Georges Tron

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Georges Tron
Illustration.
Georges Tron en 2010.
Fonctions
Maire de Draveil
En fonction depuis le
(23 ans, 5 mois et 14 jours)
Réélection mars 2001
mars 2008
mars 2014
Prédécesseur Jean Tournier-Lasserve
Conseiller départemental de l'Essonne
En fonction depuis le
(3 ans, 8 mois et 10 jours)
Élection 29 mars 2015
Circonscription Canton de Draveil
Prédécesseur Florence Fernandez de Ruidiaz
Secrétaire d'État chargé de la Fonction publique

(1 an, 2 mois et 7 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon II
François Fillon III
Député français

(1 an, 5 mois et 19 jours)
Élection 17 juin 2007
Circonscription 9e de l’Essonne
Législature XIIIe (Ve République)
Groupe politique UMP
Prédécesseur Françoise de Salvador
Successeur Thierry Mandon

(17 ans et 21 jours)
Élection 28 mars 1993
Réélection 1er juin 1997
16 juin 2002
17 juin 2007
Circonscription 9e de l’Essonne
Législature Xe, XIe, XIIe et XIIIe
(Ve République)
Groupe politique RPR (1993-2002)
UMP (2002-2010)
Prédécesseur Thierry Mandon
Successeur Françoise de Salvador
Biographie
Date de naissance (61 ans)
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine (Seine)
Nationalité Française
Parti politique RPR (avant 2002)
UMP (2002-2015)
LR (depuis 2015)
Profession Agent public des collectivités locales

Georges Tron, né le à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique français. Membre du RPR, de l'UMP puis de LR, il est maire de Draveil (Essonne) depuis 1995, député à partir de 1993 et secrétaire d'État chargé de la Fonction publique de 2010 à 2011.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Né à Neuilly-sur-Seine, il est issu d'une famille aisée[1].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est l'époux d'Albane Jourdain de Thieulloy, présidente de la Société des amis du patrimoine draveillois, avec qui il a trois filles[2].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il fait ses études secondaires au lycée Saint-Louis de Gonzague à Paris (promotion 1975)[3], puis des études en droit public sanctionnées par une maîtrise[4].

Embauché en 1982 comme chargé de mission au Conseil de Paris, il travaille auprès de Roger Romani, de Jacques Chirac, puis Édouard Balladur[1]. Il quitte la mairie de Paris quand ce dernier, nommé ministre de l'Économie, des Finances et des Privatisations, l'appelle à son cabinet, toujours en qualité de chargé de mission. En 1988, siégeant comme député de Paris, Édouard Balladur le choisit pour être son chef de cabinet durant la législature, puis comme conseiller lorsqu'il devient Premier ministre, en 1993[4].

Directeur de campagne d'Édouard Balladur pour l'élection présidentielle de 1995, il organise notamment pour celui-ci une opération de communication : après que son hélicoptère se fut posé près de Barbentane (Bouches-du-Rhône), le Premier ministre, perdu en rase campagne, rejoint le meeting où il est attendu grâce à une automobiliste qui le prend en stop. On apprendra plus tard que la conductrice censée l’avoir dépanné par hasard était une cousine de Georges Tron[5].

En 2009, il s'inscrit au barreau de Paris[6].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Georges Tron se présente aux municipales de 1989 sur la liste de Gilles de Robien, qui emporte la mairie d'Amiens. Élu conseiller municipal, il démissionne en cours de mandat[7].

En 1992, il s'implante politiquement en Essonne à la demande du président RPR du conseil général, Xavier Dugoin[1].

Député et maire de Draveil[modifier | modifier le code]

Le , il est élu député dans la 9e circonscription de l'Essonne face au socialiste sortant, Thierry Mandon[8].

Il préside l'Union des jeunes pour le progrès (UJP), mouvement des jeunes gaullistes, en 1993, puis est mis à l'écart des instances du RPR après la défaite d'Édouard Balladur. Il est ensuite membre fondateur de l'Union en mouvement (UEM), qui préfigure la création de l'UMP[9].

