Juan Manuel Santos

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Juan Manuel Santos
Juan Manuel Santos en 2010.
Juan Manuel Santos en 2010.
Fonctions
Président de la République de Colombie
En fonction depuis le
(6 ans, 11 mois et 19 jours)
Élection 20 juin 2010
Réélection 16 juin 2014
Vice-président Angelino Garzón
Germán Vargas Lleras
Prédécesseur Álvaro Uribe
Ministre de la Défense nationale

(2 ans, 10 mois et 4 jours)
Président Álvaro Uribe
Prédécesseur Camilo Ospina Bernal
Successeur Freddy Padilla de León
Ministre des Finances et du Crédit public

(2 ans)
Président Andrés Pastrana Arango
Prédécesseur Juan Camilo Restrepo
Successeur Roberto Junguito Bonnet
Ministre du Commerce extérieur

(2 ans, 8 mois et 20 jours)
Président César Gaviria
Successeur Daniel Mazuera Gómez
Biographie
Nom de naissance Juan Manuel Santos Calderón
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Bogota (Colombie)
Nationalité colombienne
Parti politique Parti libéral (jusqu'en 2004)
Parti de la U (depuis 2005)
Père Enrique Santos Castillo
Mère Clemencia Calderón
Conjoint María Clemencia Rodríguez (depuis 1987)
Diplômé de Université du Kansas
London School of Economics
Université Harvard
Fletcher School of Law and Diplomacy
Profession Économiste
Journaliste
Distinctions Prix Nobel de la Paix 2016
Résidence Casa de Nariño

Signature de Juan Manuel Santos

Juan Manuel Santos
Présidents de la République de Colombie

Juan Manuel Santos Calderón, né le à Bogota, est un économiste, journaliste et homme d'État colombien. Ancien ministre de la Défense d'Álvaro Uribe, il est président de la République depuis le . Le prix Nobel de la paix lui est décerné en 2016 pour ses efforts en faveur du processus de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Juan Manuel Santos, troisième des quatre enfants de Clemencia Calderón et Enrique Santos Castillo, est issu d'une famille influente de Colombie. Son grand-oncle, Eduardo Santos, fondateur du journal El Tiempo (dont la famille est toujours propriétaire), a été président de la République de 1938 à 1942[1]. Son père, Enrique Santos Castillo (1917-2001), a été rédacteur en chef puis éditeur du journal familial pendant 56 ans, ne le quittant que trois mois avant sa mort[2].

María Clemencia Rodríguez Múnera en septembre 2014.

Juan Manuel Santos a passé la majeure partie de son enfance à Bogota. Diplômé d'économie et d'administration d'entreprises à l'université du Kansas, il étudie ensuite à la Fletcher School of Law and Diplomacy, la London School of Economics et à l'université Harvard[3].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Juan Manuel Santos est nommé à 24 ans représentant de la Colombie à l'Organisation internationale du café, un poste qu'il conserve pendant sept ans tout en poursuivant des études à la London School of Economics. À son retour en Colombie, en 1983, il est nommé sous-directeur de El Tiempo.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Ascension[modifier | modifier le code]

Il entre en politique comme ministre du Commerce extérieur du président libéral César Gaviria, dont il est élu désigné présidentiel en 1993[4]. De 1995 à 1997, il fait partie du triumvirat qui dirige le Parti libéral colombien[5]. En 1997, il contacte les Autodéfenses unies de Colombie, en la personne de leur leader Carlos Castaño, selon lui dans l'optique de préparer un plan de paix, mais selon ses détracteurs en vue de conspirer contre le président Ernesto Samper. Pénalisé par cette zone trouble, Santos n'obtient qu'un poste mineur dans le gouvernement d'Andrés Pastrana, et prend du recul par rapport à la vie politique, se consacrant à l'écriture de chroniques dans El Tiempo ainsi qu'à celle de son livre La tercera vía, de tendance blairiste. Santos parvient toutefois, dans la deuxième partie du mandat de Pastrana, à s'imposer de nouveau à un poste important du gouvernement (ministre des Finances et du Crédit public)[1].

En 2004, Santos quitte le Parti libéral au sein duquel il avait commencé sa carrière politique et annonce son ralliement à Álvaro Uribe[5]. Il cofonde, en 2005, le Parti social d'unité nationale (« Parti de la U »), qui a pour but de regrouper les partisans de ce dernier.

