Emmanuel Ratier

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Emmanuel Ratier
Emmanuel-Ratier.jpg

Emmanuel Ratier sur la tombe de Céline
à Meudon en 2011.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 57 ans)
Orgnac-l'AvenVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Emmanuel Jean Michel RatierVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Michel Limier
Gabriel Lindon
Jean CharostVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique

Emmanuel Ratier (prononcé [ʁatje]), né le à Avignon et mort le à Orgnac-l'Aven, est un journaliste, écrivain et éditeur français.

Classé à l'extrême droite, il débute dans la presse écrite en 1981 et se spécialise dans l'étude des milieux dirigeants ou influents.

S'inscrivant dans la continuité des travaux d'Henry Coston, il publie la lettre confidentielle Faits et Documents et plusieurs ouvrages.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études et premiers engagements politiques[modifier | modifier le code]

Fils d’un architecte, Jacques Ratier, et d’une ingénieur chimiste, Josette Aimé, il reçoit les prénoms d'Emmanuel, Jean, Michel[1],[2].

Étudiant à l'université de Rouen[3], il commence par diriger le Front de la jeunesse (FJ) de Normandie, l'organisation de jeunesse des Comités faire front (succédant à Ordre nouveau), auquel il adhère en 1973, avant de rejoindre le Parti des forces nouvelles (PFN) lors de sa création en fin 1974[réf. nécessaire].

Il anime aussi, à partir de 1976, son organe de presse régional, Balder, de tendance nationaliste révolutionnaire[4].

Titulaire d'une licence obtenue à l'université de Rouen, il fréquente ensuite le Centre de formation des journalistes de Paris, dont il sort diplômé en 1979[5]. Il intègre ensuite l'Institut d'études politiques de Paris[6] de 1980 à 1982. Il y est militant à l'Union des étudiants de droite, qu'il dote d'un organe, Réplique. Il y côtoie notamment Jean-Bernard Bobin, Antoine de Lacoste-Lareymondie (membres du GUD comme lui), Yves Bovero et Patrice-Henry Duchêne[3].

Aux élections législatives de 1981, il est le suppléant du candidat UDF André Danet — dont le fils, Olivier, milite au FJ — dans la Seine-Maritime. Il est présenté dans Paris Normandie comme un « jeune journaliste prêt à en découdre avec la gauche »[3].

Emmanuel Ratier, qui dit s'être « formé intellectuellement » en lisant Éléments[7], a par ailleurs appartenu au Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE)[8][réf. insuffisante].

Le journaliste[modifier | modifier le code]

Il travaille ensuite pour différents journaux. Après quelques papiers dans Le Figaro Magazine, il entre en 1983 à Valeurs actuelles, puis passe à Magazine hebdo[3]. Entretemps, il s'infiltre à l'Anti-Defamation League, mais, repéré, il se fait rapidement licencier[3].

Entré à Minute[9] en 1984[3], il devient le rédacteur en chef chargé des grandes enquêtes. Représentant syndical FO[10], il soutient le rachat du titre par Yves Montenay — auquel la rédaction s'oppose — et est licencié dans la foulée par Patrick Buisson[11]. Il collabore ensuite au Spectacle du Monde, à National Hebdo et au Crapouillot.

Selon Marc Laudelout, il est placé sur écoutes par l'Élysée de 1983 à 1986[7]. En 1986, il rencontre Henry de Lesquen à l'occasion d'une conférence intitulée « Cap sur le libéralisme »[7].

Il dirige ensuite Magazine hebdo, où il écrit avec Jean-Claude Valla et sous le pseudonyme de Gabriel Lindon, de 1989 à 1996[3]. Il participe également, autour d'Alain de Benoist et Pascal Eysseric, à la rénovation d'Éléments, auquel il ne donne cependant qu'un seul article[7].

L'auteur de biographies et de prosopographies des milieux politiques[modifier | modifier le code]

Après la mort soudaine en 1990 de Yann Moncomble, il prend sa succession à la tête de la maison d'édition Faits et Documents, puis fonde en 1996, avec l'aide de François Brigneau[3], sa propre revue, un bimensuel de douze pages intitulé Faits et Documents et sous-titré Lettre d'informations confidentielles d'Emmanuel Ratier. Celle-ci devient, selon Dominique Albertini, journaliste à Libération, « une petite institution à l’extrême droite, utilisée même par des spécialistes extérieurs à la mouvance »[12]. Les auteurs du livre-enquête Les Frères invisibles, Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre, estiment que « sa lettre confidentielle [...] fourmille d'informations sur la vie et les petits secrets des obédiences, mais aussi des organisations juives[13]. » Dominique Albertini souligne que la revue, tout en se caractérisant « par un ton factuel et un niveau d'information assez remarquable », accorde une attention particulière aux organisations juives et franc-maçonnes[12].

