Laurent Obertone

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Laurent Obertone
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (36 ans)
Pseudonyme
Laurent ObertoneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Genres artistiques
Œuvres principales

Laurent Obertone, pseudonyme d'un auteur dont l'identité réelle n'est pas connue du grand public, est un journaliste, romancier et essayiste français, dont le travail est centré sur la criminologie, les médias et le multiculturalisme. Ses thèses sont particulièrement influentes dans les milieux d'extrême droite[1],[2],[3],[4], de droite[5],[6],[7], et plus récemment jusqu'au sein de la majorité présidentielle [8],[9].

Ses livres La France Orange mécanique, La France Big Brother et La France interdite rencontrent un succès commercial notable. Les livres ont été l'objet de vives critiques de la part notamment d'Aymeric Caron, de Libération, L'Express et Mediapart[10],[11],[12],[13].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né d’un père agriculteur dans le Jura[2], Laurent Obertone est diplômé d'anthropologie[14], puis de l'École supérieure de journalisme de Lille dans la filière presse hebdomadaire régionale[15].

Durant plusieurs années, il est journaliste spécialisé dans les faits divers pour un hebdomadaire régional d'informations généralistes, avant de démissionner pour rédiger son premier livre[2]. À partir de 2010, il signe des articles sur le webmagazine Ring, dirigé par David Kersan[2].

En 2010, il fait partie des trois invités qui accompagnent Michel Houellebecq à l'occasion du dîner intime donné par le président de la République Nicolas Sarkozy au palais de l'Élysée, en l'honneur du prix Goncourt reçu par Houellebecq : ce dernier présente alors Laurent Obertone comme « le grand polémiste de demain »[16].

En , il lance un appel à Christiane Taubira, garde des Sceaux, sur les 100 000 peines de prison non effectuées chaque année[14].

En août 2020, à la suite des parlementaires des Républicains François-Xavier Bellamy, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau ou Éric Ciotti[17], les ministres de l’Intérieur Matthias Fekl[18] et Gérald Darmanin ont repris à leur compte sa vision polémique d’un « ensauvagement » de la France, tout comme la ministre et militante féministe Marlène Schiappa[19].

Activité littéraire[modifier | modifier le code]

L'auteur explique la parution de son premier livre, La France Orange mécanique, par deux raisons : le nombre de faits divers qu'il a connus dans ses quelques années de carrière, et le mauvais traitement qui en serait fait par la presse, « les journalistes étant quasiment tous de gauche - y compris ceux du Figaro »[2]. L'ouvrage est un succès en librairies[20].

Selon l'auteur, en France, les deux tiers des infractions sont commises par des individus issus de l'immigration, ce qu'il considère comme un sujet tabou, nié « pour des raisons morales »[21].

Son deuxième livre, intitulé Utøya[22] est consacré à Anders Behring Breivik, terroriste norvégien d'extrême droite responsable des attentats du 22 juillet 2011, qui a assassiné 77 personnes.

Dans son troisième livre, La France Big Brother, Laurent Obertone s'en prend à « la République des écrans », dénonçant la « domestication » des Français - concept déjà formulé par Jean-Edern Hallier dans son roman L'Evangile du fou -, livrés selon lui à la « manipulation », à la « désinformation » et au « conditionnement » par les classes médiatique, militante, artistique et politique, unies au sein d'un « Parti » totalitaire, comparable à celui décrit dans 1984, le roman d'anticipation de George Orwell[23].

En 2016, dans Guérilla, il imagine une France en état de guerre civile apocalyptique, inspiré des événements de 2005 et de 2015[24]. L'auteur dénonce notamment la valorisation médiatique d'un multiculturalisme « imposé aux Français », et l'absence de débat réel sur cette question[25]. Le titre est mis en avant dans des publicités Amazon sur le site d'extrême droite Fdesouche. Laurent Obertone est décrit par France Soir comme « adepte de la théorie du Grand Remplacement, publié aux controversées éditions Ring »[26].

En , il publie La France interdite, étudiant la population issue de l'immigration en s’appuyant sur des études chiffrées, peignant une France qui, en trente ans, souffrirait du communautarisme.

En paraît chez Ring la suite de son roman Guérilla : Guérilla, tome 2 : Le temps des barbares.

En septembre 2020 paraît chez Ring Éloge de la force : Renverser l'histoire. L'auteur y énonce dix règles pour "[c]hanger le monde, en commençant par soi".

Usage d'un pseudonyme[modifier | modifier le code]

Laurent Obertone fait usage d'un pseudonyme et ne révèle pas son identité : l'auteur explique avoir voulu « protéger sa famille des menaces de mort[27] ». Il précise dans le Figaro magazine : « Compte tenu des sujets que j'aborde, je suis partisan de n'y mêler que moi et de préserver la tranquillité de ma famille », ajoutant que ce « droit » est « défendu par la loi »[28].

