Romain de Condat

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Romain de Condat
Image illustrative de l’article Romain de Condat
Statue de Roman de Condat dans l'Église Saint-Pierre-et-Saint-Romain de Savennières.
Naissance 390
Izernore, Empire romain d'Occident
Décès  
Saint-Claude, royaume fédéré des Burgondes
Autres noms Romain du Jura
Nationalité romaine
Vénéré par Église catholique romaine
Églises orthodoxes
Fête 28 février

Romain de Condat, ou Romain du Jura, le plus célèbre en France des saints Romain, était moine dans le Jura, fondateur de monastères et abbé. Il est né vers 390 ou 403 et mort en 460 ou 463. C'est un saint chrétien fêté le 28 février[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines : histoire et tradition[modifier | modifier le code]

Romain, né vers la fin du IVe siècle[3], probablement 390, serait originaire de Séquanie, en Bourgogne[3], certains auteurs parlent d'Izernore dans le Haut-Bugey, non loin de Nantua, actuel département de l'Ain[réf. nécessaire]. Il est le frère de Lupicin de Lauconne, saint, moine et abbé comme lui[3].

Il reçoit une éducation très soignée au monastère lyonnais d’Ainay, en ayant pour maître saint Sabin[3]. De pieux moines auraient été également ses modèles.

En compagnie de son frère Lupicin, ils sont à l'origines des monastères de Condat (Saint-Claude), de Lauconne, désormais dite Saint-Lupicin, de la Balme et très probablement de Romainmôtier[3].

Fondation de Condat (Saint-Claude) et de Lauconne[modifier | modifier le code]

En 425, délaissant sa famille, il aurait décidé de se retirer comme ermite dans les montagnes du Jura[3]. Il prend son chemin vers l'est, traverse de grandes forêts, finissant par atteindre la Bienne. Il vient de trouver ce qui lui convient : de la terre labourable, des arbres et du silence. À Condat (actuellement Saint-Claude), il trouve refuge sous un grand sapin solitaire dont les branches épaisses formaient une sorte de voûte impénétrable à la pluie. En dehors de l’abri jaillissait une fontaine fraîche où il pouvait de désaltérer. Sa nourriture était constituée de baies sauvages. Il avait apporté une bêche et des graines.

Il ensemence ce désert et peut bientôt vivre de ses récoltes. Il vit là quelques années comme s'il était dans le désert égyptien de la Thébaïde. Son frère Lupicin vient le rejoindre quelques années plus tard. Ils prient tous les jours en se prosternant contre terre et vivaient du fruit de leur labeur.

Pour leurs disciples, toujours plus nombreux, ils fondent, vers 445, le monastère de Condat (Saint-Claude) et de Lauconne (aujourd’hui Saint-Lupicin), qu'ils gouvernèrent ensemble.

Après la mort, en 510, de son quatrième abbé, saint Oyand (Eugendus), le monastère de Condat prend le nom de ce personnage, Saint-Oyand-de-Joux. À la fin du VIIe siècle, la renommée des miracles de saint Claude commence à éclipser celle de saint Oyand, mais ce n'est que vers le XIIe siècle que le monastère et la ville fondés par saint Romain prirent définitivement le nom de Saint-Claude.

Romainmôtier[modifier | modifier le code]

En 450, saint Romain fonde très probablement sur le versant oriental du Jura le premier monastère de l'actuelle Suisse, qui prit plus tard le nom de Romainmôtier (entre Orbe et Vallorbe, dans le canton de Vaud)[3] et qui va durer jusqu'à l'introduction de la Réforme protestante, en 1536.

Romain et Lupicin étaient deux frères dont les cheminements spirituels et le caractère étaient fort différents, mais bien complémentaires. Plutôt que de s'opposer, ils unirent leurs différences, pour se rejoindre dans un même service de Dieu. Romain garda la direction de Condat et confia Lauconne à Lupicin. Romain était indulgent, doux et patient, Lupicin, sévère et intransigeant. Quand le relâchement s'introduisait à Condat, Lupicin reprenait les choses en main et rétablissait la discipline. Quand les moines de Lauconne commençaient à se décourager de trop de rigueur, Romain devenait leur supérieur, les faisant dormir et manger davantage, leur rendant bonne humeur et santé. La gloire de Dieu, dans les deux cas, y trouvait son compte.

Fondation de la Balme[modifier | modifier le code]

Saint Romain et saint Lupicin avaient installé leur sœur Yole (Iola) comme abbesse de leur fondation pour moniales au monastère de la Balme, sur un rocher surplombant une combe pittoresque qui s'ouvre sur la rive droite de la Bienne, appelé ensuite Saint-Romain-de-Roche, (aujourd'hui sur le territoire de la commune de Pratz, dans le canton de Moirans-en-Montagne). Jusqu’à 125 religieuses occupèrent ce monastère. Âgé de 70 ans et sentant sa mort venir, Saint Romain vint rendre visite à sa sœur pour décéder au monastère de la Balme. C'est là qu’il fut enseveli en 460.

Ce monastère devint plus tard un simple prieuré d'hommes dépendant de l'abbaye de Saint-Claude. Celle-ci enleva les reliques au VIIe siècle pour en enrichir sa propre église. Pendant tout le Moyen Âge, il y eut des moines à Saint-Romain. En 1630, les religieux de Saint-Claude fuyant la peste se retirèrent dans la paroisse de Saint-Lupicin et tinrent le chapitre à Saint-Romain.

Culte[modifier | modifier le code]

Chapelle de Saint-Romain-de-Condat à Pratz

On fête saint Romain avec saint Lupicin le 28 février et localement saint Lupicin seul le 21 mars[4].

Le lundi de Pentecôte, la chapelle de Saint-Romain est toujours le but d'un pèlerinage très populaire dans la région.

Chaque année, dans le cadre du festival de musique du Haut-Jura, des concerts sont donnés dans la chapelle de Saint-Romain, située sur la commune de Pratz.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Saint Romain, Abbé du Jura, frère de saint Lupicin (✝ 460) » [html], Martyrologe romain, sur cef.fr (consulté le ).
  2. « Forum orthodoxe.com : saints pour le 28 février du calendrier ecclésiastique » [html], sur orthodoxe.com (consulté le ).
  3. a b c d e f et g Veronika Feller-Vest / Trad.: Valérie Lobsiger-Rouchy, « Romain (saint) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  4. Nominis : Saint Lupicin.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

La vie de Saint Romain et de Saint Lupicin (ainsi que de St Oyend) se trouvent dans l'ouvrage "Vie des Pères du Jura" aux Sources Chrétiennes no 142, Éditions du Cerf, ouvrage de 554 pages).

Liens externes[modifier | modifier le code]