Il fonde également un réseau lui permettant de réunir des informations, le cercle du Dernier lundi[14], qui se réunit, comme son nom l'indique, le dernier lundi de chaque mois[3].

Son Encyclopédie politique française (1992) se place dans la filiation du Dictionnaire de la politique française d'Henry Coston. Ce dernier a déclaré que la méthode de travail d'Emmanuel Ratier était proche de la sienne, et qu'il pouvait être considéré comme son « héritier moral[15] ». Lui-même qualifie Henry Coston de « maître » ; ce dernier a par ailleurs été son témoin de mariage[16]. Dans National Hebdo, François Brigneau salue son Encyclopédie politique française comme l'indispensable complément du Dictionnaire de Coston[17]. La sociologue Nicole Lapierre, auteur en 1995 de Changer de nom, remarque que l'ouvrage « ne manque pas de signaler pseudonymes et changements de noms », comme le faisait Coston avec les personnalités juives[17]. Arnaud Soyez précise qu'Emmanuel Ratier avait toutefois refusé, après l'avoir envisagé, d'acquérir les droits du Dictionnaire de Coston[7].

Il est également l'auteur de Mystères et secrets du B’naï B’rith (1993), consacré au B'nai B'rith. Guillaume Dasquié et Jean Guisnel indiquent que ce livre est « censé éveiller les consciences sur le « complot judéo-maçonnique » et le considèrent comme une « version actualisée du Protocole des Sages de Sion », dont l'arrivée « à la bibliothèque municipale d'Orange, au cours de l'été 1996, peu de temps après l'accession au poste de premier magistrat d'un candidat Front national (Jacques Bompard), avait marqué le début d'un combat de plusieurs élus locaux contre cette dérive culturelle[18] ». En 1995, il publie Les Guerriers d'Israël : enquête sur les milices sionistes, autre ouvrage consacré aux lobbys[6]. En 1996, il publie le seul ouvrage consacré au club Le Siècle[19] : Au cœur du pouvoir, enquête sur le club le plus puissant de France : Le Siècle (1996, suivi de deux éditions mises à jour jusqu'en 2015). D'après Michel Eltchaninoff, ce livre vise à « montrer que soit ses participants sont juifs, soit ils ne le sont pas, mais ont travaillé pour eux, en leur compagnie, ou bien en connaissent[20] ».

En 2014, il publie une biographie de Manuel Valls intitulée Le Vrai Visage de Manuel Valls. Celle-ci pointe pendant plusieurs semaines « en tête des ventes sur Amazon »[21] et connaît un succès notoire en particulier à l'extrême droite[22]. Emmanuel Ratier y affirme notamment que Valls aurait changé d'avis au sujet du conflit israélo-palestinien à cause de sa deuxième épouse, Anne Gravoin, de confession juive, tout en reconnaissant n'avoir « aucune preuve de l’influence de sa femme dans son revirement géopolitique ». Cette thèse, en vogue au sein de l'extrême droite depuis 2011, est relayée en particulier dans la mouvance constituée par Dieudonné et Alain Soral, ainsi que par l'hebdomadaire Rivarol. Nicolas Lebourg, Valérie Igounet et Jean-Yves Camus, spécialistes de l'extrême droite, y voient un raisonnement typique de la théorie du complot juif, dans la lignée des thèses antisémites d'Édouard Drumont[21].