Lors des élections municipales de 1995 à Draveil, la liste qu'il conduit devance, dans une triangulaire, celle du maire divers droite sortant, Jean Tournier-Lasserve. Dans la ville voisine, Ris-Orangis, Thierry Mandon prend la mairie. L'opposition entre les deux hommes fait la une des médias nationaux quand Libération dévoile qu'une collaboratrice de Georges Tron a tenté d'encourager l'émeute des jeunes Rissois[8]. Georges Tron est réélu maire en 2001 et 2008[10],[11]. Il préside la Communauté d'agglomération Sénart Val de Seine depuis 2003[4].

Les deux adversaires se retrouvent lors de la législative de 1997, dont Georges Tron sort vainqueur, le , avec 717 voix d'écart. Il est réélu le avec 55,8 % des voix au second tour. Il est membre du groupe UMP[12]. Lors des Émeutes de 2005 dans les banlieues, il prône et applique dans sa commune la suppression des allocations familiales pour les parents d'enfants délinquants[8].

Secrétaire général adjoint chargé des élections de 2002 à 2005 à l'UMP, il est considéré ensuite dans son parti comme « villepiniste » (proche de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin), s'opposant régulièrement à la politique de Nicolas Sarkozy[4],[6].

Secrétaire d'État à la Fonction publique[modifier | modifier le code]

Secrétaire national chargé de la fonction publique à l'UMP depuis 2005[4], il est nommé, le , secrétaire d'État à la Fonction publique (poste laissé vacant depuis )[13] dans le gouvernement François Fillon II, sous la tutelle d'Éric Woerth, ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique. Cette nomination est analysée comme un moyen d'affaiblir Dominique de Villepin[8], lui y voyant un « geste d'apaisement »[9].

Ses premiers jours au ministère sont marqués par la révélation, par Le Canard enchaîné, du fait qu'il occupe toujours en 2010, dans le 15e arrondissement de Paris, un logement social de 118 m2, obtenu en 1992 sur le contingent de la mairie de Paris[14].

Au sein du gouvernement, Georges Tron est chargé de préparer la réforme des retraites dans la fonction publique[15]. Aux côtés d'Éric Woerth, il applique le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux qu'il avait avancé en 2005, mais déclare en mars 2011 que ce mécanisme devra cesser en 2012. Son successeur François Sauvadet continuera de l'appliquer, tout en regrettant que le faible volume des départs en retraite ne permette plus de réduire, autant qu'il le juge nécessaire, les effectifs de la fonction publique[16]. Il mène la réforme des retraites et négocie avec les syndicats un accord sur la précarité des non-titulaires de la fonction publique[8].

Le , alors qu'il est accusé de viols, il est contraint de démissionner du gouvernement à la demande de François Fillon[17].

Après son départ du gouvernement[modifier | modifier le code]

Il retrouve automatiquement son siège de député le , un mois après sa démission du gouvernement. Le même jour, le bureau de l'Assemblée nationale lève son immunité parlementaire[18]. Affaibli par les accusations de viol à son encontre, il est battu aux élections législatives de 2012 par le socialiste Thierry Mandon, qui obtient 56,75 % des suffrages[19],[20]..

En 2014, sa liste rassemble 57,5 % des suffrages au premier tour de l'élection municipale de Draveil, ce qui lui permet de conserver son fauteuil de maire.

Il est candidat dans le canton de Draveil lors des élections départementales de 2015, qu'il gagne. Pressenti pour prendre la tête du conseil départemental, il est battu par François Durovray lors d'une primaire interne[21]. Georges Tron choisit néanmoins de se présenter à la présidence du conseil départemental, malgré un engagement antérieur à respecter les résultats de la primaire[22]. Dans la foulée, il démissionne de la présidence de la fédération UMP de l'Essonne[23]. Le jour de l'élection du président, il retire finalement sa candidature[24].

En , il est investi par Les Républicains comme candidat aux élections législatives de 2017 dans la 9e circonscription de l’Essonne[25]. Le fait qu'il soit parallèlement mis en examen pour l'affaire de viol fait polémique au sein du parti[26]. Invoquant le non-cumul des mandats, il renonce finalement à se présenter[27].

