Marie-Agnès Gillot

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Marie-Agnès Gillot
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Marie-Agnès Gillot en 2013

Naissance (42 ans)
Caen
Activité principale Danseuse étoile
Style Danse classique
Danse contemporaine
Dance néo-classique
Activités annexes Chorégraphe
Lieux d'activité Paris
Années d'activité 1990 -
Formation École de Danse de l'Opéra national de Paris
Maîtres Gilbert Mayer
Patrice Bart
Laurent Hilaire
Descendants Un enfant
Récompenses Prix de l'AROP
Prix Benois de la danse
Distinctions honorifiques Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres
Chevalier de l'Ordre national du Mérite

Scènes principales

Opéra national de Paris

Marie-Agnès Gillot, née le à Caen en Normandie, est une danseuse et chorégraphe française. Elle est étoile du ballet de l'Opéra de Paris.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Marie-Agnès Gillot est née d'une mère comptable et d'un père kinésithérapeute.

Elle abandonne sa vocation première qui était le chant lyrique et commence la danse à l'âge de 5 ans dans les cours de Chantal Ruault[1].

Ses professeurs décèlent en Marie-Agnès Gillot de nombreuses possibilités et lui conseillent de passer le concours d'entrée de l'École de Danse de l'Opéra national de Paris.

Admise, elle quitte Caen pour Paris.

École de danse[modifier | modifier le code]

Marie-Agnès Gillot rencontre des problèmes de santé durant son cursus. Atteinte d'une double scoliose, elle se voit contrainte de porter un corset qu'elle ne quitte que quelques heures par jour pour danser[2].

Dans le ballet de l'Opéra de Paris[modifier | modifier le code]

Marie-Agnès Gillot intègre le corps de ballet de l’Opéra de Paris en 1989.

En 1991 Marie-Agnès Gillot est promue quadrille, coryphée en 1992 et sujet en 1994.

Elle participe au Concours international de ballet de Varna en 1992, où elle arrive finaliste et participe à la création d'Attentat poétique de Daniel Larrieu .

Sur scène[modifier | modifier le code]

Marie-Agnès Gillot danse Giselle du chorégraphe suédois Mats Ek en 1993. Cette année elle interprèe également une des fées du prologue de La Belle au bois dormant de Rudolf Noureiev lors de la soirée « Jeunes danseurs » à l'Opéra Garnier.

Elle  participe à la création du ballet Le Parc d’Angelin Preljocaj et danse Sérénade dans le rôle de l’Ange et Capriccio de Balanchine l’année suivante. En 1996 Gillot participe à la création du Magnificat de John Neumeier et est choisie une fois de plus pour danser une soirée Jeunes danseurs (soirée qui a pour but de mettre en avant des jeunes talents) aux côtés de Karl Paquette pour interpréter : le pas de deux du Corsaire (Marius Petipa), Casse-noisette (Noureiev).

Kader Belarbi choisit en 1997 Marie-Agnès Gillot, toujours sujet, pour sa création Salle des pas perdus. Elle danse dans Signes de Carolyn Carlson, La Belle au bois dormant de Rudolf Noureev où elle est la fée Violente, la fée Carabosse ou la fée Lilas. Elle est Henriette et danse le grand pas espagnol dans Raymonda de Rudolf Noureev.

Cette même année, Marie-Agnès Gillot reçoit le Prix du Cercle Carpeaux récompensant de jeunes danseurs prometteurs.

Elle participe en 1998 pour la troisième fois à la soirée Jeunes danseurs, où elle danse le grand pas classique hongrois de Raymonda (Noureiev), So schnell de Dominique Bagouet, Le Sacre du printemps de Vaslav Nijinski et le premier pas de deux dans Vaslav dans la version de John Neumeier. Mais Gillot obtient de rôles comme Myrtha dans Giselle, la maîtresse de Lescaut dans L'Histoire de Manon, la reine des dryades ou la danseuse des rues dans Don Quichotte de Rudolf Noureev. En début d’année, elle reçoit le prix de l’AROP.

