Alva Reimer Myrdal

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Alva Reimer Myrdal
ARB-Alva-Myrdal.jpg
Alva Reimer Myrdal en 1968.
Fonctions
Ministre des Affaires religieuses
Palme I Cabinet (en)
-
-
Hans Gustafsson (d)
Membre de la Première chambre du Riksdag suédois
District électoral de la ville de Stockholm (en)
-
Ambassadrice de Suède au Népal (d)
-
Ambassadrice de Suède au Sri Lanka (d)
-
Ambassadrice de Suède en Birmanie (d)
-
Ambassadrice de Suède en Inde (d)
-
Biographie
Naissance
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Paroisse de la cathédrale d’Uppsala (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
Danderyd (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Garden of Remembrance, Norra Begravningsplatsen (d) (depuis le )Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Alva MyrdalVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Gustaf Albert Jansson Reimer (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Gunnar Myrdal (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Jan Myrdal (en)
Sissela Bok (en)
Kaj Fölster (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Membre de
Personnes liées
Célie Brunius (d) (collègue (d)), Brita Åkerman (d) (ami (d)), Kerstin Hesselgren (ami (d)), Amelie Posse (en) (ami (d)), Tage Erlander (collègue (d))Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Prononciation

Alva Reimer Myrdal, ou Alva Myrdal, née le à Uppsala (Suède) et morte le à Danderyd (Suède), est une femme politique, diplomate et sociologue suédoise. Elle a reçu le prix Nobel de la paix en 1982 (conjointement avec le diplomate mexicain Alfonso García Robles) pour son rôle dans les négociations pour le désarmement au sein des Nations unies et dans la formation de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. Elle était l'épouse de l'économiste Gunnar Myrdal et la mère de l'écrivain Jan Myrdal. Elle a également été députée au Parlement suédois, élue sous les couleurs du Parti social-démocrate.

Elle était membre de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Alva Reimer naît à Uppsala le . Ses parents sont Albert Reimer (1876–1943), un promoteur immobilier social-démocrate, et Lowa Jonsson (1877–1943), une femme au foyer[2] ; elle a quatre frères et sœurs : Ruth (1904–1980), Folke (1906–1977), May (1909–1941) et Stig (1912–1977)[3][réf. souhaitée]. Durant l'enfance d'Alva, sa famille déménage dans plusieurs villes, dont Eskilstuna[4].

Alva Reimer fait des études où elle se forme notamment en littérature, histoire religieuse et psychologie, en particulier de l'enfant[2] ; elle obtient un diplôme en sciences (Bachelor of Science degree) en 1924 à Stockholm[3][réf. à confirmer].

Elle épouse le professeur Gunnar Myrdal (1898–1987) en 1924[2]. En 1929, tous deux ont l'opportunité de voyager aux États-Unis en tant que boursiers de la fondation Rockefeller (Rockefeller Fellows)[2], Alva Reimer Myrdal approfondit alors ses études dans les champs de la psychologie sociale et la psychologie de l'enfant[4]. Son observation des grandes disparités sociales et économiques dans ce pays l'a aussi conduite à un engagement politique accru - « radical » étant le terme qu'elle et son époux ont utilisé pour décrire leur vision politique commune[3][réf. à confirmer]. Par la suite, ils déménagent à Genève pour de plus amples études[4], lieu où ils commencent à étudier le déclin de la population qui inquiète de nombreux Européens dans l'entre-deux guerres mondiales[3][réf. à confirmer].

Carrière[modifier | modifier le code]

Alva Reimer Myrdal résumait ainsi sa carrière : « Dans les années 30, je me suis consacrée à la politique familiale, dans les années 40 à la politique scolaire, dans les années 50 à la politique d'aide au tiers-monde, dans les années 60 aux questions du désarmement et dans les années 70 aux relations entre l'Église et l'État »[5].

Politique de la famille et question de la crise démographique[modifier | modifier le code]

Le couple Myrdal en 1934.

