Narges Mohammadi

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Narges Mohammadi
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (49 ans)
ZanjanVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
نرگس محمدیVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Imam Khomeini International University (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Conjoint
Taghi Rahmani (en) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Distinction
Prix Per Anger (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Narges Mohammadi (en persan : نرگس محمدی), née le 21 avril 1972[1], est une militante iranienne des droits de l'homme et vice-présidente du Defenders of Human Rights Center, dirigé par la lauréate du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi[2].

Pour son action en faveur des droits de l'homme, elle est arrêtée et détenue à plusieurs reprises depuis 1998. Amnesty International proteste sur sa détention comme prisonnière d'opinion. À chaque fois, divers gouvernements, organismes internationaux, et commissions législatives réclament sa libération.

En mai 2016, elle est encore condamnée à Téhéran, à 16 ans d'emprisonnement pour avoir créé et dirigé « un mouvement de défense des droits de l'homme qui milite pour l'abolition de la peine de mort »[3]. Elle est libérée en octobre 2020.

Contexte[modifier | modifier le code]

Narges Mohammadi naît le à Zanjan, en Iran. Elle fréquente l'Université internationale Imam Khomeini, reçoit un diplôme en physique et devient ingénieur professionnel. Au cours de sa carrière universitaire, elle écrit des articles soutenant les droits des femmes dans le journal étudiant et a été arrêtée lors de deux réunions du groupe étudiant politique Tashakkol Daaneshjuyi Roshangaraan (« Groupe d'étudiants éclairés »)[1],[4]. Elle est également active dans un groupe d'alpinisme, mais en raison de ses activités politiques, elle a ensuite été interdite de participer aux ascensions.

Narges Mohammadi travaille ensuite comme journaliste pour plusieurs journaux réformistes et publie un livre d'essais politiques intitulé Les réformes, la stratégie et la tactique[4]. En 2003, elle rejoint le Defenders of Human Rights Center, dirigé par la lauréate du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi[1] ; elle devient plus tard la vice-présidente de l'organisation[2].

En 1999, elle épouse un autre journaliste pro-réforme Taghi Rahmani, qui peu de temps après a été arrêté pour la première fois[1],[4]. Rahmani a déménagé en France en 2012 après avoir purgé un total de quatorze ans de prison, mais Mohammadi est restée pour continuer son travail en faveur des droits humains[2]. Narges Mohammadi et Taghi Rahmani ont des enfants jumeaux, Ali et Kiana.

Militantisme et détentions[modifier | modifier le code]

Narges Mohammadi est arrêtée pour la première fois en 1998 pour ses critiques du gouvernement iranien ; elle passe un an en prison[4].

En avril 2010, elle est convoquée devant le tribunal révolutionnaire islamique pour son appartenance à la DHRC. Elle est brièvement libérée sous caution de 50 000 $ US, mais elle est arrêtée à nouveau plusieurs jours plus tard et détenue à la prison d'Evin[1]. La santé de Narges Mohammadi décline pendant sa détention, elle développe une maladie similaire à l' épilepsie qui lui fait perdre périodiquement le contrôle musculaire. Au bout d'un mois, elle est libérée et autorisée à se rendre à l'hôpital[5].

En juillet 2011, Narges Mohammadi est de nouveau poursuivie en justice[1], et reconnue coupable « d'avoir agi contre la sécurité nationale, l'appartenance à la DHRC et la propagande contre le régime »[5]. En septembre, elle est condamnée à 11 ans d'emprisonnement. Narges Mohammadi a déclaré qu'elle n'avait eu connaissance du verdict que par l'intermédiaire de ses avocats et qu'elle avait « reçu un jugement sans précédent de 23 pages rendu par le tribunal dans lequel ils ont assimilé à plusieurs reprises mes activités en faveur des droits de l'homme à des tentatives de renversement du régime ».

En mars 2012, la peine est confirmée par la cour d'appel, mais elle est réduite à six ans[6]. Le 26 avril suivant, elle est arrêtée pour commencer à purger sa peine[2].

La condamnation est dénoncée par le ministère britannique des Affaires étrangères, qui proteste et la qualifie de « triste exemple des tentatives des autorités iraniennes de faire taire les courageux défenseurs des droits humains »[5]. Amnesty International la déclare prisonnière d'opinion et réclame sa libération immédiate[7]. Reporters sans frontières lance un appel au nom de Narges Mohammadi à l'occasion du neuvième anniversaire de la mort du photographe Zahra Kazemi à la prison d'Evin, déclarant que Narges Mohammadi est une prisonnier dont la vie est « en danger particulier »[8].

En juillet 2012, un groupe international de législateurs appelle à sa libération, notamment le sénateur américain Mark Kirk, l'ancien procureur général du Canada Irwin Cotler, le député britannique Denis MacShane, le député australien Michael Danby, la députée italienne Fiamma Nirenstein et le député lituanien Emanuelis Zingeris[9].