Controverse sur les attentats du 11 septembre 2001[modifier | modifier le code]

Après les attentats du 11 septembre 2001, Emmanuel Ratier présente une théorie du complot sur le crash du vol 77 American Airlines sur le Pentagone[23]. D'après Guillaume Dasquié et Jean Guisnel, ses recherches sur le sujet sont concomitantes de celles de Thierry Meyssan pour L'Effroyable Imposture ; les deux journalistes considèrent également que « ses pensées diffusées [le 20 octobre 2001] décrivent avec une coïncidence frappante le plan qu'adoptera ensuite Thierry Meyssan » dans son ouvrage. Ils soulignent que les deux hommes ont collaboré à ce sujet avec Stéphane Jah, « créant une proximité de raisonnements telle qu'il semble impossible de déterminer lequel des trois parvient à convaincre les deux autres que sa théorie du complot est la bonne ». Emmanuel Ratier salue lui-même les travaux du Réseau Voltaire, précisant qu'il a pourtant « écrit un livre contre eux »[18],[n 1]. Il ne partage cependant pas toutes les conclusions de Thierry Meyssan[24],[25].

L'éditeur et libraire[modifier | modifier le code]

À la fin de 2005, il devient propriétaire de la librairie Facta dans le 9e arrondissement de Paris. Il s'agit de l'une des dernières librairies d'extrême droite à Paris[4].

Selon Michel Eltchaninoff, cette librairie vend des livres scandaleux : « les ouvrages négationnistes de Robert Faurisson, les Protocoles des Sages de Sion, Mein Kampf de Hitler, sans oublier les revues collaborationnistes et les œuvres complètes du philosophe italien fasciste Julius Evola »[20],[26].

La librairie Facta est vandalisée à deux reprises, les et [27],[28],[29]. L’appartement d’Emmanuel Ratier sera également cambriolé[30].

L'animateur de radio[modifier | modifier le code]

En 2006, il entre à Radio Courtoisie pour y animer la première partie du Libre journal de Claude Giraud[7].

À l'automne 2007, il est l'un des fondateurs du « bulletin de réinformation » de la radio[31].

À partir de , à la suite du licenciement de Martin Peltier, il commence à animer sa propre émission, le Libre journal de la résistance française[n 2], un mercredi soir par mois[32]. Sa première édition a pour thème « Quarante après, Mai 68 et les nationalistes »[33] ; Jean-Paul Chayrigues de Olmetta[n 3] et les journalistes Camille Galic (Rivarol) et Alain Sanders (Présent) y interviennent notamment[33].

Il apporte également une aide logistique et financière à la webradio du Mouvement d'action sociale (MAS), Méridien Zéro[34].

À sa mort, Martin Peltier le remplace à la tête de son Libre journal[35], et deux de ses filles lui succèdent à l'animation du « bulletin de réinformation »[31].

Le documentaliste et archiviste[modifier | modifier le code]

Emmanuel Ratier a rassemblé et entretenu « une très riche documentation personnelle sur de nombreuses personnalités, associées ou non à l’extrême droite », « parfois mis[e] à disposition de ses amis politiques ou de journalistes, même représentants de cette « presse du système » honnie »[12]. En , des journalistes du Figaro affirment qu'il était une « source inavouée de nombreux journalistes de la presse généraliste »[29].

Peu avant sa mort, il lance le projet, avec notamment Philippe Asselin[14], Francis Bergeron, Anne Brassié et Éric Delcroix, d’un « centre d’archivage et de conservation du patrimoine identitaire et européen »[1], sous l'égide d'une association, Les archives associatives du Vexin[36].

Après sa mort, sa famille s'engage à poursuivre ce projet[36]. Le Réseau d'étude, de formation et de lutte contre l'extrême droite et la xénophobie (REFLEXes) note que « les archives existantes vont donc être conservées, Francis Bergeron ayant une petite expérience dans ce domaine »[14]. Celui-ci annonce par ailleurs que le nouveau nom de l'association sera « institut Emmanuel-Ratier »[37]. Éric Delcroix en devient le président[7].

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Marié, Emmanuel Ratier a trois filles[1],[30],[38],[7].

Parmi ses loisirs, il pratique, à titre d'amateur, l'apiculture et le soufflage du verre[39],[7].

D'après Marc Laudelout, il est aussi un admirateur de l'œuvre de Louis-Ferdinand Céline, à qui il consacre plusieurs longues émissions sur Radio Courtoisie et une promenade littéraire à Montmartre ; il projette également de se rendre au Danemark, « sur les traces » de l'écrivain[7]. Le , il est invité, avec quelques personnes, à la villa Maïtou[7].

En outre, il s'emploie, de son vivant, à éviter d'être photographié en public, allant jusqu'à exiger d'être filmé de dos ou dans le noir lors de ses quelques entretiens accordés à des webtélés. Ce n'est qu'après sa mort que des photos de lui sont diffusées dans la presse[6].