Ministre de la Défense nationale[modifier | modifier le code]

Juan Manuel Santos, ministre de la Défense de 2006 à 2009.

Ministre de la Défense nationale de juillet 2006 à mai 2009, Juan Manuel Santos développe dans le cadre de la politique de « sécurité démocratique » du président Uribe une politique énergique de lutte contre la guérilla, en particulier les FARC, couronnée de succès importants tels que l'opération Jaque ou la mort de l'important cadre des FARC Iván Ríos, parfois plus controversée comme l'opération Phénix (bombardement en Équateur d'un camp des FARC, au cours duquel Raúl Reyes trouve la mort). À la suite de cette dernière opération, qui déclenche une crise diplomatique entre la Colombie, l'Équateur et le Venezuela, un mandat d'arrêt international est lancé contre Santos par un juge équatorien[1].

Son passage au ministère de la Défense est également terni par le scandale dit des « faux positifs » (exécutions de civils que l'armée fait passer pour des guérilleros tués au combat)[1]. Le scandale éclate en 2008 avec l'identification de 19 jeunes dont les disparitions avaient été signalées par les familles à Soacha (dans la banlieue de Bogota) que l’armée présentait comme des guérilleros abattus[6]. La médiatisation soudaine de cette politique secrète de l'armée colombienne entraine une multiplication des témoignages et des enquêtes judiciaires jusqu'à identifier plus de 4 300 « faux positifs »[7]. Toutefois, probablement couvertes par la hiérarchie militaire et les responsables politiques, ces pratiques sont restées globalement impunies (le taux d’impunité pour les soldats criminels de guerre s’élèverait à 98,5 % selon l'ONU)[8].

Élection présidentielle de 2010[modifier | modifier le code]

Juan Manuel Santos en 2010.

Après son départ du ministère de la Défense en 2009, il devient « directeur unique » du Parti social d'unité nationale (« Parti de la U »), le . Álvaro Uribe arrivant à la fin de son deuxième mandat en 2010 et ne pouvant se représenter malgré une popularité record (plus de 70 % d'opinions favorables)[9], c'est Juan Manuel Santos qui est choisi pour porter les couleurs du Parti de la U à l'élection présidentielle de 2010.

Il se pose avant tout comme le continuateur de la politique de « sécurité démocratique » du président sortant, avec le slogan : « Pas un pas en arrière sur la sécurité démocratique, cinq pas en avant sur la prospérité démocratique ». Les cinq pas en avant désignent ses cinq axes de campagne principaux, les deux premiers faisant également référence aux opérations les plus emblématiques de son action comme ministre de la Défense :

  • Opération Jaque (qui entraine la libération d'Ingrid Betancourt) ;
  • Opération Phénix (action contre les FARC de la force aérienne colombienne en Equateur)  ;
  • Respect des principes de bonne gouvernance ;
  • Amélioration des services publics de santé, d'éducation et de justice ;
  • Investissements importants pour la science et la technologie[10].

Au cours de la campagne, le président vénézuelien Hugo Chávez et son homologue équatorien Rafael Correa prennent position contre Juan Manuel Santos, jugeant que ce dernier représente « un danger pour la paix » et « pour la région »[11],[12]. Santos et son principal adversaire, Antanas Mockus, ont tous deux jugé inacceptables ces déclarations et estimé que les deux dirigeants de gauche outrepassaient leur rôle en intervenant dans la campagne présidentielle colombienne[13].

Quelques semaines avant le premier tour, plusieurs sondages placent le candidat uribiste derrière le candidat du Parti vert, Antanas Mockus, quasiment inconnu au début de la campagne : massivement soutenu par les réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter, celui-ci prône « la continuité autrement »[14]. Le , Juan Manuel Santos arrive largement en tête, avec 46,68 % des suffrages, suivi d'Antanas Mockus (21,51 %) et de Germán Vargas Lleras (10,11 %)[15].

Dans l'entre-deux-tours, Germán Vargas Lleras (Changement radical), Noemí Sanín (Parti conservateur) et plusieurs élus du Parti libéral apportent leur soutien à Santos[16]. Au vu de l'écart entre les deux adversaires du second tour, certains partisans de ce dernier suggèrent à Mockus de se retirer pour faire « économiser aux Colombiens plus de 90 milliards de pesos » de frais de campagne[17]. Proposant un « accord d'unité nationale » censé lutter contre la corruption et pour la transparence, Juan Manuel Santos refuse de considérer son adversaire écologiste comme le « seul propriétaire de l'honnêteté » après que celui-ci a accusé son entourage d'être corrompu, lors d'un débat télévisé[16].

