Denis Mukwege

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Denis Mukwege
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Denis Mukwege en novembre 2014.

Nom de naissance Denis Mukengere Mukwege
Alias
« L'homme qui répare les femmes »[1].
Naissance (60 ans)
Bukavu (Sud-Kivu)
Drapeau du Congo belge Congo belge
Nationalité Congolaise
Profession
Activité principale
Formation
Distinctions

Denis Mukwege, né le à Bukavu dans le Sud-Kivu au Congo belge[2], est un gynécologue et militant des droits de l'homme congolais. Il est surnommé « L'homme qui répare les femmes ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Fils d'un pasteur pentecôtiste, il a effectué ses études primaires à l'athénée royal de Bukavu. Ses études secondaires ont été faites à l'institut Bwindi de Bukavu où il obtient un diplôme en biochimie en 1974. Après deux années passées à l'université de Kinshasa (UNIKIN) à la faculté de polytechnique, il trouve sa voie en s'inscrivant, en 1976, à la faculté de médecine du Burundi.

Son diplôme de médecin obtenu en 1983, il fait ses premiers pas professionnels à l'hôpital de Lemera au sud de Bukavu. En 1984, il obtient une bourse de la Swedish Pentecostal Mission[3] pour faire une spécialisation en gynécologie à l'université d'Angers en France. Il fonde avec un Angevin l'association Esther Solidarité France-Kivu pour aider sa région d'origine[2].

Carrière et engagements[modifier | modifier le code]

Le docteur Denis Mukwege dans son bureau de l'hôpital Panzi en 2013.

Malgré un travail bien rémunéré en France, en 1989, il choisit de retourner au Congo pour s'occuper de l'hôpital de Lemera, dont il devint médecin directeur.

Lors de la première Première Guerre du Congo en 1996, l'hôpital est brutalement détruit. Plusieurs malades et infirmiers sont assassinés, avec beaucoup de chance, le Dr Denis Mukwege a la vie sauve. Il se réfugie à Nairobi. Plutôt que de tourner définitivement la page du Congo, il décide d'y retourner. Avec l'aide du PMU (Pingstmissionens Utvecklingssamarbete, organisme caritatif suédois), il y fonde l'hôpital Panzi (en) à Bukavu où il va découvrir une pathologie nouvelle qui va profondément marquer le restant de sa carrière : la destruction volontaire et planifiée des organes génitaux des femmes. Il fait connaître au monde la barbarie sexuelle dont les femmes sont victimes à l'Est du Congo où le viol collectif est utilisé comme arme de guerre. Pour faire face à cette épidémie volontaire, il s'est spécialisé dans la prise en charge des femmes victimes de viols collectifs. Cette prise en charge des femmes victimes de violences sexuelles est générale. Elle concerne les domaines tant physique, psychique, économique que juridique. Sur le plan médical, il est reconnu comme l'un des spécialistes mondiaux du traitement des fistules. C'est à ce titre qu'il a reçu un doctorat honoris causa de l'université d'Umeå (Suède) en octobre 2010. Au cours de la même année, il a reçu la médaille Wallenberg de l'université du Michigan[4].

Le 25 octobre 2012, il est victime d’une agression alors qu’il se dirige vers sa maison en plein centre de Bukavu. Le gardien de sa maison est abattu à bout portant après l’avoir alerté d’un danger, sa voiture est incendiée et Mukwege est ligoté, mais les gens du quartier se portent à son secours et il est sain et sauf[5]. Il s'exile alors quelques mois en Belgique puis revient au Congo[2].

Décorations et hommages[modifier | modifier le code]

Remise du prix Sakharov 2014 à Denis Mukwege le 26 novembre 2014 au parlement européen.

En 2008, le Dr Mukwege a reçu le prix Olof Palme[6],[7] et le prix des droits de l'homme des Nations unies[8]. En 2009, il a obtenu le prix français des droits de l'homme, il a aussi été fait chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur. La même année, il est élu Africain de l'année par une association de presse africaine. En 2010,il a obtenu le prix Van Goedart aux Pays-Bas. En Belgique en 2011, il a reçu successivement trois prix : le prix Jean-Rey, le prix Roi-Baudoin et le prix de paix de la ville d'Ypres, qui lui est remis en novembre 2011. Au cours de la même année, il a reçu le German media prize.