Paganisme[modifier | modifier le code]

Proche du paganisme[11], il organise, jeune, des fêtes du solstice chez ses parents[3]. Après sa mort, une de ses proches amies, Isabelle Sidos, le qualifie de « néo-païen[40] ».

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Selon Jean-Moïse Braitberg, rédacteur en chef du bimestriel Franc-maçonnerie magazine, Emmanuel Ratier aurait été membre d'une loge maçonnique se rattachant à l'obédience de la Grande Loge nationale française, versée dans l'ésotérisme tendance René Guénon, et qui n'existerait plus[41],[3]. Dans son ouvrage Un État dans l'État. Le contre-pouvoir maçonnique, la journaliste Sophie Coignard dévoile la correspondance de Philippe Guglielmi, alors grand-maître du Grand Orient de France, avec l'un de ses membres ; selon ce premier, Emmanuel Ratier aurait été membre de la loge « La Nef de Saint-Jean » à La Garenne-Colombes, ce qu'il a démenti[42].

Mort[modifier | modifier le code]

Le , alors qu'il pratique la spéléologie[1],[30] avec sa famille à l'aven d'Orgnac[40], dans les gorges de l'Ardèche[38], il meurt d'une crise cardiaque à l'âge de 57 ans.

Sa mort est annoncée sur le compte Twitter du quotidien Présent[16]. De nombreuses figures de l'extrême droite française, dont Jean-Marie Le Pen, saluent sa mémoire[12]. Ces réactions sont plus rares au sein du Front national[16].

Les obsèques d'Emmanuel Ratier ont lieu le au columbarium du Père-Lachaise[43],[44]. De nombreuses personnalités d'extrême droite, comme Aymeric Chauprade, Frédéric Chatillon, Jean-Marie Le Pen, Henry de Lesquen, Alain Soral et Pierre Vial y assistent[14].

Un hommage public lui est rendu à Issy-les-Moulineaux le [45],[46], en présence de 850 personnes[47],[11]. Anne Brassié, Éric Delcroix, Marc Laudelout, Jean-Yves Le Gallou, Fabrice Lesade, Henry de Lesquen, Patrick Péhèle[n 4], Arnaud Soyez et une des filles d'Emmanuel Ratier — apparaissant masquée à la tribune — y prennent la parole[37],[7].

Réception de son œuvre[modifier | modifier le code]

Accusations de complotisme[modifier | modifier le code]

Les activités de recherche d'Emmanuel Ratier sur les milieux politiques et les biographies des membres de la classe dominante lui ont attiré des critiques. Pierre-André Taguieff le présente comme « l'héritier d'Henry Coston, l'antisémitisme délirant en moins »[48], et comme un « conspirationniste d'extrême droite »[49].

Dans leur Guide des sponsors du Front national, Caroline Fourest et Fiammetta Venner le présentent comme un « maniaque du complot [qui] bénéficie de nombreux « dénonciateurs » pour alimenter son bulletin bimensuel qui consiste en une succession de dossiers et brèves très renseignés sur les personnes suspectes de défendre la démocratie et la République française[6]. » En revanche, l'historien Nicolas Lebourg voit en lui « quelqu’un de malin, qui fait attention à ne pas avoir de problèmes et effectue un vrai travail journalistique[50]. »

Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l'extrême droite, estime qu'il « était sans doute un antisioniste assez conséquent, mais son discours était dépourvu de la dimension haineuse évidente chez d’autres auteurs. Il était persuadé que l’essentiel de la politique consistait en jeux d’influence et de lobbies, mais sans désigner lui-même un agent central du complot. Quant à la méthode, c’était un homme assez prudent avec une réelle capacité professionnelle de journaliste, en dépit d’erreurs mineures[12]. »

REFLEXes indique « que contrairement à d’autres, nous ne considérions pas Emmanuel Ratier comme un adepte de l’explication du complot, ne serait-ce que parce que lui-même l’avait affirmé dans des interviews passées. Par contre sa ténacité contre les réseaux d’influence en place n’avait rien de révolutionnaire : il n’entendait pas lutter contre les réseaux en général mais uniquement contre ceux qui lui semblaient menacer le cœur de son combat : l’identité blanche de la nation française et de l’Europe. Il n’a donc eu de cesse de créer d’autres réseaux, susceptibles de pouvoir contrer, voire remplacer, ceux existant et en présentant les mêmes caractéristiques de secret et de discrétion »[14].