Alva Reimer Myrdal attire l'attention pour la première fois dans les années 1930 et est l'un des principaux moteurs de la création de l'État-providence suédois[3][réf. à confirmer]. En 1934, elle publie avec Gunnar Myrdal Kris i Befolkningsfrågan (La question de la population en crise[2] ; en anglais «  The Crisis in the Population »), émettant que le principe de base sur cette question serait de trouver les réformes sociales nécessaires pour permettre la liberté individuelle (en particulier pour les femmes) tout en promouvant la procréation et en encourageant les Suédois à avoir des enfants[3][réf. à confirmer]. Ce livre souligne aussi l'importance de la responsabilité partagée dans l'éducation des enfants, aussi bien entre les parents qu'avec la communauté avec des éducateurs d'enfants formés[3][réf. à confirmer].

Alva Reimer Myrdal était très critique de l'évolution du fonctionnement des écoles maternelles (jardins d'enfants avant l'école) en Suède[3][réf. à confirmer]. En conséquence, elle publie en 1935 l'ouvrage Urban Children (littéralement : « enfants urbains », ou « enfants des villes »), dans lequel elle présente ses idées pour une réforme du système préscolaire suédois[3][réf. à confirmer]. Elle y soutient que les services de garde contemporains d'enfants sont imparfaits ; le système est alors polarisé entre deux extrêmes : les mesures de « secours aux pauvres » pour les moins nantis, en contraste avec des mesures permettant de préparer les enfants des familles les plus riches pour les écoles privées[3][réf. à confirmer]. Elle souligne qu'il existe des obstacles matériels pour pouvoir accéder à une bonne éducation et que, par conséquent, des réformes sociales et économiques sont nécessaires ; elle voulait combiner et intégrer les deux extrêmes[3][réf. à confirmer]. Les idées de réformes proposées dans ce livre sont très radicales pour l'époque, avec notamment la création d'un réseau de crèches et garderies et celle d'allocations familiales[5]. Elle est consultée en tant qu'« experte » par le ministère des Affaires sociales du gouvernement social-démocrate de Per Albin Hansson, au pouvoir depuis deux ans[5]. Elle siège dans la Commission de la population, organisme public chargé d'émettre des propositions sur les problèmes démographiques et intègre le secrétariat du Comité pour l'emploi des femmes mariées, dont le rapport final suggère l'adoption de diverses mesures visant à défendre les droits de ces dernières dans le système salarial et à y favoriser leur intégration, des préconisations qui seront votées après la Seconde Guerre mondiale[2].

L'année suivante, elle est amenée à mettre sa théorie en pratique, en devenant directrice du Séminaire national sur l'éducation, qu'elle cofonde en 1936 ; elle y travaille en tant qu'enseignante et pédagogue formatrice d'enseignants du préscolaire[3][réf. à confirmer]. Elle souligne le manque de recherches récentes en éducation pour la formation d'enseignants du préscolaire ; dans son propre enseignement, elle tente d'intégrer les découvertes récentes en psychologie de l'enfant dans l'éducation, elle met aussi en avant des études sociales et de développement personnel des femmes[3][réf. à confirmer].

Avec l'architecte suédois Sven Markelius, Alva Reimer Myrdal conçoit la « Maison collective » (Collective House) coopérative créée à Stockholm en 1937, dans le but de développer plus de liberté domestique pour les femmes[3][réf. à confirmer].

En 1938, Alva et Gunnar Myrdal déménagent aux États-Unis[5]. Alva Reimer Myrdal y publie l'ouvrage Nation and Family (littéralement « Nation et famille ») en 1941, au sujet de la cellule familiale suédoise et la politique démographique[3][réf. à confirmer]. Elle définit alors les grands points de ce qui feront les réformes scolaires suédoises après 1945 : « un enseignement qui tient compte à la fois des capacités de l'individu et favorise le travail en groupe »[5].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle vit périodiquement en Suède[4].