Le , Juan Manuel Santos est élu président de la République de Colombie avec 9 028 943 voix, soit 69,13 %, face à Antanas Mockus (27,47 %). Au soir de sa victoire, il déclare devant des milliers de partisans : « Une fois de plus, merci à Dieu, merci à la Colombie ». Il promet en particulier l'anéantissement des FARC et exige qu'elles libèrent tous leurs otages[18].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Investiture et relations internationales[modifier | modifier le code]

Juan Manuel Santos en 2010.

Quelques jours avant son investiture à la présidence de la République, survient une importante crise diplomatique entre la Colombie et son voisin le Venezuela, présidé par le socialiste Hugo Chávez. Celui-ci rompt, le , toutes relations avec la Colombie, à la suite de la présentation par l'ambassadeur colombien auprès de l'Organisation des États américains de documents qui visent à prouver la présence de 1 500 membres des FARC au Venezuela. Accusant le président colombien Álvaro Uribe, qui avait auparavant fait bombarder l’Équateur, de préparer une attaque aérienne contre son pays avant la fin de son second mandat, Hugo Chávez déploie des forces armées le long de leur frontière commune, le 31 juillet[19]. Cet événement complique le souhait de Juan Manuel Santos, exprimé durant la campagne présidentielle, de « normaliser » les relations entre les deux pays limitrophes[20].

Le , Juan Manuel Santos prête serment, devenant ainsi le 59e président de la République de Colombie. La cérémonie d'investiture se tient sur la place Bolivar de Bogota, en présence de 3 000 invités, dont le président sortant Álvaro Uribe et 16 chefs d'État et de gouvernement, parmi lesquels le président du Brésil Luiz Inácio Lula da Silva, de l'Argentine Cristina Fernández de Kirchner, de l'Équateur Rafael Correa, du Pérou Alan García, ainsi que de la plupart des dirigeants d'Amérique centrale[21]. Le président vénézuélien Hugo Chávez, que Santos espérait voir assister à son investiture avant la rupture des relations diplomatiques et commerciales entre les deux pays, est finalement représenté par son ministre des Affaires étrangères, Nicolás Maduro. Dans son discours, le nouveau président promet de continuer la lutte contre les groupes armés illégaux, tout en s'affirmant ouvert au dialogue si ceux-ci renoncent d'abord aux « armes », « à l'enlèvement, au narcotrafic », et formule le vœu de « reconstruire les relations » avec le Venezuela et l'Équateur voisins[22]. En matière de politique intérieure, Juan Manuel Santos souhaite faire de « la prospérité sociale » la priorité de son gouvernement, alors que 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Pour lutter contre la misère et le chômage, qui s'élève à plus de 12 % des actifs, il souhaite mettre l'accent sur la création d'emplois[23]. Néanmoins une cinquantaine d'opposants politiques auraient été assassinés dans les trois mois suivant son investiture, selon le Pôle démocratique alternatif (parti d'opposition)[24].

Sa proposition de rétablir les relations diplomatiques avec le Venezuela est accueillie favorablement par Hugo Chávez, qui lui propose aussitôt un tête-à-tête[25]. Le 10 août, avec la médiation de Luiz Inácio Lula da Silva, une rencontre est organisée entre les deux chefs d'État dans la ville de Santa Marta. À l'issue de cet entretien, la décision de renouer les relations diplomatiques et commerciales, nécessaires à l'économie des deux pays, est annoncée. Juan Manuel Santos, après avoir serré la main de Chávez devant le portrait de Simón Bolívar, précise que le Venezuela remboursera ses dettes aux exportateurs colombiens, estimées à environ 800 millions de dollars[26].

Rupture avec la droite uribiste[modifier | modifier le code]

Rencontre entre Juan Manuel Santos, Hillary Clinton, Sebastián Piñera et Hugo Chávez, le .

Depuis son arrivée à la tête du pays, il est régulièrement critiqué par l'aile la plus conservatrice de la classe politique colombienne et notamment par son prédécesseur, Álvaro Uribe. Le , Juan Manuel Santos, qui mène une politique considérée comme moins « droitière » que celle d'Uribe, dénonce « ceux qui se permettent en tant qu'ancien président, d'émettre des critiques sur le travail de leurs successeurs ». Les médias colombiens soulignent que cette rupture pourrait conduire à un affrontement entre les deux hommes lors de l'élection présidentielle de 2014[27].