Pour sa part, l'intéressé écarte la théorie du complot absolue sans pour autant remettre en cause l'existence de groupes cherchant à accumuler le pouvoir :

« Je ne me considère pas du tout comme complotiste, c'est-à-dire que, d'après les informations dont je dispose […], je n'ai jamais trouvé aucun document récent, ou jamais eu d'entretien avec des personnalités haut placées, qui me permettraient de démontrer qu'il y ait une espèce d'organisation pyramidale, qui serait dirigée par un marionnettiste puissant qui aurait fait du monde un théâtre où il manipulerait les gens à sa guise. Je pense plutôt qu'il y a un système de cercles concentriques, avec des satellites autour, qui regroupent des gens puissants ou qui cherchent à avoir plus de pouvoir. Et bien sûr, et ça peut paraître une évidence, des groupes de pression et des lobbys[51]. »

La figure de l'extrême droite française[modifier | modifier le code]

Abel Mestre et Caroline Monnot, journalistes au Monde, le qualifient de « journaliste d'extrême droite »[52], Guillaume Dasquié et Jean Guisnel d'« intellectuel d'extrême droite » en précisant qu'il est « l'un des auteurs préférés du Front national, dont la boutique distribue tous les livres »[18]. Jean-Paul Gautier, Michel Briganti et André Déchot le présentent comme un « vieux routier de l'extrême droite depuis 1973 » et « le principal diffuseur de la théorie du complot au sein de cette famille politique. Son combat est celui de la lutte contre les menées des organisations « mondialistes, maçonniques ou juives ». Il s'inscrit en cela dans la continuité d'Henry Coston[53] ». StreetPress le décrit comme « une figure multicartes, sorte de Rupert Murdoch de la droite radicale »[54]. L'Express le dit proche des milieux nationalistes[55].

