Aung San Suu Kyi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Crystal Clear app fonts.svg Cette page contient des caractères spéciaux ou non latins. Si certains caractères de cet article s’affichent mal (carrés vides, points d’interrogation…), consultez la page d’aide Unicode.

Aung San Suu Kyi est un nom birman ; les principes des noms et prénoms ne s'appliquent pas ; U et Daw sont des titres de respect.


Aung San Suu Kyi
Aung San Suu Kyi en 2013.
Aung San Suu Kyi en 2013.
Fonctions
Conseillère spéciale de l'État et
porte-parole de la Présidence de la République de l'Union de Birmanie
En fonction depuis le
(1 an, 8 mois et 11 jours)
Président Htin Kyaw
Prédécesseur nouvelle fonction
Ministre birmane des Affaires étrangères
En fonction depuis le
(1 an, 8 mois et 17 jours)
Président Htin Kyaw
Prédécesseur Wunna Maung Lwin
Ministre de la Présidence de la République de l'Union de Birmanie
En fonction depuis le
(1 an, 8 mois et 17 jours)
Président Htin Kyaw
Prédécesseur Thein Nyunt
Soe Maung
Soe Thein
Aung Min
Hla Tun
Ministre birmane de l'Éducation

(7 jours)
Président Htin Kyaw
Prédécesseur Khin San Yi
Successeur Myo Thein Gyi
Ministre birmane de l'Énergie et de l'Electricité

(7 jours)
Président Htin Kyaw
Prédécesseur Khin Maung Soe (Electricité)
Zeya Aung (Énergie)
Successeur Pe Zin Tun
Députée

(3 ans, 10 mois et 28 jours)
Élection 1er avril 2012
Circonscription Kawhmu
Prédécesseur Soe Tint
Présidente de la Ligue nationale pour la démocratie
En fonction depuis le
(6 ans et 29 jours)
Prédécesseur Elle-même en tant que secrétaire générale
Secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie

(23 ans, 1 mois et 22 jours)
Prédécesseur Parti créé
Successeur Elle-même en tant que présidente
Biographie
Date de naissance (72 ans)
Lieu de naissance Rangoun (Inde britannique)
Nationalité Birmane
Parti politique Ligue nationale pour la démocratie
Père Aung San
Conjoint Michael Aris (1972-1999)
Diplômée de Université de Delhi
St Hugh's College, Oxford
École des études orientales et africaines, Londres
Religion Bouddhisme theravāda

Daw Aung San Suu Kyi (en birman : အောင်ဆန်းစုကြည် / Aung San Suu Kyi (Burmese).svg, MLCTS (en) : aung hcan: cu. krany, prononcé [àʊɴ sʰáɴ s ì]), née le à Rangoun, est une femme d'État birmane, figure de l'opposition non-violente à la dictature militaire de son pays, lauréate du prix Nobel de la paix en 1991.

Elle est la fille du partisan de l'indépendance birmane Aung San, qui est assassiné alors qu'elle a deux ans. En 1988, elle co-fonde et devient secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), un parti politique opposé à la junte militaire au pouvoir. En 1990, le gouvernement militaire annule les élections législatives, remportées par la LND, et place Aung San Suu Kyi en résidence surveillée. Durant son enfermement, celle-ci bénéficie d'un important soutien international et se voit attribuer le prix Nobel de la paix. Elle est libérée en 2010.

Élue députée à l'issue des élections partielles de 2012, elle mène son parti à la victoire aux législatives de 2015, organisées plus librement que les précédentes. L'année suivante, alors qu'une disposition constitutionnelle l'empêche de devenir présidente de la République, elle est nommée ministre des Affaires étrangères, conseillère spéciale de l'État et porte-parole de la Présidence, sa position étant celle d'un chef de gouvernement de facto.

Bien que la Birmanie ait entamé une transition démocratique, le gouvernement auquel elle participe doit composer avec une armée toujours très puissante. À partir de 2016, elle fait l'objet de critiques à travers le monde pour sa passivité face aux exactions de l'armée birmane envers les Rohingyas, groupe ethnique de confession musulmane.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, famille et études[modifier | modifier le code]

Aung San Suu Kyi en 1951.

Aung San Suu Kyi est la fille du général Aung San, qui a négocié l'indépendance de la Birmanie, et de son épouse, Khin Kyi (en). Son nom est composé de celui de son père (Aung San), de sa grand-mère maternelle (Suu) et une partie de celui de sa mère (Kyi).

Le , presque six mois avant l'indépendance, son père est assassiné, avec les membres de son cabinet, par un rival politique, U Saw. Après la disparition de Aung San, son épouse et ses trois enfants vivent à Rangoun, à l'époque capitale du pays. Aung San Lin, un des deux frères de Suu Kyi, meurt accidentellement alors qu’elle avait huit ans.

Sa mère commence à s'engager dans les milieux sociaux et publics, gagne peu à peu une certaine importance dans le paysage politique du gouvernement des années 1950 et 1960 puis est nommée ambassadrice de la Birmanie en 1960 à Delhi, en Inde[réf. souhaitée]. Suu Kyi étudie à l’École anglaise catholique de Birmanie puis rejoint sa mère en Inde afin de terminer ses études secondaires au Lady Shri Ram College for Women (en) à New Delhi en 1964[1].

Suu Kyi part ensuite pour la Grande-Bretagne, où elle suit un cursus de philosophie, politique et économie au St Hugh's College d'Oxford de 1964 à 1967 ; elle termine ses études par un doctorat (Ph.D) à l'École des études orientales et africaines de Londres.

Âgée de 22 ans, la jeune étudiante part pour New York en 1967, entame un second cycle d'études supérieures et devient secrétaire-assistante du Comité des questions administratives et budgétaires des Nations unies.