Son gouvernement démantèle peu à peu les réseaux de corruption, qui s'étaient multipliés durant la présidence Uribe, dans les secteurs de la santé, de l'éducation, de la collecte d'impôts[28]. Par ailleurs, le président Santos demande pardon aux victimes des paramilitaires, fait adopter une loi visant à rendre 2,6 millions d'hectares aux trois millions d'habitants chassés par ceux-ci, et renforce les conditions de détention des officiers complices de massacres[28].

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Le , un an après son arrivée à la tête de la Colombie, alors qu'il bénéficie d'une cote de popularité s'élevant aux alentours de 70 %[29], il demande aux forces armées de réviser leur stratégie pour combattre notamment les bandes criminelles et les FARC, ces dernières regagnant du terrain et multipliant les attaques soudaines et imprévues, malgré la mort d'un de leurs dirigeants, Jorge Briceño Suárez, en [30]. Juan Manuel Santos indique, le lendemain, son intention d'ouvrir un dialogue de paix avec la guérilla communiste uniquement en cas de « circonstances appropriées », parmi lesquelles la libération des otages[31].

Dans la lutte historique du pays contre la drogue, Juan Manuel Santos discute la possibilité de légaliser des drogues douces comme la marijuana, qui pourrait, selon lui, être un moyen d'endiguer la violence[32]. Il prend également la décision contestée de cesser l'utilisation du glyphosate en épandage sur les cultures illégales de coca[33]. L'utilisation de ce composé ne donnait que des résultats mitigés dans la lutte contre la production de cocaïne[34], mais le caractère cancérigène des préparations comme le Roundup contenant du glyphosate, révélée par un rapport du CIRC, a mené à l'application du principe de précaution. Depuis l'application de ce moratoire, la production de coca a de nouveau augmenté en Colombie[35].

À la suite d'un jugement défavorable de la Cour internationale de justice sur un différend concernant la frontière maritime avec le Nicaragua, la Colombie dénonce le 28 novembre 2012 le traité américain de règlement pacifique mais la dénonciation de celui-ci ne peut entrer en vigueur avant un an[36],[37].

Ce mandat présidentiel est notamment marqué par une amélioration de la situation économique du pays, des lois de restitution de terres aux populations déplacées et de réparations aux victimes du conflit avec les FARC, ainsi que par une diplomatie régionale active, marquée par la réconciliation de la Colombie avec ses voisins vénézuélien et équatorien[38]. Des tensions fréquentes persistent cependant avec le Venezuela, notamment sur la gestion des passages à la frontière[39], ou lors d'incidents diplomatiques impliquant le vice-président colombien et le président vénézuélien[40]. Malgré l'amélioration de l'économie, le taux de chômage reste cependant à un niveau relativement élevé[41],[42] et les lois de restitution de terres suscitent des controverses, puisqu'elles comprennent l'expulsion de paysans de leurs terres pour les proposer à d'autres communautés[43].

Réélection présidentielle[modifier | modifier le code]

Juan Manuel Santos est réélu lors de l'élection présidentielle qui se tient le 16 juin 2014. Dans le cadre du scandale de corruption Odebrecht des soupçons existent quand au financement de sa campagne présidentielle. D'après le procureur général de la Nation, elle aurait bénéficié d'un million de dollars de l'entreprise de BTP brésilienne qui proposait des financement occultes aux hommes politiques contre des contrats publics[44]. Ces accusations sont cependant, d'après le procureur général[45], basées uniquement sur le témoignage du député Otto Bula, un proche du frère d'Alvaro Uribe [46] impliqué dans le scandale Odebrecht. Ces accusations ont choqué en Colombie, où jusqu'à présent le scandale éclaboussait particulièrement le parti politique d'Alvaro Uribe[47] et où Juan Manuel Santos, bien que critiqué, était connu pour n'avoir jamais été impliqué dans un scandale de corruption[réf. nécessaire]. A la suite des déclarations du procureur, Otto Bula lui-même a réfuté ses conclusions et affirmé que cet argent aurait été destiné à un proche du directeur de campagne de Santos, et non pas à un financement occulte[48]. Deux dirigeants d'Odebrecht impliqués dans l'affaire réfutent également avoir ordonné le financement de sa campagne[49], alors que le président de la branche colombienne du groupe confirme au contraire ces accusations[50]. Juan Manuel Santos affirme de son côté que le financement de sa campagne était entièrement couvert par un prêt bancaire accordé par Bancolombia, et remboursé après l'élection grâce aux remboursements de frais prévus pour les candidats qui atteignent le second tour de l'élection[51]. L'affaire est actuellement étudiée par le Conseil National Électoral qui étudie les comptes de campagne. Dans une autre affaire, le principal conseiller de Santos pour sa campagne présidentielle doit démissionner après des révélations sur ses relations avec des groupes criminels[52].