Marie-Agnès Gillot est promue première danseuse en 1999, à l’âge de 24 ans.

Elle participe la même année à Clavigo, création de Roland Petit pour l’Opéra, dans le rôle de L’Étrangère ainsi que Le concours de Maurice Béjart.  

Danseuse étoile[modifier | modifier le code]

Marie Agnès Gillot est nommée étoile le 18 mars 2004, à la suite de la représentation de Signes de Carolyn Carlson.

Elle devient la première danseuse à être nommée à l’issue d’une œuvre contemporaine[3].

Depuis cette date elle continue à interpréter les ballets donnés à l'Opéra de Paris comme le Boléro (Maurice Béjart), Le Jeune Homme et la Mort de Roland Petit, Le Fils prodigue de George Balanchine, «Le Songe de Médée» de Angelin Preljocaj ou Orphée et Eurydice de Pina Bausch qui a été diffusé en direct de l'Opéra Garnier sur Arte le samedi 16 février 2008). Mais en parallèle Marie-Agnès Gillot se lance dans le travail chorégraphique. Sa première création, intitulée « Rares Différences » a lieu en janvier 2007 dans le cadre du festival Suresnes Cités Danse avec la participation de danseurs classiques et hip hop[4]. Cette rencontre entre le hip-hop et la danse contemporaine est appréciée par la presse[5],[6]. Vient ensuite une création pour le Ballet de l'Opéra de Paris en 2012,« Sous apparence », où elle expérimente le langage de la pointe, portée aussi bien par des danseurs que par des danseuses. Les décors de cette œuvre très personnelle[7] sont réalisés par Olivier Mosset[8] et les costumes par Walter Van Beirendonck.

En janvier 2012 Marie-Agnès Gillot se produit sur les planches du théâtre du Rond-Point dans un spectacle intitulé «Après la bataille »de Pippo Delbono, elle partage la scène avec Gianluca, qui est trisomique, et Bobo, qui est, lui, sourd-muet[9].

En mai 2014 elle fait son retour sur la scène de l'Opéra après un congé maternité dans le ballet Orphée et Eurydice de Pina Bausch[10].

Style[modifier | modifier le code]

Marie-Agnès Gillot par Philippe Robert (photographe) (2008)

Marie-Agnès Gillot est une danseuse atypique. Elle ressemble davantage à une nageuse, ses muscles du dos étant très développés, qu'à une danseuse classique à la silhouette filiforme[11].

Elle déclarera à ce sujet « Je ne fais que 1,73 m, mais avec mes bras de singe et mes jambes interminables, on m'en donne beaucoup plus. »[3].

Marie-Agnès Gillot est souvent décrite comme «la danseuse contemporaine» de l'Opéra participant à nombre de créations et de pièces contemporaines mais n'en reste pas moins une danseuse classique pourvue d'une technique d'une rare finesse[12].

C'est également une artiste dotée d'une présence scénique remarquable, appréciée pour ses interprétations sensibles et justes des personnages qu'elle incarne[11],[12].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

« J’ai remonté Daphnis et Chloé en 1990, pour le spectacle de l’École de danse. Le rôle principal était confié à Marie Agnès Gillot, toute jeune fille de 15 ans, qui entrera cette même année dans le ballet. Elle avait déjà la technique et l’abattage qui lui permettent aujourd’hui de tout danser, classique et contemporain, mais pas encore la présence qu’elle dégage aujourd’hui. Il y avait alors en elle une faille de fragilité qui en faisait la Daphnis idéale, bien que brune ! »

— Claude Bessy, directrice de l’école de danse du ballet de l’Opéra de Paris[13]

« Elle a dansé pour moi le concours où elle était formidable et ça fait des années que je dis : "nommez la étoile, c'est la meilleure que vous ayez et, enfin, ils se sont décidés" »

— Maurice Béjart, chorégraphe renommé dans les années 1980 et 1990[14]

« C'est quelqu'un de complexe, à la fois dans le doute et dans l'assurance »

— Brigitte Lefèvre, directrice de L'Opéra de Paris[11]