En 1972, elle se marie à Michael Aris, un jeune homme rencontré à Oxford alors qu’il étudiait les civilisations tibétaines. En 1973, Suu Kyi donne naissance à son premier enfant, Alexander, à Londres. En 1977, elle a un second enfant, Kim, né à Oxford. Suu Kyi vit alors entre le Royaume-Uni et le Bhoutan, pays où habite son mari, car il fait à cette époque[Quand ?] une étude sur l’Himalaya et le Tibet.

Outre le birman, Aung San Suu Kyi parle couramment l'anglais et pourrait pratiquer le français qu'elle a appris sur cassettes audio durant ses années d'isolement[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

En 1988, Aung San Suu Kyi retourne vivre en Birmanie afin de s’occuper de sa mère, vieillissante. Cette année-là, le général Ne Win, chef du parti socialiste au pouvoir, perd peu à peu le contrôle du pays. Des manifestations pro-démocratiques éclatent dans tout le pays. Elles sont violemment réprimées par l’armée. Une nouvelle junte militaire, le Conseil d'État pour la restauration de la Loi et de l'Ordre, prend le pouvoir le 18 septembre 1988.

Fortement influencée par la philosophie non violente du Mahatma Gandhi, Suu Kyi entre en politique. Sa première intervention publique a lieu le , à la pagode Shwedagon. En septembre 1988, avec les anciens généraux Aung Gyi et Tin Oo, elle annonce la création d'un nouveau parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), qui appelle à des réformes démocratiques[3]. Les co-fondateurs s'attribuent les postes de président, vice-président, et secrétaire général (pour Aung San Suu Kyi), et encouragent la grève générale qui dure depuis un mois[4].

Détention[modifier | modifier le code]

Placement en résidence surveillée[modifier | modifier le code]

Le , elle est arrêtée par le gouvernement militaire, avec son bras droit, Tin Oo, pour trouble à l'ordre public[5]. Elle reste assignée à résidence pendant six ans[5].

Élections de 1990[modifier | modifier le code]

Sous la pression populaire, la junte militaire organise des élections générales le 27 mai 1990. Le scrutin est très largement remporté par le parti de Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, qui obtient 58,7 % des voix et 392 des 492 sièges de l'assemblée, contre 21 % des voix et 100 sièges pour le parti soutenant le pouvoir militaire[6].

Manifestation au siège de l'ONU à New York, le 9 mai 2003.

Les députés élus ne sont pas autorisés à siéger. Le 28 juillet 1990, la junte militaire annonce que la formation d'un gouvernement ne pourra se faire qu'après un long processus d'élaboration d'une constitution, laquelle devra recevoir l'agrément des militaires, puis un aval référendaire. Le 30 juillet 1990, le congrès de la LND, en l'absence des dirigeants Suu Kyi et Tin Oo, placés en résidences surveillées, refuse ce programme[7]. Une répression s'ensuit.

Suu Kyi reçoit le prix Sakharov et le prix Rafto, puis le prix Nobel de la paix l'année suivante, en 1991.

L'un de ses discours les plus connus, Libérez-nous de la peur (Freedom from Fear[8]), commence ainsi :

« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime… »

« Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. (...) Dans un système qui dénie l’existence des droits humains fondamentaux, la peur tend à faire partie de l’ordre des choses. Mais aucune machinerie d’État, fût-elle la plus écrasante, ne peut empêcher le courage de ressurgir encore et toujours, car la peur n’est pas l’élément naturel de l’homme civilisé[9]. »

En juillet 1995, elle est libérée de sa détention surveillée. Cependant, il lui est interdit de quitter Rangoon afin de rendre visite à sa famille, au Royaume-Uni, sous peine de se voir refuser le droit de revenir en Birmanie[5]. En 1997, son mari, Michael Aris, atteint du cancer de la prostate, se voit refuser le droit de rendre visite à sa femme par le gouvernement[5]. Aung San Suu Kyi ne revoit jamais son mari avant sa mort, en 1999 ; autorisée par la junte à quitter le pays, l'opposante préfère ne pas se rendre aux obsèques de son époux par peur de ne pouvoir être autorisée à rentrer en Birmanie[5]. Elle est par ailleurs toujours séparée de ses enfants, qui vivent au Royaume-Uni.

En 1996, en arrêtant un proche qui meurt en prison (affaire Nichols), la junte cherche à intimider Aung San Suu Kyi mais provoque un processus de sanctions internationales.

Elle se voit refuser le droit de rencontrer les membres de son parti plusieurs fois. En septembre 2000, elle est mise une fois de plus en maison d’arrêt. Le , après une négociation secrète entre les Nations unies et la junte militaire, elle est libérée.

Aung San Suu Kyi entourée de ses partisans, en août 2011.

Mais, le , son convoi est attaqué dans le village de Depayin par un groupe paramilitaire payé par la junte au pouvoir. Beaucoup de ses supporters sont tués ou blessés durant cette embuscade. Suu Kyi réussit à s’échapper grâce à son chauffeur Ko Kyaw Soe Lin, mais est arrêtée un peu plus tard. Elle est alors à nouveau emprisonnée à la prison d'Insein à Rangoon. Elle est ensuite transférée en maison d’arrêt en septembre 2003 à cause de ses problèmes de santé et d’une hystérectomie.

En mars 2004, Razali Ismail, un envoyé spécial des Nations unies, rencontre Aung San Suu Kyi. Ismail a démissionné de son poste l’année suivante, en partie parce qu’il s’est vu refuser l’entrée en Birmanie par la suite. Le , Ibrahim Gambari, un autre envoyé spécial des Nations unies a pu rencontrer Suu Kyi, la première visite étrangère depuis 2004[10].

De façon régulière, la junte militaire birmane prolonge l'assignation à résidence de la chef de l’opposition en vertu de la loi de 1975 de la protection de l’État, qui permet d’emprisonner des « éléments destructeurs » de l'État pendant cinq ans sans jugement[11].