Accusations de viols en réunion[modifier | modifier le code]

Adepte de réflexologie plantaire, Georges Tron est accusé en , en pleine affaire Dominique Strauss-Kahn, de viols et d'agressions sexuelles : deux anciennes employées de Draveil (Virginie Ettel et Éva Loubrieu) déposent plainte en affirmant qu'il a profité — en compagnie de son adjointe à la culture, Brigitte Gruel — des séances de massage de pieds qu'il leur prodiguait pour leur imposer des rapports sexuels (attouchements et pénétrations digitales)[28],[19],[29]. Georges Tron se défend en arguant d'un complot organisé par des membres locaux du Front national (dont Philippe Olivier) sur fond de spéculation immobilière à Draveil[19],[6],[30],[31].

Le , il est mis en examen pour pour « viols et agressions sexuelles en réunion et par personne ayant autorité », et placé sous contrôle judiciaire[32],[33]. Les plaignantes sont menacées à plusieurs reprises[34]. Le , les juges d'instruction prononcent un non-lieu en sa faveur, conformément aux requisitions du parquet d'Évry[19],[35]. Mais ce non-lieu est infirmé le par la cour d'appel de Paris, qui renvoie les accusés devant les assises[36]. En avril 2015, la Cour de cassation refuse d'invalider la décision de la cour d'appel de Paris[37].

À partir du , Georges Tron comparaît pour « viols et agressions sexuelles en réunion » devant la cour d’assises de Seine-Saint-Denis, aux cotés de Brigitte Gruel[38],[39]. Il est défendu par Éric Dupond-Moretti et son associé Antoine Vey. Renvoyé à la suite d’un incident, le procès reprend le 23 octobre 2018[40]. Pendant le procès, alors qu'il continue à clamer son innocence, il est dépeint comme autoritaire et séducteur, quatre de ses collaboratrices — outre les deux plaignantes — reconnaissant avoir eu des relations sexuelles avec lui[41],[42],[43].