Activités hors de l'Opéra de Paris[modifier | modifier le code]

« Je ne me perds pas dans ce que je fais. Ce n'est pas de la boulimie, je ne gagne pas plus d'argent ! "Cela m'augmente", comme le dit Michel Serres »[4]

Mode[modifier | modifier le code]

A la faveur de la politique d'ouverture de l'Opéra de Paris (soutenue plus particulièrement par Benjamin Millepied[15]), Marie-Agnès Gillot est sollicitée par les magazines pour leurs séries de mode et pose pour des photographes renommés : Philippe Robert (L'Express Styles, 2008[16]), Mario Sorrenti (M, le magazine du Monde, 2013[17]), Dominique Issermann (L'Officiel, 2013[18], ELLE, 20015[19]) ainsi que Christilan Lartillot, Ali Mahdavi et Ann Roy[20].

En 2011 elle devient l'égérie des marques Repetto[21], Hermès et Chanel[11],[22].

En 2015, elle est un des visages de la campagne publicitaire de la marque Céline (collection printemps/été), réalisée par le photographe allemand Juergen Teller et la styliste Phoebe Philo et qui réunit trois personnalités : Joan Didion, une écrivaine américaine de 80 ans[23], Freja Lawrence, un jeune mannequin britannique, et Marie-Agnès Gillot[24].

La même année elle collabore avec Daniel Askin sur Pointe, un court-métrage réalisé dans le cadre du projet MOVEment du magazine britannique AnOther. Jefferson Hack, à l'origine du projet le présente ainsi : « il y a toujours eu, historiquement, un dialogue entre la danse et la mode, notamment parce que ce sont deux formes d'art qui ont toujours repoussé leur propres limites, mais aussi parce qu'elles ont toutes les deux un rapport au corps humain. Nous sommes dans l'ère de la vidéo, et je voulais donc créer un projet qui unisse le meilleur de la danse et de la mode, pour une série de performances artistiques sous forme de films, réalisées spécifiquement pour ce format, et non pas pour la scène, pour une fois »[25] Dans Pointe Marie-Agnès Gillot danse sur sa propre chorégraphie dans un costume d'Alexander McQueen, face au batteur George Barnett.

Spectacle[modifier | modifier le code]

Pour le Festival In d'Avignon 2014, Marie-Agnès Gillot et Lola Lafon créent et jouent le spectacle Irrévérence(s), un duo de danse, lecture et chant[26].

Télévision[modifier | modifier le code]

Elle fait partie du jury de l'émission La meilleure danse diffusée sur W9 en 2012[27].

Engagements[modifier | modifier le code]

Elle est également la marraine l'association «La Chaîne de l'Espoir» pour venir en aide aux enfants hospitalisés[28].

Le 1er décembre 2014, journée mondiale de lutte contre le sida, elle s'est produite au côté de Blanca Li, à la maison Jean-Paul Gaultier. dans un spectacle au profit du projet ICCARRE[29],[30].

Elle participe également en 2016 à la tournée du spectacle des Enfoirés en faveur des Restos du Cœur, un spectacle intitulé "Au rendez-vous des Enfoirés", où elle danse notamment sur le titre Jour 1 de Louane.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Marie-Agnès Gillot a un fils, Paul, qui est né en 2013[1].

Répertoire[modifier | modifier le code]

Chorégraphies[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Ballets

Il s'agit de captations de ballet réalisées durant leur représentation :