Le , Suu Kyi passe son 61e anniversaire en maison d'arrêt, sa ligne téléphonique est coupée, son courrier filtré et elle n'a pas accès aux soins médicaux qu'elle désire. Des manifestations sont organisées devant les ambassades birmanes. Le , un appel est lancé par une cinquantaine d'anciens dirigeants du monde entier pour la libération d'Aung San Suu Kyi.

Manifestations de 2007[modifier | modifier le code]

Le , l'opposante birmane, assignée à résidence depuis 2003, est exceptionnellement sortie brièvement en pleurs de sa maison à Rangoun pour saluer des moines bouddhistes qui manifestent contre la junte militaire, pour la cinquième journée consécutive.

Aung San Suu Kyi avec Hillary Clinton et Barack Obama.

Le , Aung San Suu Kyi est enfermée à la prison d'Insein[12]. L'assignation à résidence expire le 27 mai 2007, mais est reconduite sans autre forme de procès pour un an, et l'est de nouveau le 27 mai 2008, totalisant ainsi sept ans d'assignation à résidence forcée[13].

À partir de 2008, des inquiétudes s'expriment quant à sa santé[14]. Elle est à nouveau placée en détention le . Selon la secrétaire d'État française Rama Yade, l’arrestation d’Aung San Suu Kyi, accusée d’activité subversive à quelques jours de sa libération, est un « prétexte manifestement recherché pour l’écarter du processus électoral, d’autant plus que la LND, le parti politique d’Aung San Suu Kyi, est totalement laminé ». L’objectif du régime est de « tout mettre en place pour arriver aux élections législatives de 2010 sans gêne, sans entrave ».

Le , Aung San Suu Kyi est condamnée à dix-huit mois de détention, ce qui la prive de tout moyen de participer à l'élection générale de 2010. L'Union européenne menace la junte birmane de sanctions, et la Malaisie a appelé à une réunion d'urgence de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN)[15]. L'opposante birmane a décidé de faire appel[16].

Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, boycotte les élections législatives de 2010, les premières depuis la victoire de 1990, et la participation est faible.

Soutiens internationaux[modifier | modifier le code]
Manifestation pour la mise en liberté d'Aung San Suu Kyi, le 21 juin 2005.

Aung San Suu Kyi dispose d’un soutien assez important au Royaume-Uni et aux États-Unis, via la campagne pour une Birmanie libre (Free Burma Campaign).

En 1995, le film Rangoon, de John Boorman, évoque certains évènements autour d'elle.

En 2001, le groupe rock irlandais U2 a créé la chanson « Walk On », dédiée à Aung San Suu Kyi. « Walk On » est interdite en Birmanie. D’autres groupes et artistes comme Coldplay, R.E.M., Wayne Shorter, Jane Birkin, Jim Carrey ou Damien Rice ont publiquement soutenu Suu Kyi.

Elle a reçu le prix « Free Your Mind (en) » (Libère ton esprit) par les MTV Europe Music Awards en 2003.

En 2004, plusieurs tentatives de pressions diplomatiques ont eu lieu de la part des États-Unis[17], des Nations unies et de plusieurs pays afin de libérer Suu Kyi.

Le Conseil de Paris l'a faite citoyenne d'honneur de la Ville de Paris en juin 2004.

Le , plusieurs manifestations ont eu lieu devant les ambassades birmanes partout dans le monde à l’occasion du soixantième anniversaire de Suu Kyi.

Le magazine américain New Statesman a élu en 2006 Suu Kyi « Hero of our time » ("héroïne de notre temps")[18]. La même année, elle est classée comme la 47e femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes. En 2012, elle est classée 19e[19].

Les universités belges, l'université Libre de Bruxelles et l'université catholique de Louvain (UCL, en 1998) lui ont décerné le titre de docteur honoris causa. Une pétition, soutenue notamment par le 14e dalaï-lama, a été lancée en Norvège en 2005[20]. Il a rencontré la lauréate du prix Nobel de la paix une première fois le 19 juin 2012 à Londres[21],[22] et une seconde fois en République tchèque à Prague le 15 septembre 2013, en privé en marge du 17e Forum 2000, une conférence internationale[23],[24]. Il lui écrit une lettre en août 2012 où il a dit être « profondément attristé » et rester « très préoccupés » par les violences infligées aux musulmans en Birmanie[25]. Le 28 mai 2015, il l'appelle à nouveau à agir en tant que prix Nobel de la paix, remarquant qu'il ne « suffit pas » d’envisager d'aider les Rohingyas, remarquant un manque de compassion altruiste[26],[27]. Le 11 septembre 2017, il écrit à nouveau à Aung San Suu Kyi l'appelant à trouver une solution pacifique à la crise des Rohingyas[28]. 14 septembre 18 personnalités parmi lesquelles des politiciens, des artistes et 12 prix Nobel, ont adressée aux pays membres du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies une lettre afin d’évaluer la situation dans l’Etat d’Arakan[29].

Le , une lettre signée d'une cinquantaine d'anciens dirigeants du monde entier (dont Bill Clinton, Jimmy Carter et Jacques Delors) appelle la Birmanie à libérer Aung San Suu Kyi[30].

Initié par l'association Info Birmanie, un dialogue entre Aung San Suu Kyi et Stéphane Hessel a été enregistré en février 2011 par RFI, un évènement que Hessel attendait depuis 12 ans[31].

Libération[modifier | modifier le code]
Aung San Suu Kyi en 2011.

Le , la police birmane enlève les barrières posées devant la résidence d'Aung San Suu Kyi, permettant ainsi sa libération alors qu'elle a passé 15 des 21 dernières années en résidence surveillée[32],[33]. Elle rencontre le président Thein Sein le , et apporte son soutien à l'ouverture engagée par le pouvoir, qui prévoit notamment de libérer de nombreux prisonniers[34].