Durant ses dernières années, il se rapproche d'Alain Soral, dont Le Point note qu'il est son ami[26], en participant notamment à alimenter le site de son association, Égalité et réconciliation[12]. Il aurait désigné cette dernière comme son héritière, demandant notamment aux soraliens de l’aider à archiver ses documents à partir de [56]. Contribuant également à la ligne éditoriale des éditions Kontre Kulture, il est à l'instigation de la réédition des Modérés d'Abel Bonnard[39].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Ratier, Encyclopédie politique française, t. I, Paris, Faits & Documents, , 858 p., 25 cm [détail des éditions] (ISBN 2-909-76900-3, notice BnF no FRBNF36658168)
  • Emmanuel Ratier (coordonnateur), Mystères et secrets du B'naï B'rith : la plus importante organisation juive internationale, Paris, Facta, , 416 p., 22 cm
    On ne trouve pas trace d'un ISBN ni d'un dépôt légal. Le livre dispose cependant d'une notice dans le catalogue Sudoc, qui référence 6 bibliothèques universitaires ou d'enseignement supérieur disposant de l'ouvrage.
  • Emmanuel Ratier (préf. Henry Coston), Encyclopédie des pseudonymes, t. I, Paris, Faits & Documents, , 330 p., 20 cm (ISBN 2-909-76910-0, notice BnF no FRBNF35616656)
  • Henry Coston et Emmanuel Ratier (préf. Henry Coston), Encyclopédie des pseudonymes, t. II, Paris, Faits & Documents, , 479 p., 20 cm (ISBN 2-909-76901-1, notice BnF no FRBNF35761203)
  • [anonyme], Le Vrai visage de Patrick Gaubert : le conseiller très spécial de Charles Pasqua, Paris, Facta, , 63 p., 21 cm (ISBN 2-950-83180-X, notice BnF no FRBNF35690680)
    La responsabilité (au sens bibliographique) de cet ouvrage est parfois attribuée à Emmanuel Ratier, mais celui-ci n'est pas désigné comme auteur dans le catalogue général de la BNF ni dans la notice correspondante du Sudoc.
  • Emmanuel Ratier, Les Guerriers d'Israël : enquête sur les milices sionistes, Paris, Facta, , 414-[8] p., 22 cm (ISBN 2-950-83181-8, notice BnF no FRBNF36685485)
  • Emmanuel Ratier (coordonnateur), Le Vrai Visage de Jacques Chirac : les secrets d'un président, Paris, Facta, , 59 p., 21 cm (ISBN 2-950-83182-6, notice BnF no FRBNF35845599)
  • Emmanuel Ratier (préf. Clément Rebouliergues), Encyclopédie des changements de noms, t. I : [1963-juin 1982], Paris, Faits & Documents, , 320 p., 22 cm (ISBN 2-909-76903-8, notice BnF no FRBNF35791563)
  • Emmanuel Ratier (coordonnateur), Au cœur du pouvoir : enquête sur le club le plus puissant de France, Paris, Facta, , 589 p., 22 cm (ISBN 2-950-83183-4, notice BnF no FRBNF37020599)
    • Emmanuel Ratier (éditeur scientifique), Au cœur du pouvoir : enquête sur le club le plus puissant de France, Paris, Facta, , 2e éd., 735 p., 22 cm (ISBN 978-2-950-83185-9, notice BnF no FRBNF42391133)
  • Emmanuel Ratier, Encyclopédie des changements de noms, t. II : [Juillet 1982-décembre 1997], Paris, Faits & Documents, , 443 p. (ISBN 2-909-76908-9, notice BnF no FRBNF36986492)
  • Emmanuel Ratier, Ras l'front : anatomie d'un mouvement antifasciste, la nébuleuse trotskyste, Paris, Facta, , 174 p., 22 cm (ISBN 2-950-83184-2, notice BnF no FRBNF36990163)
  • Emmanuel Ratier (préf. Jean-Marie Paupert), Les Chrétiens de gauche, Paris, Faits & Documents, , 300 p., 22 cm (ISBN 2-909-76907-0, notice BnF no FRBNF37025385)
    La couverture comporte la mention « le réseau Gaillot, Golias et les Goliards réunis, droits et libertés dans l'Église, nous sommes l'Église, etc. », qui n'est pas un sous-titre au sens habituel des bibliothèques.
  • Emmanuel Ratier et Patrick Parment (préf. Jean Mabire), Éphémérides nationalistes, Paris, Faits & Documents, , 414 p., 28 cm (ISBN 2-909-76911-9, notice BnF no FRBNF37038385)
    Au sens bibliographique du terme, le titre de l'ouvrage, tel que figurant sur la page de titre, est « Éphémérides ». Le titre courant « Éphémérides nationalistes » est celui qui figure sur la couverture, le dos et la quatrième de couverture du livre.
  • Emmanuel Ratier, Encyclopédie politique française, t. II, Paris, Faits & Documents, , 990 p., 25 cm [détail des éditions] (ISBN 2-909-76912-7)
    Le code ISBN mentionné sur l'ouvrage et dans le catalogue général de la BNF, « 2-909-769-12-7 », comporte un tiret surnuméraire, non conforme aux règles de l'ISBN.
  • Emmanuel Ratier, Le Vrai Visage de Manuel Valls, Paris, Facta, , 117 p., 21 cm (ISBN 978-2-950-83187-3, OCLC 897806888, notice BnF no FRBNF43822881)
    La notice BnF, découlant du dépôt légal donne un ISBN « 2-9508318-7-7 », alors que l'ISBN à dix caractères alphanumériques a cessé d'être utilisé depuis plusieurs années.
  • Emmanuel Ratier, Encyclopédie des changements de noms, t. III : [janvier 1998-décembre 2012], Paris, Faits & Documents, 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ratier 1998.