Le 31 juillet 2012, Narges Mohammadi est libérée de prison[10].

Le 31 octobre 2014, Narges Mohammadi prononce un discours émouvant sur la tombe de Sattar Beheshti, déclarant : « Comment se fait-il que les parlementaires proposent un plan pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, mais personne ne s'est prononcé il y a deux ans, lorsqu'un être humain innocent du nom de Sattar Beheshti est mort sous la torture entre les mains de son interrogateur? ». Malgré l'acte de violence extrême contre Sattar Beheshti, qui a fait l'objet d'un tollé international en 2012, son cas soulève encore des questions et la prison d'Evin est toujours témoin aujourd'hui de torture et d'arrestations injustes de défenseurs des droits humains. La vidéo du discours du 31 octobre de Narges Mohammadi devient rapidement virale sur les réseaux sociaux, ce qui l'amène à être convoquée au tribunal de la prison d'Evin. « Dans la convocation que j'ai reçue le 5 novembre 2014, il est indiqué que je dois me rendre « pour accusation », mais il n'y a aucune autre explication sur ces accusations », a-t-elle déclaré[11].

Le 5 mai 2015, Narges Mohammadi est nouveau arrêtée sur la base de nouvelles accusations[12].

En mai 2016, un tribunal révolutionnaire de Téhéran déclare Narges Mohammadi coupable d'avoir « établi et dirigé le groupe clandestin illégal Legam », un mouvement de défense des droits humains qui milite pour l'abolition de la peine de mort. Elle est condamnée à une peine de 16 ans de prison[3]. En janvier 2019, Narges Mohammadi aurait entamé une grève de la faim, avec le citoyen britanno-iranien détenu Nazanin Zaghari-Ratcliffe, à la prison d'Evin à Téhéran, pour protester contre le refus d'accès aux soins médicaux[13].

Le 8 octobre 2020, Narges Mohammadi est libérée de prison[14].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Prix Andrei Sakharov 2018 de la Société américaine de physique.
  • Prix des droits de l'homme 2016 de la ville allemande de Weimar.
  • 2011 Per Anger Prize, le prix international du gouvernement suédois pour les droits de l'homme.
  • 2010 Lorsque la lauréate du prix Nobel Shirin Ebadi remporte le prix Felix Ermacora des droits de l'homme, elle le dédie à Nargaes Mohammadi. "Cette femme courageuse mérite ce prix plus que moi", a déclaré Shirin Ebadi[15].
  • 2009 Prix Alexander Langer, nommé en l'honneur du militant pour la paix Alexander Langer. Le prix est de 10 000 euros[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Muhammad Sahimi, « Nationalist, Religious, and Resolute: Narges Mohammadi » [archive du ], PBS, (consulté le 31 octobre 2012)
  2. a b c et d Saeed Kamali Dehghan, « Iranian human rights activist Narges Mohammadi arrested » [archive du ], The Guardian, (consulté le 31 octobre 2012)
  3. a et b Saeed Kamali Dehghan, « UN condemns 16-year jail sentence for Iranian activist Narges Mohammadi », The Guardian, (consulté le 11 janvier 2019).
  4. a b c d et e « Narges Mohammadi, from Iran, recepient(sic) of the international Alexander Langer award 2009 » [archive du ], Alexander Langer Foundation, (consulté le 31 octobre 2012)
  5. a b et c Saeed Kamali Dehghan, « Iranian activist Narges Mohammadi jailed for 11 years » [archive du ], The Guardian, (consulté le 31 octobre 2012)
  6. Saeed Kamali Dehghan, « Iran steps up crackdown on journalists and activists » [archive du ], The Guardian, (consulté le 31 octobre 2012)
  7. « Urgent Action: human rights Defender imprisoned », Amnesty International, (consulté le 3 mai 2012)
  8. « Lives of several imprisoned journalists and netizens in danger » [archive du ], Reporters Without Borders, (consulté le 31 octobre 2012)
  9. « International Lawmakers Call on Iran to Release Narges Mohammadi » [archive du ], kirk.senate.gov, (consulté le 31 octobre 2012)
  10. « Iran: List of human rights defenders behind bars », Worldwide Movement for Human Rights (consulté le 13 juin 2017)
  11. « Iran: Judicial Harassment of Human Rights Activist Narges Mohammadi », www.gc4hr.org (consulté le 13 juin 2017)
  12. Erdbrink, « Iran Arrests Prominent Rights Activist », sur NYTimes.com, (consulté le 13 juin 2017)
  13. « Zaghari-Ratcliffe to go on hunger strike in Iranian jail », The Irish Times, (consulté le 11 janvier 2019)
  14. https://www.reuters.com/article/us-iran-rights-idUSKBN26T1Q4
  15. « Iranian Nobel Laureate Dedicates Prize To Jailed Colleague », Radio Free Europe,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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