Parlementaire[modifier | modifier le code]

Ayant été autorisée à se présenter aux élections législatives partielles de 2012, elle a enregistré sa candidature le 18 janvier 2012. Le , elle remporte très largement le scrutin et obtient ainsi son premier mandat officiel : celui de députée[35]. Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), prétend avoir remporté au moins 43 sièges des 45 sièges en jeu et les résultats officiels portant sur 40 sièges indiquent que tous ceux-ci ont été remportées par la LND. Toutefois, le parti reste très minoritaire dans la chambre basse qui compte 435 sièges, et les prochaines élections générales ne sont prévues que pour 2015.

Refusant de prêter serment sur la Constitution à la date prévue, le , Aung San Suu Kyi accepte finalement de le faire le [36]. Aung San Suu Kyi siège pour la première fois comme députée à la chambre basse du Parlement le 9 juillet 2012.

Pour la première fois depuis 28 ans, la nouvelle députée franchit les frontières de son pays, le , pour un séjour de six jours en Thaïlande où elle a assisté au Forum économique mondial sur l'Asie de l'Est, appelant à une amélioration de la justice en Birmanie, indispensable à des investissements étrangers bénéfiques[37]. Elle a aussi rencontré de nombreux compatriotes dans la région de Bangkok et dans le camp de réfugiés de Mae La, où vivent de nombreux Karens[38]. En juin 2012, elle effectue un tour d'Europe qui la conduit en Suisse, en Norvège, en Irlande, en Grande-Bretagne et en France. Son objectif est d'inciter l'Occident à soutenir la Birmanie sur la voie des réformes politiques et à favoriser son développement économique. Elle est reçue à Londres et Paris[39] avec les honneurs réservés aux chefs d'État ; à Oslo elle reçoit, le , plus de vingt ans après son attribution, le Prix Nobel de la paix[40]. Évoquant à la BBC les futures élections, elle se dit prête à diriger son pays[41].

Le 27 mars 2013, elle assiste à un défilé militaire aux côtés des généraux qui dirigent la junte birmane[42]. Certains de ses soutiens, y compris dans le parti Ligue nationale pour la démocratie qu'elle dirige depuis 1988, regrettent cette position et reprochent à la députée de soutenir systématiquement le gouvernement militaire[43].

Remise du Prix Sakharov à Aung San Suu Kyi par Martin Schulz au Parlement européen à Strasbourg le 22 octobre 2013.

La minorité ethnique Kachin exprime sa méfiance envers Aung San Suu Kyi dès l'automne 2012, à la suite de la passivité de celle-ci alors que l'armée birmane refuse la négociation et réprime les indépendantistes kachin[44]. En juin 2012, à la suite du meurtre d'une jeune bouddhiste, des violences inter-ethniques éclatent entre les communautés musulmane (Rohingyas) et bouddhiste de l'État d'Arakan. Des bouddhistes tiennent alors des discours haineux à l'encontre des Rohingyas[45]. Aung San Suu Kyi refuse longtemps de réagir, afin de ne pas « attiser le feu d'un côté ou de l'autre »[46]. Human Rights Watch publie, en avril 2013, un rapport accusant les autorités birmanes d'avoir amplifié les troubles et organisé, à partir d'octobre 2012, une « campagne de nettoyage ethnique » contre les musulmans[47]. Dans un entretien postérieur à cette annonce, Aung San Suu Kyi refuse de condamner les violences contre les musulmans et nie fermement qu'un nettoyage ethnique ait eu lieu en Birmanie[48]. Cette attitude lui vaut des critiques au sein de la presse internationale[49] ou « L'auréole ternie d'Aung San Suu Kyi »[50] ; de grands titres de la presse anglo-saxonne se montrent particulièrement cinglants, estimant que son attitude envers ces violences « fait froid dans le dos »[51] et « méprise les droits humains au nom de la politique »[52].

Succès aux élections législatives de 2015[modifier | modifier le code]

Son parti remporte les élections législatives de novembre 2015. Aung San Suu Kyi prépare alors une transition démocratique avec le président sortant, Thein Sein[53].

Lors de ces élections, le LND, exclut les musulmans de ses investitures, y compris les députés sortants, ce qui favorise l'élection d'un parlement sans aucun élu musulman pour la première fois depuis 1948[54].

Impossibilité de briguer la présidence de la République[modifier | modifier le code]

Aung San Suu Kyi annonce, le , son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2015[55]. Lors de sa déclaration au Forum économique mondial sur l'Asie de l'Est, elle rappelle que la constitution birmane ne lui permet pas de se présenter. En effet, la constitution interdit à un Birman de se présenter s'il est marié avec un étranger : or, son époux, Michael Aris, était de nationalité britannique. Elle précise que pour qu'elle puisse se présenter à l'élection, la constitution doit être amendée[56].

En juin 2014, un comité parlementaire vote contre une modification de la constitution, qui aurait permis à Aung San Suu Kyi de se présenter[57]. Fin novembre de la même année, le président du Parlement exclut toute modification de la Constitution pouvant permettre à Aung San Suu Kyi de se présenter en 2015 ; un référendum pourrait être organisé mais son résultat ne prendrait effet qu'après les élections[58].

Le Parlement birman élit, le 15 mars 2016, Htin Kyaw, proche d'Aung San Sui Kyi, à la fonction de président de la République du pays. Celui-ci est le premier chef de l'État élu démocratiquement depuis 1957[59],[60]. Il entre en fonction le 1er avril 2016[60].

Conseillère spéciale de l'État, porte-parole de la présidence et ministre des Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Aung San Suu Kyi avec Boris Johnson, en 2016.

Ne pouvant pas être présidente de la République, Aung San Suu Kyi devient ministre mais cumule autant de pouvoirs qu’elle peut le faire, le président Htin Kyaw étant considéré comme un de ses plus fervents partisans[61]. Elle est ainsi ministre des Affaires étrangères et brièvement ministre de l'Éducation, de l'Électricité et de l'Énergie. Elle est également ministre de la Présidence, un portefeuille qui lui permet de jouir d'un statut de « super-ministre », devenant le numéro un d'un gouvernement comptant 21 titulaires[62]. Malgré le poids important de l'ancienne junte, qui pèse dans l'appareil d'État, elle est considérée comme la dirigeante de la Birmanie de facto[63].

