
  12. Le Monde, édition du 17 juin 2008, Le G8 ne tient pas ses promesses de doubler l'aide à l'Afrique
  13. Le jury du prix pour la prévention des conflits de la Fondation Chirac
  14. Kofi Annan Foundation
  15. Communiqué de l'ONU
  16. a et b Natalie Nougayrède, Kofi Annan : "Sur la Syrie, à l'évidence, nous n'avons pas réussi", entretien, lemonde.fr, 7 juillet 2012
  17. « Le médiateur Kofi Annan démissionne », Agence France-Presse via La Presse,
  18. Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies, est mort, Le Figaro, 18 août 2018.
  19. « Des funérailles nationales pour Kofi Annan », lepoint.fr, 24 août 2018.
  20. (en) « Princeton University - Honorary Degrees » (since 1948) sur Princeton.edu
  21. (en) Source Site officiel du Club of Budapest
  22. « Discours de Laurent Fabius - Remise des insignes de Grand Officier de la Légion d’Honneur à Kofi Annan (2 mai 2013) », Ministère des Affaires étrangères

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie et documentaires[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]