Deux ans après sa réélection, en 2016, 20 % à 30 % des Colombiens sondés se déclarent satisfaits de la gestion présidentielle de Juan Manuel Santos[53],[54].

Négociations avec les FARC[modifier | modifier le code]

En août 2016, les FARC décrètent un cessez-le-feu définitif dans la foulée d'un accord de paix conclu avec le gouvernement pour mettre fin à 52 ans de conflit armé[55]. Juan Manuel Santos décide de soumettre l'accord de paix conclu entre le gouvernement et les FARC à un référendum ; à la surprise générale, le « non » l'emporte avec 50,2 %. La participation à ce scrutin a été de seulement 37 % alors que les conditions climatiques et l'ouragan Matthew empêchèrent une partie de la population d'aller voter[56]. Le 7 octobre 2016, le prix Nobel de la paix lui est attribué[57]. Il fait alors don de l'argent accompagnant son prix (900 000 dollars) aux victimes du conflit armé colombien[58]. Ces accords sont suivis d'une vague d'assassinats de leaders sociaux par des groupes paramilitaires « d’extrême droite »[59].

En novembre 2016, en contradiction avec sa promesse électorale pour la présidentielle de 2014 de supprimer le service militaire, il fait étendre la durée de celui-ci de 12 à 18 mois[60].

Généalogie[modifier | modifier le code]

La famille Santos est une famille colombienne originaire des départements de Santander et de Boyacá. Elle a notamment influencé la vie politique et journalistique de la Colombie. La branche principale de la famille provient de José María Santos Plata et de son fils Francisco Santos Galvis né le à Coromoro à la suite de son deuxième mariage avec Facunda Galvis[61].

Parmi les autres membres notables de la famille Santos, peuvent être cités :