Le , Aung San Suu Kyi renonce à deux ministères au sein du gouvernement, l'Éducation et l'Énergie, qu'elle cumulait au sein d'un super-ministère comprenant aussi les Affaires étrangères et les relations avec la Présidence. Elle est nommée conseillère spéciale de l'État et porte-parole de la Présidence. D'une durée de cinq ans, ce nouveau poste consiste à faire la liaison entre la Présidence et le Parlement, et permet à Aung San Suu Kyi d'avoir accès à l'Assemblée[64].

Après soixante ans de junte militaire, Aung San Suu Kyi se retrouve en difficulté afin de faire redémarrer le pays, la Birmanie manquant d'une classe intellectuelle et de cadres permettant de moderniser l'économie[65].

Persécution des Rohingya[modifier | modifier le code]

Malgré l'arrivée au pouvoir d'Aung San Suu Kyi, l'armée conserve un certain pouvoir dans le pays (un quart des sièges au Parlement et les ministères clefs), l'affaire des Rohingyas demeurant leur prérogative. Aung San Suu Kyi doit également composer avec le clergé bouddhiste (qui compte 500 000 bonzes), celui-ci développant avec l'armée un discours identitaire fort. Par ailleurs, depuis son indépendance en 1948, la Birmanie a également pour constance de réprimer ses minorités, chrétiennes, animistes et musulmanes ; avant l'arrivée d'Aung San Suu Kyi au pouvoir, cela avait pourtant peu de résonance médiatique[65],[66].

En juillet 2016, l'ONU publie un rapport évoquant de possibles crimes contre l'humanité commis sous la mandature précédente. Dans la province d'Arakan, la minorité musulmane des Rohingyas est persécutée conjointement par la majorité bouddhiste et les autorités, avec une intensification des violences depuis 2012. De même que l'envoyée spéciale de l’ONU pour les droits humains en Birmanie Yanghee Lee, le Parlement européen demande à la nouvelle dirigeante d'intervenir[67],[68]. Alors qu'Aung San Suu Kyi semble en retrait sur cette question, la communauté internationale espère qu'il s'agit de sa part d'un simple calcul politique pour remporter les élections de 2015[69],[70],[71]. Mais après son arrivée au pouvoir en avril 2016, Aung San Suu Kyi se refuse toujours à utiliser le terme « Rohingya ». En mai, elle tance l'ambassade des États-Unis, puis le secrétaire d'État américain John Kerry, qui ont employé publiquement ce mot, celui par lequel cette minorité se désigne-elle même[70],[72]. Le nouveau gouvernement birman, de même que les bouddhistes xénophobes, emploie le mot « Bengalis ». À la demande de Suu Kyi, son homologue français Jean-Marc Ayrault n'emploie pas publiquement le terme usuel en sa présence[73].

Pour l'anthropologue spécialiste de la Birmanie Alexandra de Mersan, le gouvernement d'Aung San Suu Kyi « a tenté de mener une première conférence de réconciliation nationale, invitant les ethnies, les groupes, les organisations pour discuter. Ce que n'ont jamais fait les militaires. Mais pendant ces discussions, les conflits continuaient à faire rage dans ces États », soulignant également que « sa marge de manœuvre est extrêmement réduite »[65]. Par ailleurs, l'armée fait monter la pression sur ce sujet afin de démonter l'incapacité d'Aung San Suu Kyi à le gérer[74].

En mars 2016, interviewée par Mishal Husain (BBC), elle s'emporte à la fin de l'entretien en déclarant : « personne ne m'a dit que je devais être interviewée par une musulmane »[75],[76].

À la suite d'une attaque armée commise par une organisation rohingya ayant tué neuf policiers, le 9 octobre 2016, une nouvelle vague de répression est lancée. Des ONG, comme Amnesty International et Human Rights Watch, dénoncent des exactions de grande ampleur des forces de sécurité birmanes : viols, arrestations arbitraires, tortures, exécutions sommaires, destructions de maisons et de villages, internement forcé dans des camps. La situation est principalement connue par les témoignages des réfugiés et les photos de satellites, car l'accès à la province est globalement interdit, y compris aux travailleurs humanitaires. Dans un premier temps, ces ONG jugent qu'Aung San Suu Kyi est « réticente ou se trouve dans l'incapacité » d'agir[77],[78]. À l'étranger, ces exactions sont généralement qualifiées de « nettoyage ethnique », souvent de « crimes contre l'humanité », et parfois de « génocide », et Aung San Suu Kyi est accusée de passivité[79].

Après presque deux mois de répression, une interview de la dirigeante affirme que le gouvernement « a réussi à maintenir la situation sous contrôle et à l'apaiser » tandis que « la communauté internationale […] ne cesse d'attiser les feux de la rancune »[80]. Le conseiller spécial de l'ONU pour la Birmanie, Vijay Nambiar, publie un communiqué lui demandant personnellement un changement de cap[81]. De son côté, Zeid Ra'ad Zeid Al-Hussein, haut commissaire aux droits humains, affirme que les positions du gouvernement birman sont « des vues à court-terme, contre-productives et sans cœur » et ne respectent pas « les obligations des lois internationales des droits humains »[82],[83]. Le 29 décembre 2016, onze lauréats du prix Nobel de la paix signent, avec d'autres lauréats du prix Nobel, une lettre ouverte aux Nations unies pour demander l'arrêt du « nettoyage ethnique et des crimes contre l'humanité ». Ils dressent un parallèle avec de précédents génocides, expriment leur « frustration » contre Aung San Suu Kyi, et soulignent sa « responsabilité » dans ces exactions de masse[84],[85]. Desmond Tutu, qui avait soutenu Suu Kyi lors de son silence sur les Rohingya en 2012-2013, figure parmi les signataires[86].