Vidéos

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marie-Agnès Gillot, danseuse, en quatre dates, article de Rosita Boisseau du 3 octobre 2014 dans M, le magazine du Monde.
  2. Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile : "J'ai porté un corset 21 heures par jour", article de Célyne Baÿt-Darcourt du 24 juin 2012 sur France Info.
  3. a et b Nathaniel Herzberg, article « Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile du matin au soir », Le Monde daté du 15 août 2010.
  4. a et b « Marie-Agnès Gillot en irrévérences », sur lesechos.fr (consulté le 7 juin 2015)
  5. Rosita Boisseau, article « Le hip-hop entre les mains de chorégraphes contemporains », Le Monde daté du 18 janvier 2007.
  6. « Le hip-hop fait diversion », article de Marie-Christine Vernay du 16 janvier 2007, dans le Libération
  7. Laurence Equilbey : « Sous Apparence est une œuvre sur le doute », article d'Amélie Bertrand du 13 octobre 2012.
  8. Création à Garnier, Marie-Agnès Gillot sous apparence par Jean-Laurent Poli sur le site du Huffington Post le 4 novembre 2012.
  9. Marie-Agnès Gillot libre comme l'étoile, interview par Philippe Noisette du 18 novembre 2011 dans Paris Match.
  10. La grâce d' Orphée et Eurydice chorégraphiée par Pina Bausch, note du 6 mai 2014 sur France Info.
  11. a, b, c et d Au-delà des apparence, article de Marie-Christine Vernay du 2 novembre 2012 dans Libération
  12. a et b Marie-Agnès Gillot : « Phèdre ne fonctionne qu’avec de fortes personnalités », article d'Amélie Bertrand du 19 septembre 2011.
  13. Extrait du livre de Claude Bessy «La danse pour passion» édition Lattès
  14. La Parenthèse inattendue, émission diffusée sur France 2 le 29/01/2014. On y voit un extrait vidéo où Béjart parle de Marie Agnès Gillot.
  15. « Dorothée Gilbert : « Les danseurs sont sous-médiatisés » » (consulté le 8 juin 2015)
  16. « Mode:Entrez dans la danse! », sur www.lexpress.fr (consulté le 8 juin 2015)
  17. « Jed Root - Manicurists - Typhaine Kersual - Celebrities - Marie-Agnès Gillot, Mario Sorrenti », sur www.jedroot.com (consulté le 8 juin 2015)
  18. « Vincent Darré, double hommage à Jean Cocteau » (consulté le 8 juin 2015)
  19. « Marie-Agnes Gillot 15 01 23 ELLE fr article Ph Dominique Issermann-H&K » (consulté le 8 juin 2015)
  20. « TOTEM | | Marie-Agnès Gillot | Images », sur www.totemfashion.com (consulté le 8 juin 2015)
  21. « Une journée avec Marie-Agnès Gillot - Elle » (consulté le 8 juin 2015)
  22. « Marie-Agnès Gillot, étoile sculpturale », sur msn, non daté (consulté le 5 juin 2015)
  23. Carine Bizet, « La romancière Joan Didion, nouveau visage de Céline », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, [/m-styles/article/2015/01/09/la-romanciere-joan-didion-nouveau-visage-de-celine_4552992_4497319.html lire en ligne])
  24. « meet joan didion’s céline side-kick: french dancer marie-agnès gillot | read | i-D » (consulté le 8 juin 2015)
  25. « MOVEment ou quand la mode se met à danser et à faire son cinéma » (consulté le 8 juin 2015)
  26. Philippe Noisette, « Rencontre intime entre étoile et auteur », journal Les Échos, du 22 juillet 2014.
  27. « Un avant-goût de Marie-Agnès Gillot dans La meilleure danse » (consulté le 8 juin 2015)
  28. Flashmob au Louvre : vidéo de la chorégraphie ! dans Marie Claire, 2012.
  29. Joelle Diderich, « Jean Paul Gaultier Hosts AIDS Benefit » (consulté le 8 juin 2015)
  30. « Journée mondiale contre le sida - Marie-Agnès Gillot et Blanca Li dansent pour ICCARRE » (consulté le 8 juin 2015)
  31. «  Promotion et nomination dans l'Ordre national du Mérite », décret du 15 mai 2009 du Président de la République. Page consultée le 20 janvier 2015.
  32. Chanter, Danser, interprétée par Marie Agnès Gillot et Natalie Dessay sur le site d'Arte, reactualisée le 10 auguste 2013.
  33. Judith Mackrell, « Jefferson Hack’s fashion-dance mashup: Dancers from Tanztheater Wuppertal perform in Prada », sur the Guardian (consulté le 7 juin 2015)