  • Antonia Santos (1782-1819) : fille de Pedro Santos Meneses et de María Petronila Plata Rodríguez, elle fut l'une des femmes les plus représentatives de l'indépendance en Colombie à travers la « guérilla de Coromoro » qu'elle créa avec son frère Fernando[62].
  • Eduardo Santos Montejo (1888-1974) : fils de Francisco Santos Galvis et de Leopoldina Montejo, il fut avocat, journaliste et homme politique. Propriétaire du quotidien national El Tiempo dès 1913, il occupe la fonction de président de la République de Colombie entre 1938 et 1942[63].
  • Enrique Santos Montejo (1886-1971) : fils de Francisco Santos Galvis et de Leopoldina Montejo et frère du précédent[61]. Journaliste, il fonde en 1912 l'hebdomadaire La Linterna et devient rédacteur en chef d’El Tiempo en 1917 avant d'en devenir le directeur. À partir de 1927 et ce pendant 44 ans, il rédige l'éditorial La Danza de las Horas sous le pseudonyme de Calibán[64].
  • Enrique Santos Castillo (1917-2001) : père de Juan Manuel Santos et fils d'Enrique Santos Montejo et de Noemí Castillo, il participe à la vie du quotidien El Tiempo en y occupant le poste de rédacteur en chef dans un premier temps, puis celui de directeur de la rédaction[65].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Colombia sin fronteras : para un nuevo futuro, Ministerio de Comercio Exterior, 1994, 389 p.
  • La tercera vía : una alternativa para Colombia, suivi de La tercera vía : nuevas políticas para el nuevo siglo de Tony Blair (trad. Rosa Cifuentes et Pablo Ripollés), Aguilar, 1999, 132 p.
  • Jaque al terror : los años horribles de las FARC (préface de Carlos Fuentes), Planeta, 2009, 347 p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « La politique, le pouvoir et rien d’autre », Courrier international, 27 mai 2010.
  2. (en) « Leading Colombian journalist, Enrique Santos Castillo, 84, dies », Seattle Post-Intelligencer, 27 novembre 2001.
  3. Sa fiche sur le site de la présidence de la République.
  4. Le désigné présidentiel, élu par le Sénat, avait vocation à remplacer le président de la République provisoirement en cas de nécessité. Santos a été le dernier à occuper cette fonction, remplacée ensuite par celle de vice-président. Cf. Congreso Elige Hoy A Último Designado A La Presidencia, El Tiempo, 11 août 1993.
  5. a et b (es) « Juan Manuel Santos: Unidos como debe ser », El Nuevo Siglo, 30 mai 2010.
  6. « Madres de Soacha recordaron cuatro años de los "falsos positivos" », sur Semana (consulté le 24 avril 2017)
  7. « Colombie : 22 généraux accusés de massacres de civils », Le Journal International,‎ (lire en ligne)
  8. « L'ONU dénonce un taux d'impunité de 98,5% des forces armées en Colombie », sur archives.varmatin.com (consulté le 24 avril 2017)
  9. Présidentielle en Colombie: le candidat du parti d'Uribe donné en tête, Associated Press, Bogotá, .
  10. (es) « Juan Manuel Santos », terra.com.co, 25 mars 2010.
  11. (es) « Hugo Chávez reitera que Juan Manuel Santos es un 'peligro para la paz' y dice que no lo recibiría », El Tiempo, 30 avril 2010.
  12. (es) « Rafael Correa también carga contra Juan Manuel Santos », El Espectador, 27 avril 2010.
  13. (es) « Candidatos rechazan injerencia de Chávez y Correa », La Nación, 28 avril 2010.
  14. « Présidentielle en Colombie : la percée du candidat Vert Mockus », Rue89, 17 mai 2010.
  15. « La vague verte n’a pas déferlé », Courrier international, 1er juin 2010.
  16. a et b « Colombie: à moins de dix jours de la présidentielle, échappée de Santos », Cyberpresse, 11 juin 2010.
  17. (es) « ‘Santistas’ le devuelven la pelota a Mockus: le piden retirarse para evitar segunda vuelta », diariocrítico.com, 31 mai 2010.
  18. « Juan Manuel Santos élu à la présidence de la Colombie », Le Monde, 21 juin 2010.
  19. « Chavez déploie des troupes à la frontière avec la Colombie », Le Figaro, 1er août 2010.
  20. « Colombie : pourquoi Alvaro Uribe provoque Hugo Chavez », Rue89, 25 juillet 2010.
  21. « Juan Manuel Santos investi président de Colombie, dit vouloir renouer le dialogue avec le Venezuela », Le Point, 8 août 2010.
  22. « Juan Manuel Santos investi, Bogota et Caracas promettent de renouer », Le Matin, 8 août 2010.
  23. « La Colombie, nouvelle puissance pétrolière », Le Figaro, 11 août 2010.
  24. « La Colombie vit sous un régime de terreur », Reporterre, le quotidien de l 'écologie,‎ (lire en ligne)
  25. « Chavez prêt à rencontrer Santos », Le Figaro, 8 août 2010.
  26. « Colombie et Venezuela rétablissent leurs relations », site de France 2, 11 août 2010.
  27. « Colombie: la rupture est totale entre Santos et Uribe », amerique24.com, 16 avril 2011.
  28. a et b « Le très populaire Juan Manuel Santos irrite les faucons colombiens », La Croix, 7 août 2011.
  29. (es) Popularidad de Juan Manuel Santos, estable en un 67%, www.prensa.com, 9 septembre 2011.
  30. « Colombie : le renouveau des FARC n’est pas la faute de la politique de Santos », amerique24.com, 19 juillet 2011.
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  61. a et b (es)« La dinastía de los Santos », El Espectador, (consulté le 2 mai 2012).
  62. (es)Javier Ocampo Lopez, « Ficha bibliográfica : Antonia Santos », Bibliothèque Luis Ángel Arango (consulté le 2 mai 2012).
  63. (es)Claudia Vásquez, « Fiches bibliographique sur Eduardo Santos », Bibliothèque Luis Ángel Arango (consulté le 9 mai 2012).
  64. (es)Otto Morales Benitez, « Enrique Santos Montejo 1886-1971. Calibán y su mandato periodístico », El Tiempo, (consulté le 9 mai 2012).
  65. (es)« Hermanos, colegas y maestros », El Tiempo, (consulté le 10 mai 2012).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Jorge Emilio Sierra Montoya, « Santos entre la economía y la política », in 50 protagonistas de la economía colombiana, U. Jorge Tadeo Lozano, Bogota, 2004, p. 329-344 (ISBN 9789589029619)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]