Carrière après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'architecte Sune Lindström et Alva Myrdal à l'ambassade de New Delhi dans les années 1950.

Membre éminente de longue date du Parti social-démocrate suédois[4], elle s'implique à la fin des années 1940 dans les questions internationales[6], en lien avec l'Organisation des Nations Unies (ONU), et est nommée à la tête de sa commission des affaires sociales en 1949[5],[4]. De 1950 à 1955, elle devient présidente du département des sciences sociales de l'UNESCO[5],[4] et elle est ainsi la première femme à obtenir un poste aussi important à l'ONU[3][réf. à confirmer]. En 1955–1956, elle devient ambassadrice de Suède à New Delhi (Inde)[7] - la première Suédoise à accéder à un tel poste[5] -, et envoyée suédoise à Rangoun (Myanmar) et à Colombo (Sri Lanka)[4]. Elle reste ambassadrice de Suède à New-Delhi de 1956 à 1961[4],[7].

En 1961, Alva Myrdal devient conseillère spéciale en désarmement du ministre suédois des Affaires étrangères[7]. En 1962, elle est élue au Parlement suédois et, la même année, elle est envoyée pour diriger la délégation suédoise à la conférence de l'ONU sur le désarmement à Genève, rôle qu'elle conservera jusqu'en 1973[5]. Au cours des négociations à Genève, elle a eu un rôle extrêmement actif, émergeant en tant que chef du groupe des nations non alignées qui a fait pression sur les deux superpuissances mondiales (États-Unis et URSS) pour qu'elles se préoccupent davantage de mesures concrètes de désarmement[6]. Plus tard, elle parlera de son expérience de cette période dans son livre The game of disarmament (littéralement « Le jeu du désarmement », 1976), tout en exprimant sa déception quant à la réticence des États-Unis et de l'URSS face au désarmement[6].

Alva Myrdal participe à la création de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm[4], et en devient la première présidente du conseil d'administration en 1966[3][réf. à confirmer]. En 1967, elle est également nommée membre du Cabinet pour le désarmement, poste qu'elle occupera jusqu'en 1973[6]. Elle devient aussi députée puis ministre sociale-démocrate du Désarmement nucléaire[2]. Dans la décennie 1970, engagée auprès des mouvements pacifistes scandinaves, elle remet en avant l'idée d'une zone dénucléarisée nordique[5]. Elle pensait que le grand public avait lui aussi une importance dans la lutte contre les armes atomiques, notamment avec l'aide d'une « information correcte du public »[5]. Fervente partisane du désarmement, Alva Myrdal reçoit le prix Nobel de la paix en 1982 avec Alfonso Garcia Robles.

Alva Myrdal a également promu des réformes dans la prise en charge des enfants puis, plus tard, a travaillé dans la commission gouvernementale suédoise sur le travail des femmes et est devenue présidente de la Fédération du travail et des femmes professionnelles (Federation of Business and Professional Women)[8][réf. à confirmer],[4].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1924, Alva Reimer épouse le professeur et économiste Gunnar Myrdal (1898–1987), qu'elle a rencontré lorsqu'elle avait 17 ans ; leurs enfants sont l'écrivain Jan Myrdal (en) (1927-), la philosophe Sissela Bok (en) (1934-) et la travailleuse sociale Kaj Fölster (1936-), qui publieront chacun un ouvrage sur leurs parents, celui de Jan étant particulièrement critique, tandis que celui de Sissela vise à réhabiliter le portrait de sa mère. Dans ses écrits privés, Alva Reimer Myrdal revient par ailleurs a posteriori sur les sacrifices qu'elle a du faire pour la carrière de son mari, estimant que la sienne n'en était pas vraiment une, considérant avoir plutôt simplement enchaîné une succession de campagnes politiques. Elle rappelle par exemple qu'elle avait refusé un poste à l'ONU en 1949 car cela l'aurait obligée à déménager à Paris ; Gunnar Myrdal s'y était opposé, la menaçant de divorcer si elle acceptait[2].