Après une nouvelle vague d'exactions de l'armée qui commence en août 2017, Aung San Suu Kyi sort de son silence le , en accusant la communauté internationale et les médias étrangers d'avoir un parti pris pro-rohingya[87]. Lors d'un échange téléphonique avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui avait fait part de ses inquiétudes sur le sort de la minorité musulmane, elle affirme : « Ce genre de fausse information est seulement la partie émergée d'un énorme iceberg de désinformation créé pour générer des problèmes entre les différentes communautés et promouvoir les intérêts des terroristes »[87]. Elle est cependant soutenue par la Chine, alors que le Premier ministre indien appelle à « l'unité et à l'intégrité territoriale » de la Birmanie et partage l'inquiétude de cette dernière sur « la violence extrémiste » concernant les policiers attaqués par des Rohingya. Pour le leader républicain au Sénat américain Mitch McConnell, « le chemin de la Birmanie vers un gouvernement n'est absolument pas garanti, ni achevé. Attaquer le seul dirigeant politique qui œuvre pour étendre le champ de la démocratie dans le pays pourrait miner cet objectif à long terme »[88],[63].

Le , Desmond Tutu lui adresse une nouvelle lettre ouverte dans laquelle il écrit notamment « Si le prix politique à payer pour votre accession à la plus haute charge publique du Myanmar est votre silence, alors ce prix est certainement trop élevé[89] ». Vers la mi-septembre, une pétition lui reprochant son inertie envers le sort de la minorité musulmane, recueille près de 400 000 signatures[90].

Le 19 septembre 2017, devant la pression internationale, elle affirme que la Birmanie se prépare à organiser le rapatriement de 410 000 Rohingyas réfugiés au Bengladesh, mais met en doute la réalité des persécutions[91],[92]. Le même jour, Amnesty International critique le discours d'Aung San Suu Kyi, qui selon l'ONG « démontre qu'elle-même et son gouvernement préfèrent fermer les yeux sur les violences. Certains passages n'étaient rien de plus qu'un tissu de mensonges et de faute rejetée sur les victimes. Des preuves accablantes témoignent de ce que les forces de sécurité sont engagées dans une campagne de nettoyage ethnique »[93].