  2. Ainsi nommé en hommage à Serge de Beketch, qui avait pour gimmick, au début de ses émissions, de dire « Amis de la résistance, bonsoir ! ».
  3. Surnommé Le Marquis, il est également connu sous le pseudonyme de Jérôme Brigadier.
  4. Patrick Lusinchi à l'état-civil (cf. « Roland Dumas, l'ami des parias », REFLEXes,‎ ).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Bergeron 2015
  2. Ratier 1992
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Biographie pastiche d'Emmanuel Ratier, REFLEXes, printemps 2002 ; Entretien avec Emmanuel Ratier sur le site fa8.com, 9 novembre 2009.
  4. a et b Abel Mestre & Caroline Monnot, « Philippe Cohen, biographe de Le Pen, promeut son livre en eaux troubles », blog « Droites extrêmes » de journalistes au Monde, 10 janvier 2013
  5. Fiche sur le site de l'annuaire des anciens élèves du CFJ.
  6. a, b, c et d Geoffroy Clavel, « Emmanuel Ratier est mort: l'extrême droite française pleure son "journaliste d'investigation" », sur Le Huffington Post,‎
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l « Complément d'information (247) : "Les interventions de l'hommage public à Emmanuel Ratier" », sur meridien-zero.com,‎
  8. Frédéric Charpier, Génération Occident, Le Seuil,
  9. Marion Georges, « Le directeur de Minute contesté par l'actionnaire majoritaire du journal », Le Monde, .
  10. Christophe Forcari, « Quand s'affichent de vieilles connivences trotsko-fachos. Le lambertiste Alexandre Hébert, ancien dirigeant de FO, donne libre cours à son europhobie dans l'hebdo de Le Pen », Libération,‎
  11. a, b et c « Emmanuel Ratier, toujours pillé, jamais cité », sur ojim.fr
  12. a, b, c, d, e et f Dominique Albertini, « Décès d'Emmanuel Ratier, documentaliste de l'extrême droite », sur Libération,‎ (consulté le 20 août 2015)
  13. Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre, Les Frères invisibles, Pocket, 2002, p. 82.
    La revue est également citée p. 81 au sujet de l'appartenance de personnalités du Front national à la GLNF.
  14. a, b, c, d et e Bal tragique au Grand Orient : 1 ratier, REFLEXEs, 28 août 2015
  15. Interrogé par la revue identitaire Jeune Résistance (« Entretien avec Henry Coston », Jeune Résistance, no 23, été 2001) pour savoir si, « parmi les journalistes nationaux contemporains », il en considérait un « comme particulièrement proche de [sa] démarche passée et, d'une certaine manière, comme [son] héritier », il déclare : « Ce serait Emmanuel Ratier dans ce cas-là. Il peut être considéré comme mon héritier moral. Nous n’avons pas travaillé ensemble, mais il a repris ma formule qui consiste à publier des petites nouvelles. Il fait d’ailleurs une lettre qui est remarquablement réalisée. » Faits & Documents. Lettre d'informations confidentielles d'Emmanuel Ratier, no 116, 1er-, p. 10.
  16. a, b et c Olivier Faye, « Mort du journaliste d’extrême droite Emmanuel Ratier »,‎ (consulté le 20 août 2015)
  17. a et b Nicole Lapierre, Changer de nom, Stock, (lire en ligne)
  18. a, b et c Guillaume Dasquié et Jean Guisnel, L'Effroyable Mensonge : Thèse et foutaises sur les attentats du 11 septembre, La Découverte, coll. « Cahiers libres », , 132 p. (ISBN 978-2-707-13825-5, OCLC 401302348, lire en ligne)
  19. « 14-Le pouvoir à la table du Siècle », Stratégies, no 1365,‎ (lire en ligne)
  20. a et b Michel Eltchaninoff, « À la recherche du nouvel ennemi », Philosophie Magazine, no 79, mai 2014, p. 48
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  27. ERTV Seconde attaque de la librairie Facta d'Emmanuel Ratier
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  29. a et b Nicolas d'Estienne d'Orves, Sophie de Santis et Anne-Charlotte de Langhe, « Les meilleures librairies de Paris », sur lefigaro.fr,‎ .
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    Cet encadré est publié en marge d'un article du même auteur, titré « Manuel Valls : pour l'ultra-droite c'est l'homme à abattre »
    .
  51. Interview donnée au Choc du mois n° 4, septembre 2006, p. 31
  52. Abel Mestre & Caroline Monnot, « L’identité de « Gustavo », l’homme qui dit avoir tué Pierre Goldman, révélée », blog « Droites extrêmes » de journalistes au Monde, 22 mai 2012
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  54. Johan Weisz, « Le pire de la presse d'extrême droite en avril », StreetPress, 2 mai 2014
  55. « L'ex-rédacteur en chef de Minute Emmanuel Ratier publie un livre au vitriol sur le Premier ministre », lexpress.fr, le 7 mai 2014.
  56. Robin D'Angelo, Mathieu Molard, « Exclu : les documents qui rhabillent Soral pour l'hiver », sur StreetPress,‎ (consulté le 19 janvier 2016).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]