Décès[modifier | modifier le code]

Alva Reimer Myrdal meurt le samedi 1er février 1986 à Danderyd (Suède), à l'âge de 84 ans[5],[9], un an avant son époux[2].

Publications[modifier | modifier le code]

Kris i befolkning 1934.jpg

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Diplômes honorifiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Alva Myrdal » (voir la liste des auteurs).
  1. Pax et Libertas, Women's International League for Peace and Freedom, année 1976, page 13.
  2. a b c d e f g h i et j Pascal Marichalar (Iris - Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux), « Regard sur… L'intellectuelle suédoise Alva Myrdal », Travail, genre et sociétés,‎ , p. 186-194. (lire en ligne)
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p et q Article sur Wikipedia en anglais.
  4. a b c d e f g h i j et k « Biografie Alva Myrdal », sur agso.uni-graz.at (consulté le )
  5. a b c d e f g h i j k et l « Mort d'Alva Myrdal prix Nobel de la paix 1982 », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. a b c d et e (en-US) « The Nobel Peace Prize 1982 », sur NobelPrize.org (consulté le )
  7. a b c d e f et g (en) « Alva Reimer Myrdal | Swedish diplomat », sur Encyclopedia Britannica (consulté le )
  8. (en) The Hutchinson unabridged encyclopedia with atlas and weather guide, Helicon, , Myrdal, Alva
  9. Myrdal (lire en ligne)
  10. a b et c (en) Anita Price Davis et Marla J. Selvidge, Women Nobel Peace Prize Winners, 2d ed., McFarland, , 248 p. (ISBN 978-0-7864-9917-5, lire en ligne)
  11. (sv) « Samtliga pristagare av KTH:s stora pris », sur KTH (consulté le )
  12. (en) Anita Price Davis et Marla J. Selvidge, Women Nobel Peace Prize Winners, 2d ed., McFarland, , 248 p. (ISBN 978-0-7864-9917-5, lire en ligne)
  13. a b c d e et f (sv) « 785 (Vem är det : Svensk biografisk handbok / 1985) », sur runeberg.org (consulté le )
  14. University of Leeds, « Honorary Graduates - 1904–2019 » [PDF], sur University of Leeds (consulté le )
  15. « Past Honorary Degree Recipients | Université Temple », sur www.temple.edu (consulté le )
  16. (en) Archives, « LibGuides: CAMC Collection 097. Myrdal, Gunnar. Selected Works by Gunnar Myrdal, 1965-1972: Overview », sur libguides.gustavus.edu (consulté le )
  17. « Honorary Degree Recipients | Board of Trustees | Université Brandeis », sur www.brandeis.edu (consulté le )
  18. (sv) Claes-Olof Olsson, « Hedersdoktorer vid Göteborgs universitet under 100 år - 1907-2007 » [PDF] (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) S. Turner, « A Nobel Trinity: Jane Addams, Emily Greene Balch and Alva Myrdal », The American Sociologist,‎ (DOI 10.1007/s12108-009-9081-2, lire en ligne)
  • Ekerwald, H. (2000). Alva Myrdal: making the private public. Acta Sociologica, 43(3), 342–352.
  • Ekerwald, H. (2001). The modernist manifesto of Alva and Gunnar Myrdal. International Journal of Politics, Culture and Society, 14(3), 539–561.
  • Ekerwald, H. (2005). The private life of a Public Intellectual, Alva Myrdal in the Service of United Nations 1949–1955. A paper presented the 37 World Congress of ISA, Stockholm 5–9 July.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Biographie sur le site de la fondation Nobel (le bandeau sur la page comprend plusieurs liens relatifs à la remise du prix, dont un document rédigé par la personne lauréate — le Nobel Lecture — qui détaille ses apports)