Alors qu'Aung San Suu Kyi bénéficiait jusque là d'une aura internationale et d'un statut d'icône, l'épisode des Rohingyas participe à ternir son image, bien que le correspondant du Monde en Asie Bruno Philip regrette que la fascination dont faisaient auparavant preuve les médias occidentaux à son égard était béate et sans nuance, évacuant la complexité du caractère de la femme politique[94].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Aung San Suu Kyi au Forum économique mondial pour l'Asie du Sud Est, en 2012.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Aung San Suu Kyi a écrit plusieurs ouvrages, seule ou en collaboration :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nobel Lectures in Peace 1991-1995, Irwin Abrams, (ISBN 981-02-2722-1 et 981-02-2723-X, lire en ligne)
  2. Marie Normand, « Je sens que la Birmanie a besoin de moi », entretien avec Aung San Suu Kyi, publié en pages 10-11 du quotidien Libération (no 9181, daté du 19 novembre 2010). Le paragraphe final révèle que la Prix Nobel de la Paix a « parfaitement compris » les questions posées en français par la journaliste mais que, faute d'avoir pu s'exercer à l'oral durant ses années d'isolement, elle a préféré y répondre en anglais.
  3. https://www.franceinter.fr/personnes/aung-san-suu-kyi
  4. « BIRMANIE L'opposition lance un appel à la poursuite de la grève générale », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. a, b, c, d et e http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120401.FAP2229/aung-san-suu-kyi-les-dates-clefs.html
  6. (en) Eur, Far East and Australasia 2003, Routledge, (ISBN 978-1-85743-133-9), p. 863
  7. « BIRMANIE Tension croissante entre les militaires et la Ligue nationale pour la démocratie », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. « Discours Freedom from Fear Daw Aung San Suu Kyi's pages (en) »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 18 septembre 2013)
  9. Sur le site www.amnestyinternationnal.be, extrait de « Se libérer de la peur », édition des Femmes, 1991, réédité en 2004
  10. Voir la page Après avoir rencontré Aung San Suu Kyi, l’envoyé des Nations unies quitte le Myanmar (en anglais)
  11. Voir la page Extension de la détention de Suu Kyi (en anglais)
  12. Les moines défilent à Rangoun, Aung Suu Kyi serait en prison
  13. article mis en ligne par AFP
  14. Le pouvoir birman a la responsabilité de la survie de Mme Suu Kyi
  15. Reuters
  16. Le Figaro
  17. (en)Pression américaine afin de libérer Suu Kyi, BBC news, 2 décembre 2004
  18. Voir la page Heroes of our time — le top 50 (en anglais)
  19. « Femmes de pouvoir, les 100 qui comptent » sur challenges.fr, 22 août 2012.
  20. Appels pour la libération de Aung San Suu Kyi, Le Nouvel Observateur, 17 juin 2005
  21. Meeting of global icons: The Dalai Lama meets Suu Kyi on her birthday, Phayul.com, 20 juin 2012
  22. Amélie Garcia, Aung San Suu Kyi rencontre le Dalaï-lama, JOL Press, 20 juin 2012
  23. AFP, Aung San Suu Kyi et le dalaï lama se sont rencontrés à Prague, Libération, 16 septembre 2013
  24. (en) Forum 2000
  25. « ‘The Dalai Lama expressed concern over violence in Burma to Suu Kyi’ », Phayul.com, (consulté le 9 mai 2013)
  26. Le Dalaï Lama critique le silence d'Aung San Suu Kyi sur les Rohingyas, RFI, , 28 mai 2015
  27. Rohingyas: le dalaï lama appelle à agir, Le Figaro, 28 mai 2015
  28. http://www.liberation.fr/direct/element/crise-des-rohingyas-le-dalai-lama-appelle-aung-san-suu-kyi-a-une-solution-pacifique_70416/
  29. 12 prix Nobel appellent à faire cesser les violences contre les Rohingyas. News-front, 14.09.2017
  30. Appel des dirigeants pour la libération de de Aung San Suu Kyi
  31. Stéphane Hessel et Aung San Suu Kyi dialoguent en exclusivité sur RFI, 7 mai 2011, retransmis le 5 février 2012
  32. http://www.20minutes.fr/magazine/bonheur/diaporama/les-vingt-plus-grands-bonheurs-de-lhistoire-recente/attachment/aung-san-suu-kyi-freed/
  33. Birmanie: l'opposante Aung San Suu Kyi est libreLe Parisien.fr, 13 novembre 2010
  34. http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/aung-san-suu-kyi-rencontre-le-president-birman_1022181.html
  35. LCI.TF1.fr
  36. Aung San Suu Kyi entre au Parlement, LE Figaro, 2 mai 2012
  37. Aung San Suu Kyi réclame une réforme du système judiciaire birman, Le Monde, 1er juillet 2012
  38. San Suu Kyi à la rencontre des réfugiés birmans, Le Figaro, 4 huin 2012
  39. La Birmane Aung San Suu Kyi célébrée par Paris pour la dernière étape de sa tournée, La Voix du Nord, 27 juin 2012
  40. (en) Son discours de récipiendaire, sur le site officiel du Comité Nobel
  41. « http://fr.euronews.com/depeches/1569844-birmanie-aung-san-suu-kyi-prete-au-pouvoir-si-son-parti-lemporte/ »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 18 septembre 2013) (lien mort)
  42. « Aung San Suu Kyi ménage ses anciens geôliers », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  43. « En Birmanie, Aung San Suu Kyi commence à décevoir », Le Figaro,‎ . Article traduit et adapté de (en) « In Public Eye, Shining Star of Myanmar Loses Luster », New York Times,‎ (lire en ligne).
  44. « Même Aung San Suu Kyi suscite le doute : Entre la Birmanie et la Chine, l'errance des réfugiés kachin », Le Monde,‎
  45. « Nous refusons le silence face à l'Apartheid et au nettoyage ethnique en Birmanie », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  46. (en) « Suu Kyi Remains Silent as Burma Burns », sur site du journal birman The Irrawaddy, « Suu Kyi reste muette tandis que la Birmanie brûle »
  47. (en) « All You Can Do is Pray », sur site de l'ONG Human Rights Watch, Rapport sous-titré : « Crimes contre l'humanité et épuration ethnique des musulmans Rohingya dans l'état birman d'Arakan ».
  48. (en) « Burma sectarian violence motivated by fear, says Aung San Suu Kyi », The Guardian,‎ (lire en ligne) : "Burmese opposition leader stops short of condemning anti-Muslim violence and insists no ethnic cleansing is taking place in Radio 4 interview".
  49. Titres cités dans « Aung San Suu Kyi, icône caricaturée », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  50. « L'auréole ternie d'Aung San Suu Kyi », sur site du quotidien Le Temps,
  51. (en) David Blair, « How can Aung San Suu Kyi – a Nobel Peace Prize winner – fail to condemn anti-Muslim violence? », The Daily Telegraph,‎ (lire en ligne), éditorial du directeur du service étranger du journal.
  52. (en) « Aung San Suu Kyi is turning a blind eye to human rights in the name of politics », The Guardian,‎ 2013-11-26. (lire en ligne)
  53. En Birmanie, Aung San Suu Kyi prépare la transition
  54. (en) Austin Ramzy, « After Myanmar Election, Few Signs of a Better Life for Muslims », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  55. Birmanie : Aung San Suu Kyi candidate à la présidentielle, Le Figaro, 6 juin 2013.