Alors que six ans de prison et cinq ans d'inéligibilité sont requis à son encontre, il est acquitté le [44],[45],[46]. Si la cour d'assises reconnaît que Georges Tron et Brigitte Gruel ont bien « participé à des ébats sexuels en présence de tiers dans un climat général hypersexualisé », elle note qu'il « n’a jamais été rapporté la preuve d’une contrainte »[47]. Le parquet général de Paris fait appel de cette décision[48].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Olivier Adam, dans son roman La Renverse, s'inspire librement de l'affaire Georges Tron, sans s'y référer explicitement, pour créer une fiction qui s'en éloigne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Olivier Bertrand, « Un duel doublé de rivalité haineuse », Libération, 31 mai 1997.
  2. Who's Who in France, 2003
  3. [1], www.parisetudiant.com
  4. a b c d et e « Georges Tron », lepoint.fr, 22 mars 2010.
  5. Alain Auffray, « Georges Tron, l’orgueilleux aux multiples mentors », Libération, 30 mai 2011.
  6. a b et c « Georges Tron, un ancien villepiniste rallié à Sarkozy », Le Figaro, 29 mai 2011.
  7. « Georges Tron, un secrétaire d'État au bref passé picard », http://www.courrier-picard.fr, 23 mars 2010
  8. a b c d et e « Georges Tron, de fidèle balladurien à “prise de guerre” sarkozyste », LeMonde.fr, 30 mai 2011.
  9. a et b « Portraits : Les trois nouveaux du gouvernement », parismatch.com, 23 mars 2010
  10. Thomas Segissement, « A Draveil, Georges Tron face à un seul adversaire », Le Parisien, 19 février 2001.
  11. Élections municipales de 2008 - résultats à Draveil sur le site du Figaro.
  12. Groupe d'études sur le problème du Tibet
  13. Laure Equy, « Un remaniement pas si “technique” », Libération, 22 mars 2010.
  14. « D'après le “Canard enchaîné”, Georges Tron loue bien un appartement à loyer modéré », Le Monde, 30 mars 2010.
  15. Anne Rovan, « Les débuts de Baroin, Tron et Daubresse au gouvernement », Le Figaro, 26 avril 2010.
  16. « Selon Sauvadet, on arrive au bout de la règle du "un fonctionnaire sur deux" », sur lemonde.fr,
  17. David Doucet, « Georges Tron démissionne », L'Express.fr, 29 mai 2011
  18. « L'Assemblée lève l'immunité parlementaire de Tron », Challenges, 30 juin 2011.
  19. a b c et d « L'affaire Georges Tron, des révélations au retournement de situation », Le Monde.fr, 15 mai 2013.
  20. Résultats de l'élection législative 2012 dans la neuvième circonscription de l'Essonne sur le site du ministère de l'Intérieur. Consulté le 18/06/2012.
  21. Daïc Audouit et William Van Qui, « Georges Tron ne sera pas président du conseil départemental de l'Essonne », france3-regions.francetvinfo.fr, 30 mars 2015.
  22. Fabrice Pouliquen, « Essonne : Georges Tron briguera tout de même la présidence de l'UMP », 20minutes.fr, 30 mars 2015.
  23. Florence Méréo, « Georges Tron : "Je démissionne de la présidence de l’UMP en Essonne" », leparisien.fr, 30 mars 2015.
  24. « Georges Tron retire sa candidature à la présidence de l’Essonne », lesechos.fr, 2 avril 2015.
  25. http://www.leparisien.fr/draveil-91210/tron-investi-en-essonne-qu-on-me-foute-la-paix-en-attendant-le-proces-23-06-2016-5908543.php
  26. « Georges Tron, accusé de viol, investi pour les législatives de 2017 », lexpress.fr, 23 juin 2016.
  27. https://www.lemonde.fr/politique/article/2017/01/09/georges-tron-renonce-a-se-presenter-aux-elections-legislatives_5059970_823448.html
  28. http://www.europe1.fr/societe/proces-tron-six-ans-de-prison-requis-contre-lex-secretaire-detat-juge-pour-viols-3800303
  29. « Les deux plaintes qui visent Georges Tron », Rue89, 31 mai 2011.
  30. http://www.leparisien.fr/essonne-91/proces-georges-tron-les-manigances-politiques-en-axe-de-defense-13-11-2018-7941840.php
  31. http://www.leparisien.fr/draveil-91210/au-proces-georges-tron-la-these-du-complot-fn-decortique-a-la-barre-06-11-2018-7936695.php
  32. Europe 1 : Georges Tron mis en examen pour viol
  33. Lefigaro.fr
  34. https://www.marianne.net/societe/harcelement-sexuel-une-plaignante-de-l-affaire-georges-tron-menacee
  35. « « Accusations de viols : non-lieu pour Georges Tron », Le monde.fr, 10 décembre 2013.
  36. Georges Tron renvoyé devant les assises pour viols et agressions sexuelles, lemonde.fr, 15 décembre 2014.
  37. « Le renvoi aux assises de Georges Tron pour viols validé en cassation », lemonde.fr, 3 avril 2015.
  38. https://www.lexpress.fr/actualites/1/politique/georges-tron-juge-pour-viols-les-grandes-dates-de-l-affaire_2043463.html
  39. Georges Tron et ses « manies » sexuelles en procès,, 11 décembre 2017.
  40. « Lors de son procès, Georges Tron dénonce des accusations "aussi abjectes qu’injustes" »], lemonde.fr, 23 octobre 2018.
  41. « Lors de son procès, Georges Tron dénonce des accusations « aussi abjectes qu’injustes » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  42. https://www.20minutes.fr/justice/2371151-20181114-proces-georges-tron-reflexologie-piege-autoriser-toucher-pieds-femmes-estime-avocat-general
  43. https://www.ledauphine.com/france-monde/2018/11/14/le-proces-tron-entre-dans-sa-derniere-ligne-droite
  44. « Six ans de prison requis contre Georges Tron, ex-secrétaire d’Etat jugé pour « viols en réunion » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  45. « Georges Tron acquitté à l’issue de son procès pour « viols en réunion » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  46. « Accusations de viols : l'ex-secrétaire d'Etat Georges Tron acquitté », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  47. Georges Tron acquitté à l’issue de son procès pour « viols en réunion » par Pascale Robert-Diard, sur lemonde.fr du 15 novembre 2018
  48. https://www.lci.fr/justice/acquittement-de-georges-tron-accuse-de-viols-le-parquet-fait-appel-2105075.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]