De son côté, Mediapart affirme que sous ce pseudonyme se cache un ancien blogueur de la « réacosphère », rédigeant des articles sous les noms d'« Ubiquiste » ou de « Pélicastre Jouisseur », et auteur en d'un « manifeste raciste » intitulé Le Manifeste Nauséabond[15],[29]. Laurent Obertone nie ces affirmations, et attaque Mediapart en justice en pour diffamation. Selon Mediapart, l'auteur se serait désisté de ce procès en pour « raisons personnelles »[4]. Laurent Obertone dit de son côté avoir mis un terme à « toutes ses actions judiciaires », notamment « par volonté libertarienne »[30].

Orientation politique[modifier | modifier le code]

Dans ses interviews, Laurent Obertone, pour qui « il faut cesser de tout attendre de l’État, d’un messie, d’un vote ou d’un parti », rejette toute implication politique, et prône la responsabilité individuelle.

Selon la chroniqueuse Guillemette Faure, lors d’une conférence tenue en , Laurent Obertone déconseille l’utilisation du terme « Français de souche » car les personnes désignées par cette expression, selon lui, seront bientôt minoritaires. Il relie l’immigration à la montée de l’insécurité, aux maladies et à la baisse du QI des Français. Il fustige le vivre-ensemble selon lui imposé par un formatage de « médias comme Le Monde que personne ne lit » mais soutien l’extrême droite sur Internet comme TV Libertés, critique le pape François, cite Charles Maurras, acclame le succès d’Éric Zemmour et espère « que la France ait un Trump ou un Salvini ». Il soutient les implantations de lieux d’extrême droite et identitaires[31]. En , Laurent Obertone participe à un colloque du parti d'extrême droite Rassemblement National sur « l'ensauvagement de la société »[32].

Selon le journaliste Bastien Hugues, de France Info, si Laurent Obertone « journaliste fétiche du FN » nie être raciste, il soutient que la criminalité est liée à l'immigration et à « certaines communautés » – sous-entendu « communautés africaines » pas « adaptées », de par « leur culture et leur histoire », « au mode de vie occidental ». Il rejette l'antiracisme, le multiculturalisme et le "droit-de-l'hommisme" et considère que « la France attache plus d'importance aux agressions commises à l'encontre des musulmans ou des juifs qu'aux actes de violence contre des "Français de souche" », opinions qui lui valent le soutien de Marine Le Pen, Éric Zemmour, Robert Ménard et Bruno Gollnisch et de l’extrême droite sur Internet tel que Novopress, Fdesouche, ou Riposte Laïque. La préface de son livre La France Orange mécanique a été rédigée par Xavier Raufer, criminologue et ancien membre des mouvements d'extrême droite Occident et Ordre nouveau et qui est cité plusieurs fois dans l'ouvrage. Toujours selon Bastien Hugues, Laurent Obertone nie tout engagement politique mais loue Jean-Marie Le Pen et trouve que le programme de Marine Le Pen, en dehors de la partie sécurité et immigration, « relève du gauchisme social, l'origine de beaucoup de nos maux ». Il accuse les journalistes d'être « quasiment tous de gauche », Le Figaro inclus, et de diffuser la pensée unique et la bien-pensance[33].

Publications[modifier | modifier le code]