  56. Aung San Suu Kyi candidate à la présidence en Birmanie, Libération, 6 juin 2013.
  57. « Birmanie : Aung San Suu Kyi exclue de la présidentielle », Le Figaro, samedi 14 / dimanche 15 juin 2014, page 10.
  58. « La voie de la présidence barrée pour Aung San Suu Kyi », Le Figaro, mercredi 19 novembre 2014, page 10.
  59. (en) "Myanmar presidential candidates announced with new leader due by end of this month", Australian Broadcasting Corporation, 10 mars 2016
  60. a et b « Htin Kyaw, proche d’Aung San Suu Kyi, élu président de la Birmanie », Le Monde, 15 mars 2016
  61. « Birmanie: Aung San Suu Kyi renonce à deux ministères mais sera porte-parole du président », bfmtv.com, 4 avril 2016.
  62. En Birmanie, l’ancienne dissidente Aung San Suu Kyi cumule les pouvoirs
  63. a et b Maurin Picard, « Crise des Rohingyas : Aung Sang Suu Kyi sous pression internationale », Le Figaro, samedi 16 septembre 2017.
  64. Le parti au pouvoir en Birmanie nomme Aung San Suu Kyi porte-parole du président
  65. a, b et c Catherine Schwaab, « Aung San Suu Kyi, la dame menacée par la junte », Paris Match, semaine du 8 au 14 juin 2017, pages 105-108.
  66. Jean-Louis Tremblais, « Aung San Suu Kyi, à l'épreuve de la realpolitik », Le Figaro Magazine, semaine du 8 septembre 2017, pages 28-29.
  67. Jean Dauffray, « En Birmanie, Aung San Suu Kyi et le drame des Rohingyas », La Croix,‎ (lire en ligne)
  68. « La Birmanie doit protéger les Rohingyas (UE) », Le Figaro,‎ (lire en ligne) « Mme Suu Kyi [...] est très critiquée à l'étranger pour le silence qu'elle observe à ce sujet. »
  69. Arnaud Vaulerin, « L’étrange silence d’Aung San Suu Kyi », Libération,‎ (lire en ligne)
  70. a et b RFI, « Birmanie: Aung San Suu Kyi évoque discrètement le sort des musulmans Rohingyas », sur rfi.fr, (consulté le 3 janvier 2017)
  71. (en) Austin Ramzy, « After Myanmar Election, Few Signs of a Better Life for Muslims », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  72. (en) Richard C. Paddock, « Aung San Suu Kyi Asks U.S. Not to Refer to ‘Rohingya’ », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  73. Bruno Philip, « Jean-Marc Ayrault face au casse-tête des Rohingyas de Birmanie », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  74. Jean-Marie Guénois, « François clôt la polémique en nommant les "Rohingyas" », Le Figaro, samedi 2 / dimanche 3 décembre 2017, page 9.
  75. Directmatin, « Le dérapage islamophobe d’Aung San Suu Kyi | www.directmatin.fr », sur www.directmatin.fr (consulté le 8 décembre 2016)
  76. « Birmanie : Aung San Suu Kyi, l’icône démocrate, silencieuse face à l’armée », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  77. (en) Human Rights Watch, « Burma: New Wave of Destruction in Rohingya Villages », sur hrw.org, (consulté le 3 janvier 2017) documente par photos satellitaires la destruction d'au moins 820 maisons entre le 10 et le 17 novembre 2016
  78. Amnesty International, « Rohingyas au Myanmar : un futur crime contre l'humanité », sur amnesty.fr, (consulté le 3 janvier 2017)
  79. « Aung San Suu Kyi accusée de passivité face au « génocide » des Rohingya en Birmanie », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  80. Entretien avec la chaîne télévisée Channel NewsAsia, (en) « Exclusive: Success is determined by how dispensable I can make myself, says Suu Kyi », (consulté le 3 janvier 2017) : "We have managed to keep the situation under control and to calm it down, but I would appreciate it so much if the international community would help us to maintain peace and stability and to make progress in building better relations between the two communities instead of always drumming up calls for bigger fires of resentment".
  81. « Violences contre les Rohingyas en Birmanie : l’ONU appelle Suu Kyi à intervenir », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  82. (en) Nick Cumming-Bruce, « Myanmar ‘Callous’ Toward Anti-Rohingya Violence, U.N. Says », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  83. (en) Agence Reuters, « U.N. says it gets reports daily of killings and rapes in Myanmar », (consulté le 3 janvier 2017)
  84. (en) M. Yunus et al., « Open letter to the president of the Security Council and member countries of the Council to end the human crisis of Rohingyas in Myanmar », (consulté le 3 janvier 2017)
  85. Radio France internationale, « Des lauréats du Nobel de la paix interpellent l'ONU sur le sort des Rohingyas », sur 30 décembre 2016 (consulté le 3 janvier 2017)
  86. (en) Tim McLaughlin, « Tutu defends Suu Kyi over Rohingya silence », Myanmar Times,‎ (lire en ligne)
  87. a et b Birmanie : Aung San Suu Kyi dénonce « un iceberg de désinformation » sur le drame des Rohingya, Le Monde, 6 septembre 2017.
  88. Cyrille Pluyette, « Pékin soutient l'offensive de l'armée birmane dans l'État d'Arakan », Le Figaro, samedi 16 septembre 2017.
  89. (en) Naaman Zhou & Michael Safi, « Desmond Tutu condemns Aung San Suu Kyi: 'Silence is too high a price' », The Guardian,‎ (lire en ligne).
  90. 400 000 signatures pour destituer Aung San Suu Kyi de son prix Nobel. News-front. 09.09/2017
  91. Le Point, magazine, « Rohingyas : Aung San Suu Kyi sort du silence sous la pression internationale », Le Point,‎ (lire en ligne)
  92. Bruno Philip, Crise des Rohingya : Aung San Suu Kyi sort timidement de son silence, Le Monde, 19 septembre 2017.
  93. Discours d'Aung San Suu Kyi : un tissu de mensonges, Amnesty International, 19 septembre 2017.
  94. Adrien Jaulmes, « La chute d'une idole planétaire », Le Figaro Magazine, semaine du 8 décembre 2017, page 48.
  95. lemonde.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Albert et Ludivine Tomasso, Aung San Suu Kyi désire une révolution pacifique pour son pays, Centre de Recherche International www.cri-irc.org, 2010
  • Jean-Claude Buhrer & Claude B. Levenson, Aung San Suu Kyi, demain la Birmanie, Éditions Philippe Picquier, 3e édition mise à jour, 2007 (ISBN 2-87730-374-8)
  • Thierry Falise, Aung San Suu Kyi, le jasmin ou la lune, J'ai lu, 2008 (2007), 347 p. (ISBN 978-2-290-00644-3)
  • (en) Bertil Lintner, Aung San Suu Kyi and Burma's struggle for democracy, Silkworm Books, Chiang Mai, Thailand, 2011, 196 p. + pl. (ISBN 978-6-16-215015-9)
  • (en) Peter Popham, The lady and the peacock: the life of Aung San Suu Kyi, Rider, London, 2011, 446 p. (ISBN 978-1-8460-4249-2)
  • Sandie Scozzi, « Du Prix Nobel à l'action politique par la non-Violence : Aung San Suu Kyi », in Inter-Lignes, 2013
  • Christophe Masson, À l'ombre du banian, éd. Baudelaire, 2013 ((ISBN/979-1020301352))
  • Bruno Philip, Aung San Suu Kyi. L'icône fracassée, Éditions des Équateurs, 2017, 98 p.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Son pays est une prison, film documentaire de François Rosolato, Paris-Barcelone Films, 2004, 77 min (DVD)
  • The Lady, le film de Luc Besson sur sa vie

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]