Nicolas Perrenot de Granvelle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Nicolas Perrenot de Granvelle
Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait par Le Titien au Palais Granvelle de Besançon.

Naissance
Besançon
Décès
Profession
garde des Sceaux, premier conseiller et homme de confiance de l'empereur Charles Quint.
Famille
Perrenot de Granvelle

Nicolas Perrenot de Granvelle (1486-) fut au XVIe siècle garde des Sceaux, premier conseiller et homme de confiance franc-comtois de l'empereur Charles Quint, suzerain de la ville impériale de Besançon et comte de Bourgogne.

Il est le père du cardinal et homme politique Antoine Perrenot de Granvelle et le bâtisseur du palais Granvelle à Besançon.

Historique[modifier | modifier le code]

Origine familiale[modifier | modifier le code]

Armes accolées de Nicolas de Granvelle et de son épouse Nicole Bonvalot

La famille Perrenot est issue du milieu rural du XVe siècle de la vallée de la Loue en Franche-Comté. Elle achète son affranchissement et s’installe à Ornans en tant qu’artisans.

Nicolas est le fils de Pierre Perrenot, notaire d'Ornans, et d'Étiennette Philibert, issue de la noblesse locale. Son père l'envoie à l’université de Dole, alors capitale du comté de Bourgogne, pour suivre des études d'avocat.

En 1517 naît son fils aîné Antoine, le futur cardinal.

Avocat et conseiller du parlement du comté de Bourgogne[modifier | modifier le code]

Cour intérieure du Palais Granvelle

1518 il devient avocat et est nommé à l’âge de 34 ans conseiller au parlement du comté de Bourgogne (comté intégré au cercle de Bourgogne qui est alors dirigé par un parlement de notables comtois vassal de l'empire germanique et qui bénéficie d'une certaine autonomie au même titre que les autres cercles impériaux de l'empire germanique). L'empereur Charles Quint est lui-même comte de Bourgogne par héritage du titre de sa grand-mère, la duchesse et comtesse Marie de Bourgogne.

Homme de confiance de l'empereur Charles Quint[modifier | modifier le code]

1519 Charles Quint est élu empereur à l'âge de 19 ans. Nicolas Perrenot de Granvelle devient vite son très proche homme de confiance, l'empereur le surnomme son « lit de repos ». Il est fait chancelier, ce qui va contribuer à lui faire acquérir une immense fortune familiale et lui donner tous les pouvoirs, au nom de l'empereur, dans le comté de Bourgogne. Ses fils et gendres (famille Granvelle) vont occuper les meilleures places du comté et à la cour impériale.

1527, il acquiert la seigneurie de Grandvelle dans le bailliage d'Amont (actuelle Haute-Saône). Son patronyme évolue en Perrenot de Granvelle[1].

Garde des sceaux de l'empereur Charles Quint[modifier | modifier le code]

1532, il devient garde des Sceaux de Charles Quint à l'âge de 48 ans.

1534-1547, son statut et sa fortune lui permettent de faire bâtir son propre palais dans la grande rue de Besançon, le somptueux palais Granvelle qui introduit à Besançon l'architecture Renaissance. Ce palais (devenu depuis musée du Temps de Besançon) devient le symbole de son prodigieux pouvoir, réussite, fortune, ascension sociale personnelle et familiale.

Succession de son fils Antoine Perrenot de Granvelle[modifier | modifier le code]

Il prépare son fils aîné Antoine Perrenot de Granvelle à sa succession : il sera le premier archevêque de l'Archidiocèse de Malines, puis cardinal auprès des papes (cardinal de Granvelle), diplomate, conseiller d'État de l'empereur Charles Quint puis de son fils le roi Philippe II d'Espagne (il est le seul Comtois de confiance proche du roi), premier ministre des Pays-Bas et vice-roi de Naples.

Portrait de son fils Antoine Perrenot de Granvelle par Antonio Moro (1549)

Il meurt le 27 août 1550, à l'âge de 64 ans, à Augsbourg, où il était venu, bien que très fatigué, à la demande de Charles Quint.

En deux générations, la famille Perrenot de Granvelle, issue d'un modeste milieu paysan comtois, devint la plus puissante et la plus riche de la région. Le palais Granvelle de Besançon en Franche-Comté est le symbole de sa prodigieuse réussite et ascension sociale.

Famille[modifier | modifier le code]

En 1513, Nicolas Perrenot de Granvelle épouse Nicole Bonvalot. Elle est la fille de Jacques Bonvalot, magistrat co-gouverneur de Besançon, et Marguerite Merceret. Elle est également la sœur de François Bonvalot, abbé de Luxeuil et de Saint Vincent de Besançon. Elle a quinze enfants, parmi lesquels onze survivront :

Il décède le 27 août 1550 à Augsbourg, et son épouse en 1570 à Besançon.

Hommage[modifier | modifier le code]

Statue de Nicolas de Granvelle à Ornans

Grâce à un don du bibliothécaire bisontin Charles Weiss, une statue de Nicolas Perrenot de Granvelle est érigée au centre de la cour intérieure du palais Granvelle. Réalisée par Jean Petit, elle est en marbre, sur les angles du piédestal sont fixés quatre putti en bronze qui symbolisent les arts majeurs.

En 1952, la statue est transférée à Ornans, ville natale du grand homme[3].

Une rue et une promenade de Besançon portent son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les communes de Grandvelle et Perrenot créées à la Révolution fusionneront peu après pour former Grandvelle-et-Perrenot qui deviendra Grandvelle-et-le-Perrenot en 1962. Une rue de la commune est baptisée Nicolas Perrenot.
  2. De la Chesnaye-Desbois - Dictionnaire de la Noblesse T10
  3. Rue Édouard-Bastide.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Thiébaud, Les Cogouverneurs de la Cité impériale de Besançon, CEGFC, 1996.
  • Daniel Antony, Nicolas Perrenot de Granvelle, Les Éditions du Sekoya, 2006
  • Daniel Antony, Nicole Bonvalot, Dame de Granvelle, Les Éditions du Sekoya, 2003.
  • Dunod de Charnage, Mémoires pour servir à l'histoire du comté de Bourgogne, 1740

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

sur le site Mémoire vive patrimoine numérisé de Besançon :