Essais
Préface
  • Préface du livre Incident de Nicolas Lévine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « «La France interdite» de Laurent Obertone, le livre de chevet de Marine Le Pen », L'Opinion,‎ (lire en ligne, consulté le 27 janvier 2019).
  2. a b c d et e « Trois choses à savoir sur Laurent Obertone », sur Francetvinfo.fr.
  3. « Que contient la liste de livres recommandés par le FN à ses militants ? », sur Les Inrocks (consulté le 27 janvier 2019).
  4. a et b « Laurent Obertone se désiste de son procès contre Mediapart », sur blogs.mediapart.fr, (consulté le 2 septembre 2015).
  5. BFMTV, « L'UMP s'intéresserait à Laurent Obertone », sur BFMTV (consulté le 15 octobre 2019).
  6. Nicolas Celnik, « «Ensauvagement» : le grand retournement », sur Libération.fr, (consulté le 1er septembre 2020)
  7. « VIDEO. Opération de police à Grenoble : "On n'a pas besoin de communication, on a besoin d'action", estime François-Xavier Bellamy », sur Franceinfo, (consulté le 1er septembre 2020)
  8. « "Ensauvagement" : quelle est l'histoire de ce terme utilisé à tout-va par Darmanin et l'extrême droite ? », sur LCI (consulté le 1er septembre 2020)
  9. « L’« ensauvagement », un mot à l’histoire sinueuse, surtout utilisé par l’extrême droite », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 3 septembre 2020)
  10. « "La France orange mécanique" ou la vérité si je mens », sur LExpress.fr, (consulté le 27 janvier 2019).
  11. « "On n'est pas couché" : Laurent Obertone et Aymeric Caron », sur Atlantico.fr, (consulté le 27 janvier 2019).
  12. Louise Fessard, « «La France Orange mécanique»: un flagrant délire sécuritaire », sur Mediapart, (consulté le 27 janvier 2019).
  13. « Non, la France ne cache pas le nombre des enfants (et petits-enfants) d'immigrés », sur Libération.fr, (consulté le 27 janvier 2019).
  14. a et b Laurent Obertone, « L'appel de Laurent Obertone à Christiane Taubira : Gare à la colère des victimes », Le Figaro, 5 mars 2014.
  15. a et b Stéphane Alliès, Louise Fessard, Jérôme Hourdeaux et Marine Turchi, « La France Orange mécanique : le vrai parcours de “Laurent Obertone” », sur mediapart.fr, .
  16. Jérôme Dupuis, « Houellebecq, Sarkozy et l'ultraviolence en France », sur L'Express, (consulté le 16 août 2015).
  17. Nicolas Celnik, « «Ensauvagement» : le grand retournement », sur Libération.fr, (consulté le 1er septembre 2020)
  18. « Prononcé le 9 octobre 2015 - Déclaration de M. Matthias Fekl, secrétaire d'Etat au commerce extérieur | Vie publique.fr », sur www.vie-publique.fr (consulté le 1er septembre 2020)
  19. « "Ensauvagement de la société" : Gérald Darmanin "a tout à fait raison d'utiliser" ce terme estime Marlène Schiappa », sur Franceinfo, (consulté le 1er septembre 2020)
  20. « "La France Big Brother", le pamphlet réactionnaire et sexiste de Laurent Obertone », sur LExpress.fr, (consulté le 27 janvier 2019).
  21. On n'est pas couché, « Laurent Obertone & la délinquance en France - On n'est pas couché 2 mars 2013 #ONPC », (consulté le 22 septembre 2016).
  22. Laurent Obertone, Utoya. Norvège, 22 juillet 2011, 77 morts, Ring, 2013, (ISBN 979-1091447089). Voir AFP, « Laurent Obertone face au tueur extrémiste d'Utoya », sur lepoint.fr, .
  23. François Aubel, « Après La France Orange mécanique, le nouveau brûlot d'Obertone », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne, consulté le 22 septembre 2016).
  24. « Guerilla de Laurent Obertone », AgoraVox,‎ (lire en ligne, consulté le 1er avril 2018).
  25. BFMTV, « Laurent Obertone: L'invité de Ruth Elkrief - 11/02 », BFMTV (consulté le 22 septembre 2016).
  26. Extrême droite: l'accord entre Amazon et Fdesouche qui dérange, France Soir, 28/9/2019
  27. « La France Orange mécanique » : rencontre avec un auteur à thèses racistes, sur RUE89
  28. Voir sur ring.fr.
  29. Stéphane Alliès, Louise Fessard, Jérôme Hourdeaux et Marine Turchi, « «France Orange mécanique»: Laurent Obertone est de plus en plus fâché avec son passé », sur mediapart.fr, .
  30. « La France interdite ? Laurent Obertone [EN DIRECT] » (consulté le 5 septembre 2019).
  31. Au Carlton de Lille, un franc-parler de souche, Le Monde, 6/11/2018
  32. "Zones de non-France", "terrorisme civil": le RN débat de "l'ensauvagement de la société" , BFM TV, 1/12/2018
  33. « Trois choses à savoir sur Laurent Obertone, le journaliste fétiche du FN », France Info, 7 mars 2013.
  34. Pour les références, voir l’article sur le livre.
  35. Jean-Claude Vantroyen, « Laurent Obertone dans la tête d’Anders Breivik », sur Le Soir, (consulté le 30 septembre 2013).
  36. « "Utøya": la croisade néoréac de Laurent Obertone », sur Les Inrocks, (consulté le 30 septembre 2013).
  37. Ludovic Greiling, « C'est à lire - Idées - Utoya, de Laurent Obertone », sur Politique Magazine, (consulté le 30 septembre 2013).
  38. Après la France Orange Mécanique, le nouveau brulôt d'Obertone, Le Figaro, 16-09-2014.
  39. Rémy Watremez, « Rentrée littéraire 2019 : Laurent Obertone de la partie avec son nouveau livre », sur Lettres it be : des chroniques de livres pas comme les autres, (consulté le 27 juin 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]