Le 7 octobre 2013, il se voit décerner le grand prix de la fondation Chirac pour la prévention des conflits[9]. Son nom a été d'autre part cité pour le prix Nobel de la paix 2013, aux côtés, entre autres, de la Pakistanaise Malala Yousafzai et de la magistrate guatémaltèque Claudia Paz y Paz. Le 3 février 2014, il est fait docteur honoris causa de l'université catholique de Louvain (UCL), qui met en avant son « anticonformisme porté par des valeurs de liberté, respect et audace »[10].

Il a également reçu le prix de la fondation Clinton et le prix Right Livelihood[2]. La promotion 2014-2016 de directeurs d'hôpital de l’École des hautes études en santé publique située à Rennes porte son nom et il en est le parrain[11].

En 2014, plusieurs prix lui sont décernés : le Inamori Prize for Ethics 2014 (Japon-États-Unis)[12], le prix Primo Levi (Italie)[13], le prix Solidaris de l'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles (Belgique) et la médaille de l'académie royale des sciences d'outre-mer (Pays-Bas).

Le 21 octobre 2014, Denis Mukwege reçoit le prix Sakharov[14]. Ce prix lui est remis le 26 novembre 2014 au Parlement européen à Strasbourg, au cours d‘une séance solennelle[15].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colette Braeckman : L’Homme qui répare les femmes. Violences sexuelles au Congo. Le combat du Dr Mukwege, André Versaille éditeur, 2012. (ISBN 978-2-87495-194-7)
  • (de) Birger Thureson : Die Hoffnung kehrt zurück. Der Arzt Denis Mukwege und sein Kampf gegen sexuelle Gewalt im Kongo (titre original : De glömda kvinnornas röst), Übersetzung aus dem Schwedischen von Michael Josupeit, herausgegeben vom Deutschen Institut für Ärztliche Mission e. V., Brandes & Apsel, 2013. (ISBN 978-3-95558-001-8)

Cinéma[modifier | modifier le code]

Denis Mukwege aux côtés de Jill Biden, épouse du vice-président des États-Unis Joe Biden, en 2014.

L'action du docteur Mukwege pour venir en aide aux femmes violées, au moyen des opérations de chirurgie réparatrice qu'il pratique à l'hôpital de Pangi de Bukavu a fait l'objet de deux films documentaires :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'homme qui répare les femmes, Lapresse.ca, 1er avril 2013
  2. a, b, c et d Gaëlle Rolin, « Denis Mukwege, le garde du corps des Congolaises », Le Figaro, lundi 2 décembre 2013, page 41.
  3. Page sur le Dr Mukwege.
  4. (en) Wallenberg Committee, « 2010, Denis Mukwege », 2010 to Present / Medal Recipients, Université du Michigan,‎ (consulté le 22 avril 2015).
  5. « Agression contre le Dr Mukwege à Bukavu, sa sentinelle est abattue », LeSoir.be, 26 octobre 2010
  6. (fr) « B.Kouchner et R.Yade se réjouissent de l’attribution du prix Olof Palme 2008 à Denis Mukwege », France Diplomatie, 30 janvier 2009
  7. (en) « DR Congo doctor is 'top African' », BBC News, 14 janvier 2009.
  8. (en) « United Nations Human Rights Prize 2008 », Haut-Commissariat aux droits de l’homme, 2008
  9. (fr) Denis Mukwege, lauréat 2013 du Prix pour la prévention des conflits, "Fondation Chirac", 7 octobre 2013
  10. Denis Mukwege sera fait docteur honoris causa de l'UCL, RTL.be, 21 novembre 2013
  11. « Dr Denis Mukwege, prix Sakharov 2014, parrain de la promotion des élèves directeurs d’hôpital (DH) 2014-2016 », École des hautes études en santé publique,‎ (consulté le 22 avril 2015).
  12. Inamori Ethics Prize | 2014 Recipient, Case Western Reserve University, 2014
  13. Site du Centre culturel Primo Levi
  14. Le Dr Mukwege reçoit le Prix Sakharov, Lesoir.be, 21 octobre 2014
  15. « Le très méritant Denis Mukwege reçoit le Prix Sakharov », euronews.com, 26 novembre 2014.
  16. Congo, un médecin pour sauver les femmes, France5.fr, 25 novembre 2014
  17. « L'homme qui répare les femmes - la colère d'Hippocrate »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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